DREAD SOVEREIGN - All Hellís Martyrs
2014 · VŠn

Détails

Derelictus
le 24 juillet 2014 (867 lectures)

   Traditional doom Heavy metal

Le doom metal old-school serait-il devenu la nouvelle tendance chez nos amis black métaleux? Il suffit de voir le nombre de formations nouvellement érigées depuis quelques années avec moult musiciens provenant de cette scène et qui, le succès de The Devil’s Blood aidant, se sont pour la plupart fourvoyés dans cette scène occulto-psychédélique rétrograde qui a le vent en poupe. Ce n’est pourtant pas dans ce registre que l’on retrouve Dread Sovereign, projet du chanteur de Primordial, Nemtheanga. Lui demeure avant tout attaché au bon vieux metal, celui forgé aux débuts des années quatre vingt, et ce n’est finalement pas surprenant de trouver des accointances avec ce genre dans ce premier album de Dread Sovereign. Si vous avez aimé le mini sorti l’an dernier, vous ne trouverez pas de réelles différences sur cet album, ses trois titres ayant d’ailleurs été réenregistrés pour l’occasion. L’on notera une production moins cryptique et plus ample, qui retire un peu ce cachet vieillot. Pour le reste, si le sillon dans lequel s’inscrit le trio est plutôt bien balisé, il y a tout de même une certaine variété dans les compositions pour éviter un certain ennui. Des titres plus longs comme "Cthulhu Opium Haze" et "Live Through Martyrs" se démarquent un peu de l’ensemble, avec un côté plus classique dans la forme avec ses longs épanchements instrumentaux. Pour le reste, cela demeure du classique, avec des relents heavy metal dignes d’un Cirith Ungol, et quelques épices black metal vintage de temps à autres, histoire de ne pas oublier d’où l’on vient. Les montées en puissance sur certains morceaux, comme sur "Thirteen Clergy to the Flames" et "Scourging Iron", sont d’ailleurs imparables. Mais c’est surtout l’ambiance qui se dégage de ces dix titres, enfin presque, puisqu’il y a quelques interludes instrumentales, qui fait la différence ici : occulte et moyenâgeuse. On se prend assez facilement au jeu tant ces compositions dégagent un je ne sais quoi de maléfique, comme si l’on dépoussiérait une vieille chronique du treizième siècle, à l’image d’un Huysmans se documentant pour écrire Là-Bas. Même si tout cela est très convenu pour le genre, je pense notamment au refrain de "Cathars to their Doom", c’est tout de même fait avec conviction et sincérité. Evidemment, lorsque l’on a un chanteur hors pair comme Nemtheanga, cela facilite les choses, d’autant que, loin de se reposer sur ses acquis, il propose ici quelque chose de bien approprié au genre. All Hell’s Martyrs n’est sans doute pas l’album de la décennie dans ce genre, mais il a le mérite d’être une belle réalisation dans un style qui a sans doute plus offert de pétards mouillés qu’autre chose depuis quelques temps. Et puis, à l’heure où le terme metal semble être banni par bon nombre de formations de doom metal, cela fait plaisir qu’il y ait encore quelques artisans respectant avec dévotion les us et coutumes.

All Hellís Martyrs en trois mots : mťdiťval, hťrťtique, embrasť


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