Chroniques de décembre 2018

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DEAD WITCHES - The Final Exorcism

DEAD WITCHES - The Final Exorcism : 2019 · Heavy Psych Sounds

Traditional doom Stoner

DEAD WITCHES


Un petit miracle de Nol en soi, ce Dead Witches. L'itinraire du groupe djoue les cotes de probabilit avec suffisamment d'aisance pour que l'on s'incline et salue la persvrance qui a pour une fois pay. Oublions vite ce poids mort de Ouija, l'ennui et l'embarras profond qu'il nous a caus, et applaudissons chaudement le dferlement de stoner doom l'ancienne teint de grunge que voil.

Mark Greening accueille un nouveau guitariste, vire surtout son ex du micro ce pour quoi on ne saura qu'tre des plus reconnaissant, et comme prvu, a change tout. Non seulement la section instrumentale, nourrie l'aligot et la terrine, s'est visiblement toffe, exit le riffing maigrelet en conomie d'nergie de Ouija, mais en plus Dead Witches se fend ds le premier morceau d'une tambouille sonore basse/guitare immonde et crasante que l'on reconnatra non sans motion comme directe descendante de ce magma indtrnable paru en 2000 qui porte le doux nom de Dopethrone. Pour l'anecdote, l'album a t enregistr au Chuckalumba studio et masteris par Doug Shearer, ce qui fait dj deux paramtres en commun avec ledit Dopethrone (et Let us prey). Un petit clin dil qui va droit au cur port par un vrai beau riff de vrai beau doom et non pas une nime soupe sous-sabbathienne, ce qui facilite l'indulgence et offre un capital sympathie de base qui ne sera quasiment pas abras au final, tout du moins jusqu' ce que le bonheur de ne plus entendre Virginia Monti ne fane et laisse place la frustration de devoir couter la petite nouvelle, Soozi Chameleone, qui s'en sort pourtant tellement mieux.

Une voix brise qui ne cherche pas trop la pose, que se positionne entre le garage-punk rauque de Courtney Love/Donita Sparks et le timbre doom bluesy fatigu de Lori d'Acid King, a languit gentiment et s'enroue aux bons moments sans en faire des caisses, a colle au son de clodo surpuissant, ce qui est trs apprciable quoi que pass l'engouement premier, l'on retrouve rapidement les mmes dfauts que sur Ouija : savoir des lignes de chant approximatives, alatoires et peu marquantes avec une tendance qui finit par nerver forcer les notes blues et bien pire encore, laisser couler toutes les dernires syllabes vers le bas, ce qui est exactement ce qu'Oborn a commenc faire circa Witchcult Today, soit le dbut de la fin, et srement ce qui est cens donner l'effet sorcire blase sur lequel Greening doit possiblement un peu insister, mais qui ne fonctionne pas et frustre quand elle sape tout le potentiel sleazy-grungy de vieille bikeuse qui pratique ses propres avortements de Soozi. Un effet qui sonne d'autant plus forc en contraste avec la courte pice en son clair chante par l'un des gonzes du groupe, When do the dead see the sun ?, ballade 70's d'une simplicit rafrachissante, douceur psychdlique autant que gospel paen, taille pour les pilogues de vieux films d'horreur, terriblement efficace en milieu d'album. Je suis dur, mais je l'aime bien quand mme, cette Soozi, pas loin de donner ce que l'on peut attendre de mieux dans le female-fronted clochard-doom, c'est dire quelque chose qui ne sera, j'ai beau refaire tous les calculs, jamais compltement adapt au style. Toujours est-il que si Dead Witches continue de franchir l'air de rien de tels fosss annes aprs annes, le meilleur album de stoner doom des annes 2020 devrait sortir, justement, fin 2020. suivre.  

The Final Exorcism en trois mots : contre, toute, attente

— EyeLovya, le 29 décembre 2018 (11043 lectures)

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CONAN - Existential Void Guardian

