Chroniques de novembre 2013

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PYLAR - Poderoso Se Alza en My

PYLAR - Poderoso Se Alza en My : 2013 · Knockturne

Drone doom Psyché Rituel

PYLAR


Lorsqu'on sait qu'un groupe comporte des membres d'Orthodox et de Blooming Latigo, on est prt tout. Il n'y a donc rien de spcialement inattendu ce que les premires analogies qui vous sautent au visage, ds l'entame de l'album ici prsent, soient Deutsch Nepal et les Virgin Prunes, et on ne va pas passer la nuit dessus. Pylar eux passent la nuit sur le Mont Chauve, au fond du bois, parmi les vignes, les narines au-dessus de la faille du volcan... Ce ne sont pas eux assurment ni leurs crapuleux passe-temps qui laveront la rputation de toutes les pythies du monde, des soupons quant la relle part, dans le phnomne de seconde vue, de l'intoxication, et de la pure et simple folie dure, celle qui est cousine de la btise manger du foin mais plus dangereuse pour son entourage - car parfois il lui arrive de cesser de se rouler par terre, abrutie de joie, dans la pte qu'y font les feuilles mortes et l'humus avec le vin et le sang rpandus ; car parfois soudain les puissances se mettent fumer et s'lever du sol, dans la tte des bacchantes tout le moins, et c'est l une circonstance qui ne souffre pas de spectateurs passifs, ou indemnes tout le moins.

Poderoso Se Alza en My en trois mots : satyre, acide, carnivore

— gulo gulo, le 30 novembre 2013 (663 lectures)

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WOLFMANGLER - They Call Us Naughty Wolves

WOLFMANGLER - They Call Us Naughty Wolves : 2010 · God is Myth records

Gothique Psychedelic folk

WOLFMANGLER


La rponse du berger la bergre... c'te bonne blague. La bergre ici serait Kris Force en plein milieu d'une crise de Songs of Sex and Death, avec rien d'autre surveiller en fait de moutons que ceux qui vgtent sous le lit, elle les a bien en ligne de mire, prostre tale avec eux comme elle est, le regard absent dlav par la terreur et l'hystrie. Et le berger ? Vous avez au moins un vernis d'anglais, vous avez lu le nom du groupe, celui de l'album... Voici donc les chansons de son soupirant putrfi et libidineux, pour le rle duquel ni Klaus Kinski ni Gary Oldman n'auraient jamais pu tre assez grims ou naturellement grimm. Un album qui rveillera des souvenirs bien longtemps enfouis, de cette sensation de sinistre perversit rampante quand tout mme, vous lisiez ces histoires poussireuses de filles dans des donjons lugubres qui se piquent le doigt avec la quenouille, tombent en narcolepsie morbide, et ainsi de suite - et qui devient rapidement obsdant, ne plus bien savoir quelle est la plus enivrante perspective caresser, d'tre gambader en fredonnant "y es-tu, m'entends-tu ?", ou bien sous la table de la cuisine, fixer hypnotis ces mignards mollets roses qui trottinent devant vos babines. Rigor mortis, a veut bien dire grivoiserie cadavrique ?

They Call Us Naughty Wolves en trois mots : archaque, vampirique, insidieux

— gulo gulo, le 29 novembre 2013 (582 lectures)

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KOWLOON WALLED CITY - Gambling on the Richter Scale

KOWLOON WALLED CITY - Gambling on the Richter Scale : 2009 · The Perpetual Motion Machine

Post hardcore Industriel Noise rock

KOWLOON WALLED CITY


La canicule. La congestion. La chute libre. Comme le film avec Michael Douglas, mais avec Unsane au premier rle. partir de l on a tout dit ou presque. Car si Gambling On The Richter Scale est un album assez excessif, corch, dsabus et tout, un disque qui s'enfonce dans la merde comme on se noie dans le sable mouvant, un disque du genre demi-tour impossible, du genre a passe ou a casse, du genre on t'envoie des guitares dcharnes comme du Molehill mais on joue du Today Is The Day, ou du Fudge Tunnel (tout dpend les humeurs) c'est galement celui qui rapproche toujours un peu plus nos hommes de ces savoureuses rarets : Mare et Impure Wilhelmina, dont nous isolerons ventuellement un dterminant commun : la passion de la cacophonie. Sinon en ralit, il n'y a pas ici beaucoup plus de culpabilit laisser la populace vaquer ses automatismes dshumanisants - dans une rpulsion furieuse qui ne tient pas moins de la rvolte que de la pure et simple toxicomanie - se rire du btail prolifrant dans les couloirs pollus de la mtropole, sans objectif et sans consistance, ressentir ce profond dgot face au parasite le plus mprisable, toi, moi, nous, eux, les autres - en tout cas, il n'y a pas ici beaucoup plus de culpabilit - ni mme de plaisir - que lorsqu'on crase une foule d'innocents en Hummer dans GTA, une fois pris d'une envie aveugle et euphorisante de terrorisme. En somme, le disque du dsordre, le disque de la rupture.

