Chroniques d'octobre 2014

Toutes les chroniques publiés en octobre 2014 au format imprimable


OLD IRON KING - Lepers

OLD IRON KING - Lepers : 2014 · [ autoproductions ]

Sludgecore Death metal Thrash metal

OLD IRON KING


On a beau tre client - du moins, dans une posologie raisonne et mesure - de la voie choisie par Tom Gabriel Fischer depuis son retour - savoir matires prcieuses et cosmtiques de prix, prestations et cadre prestigieux, tenue mieux que correcte exige - l'on peut tre amen quelquefois constater que vous manque un peu la salet et la mufflerie dont Celtic Frost tait synonyme jadis, quand bien mme il y a une rjouissante vulgarit certaine dans le luxueux exhibitionnisme de Triptykon. Par exemple lorsqu'on dcouvre le disque d'Old Iron King. Boueux. C'est le mot. Difficile de ne pas se sentir les dents du fond qui baignent confortablement dans une fange nausabonde, comme s'coulent ces morceaux-l, ftides, moroses, et cette ambiance funeste qui fait que le second groupe qu'on se sent oblig de citer en repre est Bolt Thrower. Pas mal pour un groupe de sludge. Un Bolt Thrower purg bien entendu de tout reliquat de noblesse de sentiments et de moralit de la guerre : la survie du plus peau de vache et du plus mauvais coucheur, et voil tout. D'ailleurs, n'tait ce petit relent de semi-indus cracra la Dead World, on ne remarquerait presque pas qu'il est question des exactions d'un type tout seul, tant l'ambiance de mle porcine archaque prend aux narines. En fait et pour tre plus prcis, je vous rajouterai mme Obituary sur le dessus du tas de merde bourbeuse, pour vous figurer un peu le charme de tnia de l'affaire : Lepers suinte la mme humeur ngative dgueulasse, ternasse et trane-patins qui saisit dans Inked in Blood, le tempo encore un peu plus port sur la pte molle et les riffs old school en sus. Et parvenir voquer Celtic Frost ET Obituary, quant moi je n'appelle pas cela redondance, mais raffinement. On est l pour le metal, ou pour les jolies choses ? Attachant, y compris la pole, a va sans le dire mais a va mieux en le disant.

Lepers en trois mots : les, ges, farouches

— gulo gulo, le 31 octobre 2014 (839 lectures)

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PSYCHED UP JANIS - Swell

PSYCHED UP JANIS - Swell : 1994 · Replay records

Grunge

PSYCHED UP JANIS


Le grunge danois est assez soft dans l'attitude, la contestation n'tant pas inne chez les scandinaves, aussi est-il plus proche de la vague power-pop du crpuscule du mouvement, la Alcohol funnycar ou Monsterland, que du punk dmotiv. Aucunement un dfaut pour ce Swell qui dbute superbement la Nero's Rome, dans toute sa mollesse d'opinion et sa fausse insensibilit pathologiqe: un beau timbre tranassant de bon rien de campagne -debout sur le perron, regard neutre vers le soleil bas, roule au bec, la tte vide et les objectifs nant; et de pures russites de mlodies simplissimes comme du Seam coinc entre Gregg Araki et Dawson. Et il y a de l'ide l dedans! A part quelques rares pousses d'nergie, cet album ressemble du Cure priode Bloodflowers remani pour une compilation SubPop, avec un coup de pinceau sur les cordes mises mal de J. Mascis. Rock explicitement post-ado, plein de mlancolie roulettes, de grve de la douche, de blessures au cur mal refoules et d'orgueil teint: jackasseries du jour et boule au ventre du soir, l'album penche peut-tre un peu trop du deuxime ct. Sur la longueur, le tout finit par sentir la trop tardive dcouverte de la sexualit, mais quand on peut se permettre d'exorciser tout a sur un 5/4, s'il vous plat, sur New 5, on ne peut que s'incliner et se repasser les premiers titres une fois encore.

Swell en trois mots : crepusculaire, teenager, motif

— EyeLovya, le 30 octobre 2014 (628 lectures)

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SAINT VITUS - C.O.D

SAINT VITUS - C.O.D : 1992 · Hellhound

Traditional doom

SAINT VITUS


Comment peut-on rater un album de doom metal, même lorsque l’on est un vétéran du style? Ce C.O.D., - pour Children Of Doom et un non un terme grammatical de la langue de Molière -, sixième album de Saint Vitus, est sans doute le plus bel exemple d’une stratégie de l’échec. Déjà, vous commencez par une erreur de casting pour le poste de chanteur. Après le départ fracassant de Wino, Dave Chandler et ses acolytes ont porté leur dévolu sur Christian Linderson, débauché de Count Raven, soit le Graham Bonnet du doom metal. Il n’était déjà pas exceptionnel dans son précédent groupe même s’il n’y dénotait guère, mais ici, il apparait complètement à côté de la plaque et, déjà, fatigué, d’autant plus lorsqu’il essaie de singer ses prédécesseurs. Il faut dire qu’il n’a pas vraiment été aidé par la qualité des compositions de ses nouveaux acolytes. Dave Chandler ne s’est pas trop foulé, avec une impression de pilotage automatique sur l’entièreté de ce disque, il nous ressert même "Imagination Man" datant de l’époque Tyrant et une inutile version de "Hallows Victim". Certes, l’on pourra me rétorquer que Saint Vitus, d’un album à un autre, c’est peu ou prou la même chose et en cela j’approuve totalement. Néanmoins, ici la sauce ne prend pas, il manque vraiment ce soupçon d’inspiration qui faisait la différence auparavant. Même la production, pour une fois correcte dans l’histoire du groupe, manque tout de même de relief et aseptise le son de guitare. Pareillement, les soli et les gimmicks de D.C Vitus - c’est son blaze sur cet opus - en deviennent fortement agaçants, ils dissonent tellement par moment que c’est à se demander s’il s’était réellement accordé au moment de les enregistrer. Et pourtant, il y a quelques bonnes idées sur cet opus, comme sur "Shadow of Sekeleton" ou "Plague of Man", mais là, c’est le chant qui vient tout gâcher. La palme du plantage revient au titre "Get Away", symptomatique à lui seul du contenu de ce Children Of Doom, sa seconde partie n’étant ni plus ni moins que du remplissage, voire vidage de la fosse septique avec des titres comme "Bela" et "A Timeless Tale". Le seul bon point sur cet opus, c’est le côté cynique du groupe remerciant son label pour l’argent donné pour l’enregistrement de ce disque, sans doute bien bâclé, l’on comprend mieux pourquoi ce dernier a fait faillite avec de tels disques Bref, il n’y a pas grand chose à sauver sur cet opus, même la photo sur la jaquette arrière du disque est moche.

C.O.D en trois mots : canulant, obtus, dfaillant

— Derelictus, le 29 octobre 2014 (832 lectures)

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ATOMIKYL - Erkale

ATOMIKYL - Erkale : 2014 · Future Lunch

Psyché Space Rock Dub

ATOMIKYL


Finalement, la seule chose tonnante avec ce disque est son diteur. Je veux dire : on n'est pas chez Svart ? Allons bon... A part a ? Des mecs de Dark Buddha Rising et d'Oranssi Pazuzu qui font un disque ne retenant que le plus affriolant potentiel des deux dits ensembles de musique amplifie, celui dont on est toujours un peu frustr qu'il ne s'exprime pas plus franco dans leurs disques - respectifs, mais surtout de Dark Buddha Rising, et du coup Atomikyl me donne raison, ce qui est bien le genre de choses faite pour ne pas me surprendre, en laissant la part du lion aux ramifications DBR de ses racines, un DBR qui enfin cesserait de passer son temps piquer du zen pour pas grand chose, et userait de ses formidables mtastases crbrales spongiformes... ou du moins est-ce ce qu'il me dmange d'y voir parce que de mon point de vue ce sont eux qui avaient le plus de marge de progression non encore ralise qui s'ouvrait eux, le plus de frustration accumule, et que les y voir filer, sur ces routes astrales, les y fait resplendir de mille feux ; mais il ne s'agirait pas de msestimer - on aurait du mal - quel point les bourgeonnantes dgnrescences pazuzutes, papillonnant et butinant partout et partout promenant leurs trompes infestes de bizarrerie satyre, noyautent et possdent par le fondement ces morceaux, du reste confortablement et firement assis sur leurs poncifs doom psych-orientaux et leurs poncifs lyncho-interzonards, ce dont ils auraient bien tort de se priver tant ils les habitent en princes, gnreux et flamboyants ; arriv ce point, que le rsultat invoque par vagues une sorte de partie fine o s'battraient Whitehorse, Zaum, Lab et Aluk Todolo au milieu des nuages opiacs qui huilent toutes les rveries, n'a non plus rien de surprenant ; au bout du compte les identits des deux composantes majeures du groupe finissent par y dialoguer galit de volubilit ondoyante, en sac et ressac troitement imbriqus en un mouvement dont je ne vous fais pas l'injure de vous souligner le charnel caractre primordial, insparables mme de l'paisseur d'une feuille de papier cigarette : du groupe de rock comme accouplement, quoi ; ce n'est pas comme si on dcouvrait le sens originel de l'expression rock'n'roll. Non, Erkale ne fait que vous enfoncer dans des certitudes ainsi qu'il vous toufferait dans une piscine remplie de poufs en toffes soyeuses, et vous remplir toutes cavits de l'esprit o pourrait germer la moisissure de l'angoisse, avec l'odeur de l'encens. La surprise, c'est surfait. La seule chose qui vaille de s'en faire prendre, c'est le plaisir.

Erkale en trois mots : moelleux, orang, diabolique

— gulo gulo, le 28 octobre 2014 (916 lectures)

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ACIDLAND - Through Darkness

ACIDLAND - Through Darkness : 2013 · [ autoproductions ]

Stoner Industriel Freak doom

ACIDLAND


Un nom pareil, c'est quitte ou double. Soit la promesse est tenue et c'est une dclaration de guerre psychique sans merci ; soit a suit pas et c'est le fin fond de la ringardise clichouillarde. Quand en sus vous saurez que les informations disponibles taient : stoner doom, instrumental, polonais, je pense qu'on me dcernera sans barguigner quelque mdaille de la bravoure militaire. Parce que bon, sans mme refaire mon couplet sur le stoner instrumental, les Polonais ce n'est pas vraiment dans le stoner doom qu'ils s'illustrent ; plutt dans le... ah bah dans rien, tiens, en fait. Je me demande bien si j'arriverais compter une main, de disques polonais sur mes tagres. Et donc, quid du stoner doom psych k-dickien promis ? Le loup y est. Paranoa morbide, hallucinations frelates, gazouillis glauques autant que conspirateurs ? Prsent, prsent, prsent ! Raideur, grincements, sueurs froides, terreur gluante autant que sardonique ? Cui, cui, cui. Est-ce qu'on est au niveau du flip de Human Anomaly ? Pas loin, lapin ; pas loin.

Through Darkness en trois mots : cochonnerie, de, synthse

— gulo gulo, le 27 octobre 2014 (781 lectures)

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PROCESS OF GUILT - Renounce

PROCESS OF GUILT - Renounce : 2006 · Major Label

Doom death

PROCESS OF GUILT


Renounce n’est ni plus ni moins qu’un bel exemple du doom death metal des années deux mille, c’est à dire celui qui a digéré les Peaceville Tree, Morgion et en même temps "Brave, Murder, Day", sans pour autant tomber dans la vulgarité et la niaiserie d’un Swallow The Sun. En bons ouvriers appliqués et dévots, les hommes d’Evora ont bien respecté le cahier des charges du genre: riffs simples mais tranchants, passages au son clair avec arpèges apportant cette touche mélancolique de bon aloi, quelques accélérations pour éviter que l’ensemble ne soit trop redondant et lénifiant, et, évidemment, une alternance entre chant clair et growls. C’est peut être d’ailleurs l’un des bons points sur ce opus, Hugo Santos s’en sortant plutôt bien dans ces deux registres. Toutefois, il n’y a rien qui déborde vraiment ici. C’est même assez propret: ce n’est pas sur cette réalisation qu’il faudra chercher du gros riff dégoulinant et putride, ni même de grands ralentissements, qui auraient été un plus de mon point de vue. L’on retrouve déjà ce côté cyclique dans la répétition des riffs qui va devenir une marque de fabrique de la formation. Voilà ce qu’était Process Of Guilt à l’époque de Renounce, et l’on aura toujours ce sentiment de girouettes à leur égard, tant ils auront changé de styles, que ce soit avant cet album, où c’était plutôt dans une registre doomy avec pas mal de relents black death metal, que par la suite, évidemment, encore que certains aspects se retrouveront sur Erosion. Pour autant, c’est peut être dans les instantanés calmes que le groupe s’en sort le mieux, un comble vous allez me dire, mais l’on retrouve cette Saudade tellement propre à leur pays, et cette douce mélancolie qui nous rapprocherait d’une version électrisée du Fado. En tout cas, cela fonctionne bien sur des titres comme "Window" et "Becoming Light", ceux qui sortent le plus du lot avec les plus classiques, dans la forme, que sont "Motionless" et "Burden". Assurément, c’est loin d’être un album marquant dans ce registre, mais l’on pourra toutefois regretter qu’il soit quasiment passé inaperçu par rapport aux finlandais sus-nommés.