CONAN - Existential Void Guardian : 2018 · Napalm

Traditional doom Crust

CONAN


Jai des grosses ttes damplis lampes, des trs gros baffles qui psent quatre vingt kilos dont je suis incapable de monter tout seul sur scne, des grosses pdales trois cent euros lunit, mais malgr tout a, je narrive toujours pas composer de vrais riffs de doom metal. Voil tout le syndrome de Conan et dune flope de groupes interchangeables entre leurs vnrations pour les amplis Orange ou Matamp et la confection dun pedal board plus large que votre table tapisser. Pourtant, entre nous a aurait pu matcher, ne serait-ce quavec le nom, mais rien ny fait. Je trouve ce groupe toujours aussi soporifique car rien ne se passe dans sa musique, part faire du power chord et beugler dessus en mode  regardez, je suis un vrai barbare des temps modernes . Alors oui, le gros son est l, a cest sr, bien gav de fuzz comme il faut, mais bon, cest un point o quand le trio se paie le luxe dun morceau quasiment crust sur Paincantation et bien lon ne comprend rien parce que cest purement de la bouillie sonore. Heureusement quil y a Chris Fielding pour enregistrer tout a. Au moins ce titre, au mme rang que lalbum, nous permet dapprcier le jeu de brute de Johnny King qui commence allonger son curriculum vitae gentiment, mais bon, je nai pas attendu ce disque pour savoir quil savait jouer de la batterie, il lavait bien dmontr dans Altar of Plagues et Malthusian. Lon me fait signe quil y a sept titres sur cet album: cest bien de dmarquer les pistes, parce que lon ne sen rendrait pas compte si lon navait pas de telles indications. On peut dire quil y a peut tre un riff mmorable dans tout ce fourbis, celui douverture, mais bon, il sonne tellement inspir par le Monotheist de Celtic Frost que sa seule coute ma donn envie de rcouter lpitaphe des suisses. Autant vous prvenir, il ne se passe toujours pas grand chose ici, on sennuie toujours autant, et quand en plus lon se permet de rallonger la dure de lalbum avec quatre titres live, lon nest pas loin de toucher le fond et de faire raquer le pauvre fan, mme si je ne comprends toujours pas comment ce groupe peut avoir des fans. Voil, quand je veux du riffing qui tabasse, jai Monotheist pour a, quand je veux que a soit plus rentre-dedans et que a sente la foudre et la poussire, jai toujours Blessed Black Wings pour cela, - parce quau moins Matt Pike, lui il sait jouer de la guitare malgr son mur damplis Orange -, quand je veux que a sente la furie de la guerre, jai Bolt Thrower pour cela, - notez dailleurs le petit jeu de mot de la cinquime piste -, et, surtout, quand je veux une musique qui fasse honneur Conan, le Cimmrien pas les anglais, jai les quatre premiers Manowar pour cela, ou bien la discographie dIronsword.


Existential Void Guardian en trois mots : poussif, linaire, somnolant

— Derelictus, le 26 décembre 2018 (12683 lectures)

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SLEEP - Leagues Beneath

SLEEP - Leagues Beneath : 2018 · Williams Street Records / Three Man Records

Traditional doom Stoner

SLEEP


Lon ne pourra pas dire que lanne deux mille dix huit aura pas t avare de bonnes surprises dont cette sortie inespre de The Sciences, le tant attendu, - doux euphmisme - album de Sleep. Celui que tout le monde a rv ou fantasm pendant des annes. Malgr tout, quelques voix discordantes ont tout de mme exprim quil y manquait peut tre un titre plus long et o le groupe lche un peu la bride pour rellement satisfaire les plus intransigeants, ceux qui ne jurent que par Dopesmoker notamment, et ses longues plages instrumentales. Cest chose faite avec ce Leagues Beneath paru sur les ondes des internets un mois aprs la sortie de The Sciences, et qui se rapproche un peu de lalbum cit auparavant, sans lambiance dsertique cependant. A lcoute de ce titre de quasiment dix sept minutes, la question qui se pose, cest pourquoi le trio ne la pas plac sur The Sciences directement car lon y retrouve tout ce qui fait le charme de ce groupe, avec notamment ces riffs qui donnent limpression de rester en apesanteur et qui sont rpts jusqu plus soif, confinant rapidement cette impression de stase ou de transe. Cest notamment le cas avec ce riff principal compos uniquement de trois notes, avec quelques variantes, mais qui simprime parfaitement dans votre cortex. Comme quoi, chez Sleep on a certes des gros amplis, mais on sait surtout composer des vrais riffs. Car la magie opre trs rapidement et lon ne fait plus quun avec cette musique, comme si lon nageait dans des fluides cosmiques, que la gravit navait pas rellement deffets sur nous, que tout ce voyage nest que batitude et plaisirs des sens, tous, pas seulement loue.

Lon se fait rellement irradi par cette musique la fois solaire et aquatique, mais dans ce ct en eaux calmes et tempres, avec quelques embruns parfums lindica comme pour mieux profiter de cette musique, de la vivre pleinement au plus profond de sa psych. Lon sait aussi faire quelques remous de ce vaste ocan de couleur meraude et nous rappeler par la mme occasion que lon sait jammer et trs bien spancher dans des instants plus intenses o la filiation avec Black Sabbath est plus quvidente. Cest aussi dans ces moments plus vloces que lon se rend compte quel point le trio est rellement soud et mu par cette mme volont de se faire plaisir dune part mais aussi de nous gratifier, nous pauvres hres sans repres, notamment avec cette aisance communiquer une sorte de bonheur universel. Et malgr cela, il sait galement faire redescendre la pression pour nous faire de nouveau voguer paisiblement vers des horizons plus apaiss, avec une petite touche nostalgique la clef, comme pour mieux faire comprendre que le priple est termin, et que lon vient de redescendre vers le monde rel. Tout ceci est bien simple, je vous laccorde, mais peu de formations, voire quasiment aucune, nest encore capable de nos jours de faire ressentir de telles choses, davoir tout autant cette science du groove que celle des montagnes russes en gardant une grande fluidit dans tous ces enchanements. Ce nest pas donn tout le monde de faire aussi bien voyager que ce groupe, lon retiendra ce titre que Al Cisneros se fait assez discret au niveau du chant, et rien que pour cela lon ne peut que sincliner devant la maestria de Sleep, une nouvelle fois, mme quand cela est fait de manire plus dpouille.