Gambling on the Richter Scale en trois mots : dans, le, mur

— Krokodil, le 26 novembre 2013 (587 lectures)

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KOWLOON WALLED CITY - Container Ships

KOWLOON WALLED CITY - Container Ships : 2012 · Brutal Panda Records

Post hardcore Noise rock

KOWLOON WALLED CITY


Si Turk Street tait bien l'album de la dpravation, et Gambling On The Richter Scale celui de la dgradation, Container Ships est quant lui celui de la capitulation. Aprs avoir lentement consum le peu d'nergie qu'il leur restait pour apaiser cette crainte pathologique et obsessionnelle de la densit, de la proximit, Kowloon Walled City semble avoir trouv refuge l o ciel et mer ne font qu'un, l o la ligne d'horizon se rvle enfin au loin, offrant une perspective radieuse entre les paves de cargos et les dernires traces d'architecture. Malheureusement vous connaissez la chanson,"chassez le naturel, il revient au galop" - par ailleurs c'tait sans compter sur une rotation 90 du malaise, de vertical horizontal - les gars de KWC n'ont jamais t rien d'autres que de parfaits inadapts de la vie, tout simplement incapables de s'intgrer au moindre environnement, quel qu'il soit, tout simplement incapables d'exorciser leurs foutus fantmes, tout simplement incapables de vivre. Incompatibles de naissance. Ainsi donc et d'une certaine manire, les dmons de cette ville cancreuse n'ont jamais vraiment cess de les harceler, de les hanter ; et bien qu'aujourd'hui distille, attnue, d'apparence en tout cas, la peur de ces derniers continue d'empoisonner leurs tristes existences, lentement mais srement. Et les voil qui jouent du screamo comme l'on joue le doom, les voil qui jouent du post-hardcore comme l'on joue le slowcore ; sans vie, sans force, sans conviction, sans espoir, sans volont, sans rien. Juste le dsarroi, abyssal.

Container Ships en trois mots : dans, le, vide

— Krokodil, le 26 novembre 2013 (668 lectures)

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KOWLOON WALLED CITY - Turk Street

KOWLOON WALLED CITY - Turk Street : 2008 · Wordlock

Sludgecore Post hardcore Noise rock

KOWLOON WALLED CITY


Kowloon Walled City, dont le nom ne devrait pas tre sans vous perdre instantanment dans les veines sombres, labyrinthiques et assez peu hospitalires de la plus terrifiante aberration urbaine existante, est de ceux - admirables d'une certaine manire - qui pratiquent le post-hardcore en 2010 comme on le pratiquait jadis en 90 : abrasif et puissamment rock ; quoique l'un ne va pas sans l'autre. Ajoutez cela un zeste de dterminisme gographique, l'enclume de Will Haven, l'acidit de Neurosis, l'aigreur de Noothgrush, et bingo vous voil pris au pige de la jungle d'tais format gratte-ciel, de voiles de bton nus, maculs d'histoires douteuses et de fleuves d'urine. Turk Street, en plus d'tre un clbre spot de San Francisco o putes et crackheads se partagent le trottoir, est surtout le premier disque d'un groupe marqu par une profonde et inaltrable agoraphobie. On y sent l'air satur et vici l'extrme, divin cocktail de monoxyde de carbone, de refoulement des clim', de fast-food miteux, d'eau croupie et de sueur. Et ainsi que le laisse imaginer l'artwork de l'objet, sobre et classieux, l'atmosphre est d'un gristre si uniforme, si pais, qu'il en masque la laideur de la ville, sans pour autant en masquer ses lumires blafardes et pisseuses. Jetez une nouvelle fois un oeil sur l'tiquette post-hardcore votre droite, voyez la ville ? Celle-ci est boursoufle, tentaculaire, encombre, dmesure. Et quand le sol tremble, que la foule panique, que les corps se dispersent dans la confusion et l'anarchie, difficile de savoir s'il s'agit d'un mtro qui draille, d'un tir de fusil lunette, d'une attaque la seringue contamine, d'une victime de burn-out convertie en poseur de bombe. Bref, dans le cauchemar paranoaque de Turk Street, tu ne circules pas, tu bouscules, tu renverses, tu pitines ; tu ne respires pas, tu tousses, tu touffes, tu suffoques... Et tu regardes derrire ton paule.