Renounce en trois mots : routinier, appliqu, morose

— Derelictus, le 26 octobre 2014 (1013 lectures)

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BREMEN - Second Launch

BREMEN - Second Launch : 2014 · Blackest Ever Black

Psyché Ambient Krautrock

BREMEN


Certains disques tiennent deux fois plus debout que les autres sur la grce d'un seul titre, sans lequel ils n'auraient fait qu'effleurer les tagres, mme digitales, de nos discothques. Faut-il dire en introduction que du kraut psychdlique, mou ou bien dur, fuzz et distordu, bard de toutes les ambiances dpoussires temps pour le studio, j'en ai rien qu'un peu souqu. Les chantres des psych festivals de la plante ne savent pas tous sortir de bons morceaux. Bremen n'en a vrai dire besoin que d'un seul, un qui n'a en plus rien ou si peu voir avec le reste de son album, pour le faire tenir droit, ou puisque a n'a pas l'air trop le genre de la maison, tout du moins flotter en l'air comme une brume du dessus de la neige le matin, celle qui rosit les joues. Tout a dans un album qui en plus ne dure pas trop loin d'une ternit, mme lorsque l'on se base sur les standards du genre. Hollow Wave est le petit nom qui ficelle tout a, qui part d'une boucle aux infra-basses ondulantes la mlodie de plomb dont on se rassasierait bien exclusivement l'un de ces jours o l'on se sent d'une humeur de vieux malt couter la plus dprimantes des boucles auto-dsintgrantes de WIlliam Basinski pour enchainer d'un pas trainant vers des notes de piano cassantes servies sur leur tapis de guitares lointaino-murales qui rappellent quand mme la teneur principale du disque. Un petit chef-d'oeuvre de dprime tranquille pose ici sans crier gare. Le reste ? Du noir, principalement, plus le blanc du tapis de neige. Le type des Brainbombs qui officie l dedans prit soin de nettoyer toute tche de sang qui trainait vraisemblablement sur ses mains avant d'enregistrer ici et infuse le vice d'une autre manire, trs dilue, sous forme de jams cosmico-terrestres -on se sait jamais trop bien quel niveau on se trouve, et l est probablement un des autres intrts du disque. La version froide dans l'espace du Lupus de Dead Sea Apes qui lui pousse son trou noir les pieds sur terre dans une rue de pavs humides. Un monde fait de deux disques qui suppriment la lumire.

Second Launch en trois mots : Noir, ou, Blanc.

— lucas, le 24 octobre 2014 (615 lectures)

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TROUBLE - The Skull

TROUBLE - The Skull : 1985 · Metal Blade

Traditional doom Heavy metal Epic doom

TROUBLE


Parmi les pères fondateurs du doom metal, Trouble restera un peu à part en étant le seul à avoir réalisé ce parfait syncrétisme entre le doom metal de papa et le heavy metal de tonton. Il n’est d’ailleurs pas anodin que les musiciens citent tout autant comme influences Black Sabbath et Judas Priest. Autant dire qu’annoncer de telles références étaient assez convenu dans la première moitié des années quatre vingt, mais, ici, cela prend une toute autre consistance. Le quintet l’avait déjà prouvé avec leur premier album, l’excellent Psalm 9, il enfonce le clou ,- Christ, prends pitié -, avec ce deuxième album The Skull. Et il est bon de se rappeler qu’à cette époque, les étiquettes, peu de monde n’en avait cure, les musiciens en premier. Aussi avons-nous ici un excellent condensé d’un doom metal assez singulier, tant dans son écriture que dans son exécution, avec des duels de soli que ne pourraient renier des Glen Tipton et K.K Downing ou bien des Dave Murray et Adrian Smith. On ne le dira jamais assez, Bruce Franklin et Rick Wartell est sans doute l’une des paires de guitaristes la plus sous estimée de l’histoire du metal. Trouvez-moi un riff mauvais, une harmonisation à jeter ou un solo à côté de la plaque sur cet album. Chaque plan confine à l’émerveillement, que ce soit dans les moments les plus plombés, que dans ces passages beaucoup plus rapides. Il y a un savoir faire ici qui est admirable et un groove assez unique également, à tel point que l’ensemble est on ne peut plus équilibré. L’on touche même la perfection lorsque le quintet décide de prendre des attraits beaucoup plus sombres, comme c’est notamment le cas sur le très long The Wish, sur lequel pas mal d’apprentis guitaristes du Yorkshire ont du faire leurs gammes, et sur The Skull, l’un des tubes du groupe avec son accélération finale imparable. Deux titres sur lesquels apparaissent des acoustiques, renforçant cet aspect mélancolique que l’on ne retrouve pas forcément sur les autres compositions. Vous ajoutez à tout ceci un excellent chanteur en la personne d’Eric Wagner, au sommet de sa forme, et qui traversa apparemment une période assez difficile d’un point de vue personnel à cette époque, ce qui se ressent pas mal dans ses textes, toujours aussi centrés dans sa foi en dieu. C’était là aussi une des nombreuses singularités de Trouble. The Skull est en tout point une réussite et un classique à bien des égards, qui n’a seulement pour seul défaut que d’être sorti après Psalm 9, mais c’est là pinailler. Demandez d’ailleurs à Eric Wagner et Jeff Olson pourquoi leur nouveau groupe tient son nom de cet album.

The Skull en trois mots : pharisien, inusable, poignant

— Derelictus, le 24 octobre 2014 (1048 lectures)

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JODIS - Black Curtain

JODIS - Black Curtain : 2012 · Hydrahead

Drone doom Ambient Post rock

JODIS


Comment peut-on ? Comment aprs un premier abum si merveilleusement vocateur du gouffre bant et frigorifique de la redescente, presque une variation balare de The Process, russir un second son double si merveilleusement vocateur de rien, et de la compacte solidit du vide ? On pourrait, j'imagine, tordre et contorsionner le verbe jusqu' trouver l une singulire et fascinante cohrence, voire en allant jusqu' lui rompre tous ses ligaments trouver le disque paradoxalement bon, ou gnial pendant qu'on y est. Mais on est trop occup pour a, craser la touche d'avance rapide, se retenir de courir couter le Mass & Volume de Pig Destroyer lui tailler des pipes repenties, et se frotter les yeux d'incrdulit devant l'exprience aussi rvoltante que tangible, que oui, l'emmerdement peut tre une sensation furieuse et gonfle d'ultra-violence en germe. "Il est bien des merveilles en ce monde, il n'en est pas de plus grande que l'homme".

Black Curtain en trois mots : tempr, onctueux, pralin

— gulo gulo, le 24 octobre 2014 (721 lectures)

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PROCESS OF GUILT - Fmin

PROCESS OF GUILT - Fmin : 2012 · Bleak Recordings

Post hardcore

PROCESS OF GUILT


Le mot stagnation ne fait pas du tout partie du champ lexical de Process Of Guilt, ceci est d’autant plus éloquent lorsque l’on aura suivi son évolution au grès des années. Mais de là à s’attendre à un tel album pour qui les aura découvert avec l’album Erosion. A l’aune de son prédécesseur, Fæmin m’avait un peu déçu, notamment dans cette totale occultation des moments plus posés qui faisaient la part belle du premier cité, en lieu et place d’un riffing intense et acéré. Mis à part sur Cleanse, et encore, nous n’avons plus du tout d’instantanés calmes dans une veine quasiment post-rock. Ici, les lusitaniens ont achevé leur mutation post-hardcore, les relents doom death metal des tous débuts sont d’ailleurs de très lointains souvenirs. Tout n’est plus que noirceur et rachitisme, finesse et douceur ont laissé la place à un incandescent et implacable rouleau compresseur. Et ce sont ces côtés étouffant et martelant qui, dans un premier temps, m’avaient rebuté mais qui, finalement, font tout le charme de cet opus. Sur ces cinq titres, très rentre dedans, le quatuor a complètement épuré ses schémas de composition et nous assène de riffs cycliques répétés à l’envie, effleurant les effluves industrielles à la manière des Swans et de Godflesh, mais sans toutefois avoir un côté martial et désincarné. On retrouve plutôt ce côté tribal et bouillonnant, notamment dans la batterie, qui nous rapproche du Neurosis des années quatre vingt dix. Tout ceci nous donne cinq compositions assez compactes et très efficaces dans leurs effets. Mais là où le groupe fait assez fort, c’est dans cette capacité à conserver une certaine retenue pendant de longues minutes, et créer en même temps une tension, avant de lâcher la bride et faire ainsi augmenter l’intensité dans ses compositions. C’est peut être ce qu’il y a de plus téléphoné, d’autant que c’est un peu le passage obligé sur quasiment tous les titres, mais cela fait très bien son effet, notamment sur un titre comme Empire ou sur le final de Fæmin. Même si les portugais renouvèlent leur propos à chaque sortie, ils conservent tout de même leur personnalité, en dépit d’influences parfois assez flagrantes. Malgré tout, ce Fæmin conserve son efficience sur sa longueur et rentre plutôt dans la catégorie des grower.

Fmin en trois mots : coule, de, lave

— Derelictus, le 24 octobre 2014 (652 lectures)

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SAINT VITUS - V

SAINT VITUS - V : 1990 · Hellhound

Traditional doom

SAINT VITUS


Il n’y a rien de plus ressemblant à un album de Saint Vitus qu’un autre album de Saint Vitus. Cette assertion est somme toute facile, - après tout cette formation n’a jamais été connue pour avoir évoluer, si ce n’est quelque peu adapter son propos en fonction de son chanteur -, mais c’est aussi le constat que l’on peut faire à l’écoute du présent V, troisième album du quatuor avec Wino au chant. Sauf que cet opus est loin de démériter et n’a aucunement à rougir vis-à-vis de ses prédécesseurs, sans toutefois atteindre l’excellence de l’éponyme et d’un Born Too Late, pour rester dans ce qui reste comparable. Pour autant, le feeling reste le même, avec cette poisse qui suinte de chaque plan, comme pour dire « on sait que tout le monde s’en fout de notre musique, mais on la fait quand même ». Malgré cela, le talent d’écriture demeure et l’on retrouve même ce petit soupçon de variété qui évite à cet opus d’être trop redondant. Evidemment, Saint Vitus fait du Saint Vitus, avec ce bon doom metal des familles, tantôt véloce comme sur un "Living Backwards" ou "Angry Man", tantôt pataud comme sur "Ice Monkey" ou "I Bleed Black". Tout ceci reste purement classique à l’aune de ce que les californiens ont jusqu’alors proposé, mais en même temps, l’on ne va pas leur demander de dénaturer leur propos, c’est aussi pour cela qu’on les aime. L’on notera toutefois la surprenante incartade acoustique avec "When Emotion Dies" où Dave Chandler chante aux côtés d’une demoiselle, donnant un côté un peu plus désespéré à l’ensemble, chose assez inattendue chez Saint Vitus, qui n’a jamais été réputé pour sa finesse. Passé cette douceur, il y a tout de même deux titres qui se démarquent de l’ensemble: "Patra (Petra)" et "Jack Frost", c’est à dire ceux où le quatuor ralentit allègrement le tempo. Et c’est dans ce registre que Saint Vitus a toujours excellé, à mon humble avis. Non pas que le reste démérite, loin de là, mais ces deux pépites résument assez bien ce que ce groupe aura apporté à ce genre, avec ce côté plus menaçant et plus étouffant. Dans tous les cas, ce V est d’une excellente facture et mériterait sans doute une meilleur exposition tant il regorge d’excellents moments.

V en trois mots : orthodoxe, condens, intgre

— Derelictus, le 23 octobre 2014 (817 lectures)

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ATRIARCH - An Unending Pathway

ATRIARCH - An Unending Pathway : 2014 · Relapse Records

Post hardcore Gothique

ATRIARCH


Cet Atriarch est probablement mdiocre. Balourd. Les parties neurosies ont la puissance des ples biceps des corbeaux anmiques, les parties morchrtiennes la subtilit de Neurosis s'avisant de jouer du deathrock. On se dit que le montage est par trop gros et cavalier, cette fois. C'est dire qu' Atriarch reviennent ce qui fit la beaut de Forever the End : les grosses ficelles. La candeur. L'impulsivit, l'envie, l'innocence, l'enthousiasme, la gaucherie, l'amour vrai du mlodrame et du grandiloquent. Oublie l'altire ambition, drape dans sa houppelande de charbon, de tout intriquer ce qu'il y a de riche, voyez-vous, leur musique, qui faisait de Ritual of Passing un appel descendre la bouteille de Volvic cul sec ; et en avant toute bille en tte dedans toutes les ides, emphatiques, faciles, maladroites, qui leur fourmillent dans les doigts. Du coup, mme leurs toujours vertes ruptions beumeu, puis aussi ces quelques siffles dans un dlicieux style McEntee, qui vient parfaitement dialoguer avec une bestialit la Wrest, y passent, si non inaperues, du moins telles de rigoureusement biologiques excroissances d'une identit revenue sa dfinition la plus essentielle. La digestion incontestablement y gagne, mais l'locution galement, leurs phrases de nouveau rsonnent clair comme l'airain, de toute la fracheur juvnile charmante dont ils regorgent, qui nouveau librement s'coule, avec toute la verve fruste, crue, colore, vivifiante, liquide, dont font preuve les plus robustes et attachants des seconds rles - d'ailleurs, plutt qu'aux Sisters ou aux Virgin Prunes, on pensera ici Usherhouse, et tout prendre c'est encore mieux, dans le genre aura musque ; et sans doute pas pour rien dans le fait qu' nouveau, comme au moment de Forever the End mais avec cette fois une harangue hardcore plutt qu'une prire - couter Atriarch me soit comme respirer le ciel hivernal, suspendu au-dessus du maelstrm comme un vieux cormoran balafr.

