COMUS - First Utterance
1971 · Rise Above Relics

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lucas
le 26 février 2013 (1077 lectures)

   Progressif Psychedelic folk

La pochette met la puce l'oreille, un bonne grosse puce gristre qui entre dans l'oreille, a fait mal en crever et pas tonnant que l'on retrouve le type tout gristre lui aussi et recroquevill en douleur. Pas vraiment de douleur non, quelque chose de plus srieux. Peut tre que la puce n'est pas entre aprs tout. Peut tre que c'est juste le ciboulot qui dconne et qui draille. Et mme s'il n'a rien de tout a il divague bien loin pour viter de s'en assurer. Il flotte mme, nous avec, on est enchants par la douceur d'un cot, c'est un trs beau disque acoustique aprs tout, mais de l'autre... la folie rode, prte nous faire ramper, on devine le malaise. Et mme quand les fleurs sont l, qu'on le sent perturb, qu'il est instable, prt repartir dans sa crise pileptique, courir au fond des bois et attendre. Pas que tout se passe, mais attendre. Le bois calme l'esprit, un petit peu, pour un temps. La voix fminine nous charmera d'ici l, les violons, la flte, tout le tintouin psychdlique de l'Angleterre des 70's qui se tressent en corde fine autour de la cheville. Et quand elle serre, elle trancherait presque; l'autre n'est pas redescendu du tout, il prche plus zozo que jamais et avec un drle de zle. Il nous met clairement mal l'aise avec ses yeux tout bizarres, et puis il fini par nous crier dessus et tordre toutes ces beaux instruments juste l, tout prs de l'oreille.

First Utterance en trois mots : Drang, Dboussol, Drogu


EyeLovya
le 15 mai 2017 (622 lectures)

   Progressif Psychedelic folk

Une fois n'est pas coutume, j'avoue ne pas cerner la tendance dark de la chronique de mon estimé collègue. Cette beauté de disque n'est certes pas des plus rassurant, et d'ailleurs Diana fait vite mesurer l'ampleur de l'inconfort sévère qui peut à tout moment nous tomber dessus, avec en première ligne l'anti-madeleine de Proust par excellence que sont les violons aux cordes maltraitées qui nous (ok, me) ramènent directement au probable traumatisme non identifié de mon enfance qu'est la Danse macabre de Saint-Saëns. Ça et, disons, le mec qui braille, habité autant que possible, et part dans les trémolos violents à la Johnny Rotten, on se croirait spectateur d'un véritable rituel de sorcellerie à l'ancienne, filmé par Ben Wheatley, tant qu'à faire dans le glauque.

Pourtant, comment rester insensible à la pureté forestière d'un morceau fleuve, rivière plutôt, comme The Herald, qui donne l'envie instantanée de filer en Finlande faire des enfants à toutes les vierges blondes qu'on y trouvera et de fonder dans la foulée sa petite communauté familiale hors du système, parfaitement anachronique, à vivre entièrement nus, en autarcie, quasi littéralement d'amour et d'eau fraîche, bloqués dans la contemplation, et puis faire l'amour tout le temps, à tout un chacun, homme, femme, chien, tulipe.

Plus généralement, l'aspect communauté hippie, on est en plein dedans, en permanence, mais je me permets d'insister sur les habits blancs, et les couronnes de fleurs (blanches aussi), et les cheveux blonds, cette innocence totale qui me coupe toute envie de parler de la moindre drogue. Pour cause, ces gens là, ils n'ont pas eu le moindre contact avec la société, les arbres, l'amour et la musique comme seuls décors. C'est ce qui est inquiétant pour les citadins que nous sommes, c'est qu'il n'y a pas de repère ici, ce petit peuple n'est pas scolarisé, et n'a surtout pas nos règles de bonne conduite, pendant ces veillées nocturnes autour de grands feux de joie (qui n'ont jamais aussi bien porté leur nom) où la musique est imparable : tout le monde y va de sa guitare, tambourin, flûte, violon, et tout le monde joue très très bien, et le rythme devient hyper contagieux, tribal pour aryens, on se laisse partir dans la transe malgré nous mais on flippe pas mal aussi parce que quand le mec chante, il s'emballe parfois un peu trop, même parfois beaucoup trop, et on à l'impression que ça peut partir en couille à tout moment. En même temps les paroles de son truc réconfortent que dalle, c'est même tout l'inverse, pas simple de donner le change quand le type se met à gueuler : "I'll be gentle I'll be gentle I'll be gentle I'll be gentle I'll be gentle I'll be gentle I'll be gentle I'll be gentle, and not hurt you, and not hurt you, and not hurt you na-na-na-na-na-na-na-na..." après avoir évoqué une lame qui va entrer je sais plus où... ok ok tout va bien se passer, après tout, chacun ses croyances, non ? Bon, peut être en fait que je comprends la tendance dark de la chronique de mon estimé collègue. Simple parenthèse, impossible de ne pas penser à Faith no more, pour une raison qui m'échappe qui n'est pas que le chant foutraque.

Reste qu'au final tout se passe bien, et qu'ils ont bien l'âme pure ces gens là, qu'ils l'aie vendue ou pas à Satan, ou à son équivalent païen. Ils auraient sonné comment les Jefferson Airplane si ils avaient été élevés dans une ferme et n'avaient jamais fréquenté la société ou ses préceptes religieux ? Exactement, un peu comme cette folk là, psychédélique sans faire exprès, aux légers accents country qui ne sont que les besoins de danser dans les champs fleuris, mais toujours sous forme d'ode à la beauté, relative donc, en harmonie parfaite avec leur environnement à eux. 

First Utterance en trois mots : enchant, champtre, animiste


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