EyeLovya
le 15 juillet 2013 (866 lectures)

N'allez surtout pas chercher en deçà de l'étiquette stoner une quelconque virée au soleil sous THC, le stoner de Shallow Grave trouve une maigre place dans les caves brulantes d'Auckland surchauffées par les lampes infernales des amplis, viciées par les vapeurs de crack. Eux jouent le stoner avec un pessimisme et un abattement tel qu'on y croirait entendre un mix de Suma et d'Abandon ; bravo au chanteur dont les palabres vomies ne laissent transparaitre que dédain, dégout, haine et rancœur, ce même timbre renfrogné tout en constriction qui fit le leurre attrayant de Lothorian sur un unique morceau. La coulée de boue que forme la partie instrumentale, et les lourds nuages de brume qui la surplombe, c'est la touche finlandaise à la Dark Buddha Rising ou à la Fleshpress des EPs, non pas psychédélique mais forcément embourbé dans les drogues et le mauvais alcool qui carbonise le pharynx. Les strates s'empilent alors sur les plans prostrés à la Unearthly Trance et le fond se densifie en une spirale d'ombre qui ne ferait planer que le dernier des paranoïaques.

Pourtant, de tout ce noir broyé, ces ambiances super travaillées et ces différents plans qui s'enchainent avec classe et talent pour ce qui est de diffuser les humeurs, l'air blasé nous est malheureusement lui aussi transmis et sans en connaître la véritable raison (peut-être eut-il fallu jouer d'avantage sur l'aspect stoner hypnotique comme la dernière ligne droite de l'album au lieu de partir trop souvent sur les plans post ?), ça ne prend pas complètement : je reste un peu frustré sur le banc alors que je voudrais plonger dans la mêlée et morfler au moins autant que ces têtes de morgue qui jouent là.

Shallow grave en trois mots : renfrogn, abattu, morfondu


gulo gulo
le 22 juin 2015 (768 lectures)

   Sludgecore Post hardcore Psyché

Forte est la tentation, de faire du sensationnalisme facile, d'attraper la perche qu'on se tend soi-même, on ne se refait pas, à la lecture de leur nationalité, et de leur réseau d'interactions musicales sur Metal Archives ; aux Antipodes, on ne fait jamais les choses tout à fait de la même façon, bla, bla, bla...

Mais non. Shallow Grave fait les choses telles qu'on les fait partout ailleurs ; partout où on les fait très bien, en tous les cas. La musique de Shallow Grave est très et très succintement balisée : Unearthly Trance - la voix ? un peu, mon neveu, mais pas que... - et le Neurosis de Through Silver in Blood. Deux choses qui, un groupe qui prouve ce type de choses s'arroge d'emblée une qualité non négligeable, se marient finalement en toute logique, avec leur sinon identique du moins très complice couleur et congestion paludéenne.

Le résultat donne, si vous tenez vraiment à quelques précisions supplémentaires, une manière de Times of Grace de racailles mongoles rôdant sur la steppe les yeux injectés de sang et d'hallucinations de racailles primitives (autre point de délicieuse convergence que le disque met en lumière, entre les deux influences pré-citées : le famélique reliquat d'ambiances tough guy et de choeurs de caniveau), ou si vous préférez Sovereign revisité par Pulling Teeth dans le rôle des thugs - tuberculeux bien entendu : Unearthly Trance, je l'ai dit déjà ? - histoire de traduire un peu de cette démence tellement non-neurosienne qui s'empare du décor ici, on ne parle jamais pour rien de desperados sortis de The House of Capricorn - et mieux vaudra s'en tenir là, car la tentation déjà revient, rien qu'au syllabes de ce dernier nom, et avec elle un lyrisme peu convenablement disproportionné...

Shallow grave en trois mots : saignant, teigneux, dchiquet


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