An Unending Pathway en trois mots : west, coast, gothic

— gulo gulo, le 23 octobre 2014 (969 lectures)

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VULTURE - Oblivious to Ruin

VULTURE - Oblivious to Ruin : 2012 · The Innervenus Music Collective

Sludgecore

VULTURE


Qu'on les aime ces voix poussives et émeutières, celles des Paul Catten, des Jason Micah et autres Tim McAlary, ces voix qui donnent l'impression que malgré la potence, la corde bien serrée et la pomme d'Adam baignant déjà dans les tréfonds de l'estomac, il est encore possible de sortir un son presque humain - je dis bien presque - pour lâcher un bon gros dernier "allez tous vous faire foutre" juste avant de caner de la plus sordide des manières. En l'occurrence, celle de Justin Erb, douloureuse et menaçante comme un doberman à l'agonie, vient entrainer dans un ultime miasme de souffrance le sludge des Vautours de Pittsburgh dans sa spirale alcoolico-dépressive sans fond, où l'on sort la gueule marquée, le teint blafard, le regard vide, et le poitrail joliment redessiné au tesson de verre. Comme dans toute bonne histoire de cirrhosé qui se respecte, l'usure de l'esprit n'a d'égale que celle du corps, et à la manière des Funeral Voyeur, Consulting The Bones et autres Seven Sisters Of Sleep, Oblivious To Ruin enchaîne les misères jusqu'à basculer inexorablement dans le noir éthylique total : escalades euphoriques, descentes suicidaires, apparitions rétiniennes cauchemardesques, fièvre paranoïaque et pulsions de collision... La merde classique. Le genre de sludge pour âme blessée, blues jusqu'à la moelle, épuisé, incapable de tenir la barre, incapable de se fixer une destination autre que l'impitoyable gouffre de la nuit, mais qui conserve toujours cette même agressivité d'ivrogne fauché, sans ne jamais baisser le froc autrement que pour pisser sur les bonnes manières et rappeler qu'il est libre de mener sa barque au naufrage, ce qu'il ne se prive pas de faire, avec une véritable conviction kamikaze. Autant dire qu'Oblivious To Ruin, écorché et persuasif qu'il est, fera un très bon compagnon de fin de soirée, si l'on est prêt à se faire mal.

Oblivious to Ruin en trois mots : worst, friends, forever

— Krokodil, le 23 octobre 2014 (723 lectures)

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FUCKHAMMER - Fucked

FUCKHAMMER - Fucked : 2013 · [ autoproductions ]

Sludgecore Death metal

FUCKHAMMER


Comme quoi rien a chang en Irlande ; et rien ne changera sans doute jamais. En tout cas pas avec ce genre d'nergumnes, de vicelards, de blaireaux cervels qui continuent de se tripoter sur Iron Monkey comme un ftichiste se tripote devant la vido-docu de son dernier forfait. Pensez-vous un seul instant que Fuckhammer, dont on a suffisamment voqu la mdiocrit, et l'incapacit faire autre chose que de la grosse merde, se soit rang du ct des bons ? Des gentils ? De ceux qui font du sludge parce que c'est cool ? Parce que a donne envie de fumer de la skunk ? Ha, bah manque de bol, pas du tout. Tout l'inverse mme. Oui, Fuckhammer enfonce le clou (enfin un truc qui ressemble un clou, mais avec des proportions phalliques inquitantes), et trs visiblement il prend un pied certain repousser une nouvelle fois les limites de son incommensurable connerie ; exception faite de Dead In The Gutter (lequel pourrait tre un excellent morceau de Thee Kvlt Ov (((urbrs) tout ici n'est que... bref, vous voyez o je veux en venir. Hammered To Fuck n'tait qu'un avertissement, l'artwork n'tait qu'une mise en garde, Fucked va au bout (enfin au fond surtout) des choses : toujours plus gore, toujours plus bte, toujours plus d-tes-table.

Fucked en trois mots : ne, changez, rien

— Krokodil, le 23 octobre 2014 (689 lectures)

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SECRET CUTTER - Secret Cutter

SECRET CUTTER - Secret Cutter : 2014 · Bethlehem Rust

Sludgecore Hardcore Grind

SECRET CUTTER


"If you don't hate yourself you aren't paying attention". HAHAHA ! videmment que cet EP aurait du me mettre la puce l'oreille, mais je n'y peux rien voyez-vous, j'ai toujours tendance me mfier de ces artworks symtriques, avec leurs insectes crass et leurs typo scabreuses, ils me rappellent mes annes deathcore, et a, a fait mal au dbut de vieux con que je deviens tout doucement. Mais qu'importe que l'on prenne le train en marche, pourvu que l'on prenne une drouille, et celle dont nous gratifie Secret Cutter est relativement innommable. Il parat que l'amnsie fait partie des effets secondaires, ce qui explique sans doute pourquoi je n'arrive plus me souvenir de l'effet Consular. Passons. Ou pas justement. On ne va pas tourner autour du pot 107 ans : Secret Cutter est l'incarnation du sludge tout-terrain dans ce qu'il a de vil, de plus dtestable. Et sa violence (plus hyper que ultra, pour le coup) n'a d'gale que la laideur de ses sonorits survivantes des Locust, des Daughters, des Ed gein et tous ces trucs noisegrind compltement barrs. On pourrait en rester l, mais a relverait de la ngligence : Secret Cutter, dans ce 12" expditif, parvient s'imposer comme la synthse de tout ce que les groupes de sludge les plus dgueulasses ont pu sortir de plus dgueulasse depuis Human=Garbage, Sore, Upsidedown Cross, etc. Un peu comme si toute la pourriture de trois dcennies de sludge-de-rue se retrouvaient compactes dans un seul et mme objet, moche il est vrai, mais intuitif comme nous n'aurons que rarement eu le plaisir de l'entendre. Enfin, je conclurai sur son jumelage vident avec Admiral Angry ; il y a en effet la mme intensit que sur 9/11... Only Worse, le mme genre de batteries prodigieuses, mancipes du riff, mode free-ride (Headache Ball en pice conviction), et surtout la prsence du petit cousin hpatique de Chris Lindblad. La seule relle diffrence, vous l'aurez bien compris, vient du son. L o l'amiral fait dans l'humiliation publique, dans le punitif, Secret Cutter lui fait dans l'ingrat, le sournois ; genre viande avarie qui ronge et ncrose de l'intrieur.

Secret Cutter en trois mots : estropi, forcen, gangren

— Krokodil, le 22 octobre 2014 (674 lectures)

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COLOMBIAN NECKTIE - Twilight Upon Us

COLOMBIAN NECKTIE - Twilight Upon Us : 2014 · [ autoproductions ]

Stoner Sludgecore Hardcore

COLOMBIAN NECKTIE


Du par la dernire prestation d'Hang The Bastard ? Pas de problme. Los Angeles nous en offre le meilleur substitut : avec un nom tribute aux Big Black et la plus honorable mthode d'excution qui soit (on gorge puis on fait une belle cravate avec la langue), Colombian Necktie ne pouvait tre autre chose qu'un sympathique divertissement. Et ce que les mecs ont oubli de signaler dans la pub (parce qu'un moment Will Haven et Cave In, c'est bon quoi) c'est qu'on a retrouv Jeff Hayward. Le vrai. Enfin. Et quel plaisir de l'entendre se poser sur des lovesongs en drop A. Bref, je ne vais pas bouder mon plaisir face une telle gterie, voici un excellent petit disque de pop-sludge (sludge-pop je le rserve Eyehategod), avec plein de tubes qui ne manqueront pas de vous rappeler les bienfaits de l't et de ses gueules de bois qui s'achvent sur les plages avec un staphylocoque dor.

Twilight Upon Us en trois mots : Grief, on, MTV

— Krokodil, le 22 octobre 2014 (777 lectures)

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SORXE - Surrounded by Shadows

SORXE - Surrounded by Shadows : 2014 · [ autoproductions ]

Stoner Post hardcore Hard "70s

SORXE


Je vous le concde, il tait prvisible que derrire pareil visuel se cache l'ombre de Josh Graham. Alors premirement, un message pour toi, Josh : il est temps de songer une vraie reconversion. L'artwork c'est pas pour toi. Attendez, je n'ai pas fini d'tre mchant. Sorxe, donc, vous vous en doutez bien, sont des Neuro-worshippers, et quand on ne peut pas s'offrir un featuring avec Scott, ou Steve, on prend ce qu'on peut. Ceci tant, la musique de Sorxe est tout de mme trs particulire ; et l'on sent dans leur Neuro-worship une vritable envie de s'manciper, tels qu'en tmoignent les finitions riffistiques et les variations vocalistiques. Et loin de moi l'envie de blesser, puisque ces riffs sont sans doute les plus abouties extraire de cet album. Bref. Il y a du Neurosis d'un peu toutes les poques. Il y a du Tool d'un peu toutes les poques. Et... comme lorsqu'on ne sait pas trop qui on prfre quand il est question de post-hardcore progressif : on retrouve galement une bonne dose d'Isis d'un peu toutes les poques... Soit une sorte de compromis entre Times Of Grace (c'est--dire le presque-pire de Neurosis) et In The Absence Of Truth (le seul Isis dont on n'a pas encore oser vous causer tant il est moche) avec quelques intrusions hard ; un peu trop sophistiques mon got... Sinon, histoire de ne pas finir sur une mauvaise note (quoiqu'elle semble invitable) Surrounded By Shadows bnficie d'une trs belle production, le son est magnifique, les mecs jouent super bien de leurs instruments, et ils n'hsitent pas le montrer dans d'piques squences post-space-prog... Voil.

Surrounded by Shadows en trois mots : times, of, disgrace

— Krokodil, le 19 octobre 2014 (699 lectures)

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DAS RAD - Radiation

DAS RAD - Radiation : 2014 · Pleasence Records

Space Rock Krautrock Shoegaze Garage

DAS RAD


Visuellement, on dirait Ttssattsr avec une bonne grosse quinzaine de flous photoshop dessus ; musicalement c'est plutt comme les Lorelle Meets The Obsolete aprs la quinzime injection d'endorphine : bien-heureux et gravement amorphe, les symptmes typiques d'un dlire 40 de fivre, dans une piscine de sueur chaude, ou glace, on ne sait plus trop. Apparemment, ils sont de Toronto - on se fout vraiment de la gueule du monde, hein - mais c'est comme s'ils dbarquaient de Los Angeles et taient habitus des allers-retours entre Topanga Beach et le Mojave ; partags entre l'cume de l'ocan qui sous acide ressemble un monstre dvoreur de bikinis et autres torses huils, et le dsert avec ses tapis de dbris clestes qui sous acide ressemble au jardin d'Eden. videmment, c'est un peu la magie de l'acide, et par extension de l'acid-rock : pour semer le trouble, crer le doute, et faire apparatre des choses qui n'existent pas, pas ncessaire de rpter les mmes accords deux cents fois, de jammer des heures durant, non, un pdalier digne de ce nom peut trs bien faire le taf ; comme toute bonne drogue de synthse qui se respecte. Bref, les bizarrodes Das Rad, dont on ne saura jamais la relle nationalit (puisqu'apparemment ils sont galement un peu allemands ; et je ne dis pas a cause de "Schwarz Blut", ou du "Das", qui est un truc assez rpandu dans la scne dite de rock alternatif amricaine - prenez Das Racist, je ne sais pas si c'est alternatif, bien que ce soit trs ch-bran, mais il y a "Das" dedans) ont certaines aspirations berlinoises plus qu'indniables : quelques relents kraut du plus bel effet, et qui donneront un semblant de sentiment de percussionnage crbral. Une musique de geeks, faite par des geeks, faite pour les geeks.

Radiation en trois mots : serein, dchir, prophtique

— Krokodil, le 18 octobre 2014 (690 lectures)

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ENCOFFINATION - III : Hear Me, O' Death  (Sing Thou Wretched Choirs)

ENCOFFINATION - III : Hear Me, O' Death (Sing Thou Wretched Choirs) : 2014 · Selfmadegod

Doom death

ENCOFFINATION


Nouvelle offrande (quand par hasard poncif langagier de journaliste colle aussi bien la circonstance, pourquoi bouder ?) d'Encoffination, le groupe de death qui parle peu prs exclusivement de... la mort. Quoi de plus logique, alors, que de poursuivre avec elle la revue commence ici et l des classiques CMI - avec cette fois-ci, encore plus logiquement, une similarit d'humeur avec le groupe Roger soi-mme, feu-Brighter Death Now, et tout spcialement Great Death III. Je ralise peine ce tapant la concidence, je le jure. Le premier album tait lustral, le second brutal ; que le troisime soit donc spulcral. Le premier avait la glaciale majest d'un regard de Mduse qui mettrait un disque entier vous bien pntrer jusqu' la moindre cellule grelottante et la moindre caverne de l'me. Le second broyait, avec une morne indiffrence d'agonisant demi-dolent, les os dans une treinte constrictrice qui rvassait encore Father Befouled, voire, spectralement s'entend, l'illustre anctre commun honor par leurs logos de concert. La rythmique du prsent se trane amorphe sur la pierre rpeuse avec la mme nergie que grand-papy quand on lui vient rendre visite dimanche, dans le caveau familial, et qu'il vient chercher son bouquet de fleurs. L'air est froid et sec, en toute putrfaction s'entend, tout sonne creux comme l'os prt tomber en poussire, le sentiment de paix au bout du bout des limbes blanches n'a jamais t aussi saisissant hormis chez Thergothon et Bosque (quand bien mme cette anne Monarch! et Anatomia en ont donn de trs belles variations plus sentimentales). Tous les grondements se sont tus - tout juste de la basse subsiste-t-il un souffle pareil un miasme trangement patricien qui exsude de la terre paisiblement tasse - pour ne plus laisser psalmodier que le grsillement, cho des cendres mourantes, qui s'attarde comme qui rit le dernier, sans joie ni d'ailleurs la moindre espce d'motion. Oui, Encoffination lve ici le death au statut de musique sacre - ou plutt, attendu qu'il l'tait dj ou tout comme, dans sa clbration de la vie et ses apptits, de musique funraire et eschatologique sacre, d'une dignit aussi simple qu'inattaquable. Comme qui dirait, mission accomplie.

