GNAW - This face
2009 · Conspiracy Records

Détails

EyeLovya
le 15 janvier 2011 (1014 lectures)

Ce n'est pas non plus si surprenant que ça, Dubin n'était pas prédestiné à l'album de la maturité, introspections bilan à la guitare sèche, oh que non. C'est donc reparti pour un monument de névrose difforme, toute émotion soufflée par une paranoïa progressiste maladive profitant de toute la technologie possible pour distordre la réalité, allègrement alimentée par un line up paradisiaque. Sur une toile de fond apocalyptique futuriste -j'espère par ailleurs que votre système sonore est garanti contre la fin du monde- se dressent donc des guitares, a priori, en morphing permanent, dégoulinantes de notes cradingues comme de grossiers pixels, instables et fausses comme sur un vieux vinyle.

Les beats ne sont pas en meilleure santé, stressés jusqu'à l'os, mal à l'aise diarrhéique, des rythmiques asthmatiques qui recrachent le mucus en brouillard aseptique, insufflant la vie et offrant le mouvement, malgré son état précaire, au chaos électronique et mental. Tout ça, ce ne sont que les bras du monstre immense Gnaw, jaillissant du magma hirsute qui lui sert de corps, pour saisir à la gorge et à l'estomac et serrer fort jusqu'à la fin du disque. Notons, qu'il doit y avoir un doigt ou deux qui appuient sur le système limbique cérébral, stimulant une infinie satisfaction pendant la torture auditive. Mais il y a aussi la tête et ce qu'il y a à l'intérieur, ou ce qu'il en reste. Plus charismatique que jamais, Alan Dubin, et la carte blanche absolue pour ce qui est du jeu avec ses cordes vocales.

Et c'est un bonheur de retrouver les hurlements schizophrènes de Khanate enchainés sur des ralentis perturbants, ou même une voix à peu près claire effrayante comme un type en imperméable dans une cour de récréation ; tout comme ces chuchotements qui serpentent vicieusement tout au long de l'album. Le tout est tellement monstrueusement dangereux de séduction perverse, lubrique et psychotique qu'il existe certainement une loi qui décharge l'état de toute responsabilité quant à d'éventuels problèmes liés à l'écoute du disque.

Je voulais d'abord me censurer d'un simple OVNI, amplement mérité, mais je ne peux m'empêcher, encore tout écarquillé, de citer l'ami Joey : comme un grand coup de surin en pleine poitrine.

This face en trois mots : chaotique, nvrotique, limbique


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs

 
Excellent
Excellent
 
Coup de cœur
Coup de cœur