Nirguna
le 20 septembre 2004 (811 lectures)

   Doom death Funeral doom

Pour changer un peu, je vais vous faire une petite chronique de... Funeral doom, ouais, comment vous avez deviné ? Pantheist nous propose sur ce disque un mélange fort intéressant puisqu'il s'agit d'un funeral doom qui a de forts accents médiévaux, de par le type de voix employées ainsi que les intermèdes bucoliques qui fleurissent ici et là.

Bon, l'aspect funeral du doom est assez « banal », si j'ose dire : guitare et batterie ultra lentes et pesantes, abondance de claviers, mélodies désespérées à la pelle. N'empêche que pour être banal, il n'en est pas moins inspiré. La touche ultime de mélancolie est apportée par les voix claires et leur sonorité religieuse bouleversantes. De temps à autres, un intermède acoustique nous plonge encore davantage dans cette ambiance de jadis... Et voilà...

A priori ça a l'air incroyable, dit comme ça, et d'un côté, ca l'est... Mais il y a quand même trop de fautes de goût pour moi, sur ce disque... D'abord, ce que je ne vous ai pas encore dit c'est que Pantheist s'embarque de temps à autre dans des « envolées » death doom qui sont tout de suite bien moins fantastiques, si vous voulez mon avis : ruptures de rythme qui manquent de finesse, inefficacité cinglante, maladresses structurelles. Je suis en train de contester au groupe la liberté de faire ce qui lui plaît, c'est vrai, mais là c'est trop, cette brutalité aveugle est vraiment déplacée. Et encore, s'il n'y avait que ça, je ferai abstraction, mais je ne peux pas passer sous silence ce désagréable sentiment qui me vient parfois que le trouvère s'est transformé en clown de fête foraine, quand j'entends certaines mélodies... Quelques bruitages qui font très space-opera des années 70 pour compléter le tableau et vous comprendrez que cet album s'éloigne déjà franchement du chef-d'oeuvre...

Néanmoins, chacun des morceaux qui composent cet album recèle des moments absolument incroyables de beauté et de tristesse, et ceux-ci sont fort heureusement majoritaires. Don't Mourn à lui tout seul vaut l'achat de ce disque ; si on fait abstraction de la partie brutale, ce morceau enfonce à lui tout seul tous les March & the Stream du monde, tant il dégouline le désespoir, le froid, le cimetière, et sincèrement, c'est un joli exploit. Par ailleurs, toutes les accélérations ne sont pas ratées non plus, par exemple Curse the Morning Light sait s'orner d'une colère communicative du meilleur effet.

Au final, je ne puis que vous recommander de jeter une oreille à ce disque, qui me procure personnellement, et en dépit de tout ce que je peux lui reprocher, de grands moments de mélancolie coupable. A bon entendeur...

O solitude en trois mots : médiéval, religieux, dépressif


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