III : Hear Me, O' Death (Sing Thou Wretched Choirs) en trois mots : stoque, tale, dessch

— gulo gulo, le 18 octobre 2014 (889 lectures)

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SHADOW OF THE TORTURER - Dronestown

SHADOW OF THE TORTURER - Dronestown : 2013 · Blind Date / Parasitic

Drone doom Sludgecore

SHADOW OF THE TORTURER


Alors comme on dit en 2014 : ppouze. Joue-la comme si c'tait 2005. Le logo, les samples, la pochette, le trip mass slaughter gnral catgorie calembour tlphonique en oubliant de masquer le numro, le sick ultra-modr, cossard, sludge drone evil pas trop port sur l'abstrait mais enrichi en super-grimaces de la possession la petite semaine, en portions de vingt minutes, axe Aldebaran-Graves at Sea ou, pour prendre des bornes qui figurent un peu mieux l'cart qualitatif possible, Otesanek-Paganus... O brusquement l'on se dit qu'ils ont bien raison, ces braves gens. 2005 ? Et est-ce donc si loin d'ici, d'abord ? Est-on devenu si blas, s'est-on laiss entraner par l'infecte course en avant institue par tous ceux qui, justement, sont incapables de jouer en 2014 comme on, ou ils, jouaient en 2005 ? Bon, on dlaye, on dlaye, et l'on ne va pas pouvoir indfiniment se cacher que la seule chose dire ici est toujours la mme ; parce que bon, en 2014, Graves at Sea jouent galement comme ils jouaient en 2005 ; et c'est aussi mauvais que ce l'tait en 2005 ; et Marching into Chaos n'avait rien qui indiqut un groupe capable de transcender ce type de doom si facile moquer. Cela sourit-il, et accessoirement y a-t-il une raison prsentable avancer, pour justifier qu'on trouve son bonheur Dronestown ? D'objective, srement pas, sinon je suis sr qu'il s'en trouvera galement pour sauver Paganus du pilon. De subjective, assurment, sans quoi je ne serai pas en train de vous en parler. Il se trouve que pour ma part j'entends ici, dans les riffs, les leads, et la voix, ce vice - tant qu' donner dans le subjectif, autant le prendre bras le corps et se vautrer tout nu dans l'imaginaire tide et accueillant - qu'on entend dans, donc, Otesanek, et puis les bons Fleshpress, aussi, avec le petit sacheton de sauce bible-belt-barbecue, et le massal vangliste-insolation, pour agrmenter ; du coup, on a vritablement l'impression d'tre en 2005 nouveau, et de dcouvrir nouveau le genre, en la personne d'un de ses reprsentants des plus excitants ; un peu comme si on revivait sa premire mchante racle couter The Unquiet Sky, si vous voulez. Ce qui n'est pas rien, et sera tout ce dont pour ma part j'ai besoin pour avoir la sensation d'une brillante plaidoirie ; merci.

Dronestown en trois mots : infectieux, attard, bigot

— gulo gulo, le 17 octobre 2014 (756 lectures)

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ELECTRIC WIZARD - Time to Die

ELECTRIC WIZARD - Time to Die : 2014 · Spinefarm / Witchfinder

Psyché Gothique Punk rock

ELECTRIC WIZARD


Alors là, pardon ! Serait-ce pas devant nous le meilleur Electric Wizard, de justesse ex-aequo avec We Live dont il partage un peu du mélodramatisme romantique complaisamment maladif ? Le genre de disque en tous les cas dont je serais capable d'écrire trois paragraphes vomitifs d'adoration à chaque écoute, qui diraient chaque fois la même chose peu ou prou tout en disant que c'est pas du tout pareil que la fois d'avant : oui, tout comme un type bourré.

Parce qu'aussi on parle d'un disque qui fait se sentir tout pareil que si on était raide, tellement il vous gave d'enthousiasme à vous en faire déborder de la plus catastrophique des façons. Ils ne peuvent pas continuer comme ça, après une cime - de nihilisme, de négation du monde et de l'intelligence - telle que Black Masses ça ne pourra pas re-marcher pareil, pensais-je et disais-je. Ils ont fait mieux que ça : ils ont continué comme ça, simplement en mieux.

Time to Die n'est pas différent fondamentalement de Black Masses ; il est en revanche incomparablement mieux fait, plus subtil, plus chic, plus vicieux, plus sinueux, sapé pour plus cher et sophistiqué ; et il est peut-être encore plus abyssalement con. Du coup il en est encore un peu plus effrayant et dangereux, prenant tous les atours d'une petite bande de racailles qu'on croise nuitamment au détour d'une allée de cimetière, avec cette connerie crasse qui leur irradie d'yeux tartinés de rimmel périmé - non mais ces refrains plus idiots que la plus geignarde des radasses néo-romantiques de seconde division virée curiste-à-mort ! "we wanna get high before we die", "wake up babe, it's time to die", "we love the dead, when will you die too ?"... faut-il être peine-à-jouir pour ne pas mugir en entendant ça - et qui les rend au moins aussi dangereux que l'arrogance qui dégouline de leur sape tape-à-l’œil d'un goût aussi dubitable que violet... ne le prenez pas pour vous du reste, je me parle à moi ; car Time to Die est un disque qui ne s'adresse pas vraiment à l'autre, non, malgré toutes les apostrophes qu'il s'écoute lui jeter avec dédain, Time to Die est une tour d'ivoire, le disque de Kickback d'Electric Wizard, il a la grotesque et hyperbolique malveillance pour ce faire, et chacun de ses riffs ridicules et auto-satisfaits de leurs grooves à manger du foin, semble dire "this is for us, this is not for you", avec cette morgue juvénile puante et agressive, avec ce ridicule chevillé à un réel potentiel de nuisance imbécile qui ont toujours été la quintessence d'une certaine jeunesse, des Stooges jusqu'à The Icarus Line...

Et à côté de cette prestance robzombikinique, donc, magnifiée au rang de l'enluminure par rapport à la fois précédente, on tient cette fois également un vrai disque de doom psychédélique, grâce à l'insupportable et fate volubilité de la guitare lead bien sûr, mais aussi à une présence qui, ainsi qu'on a pu le lire au-dessus, ne saute pas aux yeux, mais qui à mon goût ne fait que gagner à devoir être distinguée en plissant les yeux, dans les moutons de fumée noire qui s'amoncellent derrière les forfanteries de l'obscène basse et de la minaudeuse voix qui flirtent outrageusement au premier plan, et où elle gronde et gratte comme un taureau infernal ; puis, sérieusement, que ladite batterie ait plus que très probablement fait l'effet de mesures d'éloignement dans le mix suite à la ré-éviction du préposé et au climat bien merdique dans lequel on imagine qu'elles ont été prononcées, sans même parler de l'équivoque quant à une similaire soupe aux coups de surins dans le dos qu'on peut soupçonner concernant la basse (un Orloff étant seul mentionné sur le livret, Metal Archives déclarant quant à lui Orloff et Burgess pour le poste) : c'est tellement trop beau pour être vrai, de cohérence avec l'attitude de puérilité et de rancune malfaisante qui conduit tout le disque avec l'inflexibilité de la plus mesquine mauvaise foi, que ça ne vient qu'encore renforcer ce qu'il est. Du pur génie.

Time to Die en trois mots : kes, ki, ya

— gulo gulo, le 16 octobre 2014 (1579 lectures)

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CROSS VAULT - Spectres of Revocable Loss

CROSS VAULT - Spectres of Revocable Loss : 2014 · Eyes like snow

Gothique Epic doom

CROSS VAULT


Sans tre certain qu'il y ait plus d'une poigne d'anciens pour se souvenir - non pas de mais - des premiers Tristitia, ni que parmi lesdits il y ait plus qu'une paire de doigts pour se tendre d'excitation leur vocation, Cross Vault, qui eux, semblent bien fort s'en souvenir, mritent au minimum une soire en tte tte et aux chandelles. Oh oui pour ces vieux riffs de prtre crypto-white metal. Oh oui pour ces vocaux de splologue Roi des Goths. Oh oui pour Eyes Like Snow, qui malgr quelques regrettables erreurs de parcours, semblent prendre un certain plaisir nous dnicher les meilleurs cams du coin.

Spectres of Revocable Loss en trois mots : nonchalant, tragique, plaintif

— Rocky Turquoise, le 16 octobre 2014 (743 lectures)

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SYMPTOM - Caverns of Katabasis

SYMPTOM - Caverns of Katabasis : 2014 · Craneo Negro

Doom death Funeral doom Death metal

SYMPTOM


Dans son tout incantatoire minestrone de poussires du monde, JT Gilmore, alias M. Symptom, il me ramne cette enfance dans des cryptes italiennes que je n'ai jamais vcue. Avec ses vques sur-saps, aux mitres pointues, aux robes phosphorescentes et aux yeux rouges et profonds, qui me susurrent leurs litanies contre-exorcistes au creux de l'oreille. Ce en quoi Symptom pourrait bien me faire peur oui. Mais si j'tais encore un enfant. Si je dcouvrais a avec le cur encore trop lche du jeune inconscient qui tente de se farcir Eraserhead d'une seule traite. Mais force de s'tre laiss grandir, et avec l'appui de quelques vieux matres dont diSEMBOWELMENT resteront le guide ultime du trek des abysses, tout a me fait aujourd'hui encore au mieux croquer la pnombre de mon living lors d'un petit dj riche en principes actifs. Ponctu par quelques soubresauts arides et noirtres, pour me donner l'impression d'avoir la collante entre deux becquetes. Symptom, parmi vos belles cuillres, c'est bien certainement l'une des plus prsentables. Brique au noir comme sortie d'une vieille usine o l'argent rend aveugle. Malheureusement mme les plus grandes ont parfois du mal passer le test de la vaisselle.

Caverns of Katabasis en trois mots : briquer, rincer, scher

— Rocky Turquoise, le 16 octobre 2014 (698 lectures)

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STOMACH EARTH - Stomach Earth

STOMACH EARTH - Stomach Earth : 2013 · BMA

Doom death Funeral doom Sludgecore

STOMACH EARTH


Les disques de funeral la pochette blanche rendent chose, tout draps dans leurs carnassiers airs d'ange de la mort lchs aux sectes du priv faute de budget. Et Mike McKenzie, un autre de ces solitaires hres condamn creuser dans leurs coin, rend chose. Parce que son Stomach Earth est massif. Parce qu'il rappelle encore les vieux Shape of Despair, qui s'loignent de nos aujourd'huis avec la vitesse d'une mre de son fils. Parce qu'il a un groove entomophage, qu'une seconde paire d'oreilles ou de couilles ne serait pas de trop pour battre. Parce qu'il sait encore donner un sens excitant au terme monotonie.

Stomach Earth en trois mots : corpulent, glouton, soutenu

— Rocky Turquoise, le 16 octobre 2014 (866 lectures)

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IDES OF GEMINI - Old World New Wave

IDES OF GEMINI - Old World New Wave : 2014 · Neurot

Stoner Post hardcore Psyché New wave

IDES OF GEMINI


Ils ou elles n'auront pas fait long feu. L'espace d'un premier riff pour donner la mesure de ce Old World New Wave : o comment de luxure et psychotropes passer ce sous-Neurosis & Jarboe, avec la favorite de la recherche de la nouvelle Siouxsie pour faire la srnade depuis l'autre ct de la porte ? Je vais pas parler de la session rythmique asthmatique. Me lancez pas l-dessus.

Old World New Wave en trois mots : bouquet, de, pquerettes

— Rocky Turquoise, le 15 octobre 2014 (790 lectures)

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MISSINGMILE - Skull

MISSINGMILE - Skull : 2014 · [ autoproductions ]

Stoner

MISSINGMILE


Missingmile sont normands. Ils aiment le stoner sudiste poils, les gros riffs, les grosses voix, le plomb, et probablement planter leurs dents dans des trucs qui saignent. Missingmile s'en sortent plutt bien, ils ont un son sympa - d'ailleurs ils ont l'air sympa en vrai - tu sens qu'ils ont boss leur truc avec la pugnacit d'un jeune arrivant devant le service d'immigration de la cte est des tats-Unis. Ils ont mme cette petite patte heavypsych insouponne, suspendue l comme un Mickey de mange, et qui pourrait bien les tirer vers le haut s'ils arrivent s'en saisir avant que la sonnerie de fin de tour ne retentisse. Ce sur quoi j'ai envie de croiser les doigts et de leur souhaiter Bonne chance http://www.missingmile.fr

Skull en trois mots : bourru, boss, sympa

— Rocky Turquoise, le 15 octobre 2014 (646 lectures)

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ZOMBIE KING - Son of a Witch

ZOMBIE KING - Son of a Witch : 2011 · [ autoproductions ]

Stoner Hard "70s

ZOMBIE KING


Mais HEUREUSEMENT, y'a encore des types qui nous font des pochettes racoleuses avec des pps juches sur des cylindres. Et qui en plus sont franais ? a fait au moins un bon point. Et j'en accorderais bien au moins un autre pour avoir russi monter ledit groupe Charleville-Mzires. Et un troisime pour avoir une nana au chant pour jouer non pas du doom mais du stoner rock, o rien encore n'est interdit mais l'inverse encourag. Le reste avale ses miles de gloires en checs. Des bons riffs Sabbath l'nergie Fu Manchu, le son Kyuss version garage low-budget, y'a chez Zombie King peu prs autant de trucs agrables que passablement irritants. Voir entre-autres ce sus-cit sympathique chant fminin, teint de vieux relents Dolores O'Riordan, qui par manque d'assurance fini par taper un brin sur le systme. Voir ces samples de films dposs au hasard des morceaux comme un plan drague au milieu d'une maison de retraite. Voir surtout ce ct pas en place, qui fait que la fracheur enthousiaste de Zombie King tendance se transformer en professoral exercice d'attention. Gageons qu'avec les trois ans de retard que j'ai accumul entre le moment o ils m'ont envoy ce disque et celui o j'ai finis par l'couter, ils ont bien du prendre le temps de corriger leurs quelques dfauts. http://zombieking.bandcamp.com/

Son of a Witch en trois mots : brouillon, enthousiaste, lycen

— Rocky Turquoise, le 15 octobre 2014 (616 lectures)

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PURPLE HILL WITCH - Purple Hill Witch

PURPLE HILL WITCH - Purple Hill Witch : 2014 · The Church Within

Traditional doom Stoner Psyché

PURPLE HILL WITCH


Non, Purple Hill Witch ne vont pas vous fondre dessus comme un rayon de soleil matinal entre les stores. Non, Purple Hill Witch ne vont pas vous pousser vous taper 500 bornes en covoit' pour aller les voir dans une obscure salle de Belgique. Non, Purple Hill Witch ne vont mme pas vraiment vous donner envie de leur donner une chance, avec leur nom un peu bidon, leur pochette d'autant, et puis leur signature chez The Church Within, qui d'aventure n'est pas franchement le catalogue qui a invent la roue. Mais oui, Purple Hill Witch, si vous dpassez le premier morceau, vont vous absorber en toute innocence dans leur vortex heavypsych, aussi naturellement qu'une journe de semaine dans laquelle vous avez pos le pied par fatalisme plus que par conviction. Purple Hill Witch, s'ils jouent du Sabbath, du Sabbath, et aussi du Sabbath, ont nanmoins leur petite qualit sine qua none jamais dtrompe : un guitariste verbeux comme un cachet d'aspirine. Gros riffs, solos de Pape, rythmique pesante mais nerveuse comme un ciel d'orage, le Ozzy toxicomane qui sied : Purple Hill Witch vont vous faire oublier la rvolution. Purple Hill Witch vont vous faire aimer vos parents.

