Derelictus
le 16 février 2014 (892 lectures)

   Doom death

Tant de choses ont chang et pourtant tout semble tre immuable: c'est un peu le constat que l'on peut faire l'coute de ce Formless, cinquime album des irlandais de Mourning Beloveth. Le groupe a bien pris son temps pour sortir le successeur de A disease for the ages sorti en deux mille huit, voyant au passage le dpart du membre fondateur Brian Delaney, remplac par Pauric Gallagher, transfuge de Decayor. Mais le rsultat est plus que probant, voire un peu inattendu. Alors oui, le quintet demeure toujours ancr dans son doom death metal en droite ligne des Peaceville Three. Il fait toujours preuve d'une certaine monotonie avec cette habitude rpter jusqu' plus soifs ces mmes riffs, s'panchant dans des titres rallonge, exception faite du plus rustre Old rope.

Rien de neufen soi, et pourtant les irlandais ont apport quelques nouveauts sur cet album. Riche d'un certain savoir faire, les mlodies de guitares sont ici plus toffes qu'auparavant, que ce soit dans ces instantans au sons clairs, comme sur Ethics on the precipice ou sur le surprenant Transmissions, que dans ses interventions distilles bon escient, comme cette entre sur Theories of old bones. L o auparavant l'on regrettait souvent le ct morne du groupe sur les prcdents efforts, l'on notera ici quelques acclrations dans un registre ternaire, qui nous rapprocherait presque du cousin Primordial, comme sur le final bien pique de Nothing has a centre. Les fautes de got des dernires ralisations ont ainsi t gommes, notamment au niveau de la production, et le chant clair a enfin repris une plus grande place ici, Frank Brennan ayant mme arrt d'imiter Rob Halford.

Evidemment, si vous n'avez pas apprci ce groupe jusqu'ici, ce n'est sans doute pas ce Formless qui va changer la donne. D'ailleurs, il n'est pas assez ais apprhender et son agencement donne l'impression d'un seul bloc. Pourtant, j'y trouve une plus grande sincrit dans le propos des irlandais, quelque chose de plus touchant et qui prend bien plus aux tripes qu'auparavant. Car au travers de ces longues complaintes, on y retrouve tant de rsignation, tant de frustration, de peine, de colre: comme si le quintet avait voulu tre les colporteurs des misres d'un monde sur le dclin. En cela rside toute la force de cet album, qui est sans doute, mon humble avis, le meilleur sorti par le groupe ce jour.

Formless en trois mots : viscral, monotone, misrabiliste


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