GREEN RIVER - Rehab Doll
1988 · Sub Pop

Détails

Derelictus
le 10 mai 2014 (710 lectures)

   Grunge

Le 31 octobre 1987, Stone Gossard, Jeff Ament et Bruce Fairweather dcidrent de quitter Green River en raison de divergences entre eux et Mark Arm, les premiers dsirant tre signs sur un gros label tandis que Mark Arm voulait rester indpendant. Ces dissensions, qui avaient dj vu le dpart de Steve Turner, mirent un terme ce groupe, donnant par la suite naissance deux nouvelles formations, avec d'un ct Mudhoney, dans lequel Mark Arm retrouvait Steve Turner, et de l'autre Mother Love Bone, avec les trois dissidents. Malgr cette sparation, le quintet dcida tout de mme de terminer leur premier album, Rehab Doll, qui sortit titre posthume.

Pourquoi insister sur cette fin prmature du groupe, et bien tout simplement parce que ces dissensions quant au devenir du groupe se ressent pleinement sur ce troisime et dernier opus de Green River. En effet, s'il est toujours question de grunge sur ce premier album, l'on constate tout de mme une ascendance de la facette hard rock du quintet, au dtriment de celle hrite du punk et de la scne alternative amricaine. Il y a donc un petit ct sleaze qui nous rapproche quelque peu des glamouzes de Los Angeles, en plus des accoutrements de Jeff Ament, qui nous pond tout de mme de trs belles lignes de basse, avec quelques passages slapps qui dtonnent quelque peu. Et l'on n'est pas loin de trouver ici un petit rapprochement avec Aerosmith, notamment dans ce groove et dans ce ct dynamique que l'on n'avait pas forcment auparavant, comme sur "Forever Means", dont le riff d'intro sera recycl quelques annes plus tard par Stone Gossard.

Alors, il est vrai que cela surprend quelque peu de primes abords mais cela reste toutefois bien fait et montre une certaine maturit, et annonce un peu ce que sera Mother Love Bone. Il reste tout de mme huit titres assez varis et rondement efficaces, mme s'il leur manque le ct cradingue des dbuts. Le groupe nous prsente une nouvelle version de leur tube "Swallow My Pride" avec en invite de luxe Kim Gordon de Sonic Youth. Pour autant, mme s'il y a un ct plus hard rock dans la musique, il y a toutefois une facette plus menaante sur certains titres, dont le trs russi "One More Stitch", et qui donne tout ceci un petit cachet unique. Evidemment le grand vainqueur de cet opus, s'il fallait en donner un, c'est Mark Arm: tout bonnement excellent au chant, une nouvelle fois, et qui clate de sa classe chaque titre.

Si Rehab Doll a ce ct coinc entre deux chaises et plutt tourn vers le futur de ses musiciens, cela reste un album plaisant, mais sans doute pas au niveau d'un Dry As A Bone. C'est sans doute dans ses contradictions que l'on retrouve ce qui fait son charme mais aussi ce qui pourrait rebuter. Cela tant dit, je connais peu de groupes qui peuvent se targuer d'un tel chant du cygne.

Rehab Doll en trois mots : sleazy, efficace, terminal


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs