Krokodil
le 06 septembre 2014 (693 lectures)

LE freak doom. Au sens premier du terme.

Qu'il n'y ait pas de malentendus entre nous, il n'est pas vraiment question de musiques tortueuses, comme Unholy, ni de musiques tortures, comme Khanate, mais bien de freak doom, avec de vrais freaks dedans, on parlera ventuellement d'horror doom, de giallo doom, de doom d'exploitation (en langage slowendien et en trois mots cela ressemble : nocturne, rotique, pique), un doom si diablement authentique (et authentiquement endiabl, dire vrai) que l'on en viendrait se demander si ses odieux forfaits ne seraient pas l'oeuvre du grand Fabio Frizzi ici associ aux mchants Death SS ! "Hard Of The Dead", vous imaginez un peu la beaut de la chose ? Moi j'en frissonne carrment. Toujours est-il que Black Hole, dont les liens de parent avec Night Gaunt et Satan's Satyrs ne sont plus dmontrer, en dignes reprsentants actuels de la spooky-music qu'ils sont, chacun sa faon, chacun de son ct, sont au doom ce que Lucio Fulci est au cinma ; et par extension, si Lucio Fulci est l'heureux inventeur du zombie doom - retenez la leon mes amis, il n'y a qu'un zombie de Fulci pour mettre 3 heures parcourir 50 mtres et il n'y a qu'une victime de zombie de Fulci pour se retrouver ttanise par la peur et attendre sagement la morsure, ce qui est trs doom, vous en conviendrez - Black Hole sont quant eux les inventeurs du doom zombie.
...Comme si la couverture et ses cercueils dsert()s n'en disaient pas dj suffisamment.

C'est pas bien compliqu visualiser, et a le sera encore moins pour les aficionados du genre, tous les amoureux de Mario Bava, Bruno Mattei et consorts : puisqu'il est question de doom zombie, il s'agit bien d'un doom entirement dvou la beaut de la chair et de ses blessures, de sa momification, de sa dgradation, de sa perdition, de la douleur d'une entaille jusqu' celle des entrailles ; un doom dvou la beaut de la mort et de la renaissance, de la grce d'un dernier soupir, d'un regard fig et vitreux, d'un miasme terminal, d'une mare de sang qui se rpand sur le sol - travertin, asphalte, mme combat - un doom dvou la beaut d'un corps inanim qui se rveille et marche nouveau, d'une charogne qui baigne dans une copieuse soupe intestinale avant de se lancer dans la conqute du monde. Un doom dtermin et magntique, ayant pour seule conviction la ncessit de la viande frache. On pourrait tre offusqu par le spectacle qui s'offre nous - en mme temps, le gore italien n'est pas rput pour faire dans la pudeur - notamment par l'exubrance de ces orgues infernaux (certains sons frlent Henenlotter et le gros Z) par la virilit obscne de ces leads, par l'accent rital, par l'esprit nanar de l'poque, mais non, tout n'est que festin, orgie et extase pure.

Quitte parler d'antiquits - pardon - de lgendes, il n'y a gure que l'Italie pour nous gratifier de telles petites merveilles de musiques noires (et violaces).

Land of Mystery en trois mots : increvable, italien, malfique


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs

Classique!
Classique!
 
Excellent
Excellent