Nirguna
le 20 mai 2004 (1021 lectures)

   Freak doom

Le premier album de Khanate prenait le parti de l'agression sonore pure et simple. Cela fonctionnait merveille. Pire, certains en redemandaient. Et pour la deuxime fois, SOMA et sa bande nous mettent dans l'inconfortable position de celui qui s'attend en rentrant chez lui retrouver sa femme et ses enfants et qui trbuchent en fait sur leurs cadavres mutils en passant le pas de la porte...

Ils l'avaient annonc, Things Viral devait faire passer l'album ponyme pour du speed metal, et ils l'ont fait. Le rythme est ici tellement lent qu'on a presque le temps d'oublier entre chaque son qu'on est en train d'couter un disque. Ah vous vouliez du son tortur, vous aimiez a, et vous n'aviez encore rien vu... On peut le dire, Khanate a bel et bien franchi un pas de plus dans le... dans la... dans quoi au fait ? En tout cas le premier album passe dsormais pour un agrable moment de festivit printannire. Ici on ne plaisante pas.

Je l'ai dj dit, mais la chose est suffisamment remarquable pour tre rpte, Khanate a sans doute ralis ici l'oeuvre metal rythme la plus lente de l'histoire. Pour le reste, la recette est base sur l'assemblage de tous les types de nuisances sonores productibles par guitare/basse/synth/batterie/voix. La voix est toujours aussi corche et dclame des textes toujours aussi malsains, vritables odes aux dviances psychotiques. Guitare, batterie et basse quant elles font, il faut le dire, un peu n'importe quoi... Difficile d'extirper des mlodies de ce nant, de relever des plans techniques ou efficaces. La musique de Khanate est livre en kit monter soi-mme selon sa propore tolrance la branlette conceptuelle. Et il y a fort parier que la plupart se contenteront d'y voir, et c'est fort comprhensible, du foutage de gueule en bonne et due forme.

Personnellement, il m'a fallu des dizaines d'coutes pour entrevoir le dbut d'un intrt ce disque. J'en suis finalement arriv la conclusion que les clefs de cet album rsidaient dans les mandres de ces quasi-silences interminables qui nous sont imposs chaque instant et qui force l'imagination prendre le relai sur les sens. Mais peut-tre sommes-nous simplement dans un espce de concept dadaiste... ou nihiliste... ou militariste... La seule certitude c'est que nous sommes dans un asile sonore o viennent se dverser la moiti des nevroses et psychoses de l'humanit. La paranoa de Commuted, la schizophrnie de Fields, l'angoisse chronique de Dead et la claustrophobie de Too Close enough to Touch sont bien plus communicative que la bonne humeur vomitive de tous les groupes de happy music du monde... Mais a vous mettrez du temps vous en rendre compte... Et il sera trop tard.

Things viral en trois mots : autiste, sotrique, oppressant


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