THE BODY - Christs, Redeemers
2013 · Thrill Jockey

Détails

gulo gulo
le 28 octobre 2013 (1076 lectures)

   Industriel

Alors ? est-on forc de se demander, toujours un peu plus anxieusement, chaque nouveau disque qui allonge encore la discographie de The Body, et les rend un cran moins rares. On a gure le choix, avec ce calibre d'olibrius, d'aimer ou pas arbitrer les concours de vis : lorsqu'on vous a si infailliblement enchan les tartes - et pas exactement des mignonnes - on est forcment guetts par en-dessous, par l'attente du jour o fatalement le battoir va faiblir sur les os de la victime, on cre soi-mme aprs tout un rfrentiel, un genre de contrat confiance Darty...

Eh ben c'est pas pour cette fois, je vais vous dire. The Body, ces trs dangereux enfants idiots, sont des petits malins, et changent juste ce qu'il faut le fusil d'paule - expression fut-elle jamais plus approprie ? - en passant cette fois sous terre, et nous y emmenant bien entendu, en se faisant plus sauriens, plus occultes, plus rituels, plus malfiques pour tout dire, en tombant l'air de rien le masque de l'innocence, qui n'tait pourtant pas le trait le moins aggravant de leur violence insane, pour assumer de faon plus adulte, car plus consciente, dlibre, focalise, la toxique teneur en haine et en cruaut de leurs cris. Christs, Redeemers canalise, temporise et concentre la barbarie jamais en sommeil de The Body. Autrement dit, si je me suis bien moi-mme, ils viennent s'aligner au niveau du tout-venant de la mchancet guitares actuelle.
Croyez-vous que pour autant ils auraient eu la modestie ou la politesse de mettre le ton pareillement la hauteur de leurs semblables - bas ? Nakache. Mme avec ces morceaux relativement endimanchs - i.e. habills, sommairement - cette station debout plus affirme, ces textes la lexicalit atteste sur l'tui du disque, mme en mangeant avec une fourchette ce qui importe c'est ce qu'on met dans l'assiette ; et au milieu de leurs semblables The Body n'ont pas de semblables, et se dmerdent pour avoir l'air toujours aussi voire plus cauchemardesquement extra-terrestres. L'humanit a fui ces gens-l au commencement, et depuis, ils sont lchs en vadrouille, ce jour ne poursuivant toujours aucun but, qu'infliger le chtiment, sans distinction.

Christs, Redeemers en trois mots : atroce, malveillant, polluant


Krokodil
le 28 octobre 2013 (1076 lectures)

   Industriel

Si vous permettez - et vous allez me le permettre - je vais en rajouter une couche. Non pas que mon avis diverge du collgue, au contraire son point de vue tend me conforter dans mon impression premire - comparable une agonie lente et excessivement douloureuse - mais comme avec The Dead End, il existe des genres de phnomnes suffisamment graves, et durablement traumatisants pour que l'on ne puisse pas avoir l'obligeance d'insister un peu ; et c'est surtout que j'ai tendance croire ( tort ou raison, qu'importe) que notre Gulo s'tait prpar audit phnomne, l o moi je n'attendais strictement rien. Voyez par vous-mmes, au travers de mes "notes", qui je prsume en disent long sur mon scepticisme, en effet j'avais tendance penser que The Body tait affreusement surestim, et que sans le catalyseur Braveyoung, le sublime/immonde Nothing Passes n'existerait pas mme dans les fantasmes du plus vil des tyrans. Or, voil qu'aprs un EP sur lequel je ne reviendrai pas, Christs Redeemers vient me rappeler l'ordre, avec autorit, me regarder dans le blanc des yeux, avec une indiffrence subjuguante, et me sanctionner tel que je ne l'ai pas t depuis... - Ok, je me lance : Things Viral. Je pourrais donc aisment parler de choc esthtique, de choc traumatique, de tout ce qu'il est concevable de choc, et d'electrochoc, tant que la confrontation est suffisamment brutale... et blouissante. Oui, Christs Redeemers inflige le chtiment sans autre but et finalit que celui-ci, sans distinction, avec une cruaut naturelle qui laisse dans l'incomprhension la plus totale, et donne tout son sens un mot fort simple - rien qu' l'envisager, en vrai, j'en tremble : "impitoyable".

Christs, Redeemers en trois mots : fils, de, pute


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