MOURNFUL CONGREGATION - The Monad Of Creation
2005 · Weird Truth

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Derelictus
le 09 mai 2014 (990 lectures)

   Funeral doom

Ô que cette monade de la création ne s’aborde pas aussi vainement que d’autres œuvres. Il y a de la tragédie dans ce disque, de la contemplation et du repli sur soi tout au long de ces quatre titres. Il y a des orages et des tumultes mais aussi des accalmies; le tout avec une telle fluidité sur cette heure de musique, comme si tout était relié à cette simple unité parfaite. On le sentait venir, notamment sur les splits sortis précédemment et sur lesquels l’arrivée du guitariste Justin Hartwig s’était faite ressentir, mais le résultat est au-delà des espérances sur ce deuxième album des australiens. Sur ces quatre longs titres, dont deux avoisinant les vingt minutes, Mournful Congregation dévoile son funeral doom metal si particulier, car s’émancipant quelque peu des canons du genre, notamment avec ce "When the Weeping Dawn Beheld its Mortal Thirst", entièrement acoustique, mais demeurant tout de même fidèle aux grands anciens. Là où le groupe fait surtout la différence c’est dans la richesse de ses arrangements de guitares, l’on a souvent cinq lignes différentes qui se chevauchent, avec des harmonisations magnifiques, des passages en canon et d’autres en contrepoints: le final de "Mother – Water, The Great Sea Wept" en est la preuve la plus éloquente. Les acoustiques se font moins présentes que précédemment au sein des compostions électriques, mais par contre, les australiens sont passés maîtres dans les passages aux sons clairs, donnant ce côté intimiste à vous faire frissonner. Mais loin d’être grandiloquents et tape à l’œil, tous ces arrangements sont réellement au service des compositions finement ciselées du trio. Pour le reste, l’on demeure dans une approche bien plus classique par le groupe, tant dans cette monotonie des tempi que dans le chant de Damon Good qui oscille entre growls caverneux et passage plutôt chuchotés. Tout cela nous donne un album parfait de bout en bout, cohérent dans son agencement, avec les deux titres les plus longs en ouverture et en fermeture, et surtout intarissable dans ses effets. Il possède ce quelque chose de définitif et de fataliste, comme s’il avait été écrit pour dépeindre l’avancée inexorable des flots prêts à vous engloutir, lentement mais sûrement, pour ne plus faire qu’un avec l’océan.

The Monad Of Creation en trois mots : homrique, somptueux, diluvien


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