Krokodil
le 10 mars 2014 (854 lectures)

   Industriel

Celui que l'on redoute la vue mme de sa parure, l'approche de son visage reint et marqu par les symptmes d'un burn-out imminent : Godflesh, premier du nom ; comment l'aborder dignement, sans baisser le regard, surtout lorsque l'on connait le poids de son hritage ?
Dire de ce disque qu'il est rfrentiel est bien videmment un euphmisme, il pulvrise de par sa simple incarnation toute concurrence concevable, ceci en l'espace d'une introduction en rafale semi-automatique - d'ailleurs notez ici une premire ineptie : Godflesh n'a jamais eu craindre l'ombre du moindre adversaire - et pour ce qui est du "reste", veuillez bien pardonner ma grossiret, mais employer les termes "rvolutionnaire", "manifeste", "symbolique" sont une fois de plus trop gentillets. Car bien plus que la simple transition du (plus que) menaant Life Is Easy vers le (plus que) dfinitif Streetcleaner (achevant alors le sacro-saint triptyque broadrickien), il reste celui, unique en son genre, laissant chacune de ses nuisibles et indomptables humeurs s'pancher sans complexe aucun : mtallurgie dprave, beat tyrannique, dub des coupe-gorges, noise proltarienne et coldwave des hauts-fourneaux.
En toute logique, chaque forme d'anglicisme musical est ici magnifi d'une animosit (punk, vous vous en doutez bien) des plus virulentes, des plus vhmentes ; en vrit des plus stigmatisantes. Il faut dire que Godflesh, plus encore que n'importe quel autre ouvrage (seconde ineptie ?), avec ce son ulcr jusqu' la moelle, avec ce tracklisting d'anthologie (Godhead, Spinebender, que de tartes dans la gueule ; au passage mme conclusion concernant son extension au sein de l'curie Earache : deux nouvelles mandales), est un vritable tournant. Le final de Streetcleaner II en dit long : industrial turns to death, la conscration de l'abattage est toute proche. Devant le gnie de ce grand hooligan rachitique, bouff par la viscosit de son environnement, comment ne pas se contorsionner d'admiration ; et de douleur ; surtout de douleur ?

Godflesh en trois mots : ttanique, intime, inaltrable


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Avis des auteurs

 
Excellent
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