EyeLovya
le 20 octobre 2012 (720 lectures)

   Grunge

Hors de question que j'accepte ce que j'ai malencontreusement lu un jour, comme quoi ce serait le seul album enregistré sobre pour Scott Weiland...n'importe quoi. Mon Core à moi est bien trop ceinturé de drogue dure et trop généreusement enveloppé de vapeur opioïde, il pue le lugubre et le sexe sale à la conscience plus que partielle. Un fol charisme pectoral, un album de mâle, une autorité pesante qui s'impose d'elle-même dès les premiers instants et les premiers mots de Weiland qui semblent en feu ; des riffs tatoutés dans l'âme pour de bon tirés d'un vieux hard-rock lesté au crack, trempé d'un groove 90's lourdissime déjà bien au delà du simple épithète « jouissif ».

Dire que les critiques de l'époque l'accusait de plagiat d'Alice in Chains...je crois n'y trouver aucun lien en vérité mises à part quelques rapides intonations. Core est bien plus heavy, n'a pas la charpente grêle et famélique des sus-cités puisque Core a le culte du corps en névrose, des patterns bien musclés et une humidité suffocante ; mais surtout, quand les AiC sont déjà au stade terminal et ne peuvent plus qu'attendre prostré de pourrir de l'héroïne, les STP écument encore les orgies de fin de soirée dans des boudoirs insanes où les jouissances s'obtiennent sans plus le moindre plaisir.

Les arpèges qui parcourent tout l'album sont d'une moiteur effroyable, accompagnant parfaitement les sueurs froides qui courent en permanence le long de l'échine, Sin en est alors le résumé idéal avec son refrain intemporel qui s'élève magistralement au dessus du bouillon de guitares, ses breaks de pur funk, et même son petit passage acoustique qui nous rappelle que les STP viennent des plages de Californie, la tuerie absolue.

Et d'acoustique, on en vient à la ballade du disque, Creep, toute en guitares sèches et mélodies tristounes de beau gosse où le timbre de Weiland se trouve hanté par Kurt Cobain, peut être LE morceau-mère de tous les morceaux « feu de camp le soir sur le sable avec des jolies nanas », certainement pas une faute de goût en tout cas après le méchamment débridé Naked sunday, et juste avant une de mes favorites, Piece of pie et son refrain absolument parfait dans son chant aérien presque enfantin et les gros accords robot-groove à la Morello. D'un bout à l'autre une réussite totale de grunge sexuel surement pas dans l'ombre de qui que ce soit, de l'autoritaire intro a cappella jusqu'au riff on ne peut plus classe de Where the river goes, ça ne manque pas encore aujourd'hui de me laisser coi et impressionné par l'élaboration intouchable de chaque titre, je salive toujours tout du long dans l'attente du passage suivant, la lèvre inférieure mordue, le sentiment de transpirer l'opiacé tout comme eux, je fonds et je m'incline, tout simplement.

Core en trois mots : hormonal, vital, moite


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Classique!
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