Turk Street en trois mots : invivable, dense, agoraphobe

— Krokodil, le 25 novembre 2013 (634 lectures)

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VANGELIST - Omen Ex Simulacra

VANGELIST - Omen Ex Simulacra : 2013 · Debemur Morti

Industriel Death metal Psytrance

VANGELIST


Bien. L, Esoteric peut s'emmurer dfinitivement dans son terrier avec les patates et les paquets de sucre, Inverloch faire une croix sur ses ventuels avortons de projets de captation de l'hritage de Disemb', et quant eux Blut aus Nord ont drlement des cheveux se faire, s'ils croient pouvoir nouveau violer le tissu de l'univers. L'univers a un nouveau maquereau. Dcrire les visions qu'veille le prsent disque est absurderie et perte de temps, quand il suffit de s'attraper un roman Warhammer 40,000 et d'y trouver un passage o le Warp s'incruste dans les coursives la faveur d'une quelconque brche dans un champ de Geller. Omen Ex Simulacra file tout bonnement la nause tant il tangue et patauge en permanence, transformant la sensation de ralit en estomac foudroy par la gastro-entrite, et pourtant il change dans le mme temps infailliblement votre nuque en onctueuse sauce blanche : Omen Ex Simulacra est la fois un disque de death metal dans la pleine mesure orgasmique de l'exprience, et une mutation hideuse du style, le genre encore plus abominable contempler une fois qu'on a remarqu les quelques reliefs de ce qui tait, flottant perdus au milieu des gros bouillons du torrent de sucs et d'enzymes gloutons obses, tournoyant avec la dtresse de la dernire noix de beurre dans la pole change en patinoire torride. vangelist fait ici des parois d'un organe digestif inconnu de la science un dantesque paysage de papules, fistules, bronchioles, alvoles, de dimensions piques pour une sanglante guerre de mmes proportions, ce qui est somme toute la dfinition du death metal le plus pur, et l'emmne un peu plus loin justement, dans la puret toxique de l'exprience, vers les contres merveilleuses et incertaines de la rvlation par la voie sensorielle, du genre de celles qui font de vous le matriau alchimique. Vous savez si vous aimez a ou pas... Mais honntement, se faire pitiner par un troupeau de bio-blinds en furie et n'prouver que sensations de dlassement complet et de profonde harmonisation, ainsi que par l'effet d'une sance de massage rituel ou de hammam... si ce n'est pas du voyage de premier ordre, je ne sais pas ce qui en est !

Omen Ex Simulacra en trois mots : essorant, tourdissant, blouissant

— gulo gulo, le 25 novembre 2013 (964 lectures)

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HELLVETRON - Death Scroll of Seven Hells and Its Infernal Majesties

HELLVETRON - Death Scroll of Seven Hells and Its Infernal Majesties : 2012 · Hell's Headbangers records

Doom death Black metal Rituel

HELLVETRON


L'trange petit disque que voici... Non tant par sa combinaison idiomatique de death nouvelle cole infra-satanique et de doom vieille cole sub-cosmique, laquelle se reoit assez rapidement comme aussi naturelle qu'on aurait pu le prdire, y et-on rflchi a priori - que par ce qu'il soit un si petit disque, cet album de vingt-cinq prestes et fugitives minutes. On en conviendra, c'est inattendu dans le contexte, et a ne fait finalement que renforcer le caractre minemment douillet et confortable propre ce(s) genre(s) particulier(s). Death Scroll of Seven Hells and its Infernal Majesties en revt du coup tous les atours d'un dlicieux petit mauvais rve, dont on se voit promptement soulag par un rveil en sursaut un peu incrdule, et se tire au bout du compte, aprs tre all machinalement pisser un coup, avec un dlicieux got de regrets de masochiste frustr, parfait pour se recoucher comme un bb.

Death Scroll of Seven Hells and Its Infernal Majesties en trois mots : occulte, frigorifique, irrel

— gulo gulo, le 24 novembre 2013 (575 lectures)

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FLESHPRESS - Tearing Skyholes

