PHOBOS - Triunity
2014 · Debemur Morti

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gulo gulo
le 09 juillet 2014 (802 lectures)

   Industriel

La flèche du temps et le tableau périodique ayant subi chez Blut aus Nord plus de nœuds qu'il n'est euclidiennement possible, on renoncera à chercher la logique qui nous offre aujourd'hui ces trois morceaux pour se contenter de s'amuser, au sens le plus joyeux du terme, de ce qu'après quelques sorties récentes où se lisait de mieux en mieux cependant que de plus en plus subtilement l'influence de Godflesh, il aura fallu attendre qu'ici Blut aus Nord engage un batteur, pour que ladite inspiration se voie de la façon la plus linéaire et transparente, comme une charpente - probablement parce que le drôle en fait leurs morceaux les plus râblés et rugueux jamais, tandis que ces rythmes en boîte que Blut empruntait à l'ancêtre, eux leur instillaient toute leur propre morbide flaccidité. Sans oublier que dans le même temps remonte également à la surface l'empreinte spectrale de leur autre maîtresse influence : Bathory. Les trois morceaux présentés semblent carrément organiser la rencontre des deux au milieu du désert de glace. Logiquement ou peu importe, donc, ils sonnent comme une sorte de death héroïcrust d'un lointain futur, de Bolt Thrower fin irradié pour accompagner les nuits de tempêtes de neige éternelles. Une vraie musique de Space Wolves. Et voilà que c'est au tour de P.H.O.B.O.S d'envoyer trois morceaux. P.H.O.B.O.S, c'est plus simple (riez, pendant que vous pouvez), se contente de démontrer qu'il est parfaitement apte au service sur l'étagère où l'on range tous ces obscurs et succulents groupes qui eurent à cœur de peupler l'espace nauséeux qui bée entre les façades aveugles de Skinny Puppy et The Klinik, en tête desquels les épouvantables Putrefy Factor 7 - et de montrer ce qu'un groupe de doom peut apporter à l'histoire ; pas des guitares, non - vous connaissez P.H.O.B.O.S, oui ? du reste quand les guitares finissent par se dessiner on pense à l'album sorti sous le nom de Morgue Mechanism : on reste dans le gratin - mais DU POIDS, MON PETIT POTE. Ce coup c'est plus du blizzard, c'est simplement tout le glacier qui vous tombe sur la figure, dans une délicate cascade de frottements chuintants, toute une floconneuse douche de généreux copeaux de glace au blanc de nacre sale, une savante pluie d'énormes plumes de merde chimique - puis quand même aussi, faudrait pas le perdre de vue, une invraisemblable rouste tant physique que psycho-toxique ; et toujours fondant à cœur, naturellement. Et puis comme tous les disques de cette durée pour ce type de sonorités, c'est brusquement déjà fini, comme un mauvais rêve avec un doucereux arrière-goût.

Triunity en trois mots : l'air, de, rien


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