Purple Hill Witch en trois mots : solide, fouill, ancestral

— Rocky Turquoise, le 15 octobre 2014 (701 lectures)

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DEAD MOUNTAIN MOUTH - Loka

DEAD MOUNTAIN MOUTH - Loka : 2011 · [ autoproductions ]

Sludgecore Post hardcore Industriel

DEAD MOUNTAIN MOUTH


Lundi Galilao, dans son tout fait respectable projet solo nomm Dead Moutain Mouth, et avec Loka, le second disque dudit, s'en sortait plutt bien. Il est plutt dou dans les instruments qu'il pratique. Il est cratif. Il est ambitieux. Il fait des morceaux piques et infernaux, avec plein de trucs massifs dedans. Lundi Galilao s'en sortait bien jusqu' ce qu'il dcide galement de s'occuper des vocaux. Lundi Galilao, en s'occupant des vocaux, s'en sort plutt trs mal. Et tout la bonne volont qu'il met dans ce foisonnant disque s'vapore en un condescendant sourire ds que pointent ses premiers braillements. Le problme, c'est qu'avec Loka, a arrive trs vite. a arrive, vrai dire, ds les premires secondes. Quitte d'un vautrage assez mmorable, dont je crois pas avoir t tmoin de pareille fausset depuis le Panopticon de qui vous savez, au moins. Si jamais, dans le coin, y'a toujours de quoi comparer avec A Very Old Ghost Behind the Farm, pour plaider ou non l'erreur de parcours. http://deadmountain.bandcamp.com/

Loka en trois mots : empaquet, ambitieux, malchanceux

— Rocky Turquoise, le 15 octobre 2014 (673 lectures)

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LORD VICAR - Signs of Osiris

LORD VICAR - Signs of Osiris : 2011 · The Church Within

Traditional doom

LORD VICAR


L'ennui avec les traditionalistes, c'est justement qu'ils mettent toute leur passion surjouer leur incarnation de traditionalistes. Les traditionalistes c'est des mecs qui bougent pas. Des mecs qui voient pas l'intrt de changer de vie. quarante balais passs, rien ne les feraient se priver de tremper quotidiennement leurs Prince dans un verre de lait lors de leur goter de seize heures, au sacrifice de leur virilit metaleuse. Pour eux, les traditionalistes, l'aventure c'est tout juste un terme bon coller derrire celui de roman. Ils se satisfont d'une soire entre potes bires + pizza + Princess Bride rejoue pour la millime fois. L'ennui avec les traditionalistes, en somme, c'est que ce sont un peu des imbciles heureux. Le cas Lord Vicar n'est ce niveau plus d'cole : il est carrment dsespr. En bien comme en mal, ces types sont rests bloqus sur la dynastie Ozzy dans sa plus symphonique hardousitude. Chant nasillard, riffs de trois notes, rythmiques d'entre sur le priph, y'aurait de quoi crire un bouquin si ce n'tait pas aussi navrant de prvisibilit. Oh, bon, concevons bien que le mauvais traditionaliste de l'un est le bon de l'autre. Y'a trs certainement des fans pour voir dans Lord Vicar l'ultime que j'irai moi-mme questionnablement accorder un autre douteux quatuor de ringards patauds, dans un flagrant dlit d'illogisme. Et d'ailleurs tant mieux. a permettra au moins que d'ici trente ans y'ai encore des illumins pour crire ce genre de disques, puisqu'on peut vraisemblablement plus compter sur Black Sabbath pour le faire.

Signs of Osiris en trois mots : bire, potes, pizza

— Rocky Turquoise, le 13 octobre 2014 (732 lectures)

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OCTOBER TIDE - Tunnel of No Light

OCTOBER TIDE - Tunnel of No Light : 2013 · Pulverised Records

Doom death Post hardcore Hardcore

OCTOBER TIDE


D'avance, je remercierais les plus rudits d'clairer mes supposs lecteurs sur les dtails de l'volution du line-up - et plus forte raison sur la biographie d'ensemble d'October Tide depuis je ne sais qu'elle anne en 20XY - tant n'en ai-je foncirement que foutre, ce bien malgr son potentiel caractre de NicolasJsus-reviens, qui m'a l'air plus craquant qu'un prequel de Sin City. Non. Moi ce qui m'intresse surtout l-dedans c'est le nouveau chanteur qu'ils sont alls se dnicher. Et qui, paralllement au riffing du groupe - constant dans sa dlibre fuite en arrire - vient donner cette cuve 2013 un savoureux parfum hardcore bovinatoire, digne justement de cette poque o kerfeldt tait prt sacrifier son larynx si a pouvait terrer tous les chiards de Scandinavie dans les jupes de leurs mres, plutt qu' rver un prix aux victoires de la musique sudoises. ce stade, on pourrait presque oser, pour dcrire le larvaire qu'on affuble d'ordinaire ces vieux prtres dchus, le terme d'nergique. Car il a presque la patate, ce October Tide, oui.

Tunnel of No Light en trois mots : apocryphe, dbauch, inattendu

— Rocky Turquoise, le 13 octobre 2014 (827 lectures)

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MIST - Demo

MIST - Demo : 2013 · [ autoproductions ]

Traditional doom Stoner

MIST


Dans l'ordre j'ai d'abord trouv la pochette cool. Ensuite j'ai vu que c'tait du FFD. Correction : qu'en fait, mme, c'tait un all-female band. Et c'est seulement dans un troisime temps que j'ai constat que a venait de Slovnie. Oui, a fait au moins autant de raisons de vous liqufier par instinct de survie que de rutiler d'enthousiasme. Dans l'idal, vous faites plutt comme moi : vous tapez l-dessus au pif, et vous dcouvrez un stoner rock au grain bien metal rondouillard et scandinave avec - oh non piti ! (scand en chur par les lecteurs) - encore un de ces chants de grande prtresse qui porte crdit l'astrologie et aux vertus des poils sur la sexualit. a pourrait vous voquer quelques vieilles tentatives d'poque, d'avant que les drames du genre n'en finissent de s'emboutir les uns dans les autres. C'est--dire une sorte d'image d'pinal du stoner doom girly. Si dj vous arrivez jusque l.

Demo en trois mots : douillet, camarade, frais

— Rocky Turquoise, le 13 octobre 2014 (685 lectures)

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SINK - Fog & Dominance

SINK - Fog & Dominance : 2014 · Svart

Industriel Ambient

SINK


Si n'tait plus faire depuis longtemps la qualification de Sink en extra-terrestres, rhtoriquement, musicologiquement, journaleusement parlant, la ralit biologique de cet tat de fait, la benote honntet de ces photos promos qui les campent faon 2001 (en moins factieux), n'avait peut-tre pas encore t prouve de faon aussi cuisante : c'est fait. Pour rester dans l'univers du rituel de passage et du rapt spirituel utilis jusqu'ici pour les dcrire pniblement, on aura cette fois l'impression de voir l'histoire du point de vue de l'autre protagoniste : depuis l'intrieur du vaisseau spatial, trs prcisment et trivialement, des ravisseurs/prleveurs avec tous leurs inhumains tableaux de commutateurs et de voyants. En est-ce moins terrifiant ? Loin s'en faut. "Fog" donne voir la ralit de technologie alien luvre derrire les phnomnes de magie forestire borale qu'on peut exprimenter chez Kemialliset Ystvt ou Halo Manash. La nuit finlandaise a rarement t aussi bante sur la voracit de l'ther. Car dans le genre limaces-sangsues tombant du trou dans le ciel, mme Inade ou Jumlhmr ont l'air de mignards enfanons ct de ces cueilleurs-l, et les clats aussi chaleureux qu'une desserte chirurgicale en inox nu qu'ils ont dans les yeux qu'ils n'ont pas, pour y taler le moindre fard religieux. "Dominance" : voil Sink dans ses uvres : le grand cyclotron qui est les grandes orgues sur lesquelles ils jouent leurs vertigineuses quations, o The Cure, Velvet Cacoon, Einstrzende Neubauten et la musique des lamasseries sont lamins en une seule mme matire radiante et pulsatile, dans une raction dont le premier effet est la paralysie de toute substance vivante alentour, et sa fission en nuage de statique babillant, frissonnant d'motion, pour nourrir les ventricules astraux et le cerveau en grappes du grand insecte bat ; et qui produit sur l'esprit qui se concentre trop dessus le mme effet que le coupe-chou qui s'arrte de glisser sur la pulpe tendre de la joue.

Fog & Dominance en trois mots : toujours, plus, haut

— gulo gulo, le 13 octobre 2014 (897 lectures)

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SONS OF APACHE - Sons of apache

SONS OF APACHE - Sons of apache : 2013 · [ autoproductions ]

Stoner

SONS OF APACHE


Le parti pris instrumental, quelques borborygmes de mammouth ou harangues de De la Rocha fatigu prs, des fistons natifs-normands ne joue pas directement en leur faveur, d'un point de vue strictement subjectif s'entend. Le groupe ne s'enfonce pourtant pas dans une quelconque tapisserie sonore, et sans forcer mme, on coutera avec plaisir leurs divagations groovy qui sentent l'herbe, jeu de cymbales inventif, basse dodue et mlodies guitaristiques bien senties; le feeling est l et la simplicit du moment leur fait honneur. Le stoner identitaire se mle au blues pais, au psych soft, balay par quelques vagues "mo" et travers de soli chaleureux, tout est absolument sympathique, mais en vrit a s'arrte l. Si a avait t un album complet, il est certain que je n'aurai pas t aussi tempr: les cinq morceaux ne sont pas pargns par la sensation de dj-vu, et je ne parle pas d'influences plus ou moins videntes qui ne relvent pas du dfaut, hein, pour un groupe qui a priori n'a pas l'ambition de rvolutionner le stoner, mais de la ressemblance intermorcifs, du genre penser reconnatre tel ou tel plan dans le titre prcdent. Le court format est ici leur meilleur allier, quand juste au moment o on se dit "bon, c'est bien sympa tout a, mais quoi d'autre?" le disque est termin. A couter, dans le mme tat d'esprit avec lequel il a du (n'est-ce pas ?) tre enregistr: la cool, sans se poser trop de questions.

Sons of apache en trois mots : rond, glandu, solaire

— EyeLovya, le 12 octobre 2014 (668 lectures)

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PIG DESTROYER - Mass & Volume

PIG DESTROYER - Mass & Volume : 2013 · Relapse Records

Drone doom Post hardcore

PIG DESTROYER


On en ferait bien la trs dontologique et informative description, mais le titre de la chose lui-mme s'en charge la faon, prouve par les ges et l'usage, du Port-Salut. Masse et volume, donc (on passera sous silence par charit chrtienne la probable polysmie intentionnelle de "Mass"); quant savoir si c'est plus, ou moins de l'hydrocphalie que le second disque de Jodis, et o cela se situe par rapport des choses que je n'couterai jamais, telles qu'Old Man Gloom, ou Cephalic Carnage qui a dj pratiqu ce type de, a-hem, exprimentations ou rles de composition : je confesse prfrer encore m'abmer dans le chagrin, aussi abyssal qu'on peut l'imaginer, de devoir faire le prsent constat propos d'un disque la pochette pourtant si bien faite pour se faire reluquer ici avec la plus grande vulgarit ; au moins alors on prouve un genre d'motion. D'ailleurs puisqu'on est l'glise, et dans l'motion, Dieu soit tmoin que je ne demandais pas mieux pour ma part, qu'un morceau doom de Pig Destroyer. Mais rien n'a boug depuis "Natasha", et je ne vais pas davantage qu'eux l'glise.

Mass & Volume en trois mots : chacun, son, mtier

— gulo gulo, le 12 octobre 2014 (738 lectures)

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FISTULA - Northern Aggression

FISTULA - Northern Aggression : 2012 · Patac Records

Sludgecore Crust

FISTULA


Excusez cette mprise, cette erreur flagrante d'apprciation - la faute un manque de recul vident (parat qu'avec l'exprience on tolre mieux la vitesse) - mais je me dois de rectifier le tir. Northern Aggression est en ralit une grosse torgnole dans la mchoire. Un missile. La boite deux rapports marche du feu de Dieu, malgr un kit nos un peu capricieux, quand la Fistule met le pied au plancher a colle de sacrs moments de panique (sans la direction assiste, c'est carrment du sport) ; et puis oubliez a aussi, il n'a jamais t question de "patinage", mais de freinage de dernire seconde, on pense viter le pliage de la carrosserie, mais nada amigo, la tte a travers le pare-brise et c'est juste un carnage.