FLESHPRESS - Tearing Skyholes : 2013 · Kult Of Nihilow

Psyché Noise rock Gothique

FLESHPRESS


Si j'tais du genre faire de l'esprit, probablement dirais-je que Fleshpress n'est pas du genre comme DHG, ne pas faire deux fois le mme disque, vu qu' ce compte ils sont plutt de celui faire, prcisment, deux fois chaque disque. On chipotera si on n'a rien de mieux faire sur le chiffre exact mais on a l'ide : Fleshpress change rgulirement de veine et de physionomie sonore, mais jamais sans avoir creus chacune quelques fois, tant qu' faire. Sauf - et quand bien mme, pour ma part, j'en trouvais quelques prmices en amont dans Art of Losing All, qui en faisaient en grande partie l'intrt - pour Pillars, dont l'enivrant venin, les vnriennes sueurs froides et la vile torpeur n'avaient pas encore trouv cho, et certainement pas dans un Acid Mouth Strangulation au pH aussi inoffensif que l'treinte de ses doigts. Il et aussi bien pu, me dira-t-on, rester unique et en tirer son prix ; il le restera aussi un peu, rpondrai-je, puisque quelque part, n'est-ce pas, Fleshpress n'est pas tout fait groupe sortir deux fois tout fait le mme disque. Je sens que mon propos se trouble, et c'est aussi bien, car Fleshpress est un groupe assurment trouble malgr leurs airs, qui ont pu tromper au dbut mais ne le font plus depuis un moment, de groupe sludge laborieux rest le nez coll dans son gruau de Grief. Et ce n'est pas cette fois que a va s'arranger. Parce que Pillars tait dj leur album le plus trouble et dprav, et que Tearing Skyholes n'en conserve que cela, pour vous le dire plus honntement, dbarrass de quasiment tout rsidu metal, nu, hve et efflanqu jusqu' n'tre plus qu'une manire de doom rock vertigineux sans rien voir avec l'acception rcemment rpandue du terme, mais avec un sinistre "gothic" au milieu, gris comme une pierre tombale l'abandon, et ainsi tout dsign pour parler suave aux adeptes de menaces lourdement sauriennes, motives comme le caillou, et qui jamais n'explosent - sauf vouloir compter comme librations ces viles ruptions d'autisme noise-rock menaant, qui feraient presque souponner des trafics d'effectif avec Baxter Stockmann ? Trouve-t-on que soulagent ou librent de quoi que ce soit des albums tels qu' In my Head ou Face of Collapse ? Et plus forte raison le cousin vaurien et surineur du sournois mtin Head of the Demon - ci-devant ? Non, une nouvelle fois, Fleshpress vient vous dsiller les yeux sur le dehors, entrebiller pour vous un peu plus grand le rideau de la chair, laissant une mesure supplmentaire d'horreur vous affaisser et recroqueviller un peu plus bas.

Tearing Skyholes en trois mots : lymphatique, vicieux, hant

— gulo gulo, le 23 novembre 2013 (825 lectures)

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LUMBAR - The First and Last Days of Unwelcome

LUMBAR - The First and Last Days of Unwelcome : 2013 · Southern Lord Records

Drone doom Post hardcore Freak doom

LUMBAR


Ok. On se lance. En bon produit, et produit de produits Southern Lord, Lumbar est le blase bankable du moment. Pas tonnant vu la qualit du contenant, qui lui seul justifie l'acquisition, et vu le prestige de son line-up qui, pour l'anecdote, est l'histoire d'une dream-team qui en clipse une autre : celle de Mike et associs (dont vous n'avez en vrai jamais entendu parler) contre celle de Scott et Mike (pas celui-l, l'autre). videmment la comparaison n'a pas lieu d'tre - c'est plus par plaisir de signaler l'absolue inanit de ce second - toujours est-il que ce genre d'arguments une fois compils ont gnralement tendance faire sur l'affreux goste que je suis un embarrassant effet repoussoir. Cependant on va tout de mme se rassurer, pour apprcier ledit massage lombaire, il n'est pas indispensable de frquenter trop assidment l'glise Southern Lord, ni mme d'avoir tonton Scheidt dans sa liste de copines FB ; aussi me ferai-je l'obligeance de vous mettre en garde, je ne connais pas Mike Scheidt. Enfin, de nom, si, bien sr, mais quant son oeuvre - pas des plus insignifiantes, nous en conviendrons - je dois dire que c'est une autre paire de manches. Alors, j'ai cout Stay Awake, comme presque tout le monde, trouv a extraordinairement poignant sans y trouver mon compte pour autant - faut dire qu'en matire de folklore, je reste fidle mes traumatismes d'adolescent - j'ai cout Vhl, comme presque tout le monde, trouv a extraordinairement indigeste sans pour autant trouver a imbouffable - en mme temps n'est-ce pas l ce qui fait le principal atout de Yob ? - et puisqu'on y est, parler de Yob justement, et bien sachez que j'ai de vagues trs bons souvenirs de Elaborations Of Carbon. Une fois le quart d'heure des confessions intimes achev, il me reste encore vous causer (vite fait du coup) de The First And Last Days Of Unwelcome, qui pour faire dans l'originalit *large sourire* s'est offert la formule combien tlphone et pompeuse des "7 fameux jours". Mais n'y voyez aucune malveillance de ma part, si je parviens faire abstraction de ce genre de formalits, voire de formalismes, je parviens galement dceler ici, dans cette fusion relativement gouleyante, un post-doom tout fait potable. Contrat rempli, donc. En bon produit et produit de produits Southern Lord, au risque de me rpter, Lumbar tient paisiblement sa longue route pastorale en terres macdoniennes, couverte de cendres et de pierres chaudes, avec vue imprenable sur la mer, et les Rfrences convoques rpondent prsents l'appel : Warhorse, Burning Witch, Khanate. Ceci dit et puisque nous autres sommes plus clairvoyants que le reste du monde, nous ne manquerons pas de signaler galement, ici et l, la prsence discrte des Boris, Godflesh, Wildildlife et Yob. videmment, un name-dropping d'une pareille et affolante grossiret m'pargne invariablement de toute autre tentative de blablatage supplmentaire, et Lumbar est finalement l'image de son nom, gentiment douloureux le temps qu'il dure ; et le fait est qu'il ne dure pas trs longtemps - car on est pas l pour la mort, que ce soit clair - aprs, les os, ils se remettent en place tout seul, et finalement c'est trs bien comme a.

