ESOTERIC - Subconscious dissolution into the continuum
2004 · Season of mist

Détails

Nirguna
le 18 septembre 2004 (681 lectures)

   Doom death Funeral doom

Ce disque commence affreusement mal : trois affreuses notes de claviers kitschissimales pseudo-ambiantes qui sentent le Brise Touche Frache plein nez... Putain, encore un de ces groupes surfaits qu'on m'a vendu comme ultra sick qui fait juste de la merde mais qui tait mal distribu jusqu' ce que le label que l'on sait les signe se dit-on cet instant prcis... Fort heureusement, aprs un peu plus d'une minute de calvaire, un voile de tnbres s'abat sur nous avec la brutalit d'un linge de bain Heineken sur la plage de sable fin un jeudi aprs-midi de juillet. Les sandales et les shorts en moins.

A partir de l, de quoi s'agit-il ? Eh bien ma foi, je pense que nous voil devant un disque de funeral doom de derrire les paillotes. Esoteric, donc, nous pose ici 3 morceaux de 15 minutes en moyenne, plus une outro de 5 minutes violemment destructrice, tout ceci vocation plutt ambiante, les guitares tant utilises comme des claviers. Les mlodies s'tirent sur des dizaines de secondes, la rythmique est fulgurante, et le son est... monumental, n'ayons pas peur des mots. Les guitares et les percussions envahissent l'espace avec une mticulosit effrayante, la voix rampante rsonne de toutes parts, tantt ultra gutturale, tantt criarde, toujours foncirement post-mortem...

Et soudain, aussi subtil qu'un Behemoth dans un jeu de quille, le gros riff qui tache, celui qu'on ne pensait pas entendre sur cet album... Enfin... Riff... Vous savez, cet art typiquement death doom d'enchaner trois notes saccades avec le son le plus cataclysmique possible, qui donne toute leur saveur aux albums du dbut des 90's et tous leurs arguments aux sots qui pensent que quand on sait jouer on fait du death plutt que du doom... Mais je m'gare...

Mais alors Esoteric, c'est du death doom, donc ? me direz-vous les yeux carquills comme un hamster carnivore apoplectique (ou pas). Eh bien non, parce qu' vrai dire, ce ct gros bill d'Esoteric n'apparat franchement que deux ou trois fois sur l'album, mais ne vous y trompez pas, ce disque n'en sent pas moins le souffre. Pas fondamentalement dpressive, l'exception du dbut du deuxime morceau (notez que c'est une question plutt subjective, au cas o vous n'en auriez pas encore conscience), la musique dveloppe sur ce SDitC (comment a, imprononable ?) possde de trs fort relents de fin du monde, quelle que puisse en tre la forme. Esoteric est le volcan qui vomit les cendres nocives qui obscurciront votre ciel, l'inluctable comte scintillante dans votre firmament, le cancer plantaire et les ruptions solaires dvastatrices, le liseron qui envahira votre jardin et les moustiques qui vous empcheront de dormir l't durant...

A rapprocher sans doute d'un Skepticism qui aurait dcid d'avoir un son correct ou d'un Shape of Despair qui aurait oubli d'tre chiant et niais, ce Esoteric a t une de mes trs bonne surprise de l'anne... Un death/funeral/woteverdafukk doom radical qui comme beaucoup d'albums du genre mritera un fort volume sonore pour prendre toutes ses dimensions (j'ai parfois l'impression de me rpter, il est vrai, nanmoins, il me semble parfois ncessaire d'insister sur le caractre physiquement sismique de certains disques, qui fait souvent toute la diffrence).

Subconscious dissolution into the continuum en trois mots : cataclysmique, onirique, viscral


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