LED ZEPPELIN - Presence
1976 · Swan Song

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Derelictus
le 30 mai 2014 (835 lectures)

   Hard "70s

La seconde partie de la carrire du Dirigeable ne sera pas aussi flamboyante que leurs dbuts et cet album en est sans doute le meilleur tmoignage. Aprs une tourne triomphale pour la sortie de Physical Graffiti, les membres de Led Zeppelin allaient devoir essuyer plusieurs preuves jusqu la fin prmature du groupe. Premire preuve, cet accident de voiture dont fut victime Robert Plant en aot 1975 et qui limmobilisa pendant plusieurs mois dans une chaise roulante. Cest dans ces conditions particulires que fut compos et enregistr, dans lurgence, cet album, sans doute le plus terne de la discographie du quatuor.

Presence est donc un album sans fioritures, ou presque si lon considre le nombre de pistes de guitares enregistres par Jimmy Page. Ici ce ne sera juste guitare, basse, batterie et chant : pas de claviers, pas de ballades, pas dacoustiques. Juste ce hard rock plus pesant et surtout plus austre que jamais. La jeunesse et lexubrance sont passes et nous avons dsormais des hommes seuls face leurs dmons et les affres de la vie qui svertuent panser leurs blessures dans une dernire cavalcade dont ils ne connaissent encore lissue. Et ce sujet, les quatre fantastiques en avaient tout de mme encore sous le coude avec ce qui constitue, mon humble avis, lune de leurs plus belles pices de leur carrire, le magnifique et pique "Achilles Last Stand", dont les dix minutes fascinent encore et encore, tant par cette rythmique entranante que par ce va-et-vient entre Page et Plant.

Mais il ne faudrait pas limiter ce Presence ce seul titre douverture, mme sil a un peu tendance clipser le reste. Le quatuor montre quil est encore capable de rocker et de groover comme sur "Royal Orleans" et "Candy Store Rock", mme sil se dgage de ces titres un trange sentiment de retenue, comme si la fougue dantan stait envole. Ce qui se confirme avec "Hots On For Nowhere" dont les accents pop se rapprocheraient de la priode "House of the Holy", mais dans une version anthracite. A tel point que a donne souvent une impression de nonchalance comme sur "For Your Life". A linstar dun Neil Young sur On The Beach, les anglais pansent leurs blessures en se tournant vers ce blues salvateur. Et sils retrouvent une certaine vigueur avec le plaisant "Nobodys Fault But Mine", qui demeure en mme temps assez plomb, il nen finit pas de dgouliner de pleurs sur le trs beau "Tea For One", une de leur pice combien mlancolique qui clt merveille cet album.

Effectivement, ce Presence conserve un got plus pre et plus revche que ce qui prcda dans la discographie du Dirigeable. Ce nest pas forcment le plus ais daccs, mais cest dans ce ct plus meurtri et touchant que Led Zeppelin laisse apparatre une face plus humaine, avec ses monstres combattre et ses fissures. En un sens cest peut tre lalbum le plus iconoclaste du groupe et galement son dernier grand disque.

Presence en trois mots : chant, du, cygne


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