The First and Last Days of Unwelcome en trois mots : reptilien, magmatique, calibr

— Krokodil, le 23 novembre 2013 (667 lectures)

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INDIAN - Slights and Abuse / The Sycophant

INDIAN - Slights and Abuse / The Sycophant : 2008 · 7th Rule

Stoner Sludgecore Math rock

INDIAN


Et si aprs tout il tait l, le meilleur disque d'Indian : celui qui ptit le moins du redoutable double tranchant de leur si colossale musique en forme de hache de guerre, du peu de manuvre impromptue qu'elle permet une fois son balancement amorc, et de cette triste ralit que, partant, une coute d'eux sur deux, eh bien, vous passe deux mille au-dessus ? En le cisaillant de cavalcades gomtriques claudicantes, en choisissant pour une fois de travailler le caractre inflammatoire consubstantiel Indian, non par le palp-roul avec un parpaing la place de chaque main, mais par des acidulismes noise rock - sans pour autant, qu'on se rassure, renoncer, ils seraient bien embts pour le faire, ce typique riffing qui tient autant du stoner que du coup de porte rpt dans la tronche... Eh ! mais c'est que pour le coup on aurait presque le "arien" qui vous dmange, voir ainsi le forcen carnassier qui vous est familier, o l'on n'imaginait jamais le voir : en plein ciel - et comme y dambuler, dboussol, au milieu des nues incongrues, chercher quoi faucher, quoi dvorer ou dilacrer, galoper partout difforme et un peu perdu par la sensation de cette haine qui ne trouve pas plus de prise que d'oxygne, de cet ulcre qui se recule dans le lointain, et enchaner en crachant les tonneaux hrisss de crocs et de postillons en apesanteur, muter, onduler, floculer, ululer, ronronner... ... Et voici comment, en en rabattant un rien sur ce qui identifiait sa singularit dans l'extrmisme, Indian a rvl encore plus son tranget radicale.

Slights and Abuse / The Sycophant en trois mots : aigre, chimrique, nerveux

— gulo gulo, le 22 novembre 2013 (706 lectures)

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CLORANGE - Instinct

CLORANGE - Instinct : 2012 · [ autoproductions ]

