ATRIARCH - Ritual of passing
2012 · Profound Lore

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EyeLovya
le 17 novembre 2012 (702 lectures)

   Freak doom Black metal Gothique

Vous n'avez peut-être pas encore remarqué tous les corbeaux qui volent furieusement autour de votre vieille bicoque, comme ils s'attroupent, intimidants comme un mauvais augure ; et bien c'est normal, ils sont attirés vers ce Ritual of passing comme par une vieille charogne.

Tellement décharné qu'il ne ressemble plus qu'à un vieil os rongé d'anxiété, c'est un cold doom d'une lividité pré-cadavérique et d'une tension d'un pronostic pas meilleur dont l'intensité est effarante : grâces à la teinte BM qui ne s'explicite que dans les plus orageuses furies, mais qui pèse le reste du temps non pas dans les panoramas de forêts arctiques, mais dans sa rage asséchée au ras de la terre et du charbon, la mandibule cassée et les bras baissés, vaincus. Au dessus, on trouve les ondulations placides de la basse qui supervisent le tout, basse qu'on reconnaît bien dans son éprouvant stoïcisme, celui des plaisirs inconnus, que l'humeur soit aux râles caverneux ou aux longues litanies processionnaires. Car avant d'être un album de doom, Ritual of passing est bien un album de death-rock, autant dire de sale goth : c'est un être efflanqué, blafard et moribond, qui convulse dans la fièvre et la mousse rabique qu'il cracherait en permanence si on ne le contenait à force de perfusions des plus frigides Cure, Sisters of mercy ou Christian Death. Faut-il encore que ce soit Lenny Smith qui vous l'explique ? Ce mec instable un peu trop émotif ?

Clairement c'est la valeur ajoutée de luxe, ce mec qui percute et qui s'emporte trop facilement, cet espèce de gourou ultra-charismatique qui toise lourdement l'horizon gris monochrome et vous scande imperturbable ses chants mystiques de baryton plus glauques qu'une prose de Csihar, puis descend plus bas encore dans le grunt pestiféré histoire de vous emporter définitivement dans cette guerre déjà perdue, ce mec qui se perd quelques instants plus tard à hurler à la lune comme une vieux loup égorgé, un chant protéiforme d'auto-flagellation aussi fustigeant et défoulant que du Aldrahn, un chant et, décidément, un album qui vous fout une de ces Gault...

Ritual of passing en trois mots : tendu, dcharn, enrlant


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