Lazare_C
le 28 novembre 2010 (1014 lectures)

   Traditional doom Freak doom

Faire un rcapitulatif de l'oeuvre et de la porte de Celtic Frost serait un affront. Pour moi ainsi que pour les lecteurs. Prtendre ne pas connaitre ce groupe reviendrait avouer que l'on coute pas de musique extrme.

Au bord de l'implosion en 2005, emprisonn dans un palais de glace d'o aucune ombre ni aucun son ne s'chappe, le Suisses ont annonc leur retour. Avec un album. Aprs les checs que furent les albums prcdents (ne m'obliger pas les prononcer...), que pouvait-on attendre de la part du "Warrior" ?

Tout. L'album dbarque dans les bacs, je me le procure sans hsiter, impatient. Nota bene : ce disque a marqu un tournant dans ma vie musical, ma chronique sera alors largement tronque, je le confesse. A la fin de la premire coute, les questions fusrent, des images vinrent, des rves se formrent. Monotheist ou la quintessence de la noirceur, de la dpression, de la lourdeur monolithe musical taill dans un bloc sans aucune finition.

Martelant serait un adjectif ajouter la liste. Le premier morceau, "Progeny" impressionne par sa puissance pour ouvrir le bal. Feedback, puis le "UH !" d'entre nous rappel que Celtic Frost joue. On ne reconnait pas le groupe de ses dbuts dans son trip Thrash/Black grimm au possible, aux gimicks kitsch souhait. De la maturit transpire de cet album, les tempo varient souvent dans le morceau, doomesque passant au up pour finir sur un interminable break la tonalit de grand-messe. Tom l'air d'assener vrit sur vrit, de rellement y croire, crachant son venin tout en nous gratifiant de quelques envoles solo dpressives. Intense et dense rentre aussi dans le descriptif, "Ground" en ouvre le compte. Tom, propos de l'criture de cette piste : "je l'ai crite un moment trs dur de ma vie". De la rancur anime donc ce morceau au riffs trs basique la production toujours aussi dantesque et au point d'orgue "Oh God, why have you forsaken me ?". La surprise est alors de taille sur le morceau suivant: "A dying god coming into human flesh" voit Martin occuper le poste de principal chanteur, Tom n'officiant qu'en temps que backing. Arpge rptitif, aspirant l'auditeur dans les trfonds d'une abysse musicale extrmement sature au tempo extrmement lent. Les hurlements ne font qu'amplifier les qualits du morceau savoir que cette aspect mamouthesque de l'album est exploit fond, les guitares se font de plus en plus incisives et profondes. Il n'y a aucun chappatoire manant de morceau, la fin de la descente est mise en voix par Tom de faon clean, profonde et prophtique. Celtic frost fait preuve de beaucoup d'originalit sur cet album. En tmoigne ce ct indus que je ne leur aurais jamais accord. De petits mais nombreux arrangements lectroniques sont dissmins le long de l'album, parfois volant la place des guitares. "Drown In Ashes" voit donc l'absence de guitares sans virer dans un morceau d'lecto' dgueulasse, avec une voix fminine donnant une touche plus douce au morceau, Tom rattrape le coup avec sa voix prophtique. Parfaite transition aprs "A Dying God...". Le crescendo a comme fin le mariage de ces arrangements lectroniques et des guitares sur "Os Abysmi Vel Daath" (si quelqu'un a la traduction, qu'il me la fasse parvenir, merci d'avance). La folie noire est de mise avec ses riffs palmuts, ses breaks limite atmosphriques et toujours cette voix de femme en fond sonore, sirne dmoniaque dans ce monde dj bien sombre. Down tempo, batterie martelante, tout y est, la patte de l'album est trs homogne. Une remarque me vient alors l'esprit : bien que les morceaux soient d'une longueur certaine (oscillation moyenne entre 4 et 7 minutes), aucune sensation de lassitude ni d'ennui ne gagne l'auditeur. Lassitude est probablement le maitre mot d'"Obscured", une sorte de lch-prise, avec une casserole de fausse balade que traine le groupe tout au long de cette piste. Mais une beaut s'en dgage, avec des curs fminins cette fois ci. Un paroxysme de dpression, de mal-tre donnant le ton pour "Domain Of Decay", morceau le plus "heavy" au sens o les riffs sont extrmement lourd, rptitif, breaks en double croches. Amateur de doom bas-du-front, jetez vous dans ce morceau sans hsitation. Mais votre dception sera grande car "Ain Elohim" est le morceau le plus "up-tempo" du CD. Double pdale, Tom abandonne sa guitare pour donner le ton.

Le triptyque final se composant de "Totengott", "Synagoga Satanae" et "Winter" plonge l'auditeur dans un monde trs spcial et je prfre laisser l'apprciation de l'auditeur cette synthse et final de l'album. Non pas par fainantise, mais ce triptyque est agrment de surprises en tout genre.


Enjoy.

Monotheist en trois mots : Triste, Profond, Puissant


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