Traditional doom Hard "70s

CLORANGE


"Beaucoup d'appels, peu d'lus". Demandez-vous, si cela vous intresse, pourquoi cette maxime, entre toutes les vogues stylistiques rcentes, s'applique tellement durement en particulier celle du doom devanture femelle - Jacques Toubon, si tu nous regardes... Quant moi, ce n'est pas mon propos le plus urgent. Quant moi, malgr l'innombrable cohorte des dceptions, je ne peux toujours pas ce jour me retenir de "checker", "jeter une oreille" et toutes ces viles sortes de choses, chaque fois que pointe une nouvelle tentative dans le domaine, sur les plate-formes peu regardantes dvolues ce passe-temps - demandez vous pourquoi, si cela vous intresse, la rponse en est probablement dans ma sexualit dsesprment orthonorme et phallocratique, et il est srement spculativement passionnant de se pencher sur le paradoxe que ladite suppose concupiscence animale se montre pourtant si difficile sur l'attribution de ses faveurs. Bref. Clorange fait partie de la minorit ; de l'exception. C'est mathmatique, cela ne peut faire que renforcer l'attachement qu'ils suscitent pour eux, tout comme leurs pairs pars, mais ce n'est pas tout fait non plus comme s'ils partaient de rien. Un don aiguis, carnassier, primal, tant de la menace sabbatique automnale, que de la radieuse aurore NWOBHM ; une voix insolemment soul, crue, musque, aux aisselles vierges devant le rasoir ; et ce satan sens sexuel du poids de la main sur le manche des vitesses, de la langueur, du haltement - ha ! Nous y voil donc bel et bien... A cette fameusement nausabonde composante libidineuse de l'apprciation de la musique. Je n'ai jamais compris quant moi, qu'elle en scandalise certains ou certaines : j'aurais mal compris ? on tait pas en train de parler musique ? Et donc, ce que l'effronte souris qui bondit et s'arque comme une flamme devant les chevelus de service, peut apporter comme vivantes visions de hardie sorcire peine nubile enfourchant son cheval de fer nue sous une veste au denim blanchi par les sueurs aigres des transes - n'est aprs tout que la cerise la gnle sur ce que les susdits poilus peuvent jouer de dj au moins aussi torride que, hm, In the Rectory of the Bizarre Reverend, et d'aussi victorieusement blanc, brlant et blouissant que... bref.

Instinct en trois mots : lune, soleil, terre

— gulo gulo, le 18 novembre 2013 (619 lectures)

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ORTHODOX - Sentencia

ORTHODOX - Sentencia : 2009 · Alone

Freak doom Jazz

ORTHODOX


Orthodox. Sait-on seulement ce qu'ils avaient en tte, en se donnant ce nom-l entre tous ? Leur premier album le portait, au moins premire vue et malgr l'arrire-got trange, assez au premier degr, en pleine poque capuches et vnration du saint amplificateur sabbatique - mme s'il mlangeait cet air du temps-l avec une orthodoxie... htrodoxe, en l'espce d'une voix aux gnes caprins particulirement doom trad, voire ptre trad tout simplement. La suite porta le patronyme plutt en antiphrase, puisqu' Amanecer en Puerta Obscura tait un presque pur album de jazz prog. Et Sentencia tombe, comme une manire de synthse des deux ; prouvant avec une nonchalance totale plus crpusculaire, saturnienne et macabre que l'crasante majorit des groupes crasants, que le doom-jazz, ce n'est pas uniquement Bohren & der Club of Gore, ce n'est pas obligatoirement une musique de clubs et de volutes bleues, au-dessus des cendriers et dans les ttes engourdies par le cognac. Ni une musique aux doigts de pianiste. Car le jazz, a se vit aussi pleinement la campagne, dans le soir bleu-gris qui se pose, aussi muettement compatissant qu'un corbeau, sur les cultures rabougries et les charognes en sursis, allongeant les ombres jusqu' l'horizon bas, votant les chines jusque terre, les apprtant avec amour, aussi dlicatement qu'on abat un vieux cheval, pour accueillir le faix de cette placide mais impitoyable musique d'esclaves, qui vous colle la peau, en devenant vite comme une seconde, un sourd et rconfortant lancement de fatalisme qui nimbe d'un peu de rose le soleil qui a dj rentr l'table toute sa chaleur, laissant la lande la boue, sa drliction, aux loups patients et ses antiques errants. On se croirait en Sicile, tiens. On se croirait bientt chez soi, arriv au bout de la route enfin, la prochaine butte, la lise o on trouvera enfin du repos. La nuit vient. Il fait doux aprs tout.

Sentencia en trois mots : vespral, tragique, tique

— gulo gulo, le 17 novembre 2013 (773 lectures)

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REIN SANCTION - Broc's cabin

REIN SANCTION - Broc's cabin : 1991 · Sub Pop

Grunge

REIN SANCTION


Woodstock 1992. Alors que Soundgarden vient de soulever la foule en liesse, un trio titubant monte sur scène, et tout le monde se regarde, dubitatif. Rein Sanction est ce groupe embarrassant qui mêle la frénésie guitaristique d'un vieux Dinosaur Jr. et l'agilité des Afghan Whigs avec un mal de bide horrible, un cocktail maison pris en backstage qui entame la fonte des parois stomacales. Le groupe gênant qui ne transmet aucune joie de vivre, aucun entrain, seulement du tourment profondément ancré dans ces tourbillons de notes, un vrai ouragan qu'on fait tournoyer pour masquer le malaise à tout prix, bassiste en sueur, batteur blafard et chanteur en lutte permanente contre ces spasmes violents dans l'abdomen.

