Krokodil
le 28 août 2013 (655 lectures)

Un disque qui s'appelle Abandon ne peut fondamentalement pas être mauvais ; ni drôle à vrai dire. Car très franchement, entre nous, "monstrueux, malsain, hystérique" ça ne suffit pas pour qualifier pareil concentré de vice, de torture, de pestilence et de déviance, en trois petits mots. Oui, je l'ai déjà dis ailleurs et je vais vous le redire ici : je bave comme un pauvre chien devant la blondeur, devant ce qu'elle peut représenter de douceur, de pureté, de virginité, d'innocence et de noblesse viking, et je bave comme un putain de chien devant Margaret Chardiet. De quel droit une gonzesse de 22 ans vient se permettre de faire le ménage de la sorte dans la scène power-electro/noise/indus/goth/doom/mes-couilles ? De quel droit une gonzesse aussi fraîche peut-elle se permettre, en plus de ruiner mes convictions phallocratiques (calm down bitch), d'être encore plus baisée de la vie que tous ses ancêtres et mentors réunis ? Les névroses de l'utérus ? Le girl-power ? Une anomalie parmi d'autres dans le cosmos ? Tout ça sûrement. Enfin bon, qu'ils reposent tous en paix, les Gnaw, Aghast, Jarboe et consorts. Qu'ils restent chez eux, les exorcistes, les psychiatres et autres superhéros masqués. Silent Hill c'est le club med comparé à l'intimité de notre jolie Margaret. Et croyez-moi, rien ne pourra la/nous sortir de cet enfer nauséabond, de ces abysses organiques, au relent moite de l'actionnisme viennois, de ces souterrains où l'on se partage la lame pour les séances d'automutilation, où l'on se baigne tout entier dans le sang, le foutre et la sueur. Elle ? Boulimique qu'elle est, elle se gave de toute cette horreur, et pas sûr que ce soit pour le plaisir théâtral de la catharsis. Non, juste l'expression de sa profonde aversion existentielle. Combien d'heures passées à s'arracher les cheveux, à mépriser sa propre viande, à contempler sa laideur ? Combien d'heures passées à nourrir ses démons, à taper la discute avec la faucheuse, à négocier une mort plus spectaculaire ? Margaret, sincèrement, j'ai un faible pour toi. 

Abandon en trois mots : la, terreur, pure


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs

Coup de cœur
Coup de cœur