WARNING - Watching from a Distance
2006 · Miskatonic Foundation

Détails

lucas
le 18 décembre 2012 (1272 lectures)

   Traditional doom

Vous n'avez pas devant vous l'expert requis pour l'Apprciation des Monuments du Doom. Vous avez pourtant devant vous le disque le plus Doom que l'on puisse trouver en ces eaux troubles. Un truc qui en contient l'essence, le jus concentr du plus bas que toi, qui creuse et creuse encore. En survolant on y voit pas grand chose, tout se passe si bas; mais une fois prs on voit tout; ou plutt rien. On n'y voit rien puisqu'il n'y a pas grand chose voir : des riffs mornes qui se plaignent en long en large et en travers, se trimballent laborieusement pendant des dizaines de minutes pour arriver peu prs nulle part; la batterie trottine tout cot sans trop d'effort. Mais tout a a une particularit : aucun artifice. Rien de rien, compltement nu, le mal dans la peau sans rien cacher. Alors oui ce disque, il ne s'y passe pas grand chose, et c'est bien l qu'il est prodigieux. Et sur ce rien de rien long et agonisant il y a un truc qui possde encore moins d'artifices : la voix de Patrick Walker; qui a si c'tait encore possible les bras plus ballants que tout le reste, mais qui surtout et encore une fois bien plus que ce qu'elle surplombe est compltement poil. Nue comme un vers et plore comme jamais elle change la donne pendant les cinquante minutes du disque. Si tout le reste est globalement inamovible, les mouvements de ce chant fascinant sont d'autant plus remarquables : ils mettent en relief tout ce qui sort du cur, avec l'ardeur des flammes funraires qui oscillent tout autour.

Watching from a Distance en trois mots : Afflig, Grandiose, Brlant.


Derelictus
le 22 mai 2016 (1021 lectures)

   Traditional doom

Le doom metal dans toute son austérité, dans tout son misérabilisme, dans ces sillons que l’on creuse indéfiniment, dans ces plaies non refermées, voici ce que fut Warning. Et jamais un groupe, et surtout un album depuis la sortie de Forest of Equilibrium, n’aura autant porté et confirmé la définition de ce genre. Ou tout du moins de ce que le terme signifie en soi. Cette musique qui prend aux tripes et qui rappelle que toutes les misères du monde s’abattent sur vous et que rien ne pourra empêcher cette inexorable sentence. La vie est un fardeau auquel l’Homme ne peut se soustraire et le trio nous le rappelle bien à chaque instant, derrière chaque note, derrière chaque mélodie, derrière chaque ligne de chant.

Watching From a Distance n’est sans doute pas un album comme les autres, et même si son compagnonnage dure depuis une dizaine d’années, il n’en a jamais perdu de toute sa puissance et de tout son côté évocateur, cela va même en s’amplifiant avec les années. Sans mythifier cet album et sans non plus aller dans des considérations grandiloquentes, cet album ne s’écoute pas de manière anodine et contient tout ce qu’il faut pour flinguer la plus belle des journées et les esprits les plus enthousiastes. Ces cinq titres sont beaux à en chialer, au sens propre du terme, et pas uniquement un dimanche après-midi pluvieux comme nous en gratifie souvent ma région. Non, ils ont cette solennité, cette constance dans une souffrance assez contenue, qui ne dégouline pas trop, mais qui vous laissent toujours les larmes à l’œil. Ils font mal tant ils touchent au plus profond de ces sentiments que l’on espère toujours refouler et ne pas laisser resurgir.

Ces riffs austères qui patinent encore et toujours dans cette mélasse, dans cette brume qui rend les choses indicibles et imprenables, et qui vous plombent le moral comme tout autant de mauvaises nouvelles. Cette rythmique qui ne s’ébranle jamais et qui imprime sa nonchalance tout le long de cette cinquantaine de minutes d’un doom metal les plus tristes qu’il m’ait été donné d’écouter depuis une vingtaine d’années d’amour pour ce style musical. Comme si tout ce que j’avais cherché pendant des années dans la musique s’était enfin concrétisé sur un seul et même album et que je n’allais pas lâcher de sitôt, avec toute cette filiation qui prend enfin sens. Ce disque est le meilleur compagnon de route dans les traversées de chemins tortueux où nul espoir ne jaillit, où l’on ne sait guère aller. En cela, outre la musique, le chant assez unique de Pat Walker et ses paroles ont une résonnance assez touchante: dire qu’il faut avoir souffert pour comprendre au mieux cet album serait sans doute trop définitif mais guère éloigné de la réalité.

Oui, cette chronique ne sert à rien d’autre que de prôner mon amour pour cet album qui demeure intemporel et un classique du genre à mes yeux. Oui, ça fait souvent mal de l’écouter mais ça correspond tellement à ce que je recherche dans la musique: quelque chose qui prend vraiment aux tripes, quelque soit le rendu, et que cela soit fait avec une réelle sincérité. Y revenir sans cesse et se laisser imprégner par son ambiance grisâtre, rester inerte à contempler la pluie tomber sur la fenêtre, le regard vide vers un horizon lointain en attendant le crépuscule, ou bien encore tuer le temps durant des nuits d’insomnies, c’est tout ceci que m’évoque ce Watching From a Distance. 

Watching from a Distance en trois mots : lachrymal, dsol, anthracite


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