Le truc éprouvant et blindé de tristesse, cette émotion ambiante lourde et poisseuse évidente derrière les vomissements, ce cafard serré qu'on essaye de noyer dans ces harmonies faussement progressives, pas vraiment psychédéliques non plus même si on sent que Love Battery n'est pas loin, juste des notes manquées qui font un peu plus mal encore. Et même si toute la foule s'est retirée depuis un moment, les trois types continuent d'envoyer à fond, sans passion, mais pour maintenir encore un instant cette sensation de la vie.

Broc's cabin en trois mots : pesant, nauseux, tremp

— EyeLovya, le 15 novembre 2013 (668 lectures)

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HSHCUT - Demo

HSHCUT - Demo : 2011 · [ autoproductions ]

Psyché Space Rock

HSHCUT


Ces sacres jeunes canailles meriteraient bien mieux que a, et qu'on parle d'eux en propre ; mais j'en suis confus, cela me frappe avec une telle vigueur... l'anti-Mudbath ! La preuve vivante - combien... - qu'on peut tre un freluquet tout frais, mettre probablement des pulls rays, porter srement une tignasse blond vnitien, et jouer du elwiz-doom port au point d'incandescence de la perfection - comment ? En n'essayant surtout au grand jamais de s'acheter une mchancet, des poux et un vice que l'on n'a pas. Et en jouant plutt sur ce qu'on a : un cur tout pter d'envie. La ci-devant grande dmo (non, petit ne leur va pas du tout) est la preuve que ce type de doom se vit trs bien dans une fracheur totale, celle de l'ther probablement, pensez un peu pour voir un genre d'Obelyskkh, tenez, encore plus stellaire, encore plus vivifiant, limite insoutenable d'oxygne et de ferveur ; pensez une lumire naturelle qui tient du post-hardcore canal historique voire de la noisy pop - mais martele et aiguise sur l'enclume d'un gros son en faire ravaler tous ses cnes maint embur, un feu cru et glacial qui est bel et bien celui de l'espace vorace o Hshcut vous jettent, tout pantelant et haletant.

Demo en trois mots : dcollage, exaltation, dcapage

— gulo gulo, le 14 novembre 2013 (747 lectures)

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BUNKUR - Nullify

BUNKUR - Nullify : 2009 · Displeased

Drone doom Industriel

BUNKUR


Si Bludgeon était un snuff movie médiéval, Nullify serait un snuff movie tourné par un cafard. Si Grave Upheaval utilise le bourdonnement du death pour rejouer The Slaughterhouse, Nullify y emploie le bourdon du drone. Si Nullify est une montée, c'est celle d'une lente vague stérilisatrice, d'une pétrifiante odeur de merde fossile, qui très peu à très peu comble l'espace cubique moisi d'un cul-de-basse-fosse oublié de l'existence, d'une misérable case de pré-néant perdue dans l'infini de l'indifférence du monde. Si la fantaisie du toujours plus long, toujours plus con et des morceaux de doom monohoraires s'est depuis longtemps éventée, Bunkur eux ont continué, restés enlisés dans la bauge, parce qu'ils n'ont goût à rien d'autre, n'ont goût à rien d'ailleurs, et n'en voient pas l'intérêt. Ce qui n'en finit pas de monter tout le long du tranquille Nullify, c'est la profondeur d'une régression obstinée vers la condition de limon, vers l'asphyxie de toutes choses articulées, construites, éclairées, vertébrées - et tout ce qui s'ensuit. Nullify ne vise qu'à aplatir, à fermer, à dépeupler, à dévitaliser, à désespérer de toute possibilité, à mettre sous l'éteignoir ; à mettre à terme. Et il le fait bien. Mais en vérité, Nullify descend, spéléologiquement, tout le long de l’œsophage, l'estomac, les intestins (on a le temps chez Bunkur, toujours) de la bête immonde primordiale - pour ne jamais rencontrer que le mol et fétide courant d'air de la faim, laquelle est vouée à être sans fin puisque tout le monde a oublié la bête à dépeupler, dans sa mare, et que Bunkur n'a rien à lui donner à becqueter, pas même vous, puisque la bête, c'est vous, qui avez la sottise de vous soumettre à l'écoute de Bunkur, et son idiot et méchant programme de régression isolationniste totale. Et c'est ainsi qu'après une interminable et balourde montée de la contrariété, comme un élan mal évalué, Nullify retombe dans son gourbi, comme une merde, heureux et bougonnant, un peu plus faible que devant. Préparez vous à gargouiller ; pour les petits malins toujours à la poursuite de l'éclair de quelque chose qui ne soit pas tout à fait plaisant, dans la foire aux douces frousses : Bunkur vous propose la famine ; à perpétuité.

