PALLBEARER - Foundations of burden
2014 · Profound Lore

Détails

EyeLovya
le 22 septembre 2014 (1004 lectures)

   Traditional doom Post hardcore Post rock

Comme je me sens sali. La première impression est plutôt bonne, aidée par ce premier morceau objectivement bien foutu qui a tout pour mettre son homme en appétit, pour peu qu'on se soit récemment posé la question "mais au fait, le trad doom des années 2010, ça ressemble à quoi ?". Eh bien le trad doom de Pallbearer, groupe qui s'inscrit on ne peut plus parfaitement dans la problématique précédente, il a ses guitares toutes gonflées, une batterie morne sans un pet de groove, et un chanteur qui se débrouille très bien dans son hommage permanent à Warning, quoi qu'on reconnaisse parfois le timbre flasque et nasillard de John Brenner, et mieux encore dans les harmonies multi-voix genre Alice in chains embauchés dans un cabinet d'architecture. Sans pouvoir vraiment le trianguler, on sent vite le malaise venir quand on commence à se dire que Pallbearer, si ça avait été un viking, ç'aurait été le viking un peu coquet au cheveux lisses, la seule tarlouze à se morfondre dans des questions existentialistes, larmiche empathique à l’œil, quand tous les collègues culbutent joyeusement femmes et villages.

Le pire, et j'aimerais à cet instant que le terme prenne toute son ampleur originelle, c'est ce moment ignoble déjà beaucoup trop loin dans disque où l'on est frappé par l'évidence. Les crampes à l'estomac douloureuses, les lèvres tremblantes et le gosier près à déborder, et cet infâme sentiment d'avoir été littéralement violé : depuis le début, ce qu'on écoute innocemment comme a priori un album de trad doom s'avère clairement être un PUTAIN D'ALBUM DE POST. Post-quoi, on s'en tape, ces pleurs de guitare en mélodies qui pleuvent entre les parpaings, cette absence totale de riff, de filiation sabbathienne ou 70's ni même de heavy, tous ces passages pseudo-ambiants mélan-coliques, la cymbale ride outrancière, cette pochette de mec en master de design ancien fan de prog, c'est l'horreur totale. Tout s'explique alors, pourquoi il est impossible de prendre son pied sur cet album ; pourquoi il est chiant à mourir ; pourquoi ces types ont tous dans leurs chambres des posters signés d'Aaron Turner ; pourquoi cette interlude mignonne au rhodes, Ashes, qu'on aurait bien voulu rapprocher de sa fausse sœur Unfurl de Katatonia, aurait finalement pu figurer sur l'album de Palms ; etc. A partir de là, il devient difficile de trouver de la force dans les quelques passages "sympas", puisqu'il y en a, pour en ressortir quelque chose de positif dans cette chronique. Le must étant certainement que, grâce à ce Foundations of burden, je sais maintenant qu'ils vendent du Profound Lore dans cette célèbre grande surface du nom d'un général français.

Foundations of burden en trois mots : btard, contemporain, barbant


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