Krokodil
le 09 mars 2013 (730 lectures)

Lorsqu'on envisage la dissection de l'anticonformisme no-wave, par dfinition inautopsiable, faut pas s'tonner de se retrouver avec une no-chronique et une pile d'tiquettes infecte (anticipons pour une fois, j'en retire 5 sur les 10 prvues) - en mme temps va construire une pense cohrente sous l'effet de ce genre de came; d'ailleurs mieux vaut en causer tant que le sujet n'est pas assimil - manquerait plus que ce soit rationnel par ici - ensuite, faut surtout pas avoir peur de ce genre de bonshommes qu'ont toujours une longueur d'avance sur toi - ou de retard d'ailleurs, et qu'ont la fcheuse manie de te semer derrire eux en quelques (stupfiantes) acrobaties, priori faciles (il parat) lorsqu'absence totale de gravitation il y a.

Wildildlife ne se refuse que dalle, et certainement pas le plaisir de laisser dcanter la pulpe solaire et vitamine de son folklore tropical, ni mme celui de s'adonner corps et me au doom et la cacophonie - pardon, la chaos-phonie (si l'on considre "bronx" et "paradis" comme synonymes) - telle que la magouillerait sans doute un Animal Collective sur le fil du rasoir, dsertant sa prcieuse jungle pour s'ensevelir dans le goudron, sous un ciel californien d'humeur dsastreuse. Et puis comme quoi du marcage sludge l'heavenly il n'y a qu'un pas - quoique peut-tre deux en passant par l'americana des familles (consanguines si jamais, les familles) - pas tonnant de frissonner d'extase pure lorsque l'impression d'couter un Feedbacker traduit en anglais des 70's, ou en synthwave des 80's - va savoir en fait - se fait sentir aussi sensiblement; par extension pas tonnant non plus d'avoir l'impression d'entendre un disque qu'a pas vraiment de temporalit(s), mais plutt un disque naturellement et "logiquement" dconnect du rel.

En fait, se prendre un album aussi audacieux, dsinvolte et superbement magntique que Six dans la mchoire revient plus ou moins compter le nombre de connexions synaptiques endommages aprs surconsommation de Throbbing Gristle, Swans, Chrome, Suicide, du freakraut le plus scandaleusement artificiel de Cabaret Voltaire, de l'insolence cathodique ET malfique d'un Kevin Shields converti Enemy Of The Sun, de shoegaze sinusodale, de sdimentation mtallique, blablabla force, tu connais la chanson - ou pas - les guitares ne sont plus des guitares, mais bien des vagues, voire des tsunamis de saturations, d'oscillations, de vibrations, de modulations; les chants, tantt mystiques, tantt hystriques, tantt chimiques ne donnent pas beaucoup plus d'indices sur l'hypothtique direction suivre pour s'extraire de ce ddale sonore, tellement organique qu'il t'en collerait la peau, comme un piderme tranger se greffant sur ton piderme toi; un parasite, une obsession, une pathologie, un truc qui te consume, qui te ronge, qui t'attaque dans l'adipeux, puis dans le nerf, et ne laisse la fin de son oeuvre que l'addiction; celle - absurde - qui fait que tu y reviens encore. Et encore. Et encore.
Du crack.

Six en trois mots : visqueux, tortueux, somptueux


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