Leagues Beneath en trois mots : pike, cisneros, roeder

— Derelictus, le 24 décembre 2018 (13253 lectures)

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MELVINS - Sabbath

MELVINS - Sabbath : 2018 · Amphetamine Reptile Records

Stoner

MELVINS


Al Cisneros et les Melvins, il est vident quil fallait bien quun jour ces trois l, oui parce que pour le coup cest Dale Crover qui sest occup de la basse sur ces deux titres et personne dautre, allaient bien un jour fricoter ensemble, parce que dun ct nous avons le groupe le plus lourd des annes quatre vingt, selon Lee Dorrian lui-mme - comme a, je serai parvenu caser Tonton Lee dans une chronique - et de lautre ceux qui avaient mieux saisi lessence musicale mme de Black Sabbath selon Ozzy Osbourne lui-mme - le Madman na pas toujours dit que des neries. Et donc rien de tel que se faire plaisir en reprenant du Black Sabbath histoire de ne pas drouter les fans des uns et des autres. Cest tellement vident dun ct comme de lautre que lon pourrait presque se dire quils ont attendu deux mille dix huit pour le faire, mme si Al Cisneros et Dale Crover ne sont pas leur premier coup ensemble. Alors, comme toujours, lon peut toujours se poser les sempiternelles questions sur la qualit dune ralisation avec des grands noms de la scne, car souvent cest plus la dconvenue quautre chose. Ici, rien de tout ceci, le fait de faire juste deux reprises de Black Sabbath mais en choisissant deux de leurs titres les plus connus, avec mme un petit bout de Under the Sun sur le titre ponyme, montre surtout quils avaient envie de se faire plaisir et de rendre par la mme occasion un bel hommage au groupe de Birmingham. Cest russi, videmment, avec un style trs scolaire, trs zlote si je puis dire, si ce nest que cela sonne videmment plus gras au niveau des guitares, mais avec ces deux-l aux manettes ce nest pas surprenant. La batterie de Dale Crover rsonne toujours aussi bien et lon se rend compte que sa frappe de mule et lintelligence de son jeu nont rien envier dautres. Al Cisneros reste dans ce type de chant trs arien, plutt dans ce quil a dmontr avec Om ou sur le titre Giza Butler de The Sciences, soit ce vieux sage qui consent descendre de sa sainte montagne et de ses mditations pour gratifier le monde de ses prches. videmment, King Buzzo vient lui rendre main forte de temps autres, rajoutant un petit ct freak tout ceci, parce que ce Sabbath est orn du sceau Melvins, quoique lon puisse en dire. Cest videmment un dlit diniti tout ceci, un peu court car lon sattendrait presque avoir un album complet de reprises, en laissant pour le coup Al Cisneros la basse, nanmoins, cela fait rellement plaisir. Cest toujours a de pris en ces temps de vaches maigres.

Sabbath en trois mots : melvins, sleepy, melvins

— Derelictus, le 24 décembre 2018 (13212 lectures)

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MANSION - First Death of the Lutheran

MANSION - First Death of the Lutheran : 2018 · Mansion records

Traditional doom Gothique Rituel

MANSION


Le concept, esprons l qu'il s'agit bien d'un concept, de ramener la vie travers leur musique une secte chrtienne finlandaise des annes 1920, le Kartanosme, qui prnait un asctisme extrme et violent toujours apparemment suivi de nos jours par quelques indcrottables survivants du culte, c'est superbe. Sur le papier en tout cas.

D'aprs le peu de renseignements trouvs sur la toile, les kartanostes avaient une spiritualit dure rythme par des prires nocturnes bruyantes et interminables, genoux, qui finissaient en se frappant le crne contre le sol ; la punition, l'attente avide de l'Apocalypse et du chtiment divin des impies taient le moteur du culte. Facile d'imaginer le genre de doom qui collerait bien une telle vie, pas vrai ? Un truc dcharn, monotone et famlique avec un chant habit et monocorde, grave, sans nuance, une version fminine de Michael Gira, un truc bien sec, totalement gris aux sourcils froncs et figs dans une svrit inamovible. 100% ma came. Mais non.

