HUATA - Bitch - Huata split (avec BITCHO)
2013 · Musicfearsatan

Détails

F. W. Furter
le 22 avril 2013 (1605 lectures)

   Traditional doom Stoner Psyché

Il est toujours difficile et dlicat de parcourir linverse le ddale menant de lide la ralisation, trop nombreux sont ceux qui sy sont essay et qui ont chou ; mieux vaut envisager de crer son propre labyrinthe, et lanalyse revtirait ainsi une forme cratrice, compltant et non pas expliquant vainement - luvre dont il est question.

A lcoute de ce premier morceau de Huata (puisquil sagit de deux parties indissociables), je ne peux mempcher de penser ses travaux antrieurs : Open the Gates qui serait un premier acte de violence perptr par ces btes encore dsorganises qui dcouvrent seulement leur potentiel, Atavist of Mann empreint de mystre, de secret et de curiosit, puissant et galvanis par la dcouverte, et finalement ce morceau marquant le dpart vers Jupiter. Voyage logiquement peine commenc si lon juge par lappel final des cuivres. Et si jose ce parallle avec 2001 : A Space Odyssey, cest pour aborder ce qui est pour moi le monolithe de Huata : lquilibre, ce qui ma t rvl lors de ce dbut de voyage. Les cordes ne sont plus ce bloc dense, et dsormais voluent chacun de leur ct, avanant toujours ensemble ce qui est autrement plus redoutable. Un essaim sonore dans lequel la basse sautorise plus de digressions, tandis que la guitare, toujours aussi massive nous surprend parfois tre mystrieuse et tendue. Le clavier est davantage mis en avant, alors que la voix est mon sens bien trop enfouie dans le mix alors quelle na rarement eu cette importance et complexit. On pourrait croire que Huata a chang, mais non : il est seulement question dvolution, comme le rappellent ces anacrouses rcurrentes, caractristiques du groupe, ou encore les harmonies vocales qui avaient fait leur apparition sur le premier album. De mme pour cette recherche dune vie inhrente au son, lequel est une russite totale tant il est organique. Huata ne cherche donc pas tre en rupture avec son pass, mais bien selon moi rpartir les poids de sa composition, qui mme si parfois elle se fait hsitante, nous embarque volontiers bord de la navette, nous promettant un sacr voyage.

Un voyage dont Bitcho ne fait visiblement pas partie, tant leur musique reste empreinte de gravit. Le groupe ne joue pas contre le temps ni essaye de sen servir, il le martle sans cesse, essayant de lanantir dans une boucle viscrale qui, au final a bien du mal sortir de son propre sillon, jusqu devenir un simple point dans lespace. Ce serait un peu comme le mouvement perptuel dun norme piston de trois basses, simple, mcanique, acteur de son seul et unique mouvement, qui au cours du temps devient routine puis oubli. Seule larrive du chant, thr et contrebalanant la composition, parvient rveiller notre vigilance avant la disparition abrupte et sans raison de toutes secousses.

Un split LP qui donc me partagera entre attrait et indiffrence, malgr la sublime illustration de Benjamin Moreau qui vaudrait elle seule lachat du vinyle.

Bitch - Huata split en trois mots : Equilibre, statisme, gravitation


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