Northern Aggression en trois mots : crash, sur, crash

— Krokodil, le 11 octobre 2014 (953 lectures)

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FISTULA - Vermin Prolificus

FISTULA - Vermin Prolificus : 2014 · Patac Records

Sludgecore Crust

FISTULA


La Fistule, fidle ses nobles principes. Toujours la mme merde, mais jamais compltement (soit tout l'inverse d'Eyehategod, en effet). Concernant la "chronique", je vous renvoie vers celle de Northern Aggression, puisque c'est le mme album, ceci prs qu'ici la Fistule est en pilotage auto, rythme de croisire, croisire qui s'amuse.

Vermin Prolificus en trois mots : ulcr, nuanc, pos

— Krokodil, le 11 octobre 2014 (963 lectures)

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FISTULA - Smoke Acid, Shoot Pills

FISTULA - Smoke Acid, Shoot Pills : 2008 · Black Lodge

Drone doom Sludgecore Noise

FISTULA


Non ceci n'est pas une chronique, ceci est un constat. S'il existe un disque, en l'occurrence un titre, synthse de tout ce qu'est le sludge selon la Fistule, c'est bien Smoke Acid, Shoot Pills : Vous voulez un peu de ground 'n' pound faon For A Better Tomorrow : OK. Vous voulez un peu d'hrosme d'entre de gamme faon Idiopathic : OK. Vous voulez un peu de parasites en fond faon Inverted Black Star : OK. Vous voulez encore un peu de lenteur, de lourdeur et de torpeur faon Burdened By Your Existence : OK. Bref. Vous voulez un concentr de Fistula, vous n'avez ni les burnes, ni l'envie, ni l'humeur y passer la journe : there you go, a dure dix petites minutes, c'est con comme la lune, et au moins vous pourrez raconter tous vos potes que vous connaissez la Fistule sur le bout des doigts.

Smoke Acid, Shoot Pills en trois mots : pige, , mouches

— Krokodil, le 11 octobre 2014 (829 lectures)

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OCCULTATION - Three and Seven

OCCULTATION - Three and Seven : 2012 · Profound Lore

Traditional doom Black metal Gothique

OCCULTATION


La rverbration, hein ? Croyez-vous donc qu'elle sufft ? Si tel tait le cas, la nouvelle vague deathrock du hardcore punk amricain, et toutes ces conneries qui courent derrire le revival d'un post-punk qui jamais n'exista, davantage que le raccourci que cherchait ce soir-l David V., seraient digestibles ; ce n'est pas le cas. Mais la rverbration chez Occultation n'est pas ce genre de filtre instagram, d'arme de morbide labor chez Bayer. Elle est un personnage part entire de l'intrigue - cette chose qui chez Occultation ressemble, plus encore qu' une cathdrale plonge dans l'obscurit ce qui n'est pas peu dire, un manoir entortill de mandres encombrs de toiles d'araignes aussi fines que collantes, o l'auditeur pestant s'emptre tenter vainement de pourchasser l'identit sexuelle de ces voix qui sont l'quivalent mort et dsincarn de l'androgyne valkyrie de The Devil's Blood ; et qui est principalement affaire d'esquives tiroirs, de chausse-trapes par le plafond, de colimaons dgringols quatre quatre, de dfilade de la proie en carapace vide toute en soie arachnenne qui se dtisse pour mieux prendre la fuite ; les ralentissements o semblent se dessiner l'incantation et le temps de s'installer solennellement aussitt se dsintgrant en une virevolte qui soulve la faon de Negative Plane une poussire qui une fois retombe ne rvle plus que la dsertion une nouvelle fois de ces fichus fantmes la nudit slnite, que du reste on dsire embrasser davantage par exaspration de cette sempiternelle frustration, que par rel got de possiblement toucher leur quivoque filandre pour y chercher un reste, une preuve de cette douloureuse beaut qu'on a cru apercevoir quelques instants avant qu'elle ne s'gaille chaque fois dans un cliquetis capricieux d'osselets. Heureusement ou pas, ce disque scandaleusement, obscnement deathrock et gothique, et qui cependant sans trve sabre et censure ses plus merveilleux moments d'tincelance deathrock, agrable comme un courant d'air - s'achve avant longtemps, et qu'on l'ait enfin captur.

Three and Seven en trois mots : vaporeux, emberlificot, biaiseux

— gulo gulo, le 08 octobre 2014 (765 lectures)

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GODFLESH - Us and Them

GODFLESH - Us and Them : 1999 · Earache records

Industriel

GODFLESH


Justin a un vieil ami ; il sappelle Mick. Quand il ne poste pas en majuscules sur son blog myspace ou nest pas la pche, Mick lche des petites bombinettes. Ainsi celle-ci, quon imagine aussitt entendre dans ce petit ton fruit et pointu quon lui sait, sans y toucher, au sujet des disques de son vieil ami Justin de mmoire : "je ncoute pas les disques de Godflesh, aprs le premier ; trop facile, trop timor, lorsquon sait de quoi Justin est capable, cest lui qui ma fait dcouvrir tant de choses : house, world, dub, hip-hop" Le jovial petit homme, pas trs bonne copine, se rpandait ainsi loccasion de la sortie dune chose nomme Evanescence, dont on peut du coup avec une certaine logique attribuer une spirituelle part de la paternit Justin. Une fois tous les tant dannes, Justin fait mentir son compact compre et laisse parler son ADN ; non pas celui dont il dit, dernirement, quil est tout estampill Godflesh tout partout ; mais celui qui a fait de lui depuis toujours ce gnie rythmique si divinement laise dans toutes formes lectroniques aux squelettes diversement drivs du breakbeat ; celui qui a enfant les curantes russites de The Sidewinder, Solaris BC, Techno Animal, White Viper, Krackhead, Ice ainsi de suite. Une fois tout les tant dannes, il obit la pulsion de laisser ouvertement parler cette fibre-l pendant un disque de Godflesh. Ce qui est comprhensible tentation, vu comment des albums tels que Pure ou Songs of Love and Hate dgueulent le hip-hop par tous les chappements de leur ventripotente machinerie ; il ne sagirait pas doublier que Justin a un autre ami, qui se nomme Kevin, auquel il a galement prodigu quelques enseignements profitables sans demander merci. A sa priode acid house, cela donna donc Slavestate, et jespre bien que ce drle dHarris ne sest jamais permis de causer gras dessus, parce quil ny avait pas l de quoi faire autre chose que la fermer bien serr. Quelques annes plus tard, toujours en Angleterre videmment, ce fut lascension de la drumnbass et la jungle (Mick Harris tait dj sur le coup, mais on ne va pas chercher trancher qui fait la poule et qui luf...). Ce qui ne pouvait manquer de titiller Justin. Ce qui ne pouvait mieux tomber si lon tait soi-mme bien engag sur la voie de lillumination club et free-party ; pour renforcer un sentiment certain de lien personnel avec ce bon vieux Justin, bien entendu ; mais aussi pour tre pleinement rceptif ce quun pareil disque pouvait simplement reprsenter de lien resserr de Justin avec lui-mme. Et cest encore limpression qui persiste, en dpit de tout, devant ce disque ; malgr ltranget et le got de rachitisme quon peut lui trouver lorsquon est ensuite revenu un contexte quotidien de lourdeur et de corpulence musicale superlatives, malgr la lgre gne que lon ressent finalement toujours entendre des beats dsincarns et voltigeurs prtendre faire cavaler sous leur cravache des riffs suants et soufflants : limpression de voir Justin affranchi, enfivr de libert de ses sincres fidlits punk et hip-hop, exultant de laisser cours, course mme tous ses dsirs dapprenti sorcier de sound system mutode et dternel enfant affam, ceux qui le dmangent en permanence depuis avant mme son adolescence. Mick est petit, agaant, avec une putain de grande bouche tonitruante ; mais il a souvent raison. Et quand il vous dit que Justin cest pas la moiti dun sacr lad, vous faites bien de le croire.

Us and Them en trois mots : anglais, chien, cinglant

— gulo gulo, le 07 octobre 2014 (984 lectures)

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GODFLESH - Hymns

GODFLESH - Hymns : 2001 · Music For Nations

Industriel

GODFLESH


Le disque rock de Godflesh ; le disque de Godflesh avec un batteur. Le disque sur lequel s'est acheve la premire vie de Godflesh. Le disque qui s'achevait sur un morceau intitul "Jesu", lequel tait pourtant l'un des profils-types de morceau de Godflesh qui donnent le plus envie de se prosterner - selon la figure dite du tas de petit bois... avant de se poursuivre en piste fantme sur le premier morceau de Jesu, en effet, de faon plus nette que les rgulires fin d'albums clestes accoutumes. On peut en dire des trucs vidents sur Hymns. Mais ce qui me semble plus vident, du genre tellement qu'on ne le remarque pas chaque fois, comme la plupart des inspirations qu'on prend, c'est que c'est un peu l'album o Godflesh concluait sa carrire sur un retour la source - soit Killing Joke, quoi d'autre ? Ils en reprenaient l'poque volontiers "Requiem" sur scne, d'ailleurs celle des fois o j'y tais, le bassiste qui les accompagnait s'appelait Paul Raven, paix son me malodorante. Et la famille de riffs o Godflesh pioche, dans son patrimoine, pour Hymns, est celle des lumineux et farouches chiens errants qui portent firement leur btardise hrite en droite ligne du premier Killing Joke, et de "Requiem" en particulier. Excusez-moi pendant que je dborde d'allgresse, mais c'est, srement autant que le groove breakbeat et les riffs concasser l'humanit par citernes entires, l'une des choses o pour ma part j'identifie le plus vivement et aigu ce qui constitue Godflesh. Le haltement fivreux de cette grande tige inquite tandis qu'il avale goulument, perdument, extatiquement le ciel entier et ses essaims de limaille vibrionnante - traduit en une srie de riffs dont le seul vague parent connu, hors donc le groupe Coleman, est Occupational Hazard d'Unsane, qui partage un peu de ce got pour l'affutage de la pelle sur le bitume dans la lumire d'tain du matin frais, et l'enfantine griserie que ce chant tranchant et ces tincelles suscitent dans un cur avide. Le coup de pelle dans la tte, peu importe de la vtre ou de l'autre. Quant moi c'est couter ce disque que je comprends le mieux qu'un morceau de Godflesh ait pris son titre chez Bukowski. Une histoire de loqueteux et de jour douloureux. D'ailleurs en fait Godflesh c'est trs simple : le punk, et le hip-hop ; souvent les deux en mme temps, jamais dans la mme forme de symbiose. Au dtail prs d'un lger dficit en metal, Hymns pourrait tre quasiment le mme disque que Selfless, auquel la pochette n'est pas seule faire des renvois - et pourtant pas du tout. C'est chouette, a fait deux disques indispensables au lieu d'un.

Hymns en trois mots : en, tle, brute

— gulo gulo, le 07 octobre 2014 (902 lectures)

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GODFLESH - Us and Them

GODFLESH - Us and Them : 1999 · Earache records

Industriel

GODFLESH


Quoi de plus redoutable dans une carrire - quelle qu'elle soit - que ce moment crucial, cette charnire, o l'on se sent se disloquer corps et me, entre le dsir de se recrer, d'innover encore et encore, de prserver le monopole de l'avant-garde, quitte perdre en chemin une partie de ses ouailles, et le "devoir" - si je puis le nommer ainsi - de respecter les rclamations et les attentes de son auditoire. Concernant Justin Broadrick et Godflesh, nous aurons tendance penser que ses albums les moins "bons", du moins les moins percutants, sont galement ses disques les plus ambitieux, les plus dmocratiques, les plus scientifiques ; ceux o il a tent bon gr mal gr de concilier ses recettes dj maintes fois approuves, puises et l dans une discographie si labyrinthique qu'elle ne peut tre que l'affaire d'archologues passionns, et ce qui a toujours fait de Godflesh un groupe sans pareil ni quivalent : cette infaillible capacit fracturer, briser et rompre les os. Ainsi, les coutes successives et appliques d'A World Lit Only By Fire m'ont rappel un autre disque, celui que Justin lui-mme confie dtester tant il reflte sa crise d'identit d'alors : Us And Them, album dont le nom - comme presque toujours chez Godflesh - se rvle aussi annonciateur que fonctionnel. Mais peut-on reprocher pour autant un album de musique industrielle de fonctionner comme les machines fonctionnent ? De rpondre (avec brio qui plus est) aux exigences d'un cahier des charges scrupuleusement tabli ? Fondamentalement, non. Sauf qu'il n'est pas question de n'importe quel disque, ni de n'importe quel groupe. Les exigences sont toujours plus fortes quand il est question d'un artiste gnial, les critiques sont quant elles toujours plus froces. Us And Them a effectivement tout de la crise existentielle : est-il un disque de God ? de Godflesh ? de Techno Animal ? de proto-Jesu ? Peu Importe. Us And Them a effectivement tout d'un album bourr de bonnes ides, d'ingniosits, de compromis savamment exploits, Us And Them a tout d'un disque dlicat, consensuel et respectueux. videmment qu'Us And Them est une russite. videmment que nous en demandons davantage.

Us and Them en trois mots : lui, et, nous

— Krokodil, le 06 octobre 2014 (984 lectures)

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GODFLESH - Cold World

GODFLESH - Cold World : 1991 · Earache records

Industriel

GODFLESH


Non satisfait d'avoir mis la terre entire sur ses foutues rotules, avec Streetcleaner et son successeur Slavestate, Godflesh rcidive ; et de quelle manire ! D'aucuns continueront de chercher vainement chez Jesu ce que Justin Broadrick a conu de plus puissamment thr, ses titres les plus nbuleux, mais aussi les plus denses ; jamais, au grand jamais, ils ne parviendront dtrner cette merveille qu'est Cold World. Un titre si somptueux et si magntique qu'il en clipse ce qui pour moi est pourtant un vritable sommet de musique mta-industrielle : Hybreed. Nous n'en dirons pas plus pour ne pas tomber dans l'indcence, bien que ce soit terriblement tentant. Le morceau qui lui succde, Nihil pour le nommer, n'est rien de moins qu'un attentat supplmentaire ajouter sur la liste toujours grandissante de ses crimes contre l'humanit. Et si Nihil annonce Pure, le Godflesh aristocrate en ces terres dsoles, toujours avec ces mmes cyber-guitares aux cordes carteles et martyrises jusqu' la rupture, les remixes de Nihil sont quant eux une nouvelle immersion dans l'enfer sidrurgique typique du Godflesh premier du nom. La temprature y est insoutenable, l'atmosphre irrespirable, la percussion inpuisable ; c'est pas bien compliqu, on a littralement l'impression de plier comme la tle sous le compacteur. Et mon dieu que c'est panouissant.