C'est rat, Mansion rate compltement son objectif, et y va d'une instrumentation beaucoup trop riche sur fond d'opulence de synthtiseurs/choeurs/bruits d'ambiance, en plus des pianos, violons, saxophones, etc. qui donnent leur couleur aux diffrents titres : asctisme,on repassera. La chanteuse principale pourtant russissait rester dans un registre relativement sobre, et on lui pardonnerait volontiers la lgre exagration de l'aspect sorcire, sur les premier titres en tout cas, mais l encore, on empile les couches et tout le monde donne finalement de la voix, ce qui est sympa quand a suit la ligne de chant comme un refrain liturgique, mais quand chacun chantonne sa mlodie dans son coin et finit de transformer la vieille glise humide de campagne en bois moisi en une somptueuse cathdrale de marbre, a craint.

L'exemple le plus frappant et frustrant, c'est cette tentative malheureuse de reprendre The eternal de Joy Division. Tous les lments sont l pour que a fonctionne merveille et donne des allures de Tiamat-funeral doom au dj trs funeral original : chant blafard, mlodie pauvre sur guitares crasantes deux notes et rythme endeuill. Mais voil que ces cons-l y balancent des cuivres antiques, des pianos la Robert Miles, des churs et des effets  vagues qui s'clate sur la jete  de partout et ruinent de fond en comble leur propre bonne ide.

Et ce n'est pas comme si, hors contexte kartanoste, cet t diffrent en quoi que ce soit, il y a simplement trop de strates sans le moindre bnfice sur le produit final. Sans parler du fait qu'en fin d'album, leur naturel finlandais revient au galop et de l'occulte chrtien over the top ils passent du doom rock beaucoup plus classique et...catchy...avec la basse double au synth sur un son bien lctro... Faute de got sur faute de got.

First Death of the Lutheran en trois mots : rien, qui, va

— EyeLovya, le 16 décembre 2018 (23839 lectures)

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SUNN O))) - Soused (SUNN O))) & SCOTT WALKER)

SUNN O))) - Soused (SUNN O))) & SCOTT WALKER) : 2014 · 4AD

Drone doom Freak doom

SUNN O)))


Vous, comme tout un chacun qui trane ses gutres par ici, avez probablement t un tout petit peu souffl par Khanate quand vos oreilles ont saign pour la premire fois, et s'en suivant avez trs vraisemblablement bouff de la musique somalienne avec draison absolue. Impossible de vous en vouloir, ce furent des annes incroyables d'merveillement masochiste permanent, simplement, comme toujours, on s'habitue tout et l'impact, si toujours prsent, de tous ces trucs ultra-sicks ondes mga-basses, n'a plus la mme puissance des annes aprs.

Pour ce qui est de Sunn O))), pour autant, c'est comme d'habitude trs chouette : le travail d'ambiance et du son est impressionnant et les grondements subsoniques sont toujours du miel nos oreilles de dviants. Le seul souci, c'est qu'aprs ces annes bouffer du drone et du soma-doom ds le petit dej, on a dcouvert d'autres trucs, comme Scott Walker, le papy le plus flippant de la Terre, et on a mme achet The Drift qui, ce jour reste solidement ancr au podium des albums les plus fascinant/embarrassant/drangeant/angoissant qui soient, ce truc qui s'coute en grimaant tout du long, sans parler de l'inconfort profond ressenti lors de son passage accidentel en socit, o le besoin de s'excuser et de s'expliquer se fait imprieux.

Bref. La combinaison des deux, malheureusement, attnue le meilleur (comprenez le pire, videmment) de chacun. Papy Scott mne la danse, c'est un fait, et y va gaiement dclamer sa prose de vieux pote dment, insupportable et logorrhique comme un Fabrice Lucchini de l'oprette, grand renfort de ses dsormais habituelles bizarreries d'instrumentations. Sauf que c'est une collaboration et qu'il faut bien caser Sunn O))) quelque part, ce qui signifie retirer quelques couches des mcaniques branlantes qui servent de tapisserie Scotty pour y caler le drone du duo ainsi que quelques riffs a et l (et mme un petit lick la Guns N'Roses d'entre de jeu). La cohrence ne se discute pas, mais l'alchimie n'est pas la mme qu'avec, au hasard, un Attila Csihar par exemple, dans le sens o Scott Walker est moins effrayant sur note unique et son chant penche donc du ct dsagrable plus qu'autre chose, et o le drone de Sunn est plus anecdotique et il est donc plus ardu de s'y laisser porter et de s'imprgner du disque. Une preuve de plus que Sunn O))), les collaborations, c'est jamais trop leur point fort.  

Soused (SUNN O))) & SCOTT WALKER) en trois mots : vinaigre, balsamique, prim

— EyeLovya, le 08 décembre 2018 (27472 lectures)

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