Cold World en trois mots : tyrannique, incandescent, obsdant

— Krokodil, le 06 octobre 2014 (896 lectures)

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GODFLESH - A World Lit Only by Fire

GODFLESH - A World Lit Only by Fire : 2014 · Avalanche

Industriel Hardcore

GODFLESH


On va aller directement au cur de la question, hein : a rglera du mme coup celle des riffs et celle du son ; puis cest facile : cest toujours la mme. Celle de la sincrit. Oh, mme pas la sincrit de leur prsence ici maintenant parmi nous nouveau, il nest pas sale de payer ses factures, ou de faire ce quon a toujours le mieux su faire. Mais celle, trs circonscrite, lexigence somme toute limite dans le temps si non en densit, du moment o lon joue ; et o, traitez moi de naf votre guise, il nexiste aucune drobade ou dissimulation. Car on nchappera videmment pas ici la comparaison avec Motrhead je pourrais prendre AC/DC ou Slayer, mais cest toujours plus imparable avec Motrhead. Et encore serai-je bien clment de ce faire, puisque Godflesh na navait jamais fait profession de jouer dans la catgorie des fiers stagnants ; plutt de celle des bouillonnants qui se rinventent chaque fois. Motrhead aussi a chang de son, plusieurs fois, pour, presque comme un artiste de varits en somme, mieux coller lair du temps, disons ne pas sonner comme lanctre et en tant que tel ne pas mme tre cout par les oreilles trop vertes. Ils nen avaient pas besoin, mais ils lont fait, tout comme Godflesh aujourdhui fait, avec cette production dite "de btard", aussi affolante (je ne suis pas peine--jouir, figurez vous) que superftatoire si lon considre limpact quauraient indubitablement eu de nouveaux morceaux avec une production aussi typique et "date" que la pochette de Decline & Fall ; de mme, si vous voulez, qu Overkill, sortant aujourdhui lidentique, rglerait instantanment la question de lalbum de lanne pour les dix dernires annes. Motrhead non plus nont pas chang de riffs souvent bichette ! ils jouent du boogie ! Va-t-en donc trouver de nouveaux riffs Est-ce que cela a pos un problme tant que les dits trs dnombrables riffs taient jous comme sils venaient dtre forgs, encore brlants du feu de la fiert auquel ils lavaient t (c'est--dire pas comme sur We Are ou sur The Wrld is Yours) ? Le problme est l. Justin fait ce qui est attendu de lui, parce quil ne sait plus ce quil veut faire : parce quil a perdu peu peu le fil de ce quil voulait accomplir avec Jesu, malgr ce quil peut en dire, et que mme les plus indulgents comme bibi qui ont trouv leur plaisir dans Infinity et Ascension ny arrivent plus, quil est paum au milieu de nulle part, que Greymachine na jamais convaincu personne comme nouvelle incarnation de sa facette abrasive et totalitaire, et que JKFlesh na jamais non plus fait avaler sa synthse de tous les courants broadrickiens brutaux, et fait oublier les glorieux passs ni de Godflesh ni de Techno Animal. Alors il revient tout penaud et perplexe ses zlateurs, qui lui faisaient vaguement embarras voici encore quelques annes, quter un peu damour, se faire voter la confiance. Je ne le dis pas parce que cest ce que je pressentais du disque, je ladmets sans mal : je le dis parce que cest ce quon entend ; dans ces riffs qui sappliquent sonner Godflesh, en surlignant juste un peu au passage ce que leur doit la nouvelle scne (ils ont raison, a conomise un peu les cordes) de tous ceux des zlateurs qui ont pris une guitare ; mais surtout dans la congestion enroue pathtique dune voix de quarantenaire qui va finalement courir, aprs des mois datermoiement, un beau samedi matin huit heures, et passe un des pires moments de sa vie dadulte responsable, quil vit jusqu la lie parce qu quarante ans on ne change pas davis tous les cent mtres. Rsultat, la performance na pas mme la prestance rugueuse et gauche de celle de Lou Koller chez Blood from the Soul, pour comparer ce qui est comparable cest mme une des raisons qui font de "Shut me down" un des gros temps forts du disque : le peu de parties chantes pour venir gcher un putain de groove et on a limpression de regarder un vieux trbucher et galrer dans un pit. Cest un peu triste. Voil. On admettra (ou pas, mais a soyons francs, je men carre) que ce devait tre dit pour tre serein face ce disque. Car bien sr, on en doute assez peu, Justin K. Broadrick nest pas encore tout fait sec quarante ans passs, on a moins de temps pour faire des erreurs, et on ne fait pas de tels choix sans avoir un peu pes la question et ses relles aptitudes. Et dans le primtre de scurit o il est revenu, il est en vrit en sret. La fameuse foutue lgende ne sest pas btie sur du vent ou sur des clics, et mme des riffs recycls sans trop de scrupules nont pas beaucoup forcer pour rappeler aux colonnes vertbrales comment lon se disloque, et se fait pareilles un chapelet dandouilles pendouillant au crochet. Je reconnatrai mme volontiers, puisque je suis lhonntet incarne, quil se trouve ici deux voire trois morceaux (vous en voulez du compte dapothicaire ? Shut me down, Obeyed, Carrion, et un quon verra plus tard) presque enthousiasmants sans rserves aucunes au milieu de ce dpotoir venteux o rouillent comme on lzarde une tribu de bonnes ides, quelque part entre Selfless et Songs of Love and Hate au milieu dune autre qui semble concilier les dfauts dHymns et ceux dUs and Them, plutt que leurs qualits, allons bon ; puis lorsquon commence chercher les bonnes ides dans un album de Godflesh, cest quy a un louche. Cest trop peu. Parce quon aime Justin comme un de ses plus vieux potes, parce quon est tout sauf blas, quon a jamais cess desprer un tantinet plus de sa part surtout aprs ce temps sans se voir, quun album qui fait le boulot, quand bien mme on finira sans coup frir par trouver de solides charmes de rti de la veille des choses telles que Life giver life taker ou Curse us all ; et parce que plusieurs moments sourdement sinistres (il faut bien que toute cette rigidit snescente la fin serve) pendant cet album au titre aussi ankylos que le quarantenaire de tantt, et une science rythmique dominatrice intacte, prouvent de faon accablante pour le prvenu que lon esprait espre - bon droit. Forgive our Fathers, merde !

A World Lit Only by Fire en trois mots : rien, de, grave

— gulo gulo, le 04 octobre 2014 (1094 lectures)

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IRN - Sewer Disease

IRN - Sewer Disease : 2014 · [ autoproductions ]

Funeral doom Sludgecore Freak doom

IRN


Sewer Disease ne fait que confirmer ce que l'on savait dj : IRN, la piti, ils ne connaissent que de trs loin. Il est mme fort probable qu'ils n'en aient jamais entendu parler, dans leur terrifiant et tortueux souterrain amnag en gele BDSM. Ou peut-tre qu'ils n'ont tout simplement pas t conus et levs pour ce genre de futilits. Mais entre nous, quoi bon pargner une vie quand la sienne est dj un calvaire ? Ainsi, si l'ponyme tait le disque de l'hmorragie, d'hectolitres de sang pissant par toutes les cavits concevables, en plus de celles dues aux blessures infliges, ce nouvel effort est celui de l'aprs-svices, celui o l'on admire les boyaux en charpie, celui o l'on admire le sang se coaguler lentement sur le sol, celui o l'on admire son oeuvre et rve dj de la suivante. On pourrait avoir la maladresse voire l'inconscience de croire que le groupe s'est assagi, en levant le pied sur les grosses saturations et les gros massages osseux, liminant alors tout ce qui pouvait encore subsister de hardcore, prfrant l'treinte la frappe - non pas comme le reptile mais comme le ver (saluons l'initiative, les voil toujours plus loin de la fatuit - et dans fatuit il y a "fat" - de leurs semblables), et introduisant quelques arpges funeralisants, quelques "moments de rcupration" dirons-nous ; la conclusion n'en est que plus sordide : la manire d'un prdateur sadique et insatiable, IRN cautrise aprs chaque lacration, prolongeant le supplice et l'agonie jusqu'au bout, nourrissant la douleur comme l'on alimente le feu.

Sewer Disease en trois mots : viscral, dpouill, intransigeant

— Krokodil, le 04 octobre 2014 (773 lectures)

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PROTON BURST - La Nuit

PROTON BURST - La Nuit : 1994 · Wotre Music

Industriel Death metal

PROTON BURST


On arrte tout. Vous les voulez, les Neurosis franais ? Vous les avez devant vous. Mme Dirge alors faisait encore dans cette terrifiante version de Godflesh purge de toute humanit, sur des cassettes la diffusion confidentielle ; Dirge, qui ensuite feront rgulirement appel la vision d'Axel Kriloff pour illustrer leur univers propre. Mais l, on tient un formidable quivalent, firement franais, l'autre tribu de nandertaux post-atomiques, d'hirsutes cybercimmriens pleins de poux et d'huile de vidange. En tendard, l'accent anglais de prsident de club motard lorrain, sur des beuglantes (en franais !) dignes de Trust ou La Muerte, et l'univers antico-apocalyptique de Druillet, drogues et Babylone, tribalisme et industriel, le vieux Therapy? et Shub-Niggurath dans le mme souk fourmillant d'irradis : rien finalement que de trs logique pour un groupe du pays de Gustave Flaubert et Treponem Pal. On a bien dit quivalent ; car pas un instant on ne se demandera pendant La Nuit si Proton Burst l'poque avaient ou pas entendu la moindre note de Souls at Zero et Enemy of the Sun : ils sont juste, de toute vidence l'oreille et la poitrine, leur faux-jumeau spar la naissance, largu par mtorite sur un tout autre plantode, quoiqu'galement sauvage et cataclysmique. Et qui en toute logique a poursuivi farouchement sa propre croissance, plus nerveuse, expditive et mollardire assurment, se dveloppant tant dans des directions qui ne se compareront qu'aux plus glaants moments d'A World in their Screams (on parle d'Elend, oui) ou du Dune de Bernard Szajner, que dans un vandalisme de cannibales deux-roues mangeurs de buvards qui est encr au moteur de walkman mme leurs gnes. C'tait le moins qu'ils pouvaient faire, aussi : se montrer virilement et lapidairement la hauteur de la puret primitive, de la dmesure fantastique, de l'apptit de vie et d'absolu de la bd et son violent mysticisme marqu au mtal hurlant. Le moins qu'il faut pour mriter sa place au rang de ces albums qui sont la fois documentaires et catalyseurs, pour la mme exprience ordalique d'intoxication psychdlique, et autant classiques qu'OVNI - les deux Neurosis prcits, ainsi qu'videmment leur vieux cousin Streetcleaner... Ce n'est pas parce que le monde dcouvre seulement dernirement que le metal franais avait quelques ides d'avance, qui faut croire que cet tat de fait date d'aujourd'hui.

La Nuit en trois mots : homrique, apache, onirique

— gulo gulo, le 04 octobre 2014 (1051 lectures)

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ACID BABY JESUS - Acid Baby Jesus

ACID BABY JESUS - Acid Baby Jesus : 2011 · Slovenly Recordings

Psyché Garage Surf

ACID BABY JESUS


Dieu sait que j'en ai bris, des paires de couilles, pour obtenir une tiquette shoegaze, que j'ai d utiliser trois fois tout casser... Il sait galement quel point le shoegaze, lorsqu'il prfre l'acide l'acidul (traduction : lorsqu'il prfre Ride MBV) est capable de procurer sa jolie petite monte lysergique. Pour les plus sceptiques (et ceux qu'aiment pas trop la pop), il n'y a qu' rappeler l'imparable et indmontable thorme que voici : shoegaze = grunge + psyche (devoir pour la semaine prochaine : couter Nowhere et Going Blank Again). Mais le sujet n'est pas le shoegaze (c'est con, hein?) ; encore que le shoegaze et le surf ont en commun la passion des climats tropicaux, et que l'album dont il est question ferait un bel hritier des Jesus And Mary Chain (vous dites BRMC, et a tombe bien, eux aussi en font partie, des hritiers). Peut-tre ne le saviez-vous pas (peut-tre mme que c'est le dernier de vos soucis), mais votre bien-aim Slow End - malgr notre dgaine dplorable et nos nuques pas sexy pour un sou - est un site qui aspire, secrtement mais srement, voluer. Oui, nous voluons. Ainsi, le comit d'entreprise a vot la cration d'une tiquette surf, il y a de cela une plombe, tiquette 100% chill-out, parat-il destine un avenir prometteur, fait de Cramps et autres Ventures (que des trucs que j'ai jamais eu le temps d'couter, mais que je compte bien couter un jour, si c'est rmunr). Et, s'il y a bien une chose que vous savez, c'est que Slow End reste et restera le site le plus doom sur la toile : qui dit doom dit qu'il n'y a peu le feu au lac ; ou en l'occurrence (faisons un peu d'esprit) qu'il n'y a pas le feu la piscine : on tait pas press de vous la sortir, cette fameuse tiquette. La musique d'Acid Baby Jesus, dans le genre procrastinatrice qui aime se dorer la pilule au soleil avec sa glacire blinde de Pale Ale, elle se pose l comme la princesse de Coney Island (ou du Cap d'Agde, si vous prfrez, c'est presque la mme), pourvu qu'il y ait du sable, des parcs d'attraction, des burgers de cinq tages et des magasins itinrants d'opium. Curatrice ou non, elle reste dans tous les cas l'gale d'une bonne demie-heure de balno-thrapie, et conserve une mine blouissante (idem quant au pedigree de son capital capillaire) malgr de rcurrents et prouvants marathons nocturnes de dpravation ; de quoi filer de srieux complexes au foutu campagnard que je suis... Pour conclure sur une normit, je suis tent de dire que le surf d'Acid Baby Jesus a quelque chose de (...) sludge : quelques lenteurs, quelques maladresses, quelques manations thyliques, et quand on pense avoir touch le fond, ratatin par l'alcool et l'envie de se fixer, le soleil s'impose en sauveur, vient brler les rtines avant de consumer l'piderme, et dj les premires paires de cuisses font leur apparition, au loin : l'appel de la viande bon march, une nouvelle journe qui commence. Au fond, cette vie, aussi peu constructive soit-elle, elle est cool.

Acid Baby Jesus en trois mots : clap, your, hands

— Krokodil, le 04 octobre 2014 (683 lectures)

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TESTIFY - Testify

TESTIFY - Testify : 1993 · Our Choice

TESTIFY


Le nouveau Godflesh aura eu cette vertu au moins, de me pousser enfin couter ce disque - vingt-et-un ans, il tait temps... Pour dcouvrir un trs bon cru de Ministry ultra-ultranerveux tel que Jourgensen n'a jamais vraiment t foutu d'en re-pondre ailleurs que ce qu'il avait brillamment donn pour ses participation au Rabies de Skinny Puppy. Donc de l'electro-metal surdos en dinintel-tel-tel, marteau-piquer les murs avec sa tte un sourire cumant qui fait grincer l'mail viss aux babines, au son de guitares aussi synthtiques que de la mauvaise coupe et de beats aussi souples que la crise d'pilepsie ligot aux brancards qui s'ensuit ; l'cole d'Insurgent, de Swamp Terrorists et des vieux Psychopomps : une autre exprience des annes 90 ; le truc crisp, quoi ; si on aime que a respire, que a tourne pas en rond, de plus en plus vite et serr, on passe son chemin trs vite. Si non, on en pleure du sang de bonheur par ses yeux pareils des ufs durs trop cuits, on serre un peu plus les dents, et on broie son moignon de pied sur le champignon en gmissant de plaisir.

— gulo gulo, le 04 octobre 2014 (1345 lectures)

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ELECTRIC WIZARD - Time to Die

ELECTRIC WIZARD - Time to Die : 2014 · Spinefarm / Witchfinder

Traditional doom Stoner Psyché

ELECTRIC WIZARD


Je nai pas compris le dlire de la pochette intrieure avec son cadavre de biker (Psychomania) au bord d'un ruisseau qui glougloute lors de lintro/outro et qui me donne plus envie daller satisfaire un besoin primaire que me mettre dans lambiance spulcrale que laisse esprer le thme choisi par le groupe pour cet album, la mort Jaurai donc attendu 4 ans pour entendre le successeur du Black Masses qui prend aujourdhui autant la poussire que son copain We Live, bizarrement les deux aux pochettes vraiment classes (avis perso). Je reste un afficionado de ce que je peux appeler dsormais la sainte trinit Come my fanatics./Dopethrone/Let us prey, tierc intouchable o le trio rgnait en matre sur la plante stoner/doom (puisquil faut donner un nom ce style). Riffing carnivore, son monstrueux, ambiances races, Oborn, Bagshaw et Greening navaient pas dquivalent. Malgr leurs intervenants de luxe tels que Greaves ou Buckingham qui sest sdentarise (bien que sa production antrieure na jamais rien eu dexcitant), leurs successeurs nauront jamais russi imposer un mme constat. Avant, il tait impossible de contester la qualit dun album du Wizard, chaque sortie remettait les pendules lheure. Aujourdhui on dbat sur les changements de line-up, les artworks moches, la redondance des titres et des paroles, la propension percevoir des riffs dj entendus. Il est vrai quaprs un We Live avec ses bons moments, mais trop diffrent pour du Wizard, la nouvelle orientation vintage/rob zombiesque la production volontairement date jouait la carte du quitte ou double. Jesprais un retour au riff simple mais heavy as fuck sans fioriture, aux trips dacide ayant mal tourn, bref, aux grandes heures o le trio cherchait nous abrutir coup de dfonce sonique et non tre le plus "period perfect" niveau fringues... Imaginez mon motion lorsque jai appris que Greening retournait taquiner les futs avec son compte dantan alors que tout ce que javais pu lire mavait amen penser que la rconciliation tait inconcevable (le temps maura donn raison). Et bizarrement, mme si lon peut, en tendant bien loreille, remarquer que la patte du batteur regrett fait bien son retour, cest la rapparition dune basse monstrueuse qui choque de prime abord. Clairement, Time to die, avec son nom et sa pochette au ras des paquerettes, malgr des relents artworkiens de la premire dition de CMF...., offre enfin un disque avec une puissance de feu revue la hausse. Enregistr au Toe Rag comme ses prdcesseurs, il laisse nanmoins dgouliner des enceintes une lave sonore riche en infrabasse et cela faisait longtemps que je n'avais pas sourit en entendant mon meuble hifi et mon parquet vibrer comme a. Nanmoins, si les premier tours de platine ont dclench en rel enthousiasme, gros son, des riffs un peu plus tendus et iommiens dans l'me, en quelques jours, l'excitation est redescendue et les coutes passent vite en mode pilote automatique, passs les 4 premiers morceaux. Certes, retrouver un Eletric Wizard au penchant prononc pour le jam avec ses morceaux qui s'ternisent, gavs de fuzz et de roulements de batterie fait franchement du bien, mais la qualit d'criture fait plus appels aux nouveaux automatismes acquis lors de la dernire dcennie qu' l'vidence mlodique de l'ge d'or du sorcier. Bon, il faudra bien que je m'y fasse un jour, Oborn a volu, mais lui qui disait dans je ne sais plus quel interview qu'il avait besoin d'un partenaire d'criture et que le dpart de Bagshaw, avec qu'il il faisait tourner les fiffs des mois durant avant de les valider ou non, fut difficile, il semble que sa nouvelle mthode de travail avec sa compagne n'ait pas la mme efficacit. La dite musicienne aurait confirm que l'essentiel de la composition du disque serait le fruit de jams entre le guitariste et son batteur, ce qui expliquerait l'aspect jam, mais le riffing n'est plus ce qu'il tait magr quelques passages bien sentis. Peut tre que l'osmose aurait t meilleure et aurait permis de moins se focaliser sur le songwriting si la batterie, autrefois tonitruante sur les disques o joue Greening, avait pu tre moins honteusement sous mixe. Toujours est il que malgr ces dfauts purement subjectifs, Greening n'avait pas menti l'annonce de son dpart du groupe, Time to die est bien meilleur que les 3 prcdents. Des morceaux longs comme le bras, des interludes instrumentaux (Destroy those who love god l'enchainement jouissif avec I am Nothing) bien mieux fichus que ceux de Witchult Today ou Black Masses (effroyables Rapture ou Crypt of Drugula...), de vagues relents Dopethronien sur Time to die ou I am nothing (clairement le morceau phare du disque). Passe la premier moiti qui s'enchane avec jubilation, je dcroche parfois face aux titres suivants, nanmoins plaisant, mais ne bnficiant pas de la mme accroche (je passerai sous silence la question Sadiowitch). ils semblent rencontrer un plus grands succs auprs des autres fanboys dont j'ai pu lire l'avis. Aprs, je suis l'un des rares estimer Let Us Prey comme la quintessence du style wizardien, je suis peut tre encore contre courant. A chaud comme froid, mon avis n'est pas fix. J'ai beau trouver Time to Die tous les dfauts possibles, il tourne en boucle depuis sa rception. J'ai beau jubiler l'coute d'I am Nothing qui porte la mme vibe nihiliste et misanthropique que les highlights de Dopethrone tel que Funeralopolis, We Hate you ou Weird Tales, a ne m'empechera pas de regretter le trio de junk-heads de la fin des annes 2000.

Time to Die en trois mots : , ,

— intheseblackdays, le 03 octobre 2014 (1579 lectures)

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OCCULTATION - Silence in the Ancestral House

OCCULTATION - Silence in the Ancestral House : 2014 · Profound Lore

Traditional doom Black metal Gothique

OCCULTATION


La musique d'Occultation, comme c'est inattendu, est affaire de mystre. Et l'on aurait tt fait de juger que leur second album a quelque peu perdu de celui que savaient si bien nourrir la pochette du premier et les drobades de celui-ci dans une rverbration scandaleusement batcave, pour la complte fascination des petits et des grands ; tt fait de trouver que la voix perd ici d'une troublante incertitude sexuelle qui auparavant, au moins dans le souvenir, n'en rendait qu'aux premires coutes stupfaites de The Devil's Blood. Et soudain c'est une cl qui s'offre l - sur de nouveaux mystres. Occultation pourrait bien incarner pour le coup la seule relve possible aprs la dmise tragique de The Devil's Blood. En enfourchant le rock gothique plutt que l'opra rock hippie, en guise de monture tout aussi flamboyante et virevoltante, ils dmontrent le mme lunaire talent pour conserver l'nigme totale tout au long des vives arabesques d'une musique pourtant ainsi devenue ingnument, effrontment lisible, dlie, aux ors, carlates et carmins complaisants et accueillants, dans leur clairage d'alcve ; pour artistement prserver dans leurs riches tentures et poufs, et leur luxe tamis qui invite l'intimit et la libration confiante des apptits, de judicieuses ombres o puissent se tapir... les ombres, dans toute leur inquitante et excitante multitude inconnue. Car si l'on aurait tt fait de croire que l'on s'est encore un peu loign de Negative Plane... il se fait tard. Et les ombres se creusent, entre les plis rubiconds et les scintillements accortes, et les rires poussireux s'ils sont toujours aussi silencieux n'en font pas moins comme un vent coulis dans le dos, un grle courant d'air en provenance d'un sicle recul et mal localis - probablement dans les environs du bordel de Grenade o coulent leur opiode retraite les Sexgang Children, en des nuits paisibles et hantes tues assister d'inlassables reprsentations d'une plus languissante et plus quivoque adaptation de Phantom of the Paradise ; toute entretisse d'espagnolades ambiges, o les voilettes de deuil crpitent comme la braise en de farouches illades peine nubiles. Female fronted doom ? Techniquement ; j'imagine ; si cela veut dire que leur seule paire en tranget de caractre s'appelle Jex Thoth, du moins.

Silence in the Ancestral House en trois mots : empoisonnement, au, srail

— gulo gulo, le 02 octobre 2014 (767 lectures)

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HANG THE BASTARD - Sex in the Seventh Circle

HANG THE BASTARD - Sex in the Seventh Circle : 2014 · Century Media

Sludgecore Hardcore Hard "70s

HANG THE BASTARD


La démocratisation du sludge, c'est tout un débat... Voyez un peu comment les responsables du très pourrave et très culte In The Name Of Suffering ont osé 20 ans plus tard l'exercice de l'autoportrait, et pas dans la forme la plus sludge qui soit : la caricature grand public. Des ventes de disques à faire pâlir de honte les plus grosses pointures du metal, des têtes d'affiches surmonstrueuses, des produits dérivés pour concurrencer les faux-imprimés Rolling Stones, AC/DC et Ramones de chez Zara, bref, que des trucs ultra-sludge ; enfin bon, je ne vous apprends rien, vous aussi vous avez vu le film. D'ailleurs, maintenant que ça nous saute aux yeux, Century Media, c'est pas pour rien qu'on les retrouve dans cette affaire, ils ne les ont plus, les blaireaux d'EyeHateGod, et fallait bien trouver un remplaçant. Quant au remplaçant, Hang The Bastard, sachez qu'en Premier League, on a connu outsider plus facile à négocier… Bon, je ne vais pas mitonner, en plus d'adorer le metalcore anglais (surtout les groupes les plus connus et les plus emo - mais il est interdit de les citer ici sous peine de mort) j'ai une IMMENSE affection pour Hang The Bastard. Demandez donc à ma mère, Hellfire Reign, l'éponyme et moi-même, on partage le même lit. Bref. Hang The Bastard ont ce truc à eux, imparable et unique en son genre - quoique Lazarus Blackstar et Brutality Will Prevail jouent un peu dans la même catégorie crari-sludge-FM - une capacité terrifiante à jouer du hardcore comme l'on joue du hard. Sans mosh. Sans growl de bouffon. Juste la puissance sheitanique du riff, et quelques claviers relativement cheap. Or l'arrivée de mes biens-aimés Hang The Bastard sur Slow End ne se célèbrera pas comme je l'espérais, avec un nouveau coup de foudre. Malgré toutes les bonnes idées (faire du Tool sur Mist Of Albion n'en était pas une), toutes les bonnes intentions, l'album ne parvient pas à se décomplexer totalement avant le jouissif Sex In The Seventh Circle, le titre déclencheur, le titre après lequel on retrouve le Hang The Bastard que l'on aime tant, celui qui balance des hymnes, des refrains de fils de pute, Black Sab' meets Led Zep' meets Iron Monkey, bim-bam-boum ma couille. Oui, après ce titre, c'est plus le même disque - rien que Beyond The Pale, je vous raconte pas comme elle est bien. Pas une déception totale, donc. Peut-être même un album encourageant. Un album de transition, pour sûr (comme Omens de Monarch!, preuve que ça existe, preuve que ça peut porter ses fruits). Allez. On se revoit bientôt, mes poussins.

Sex in the Seventh Circle en trois mots : peut, mieux, faire

— Krokodil, le 02 octobre 2014 (674 lectures)

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