Nullify en trois mots : cul, de, sac

— gulo gulo, le 13 novembre 2013 (776 lectures)

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DARK BUDDHA RISING - Dakhmandal

DARK BUDDHA RISING - Dakhmandal : 2013 · Svart

Drone doom Sludgecore Psyché Freak doom Krautrock

DARK BUDDHA RISING


Le moins qu'on puisse dire, c'est que les DBR ne sont pas les plus talentueux en terme de riffage. De fait, leurs gros riffs sont souvent un peu nazes, deux ou trois power chords pas trop éloignés les uns des autres histoire de pas traumatiser le poignet, et hop on les répète en boucle pendant 5 minutes. C'est là aussi que commence l'intérêt croissant, après tout, depuis qu'on les connaît c'est toujours le même effet : on s'ennuie quelques minutes, puis encore quelques minutes plus tard on se retrouve en slip accroupi par terre à hocher du corps les yeux secs et fascinés. Dakhmandal déroge un tant soit peu à la règle en proposant une longue mise en bouche pré-psychédélique, un flot ruisselant et se dégradant doucement à la Fleshpress, et en employant encore un peu moins ces riffs lourdauds. Du reste, au delà de cette pochette inutile et sa typo Ong Bak, ce triple LP n'a pas vocation à révolutionner la recette, éventuellement craquer votre PEL (autant profiter de la signature récente sur les montant Svart records).

Et pourtant, quel pied d'admirer une fois de plus la folie régressive dans une robe plus bigarrée, plus instable, plus enthousiaste peut-être même. Le groupe se complaît à fond dans son rôle de cancre total de l'école ésotérique : quand les anglais se roulent dans les vapeurs brûlantes et toujours changeantes des fournaises à crack pour voguer dans la métaphysique ; les finlandais restent au dehors dans le froid glacial de leur simili kraut maladif et décharné, et s'essayent vainement aux incantations vaudoues polaires. Ils se désarticulent dans des signatures rythmiques pseudo-complexes, simplement pour se déstabiliser un peu plus eux-même, s'intoxiquent aux baies rouge vif et se lancent par dessus, à l'humeur, dans des chants drone mongols ou juste mongoliens, des cris de douleurs craquelant le ciel blanc nuit, ou encore des psaumes païens en voie de gobelin.

Alors l'écoute se transforme en spectacle d'une énième scène ratée d'un Fear and loathing in Inari ; bande de potes lugubre aux lèvres fendues à tenter de s'éclater un peu, le trip qui ne finit qu'en débauche pathétique d'alcoolisme dépressif dans le vide lapon. La scène tourne en boucle, les cervelles aussi, les acides sont congelés et la voiture est en branle, le kraut est moins agile, il s'empâte, un des gars éclate dans un vieux sanglot torve et humiliant, les autres sont en pleine paranoïa et avancent face aux vents glaciaux dans une suicidaire tentative de survie, une peur névrotique qu'on savourerait presque avec soulagement, c'est qu'on ne se sent pas si souvent en vie. Les aurores boréales paraissent plus électriques que jamais, et le dernier s'emploie toujours à invoquer on ne sait quelles divinités hindoues absentes depuis aussi longtemps. Ça ne va pas mieux là haut, tant mieux pour nous.

Dakhmandal en trois mots : sidrant, vertigineux, glaciaire

— EyeLovya, le 13 novembre 2013 (855 lectures)

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IN THE COMPANY OF SERPENTS - Of the Flock

IN THE COMPANY OF SERPENTS - Of the Flock : 2013 · [ autoproductions ]

Stoner Sludgecore Hardcore Blues rock

IN THE COMPANY OF SERPENTS


Impassible. Dense. cumeux. Dchain. Nu. Sans expansion aucune. Sans talage aucun. Simplement fatidique. Comme lorsque le raz-de-mare dploie ses immenses tentacules visqueuses sur ton insignifiante personne. Cet instant prcis o toute la bravoure du monde ne suffit plus affronter les lments. Cet instant o tu te sais condamn sombrer dans ces eaux furieuses et inapaisables, sans fond et sans lumire. En fait, il n'en faut pas beaucoup plus I.T.C.O.S. pour atomiser Celestial, Chronoclast, The Beyond et le reste de l'quipage du pre Cousteau - tous ces romantiques, tous ces accros de balnothrapie, tous ces amoureux de la mer - comme si la mer c'tait gentil et accueillant - et le portrait qu'en dressent nos deux hommes est celui d'un cimetire potentiellement sans fin, d'une zone de lutte tendue perte d'horizon, d'un territoire indomptable et magntique, d'un territoire rserv aux initis - oui, vous me voyez peut-tre venir : nous sommes du ct (un peu plus sub-aquatique) des Buried At Sea (lesquels viennent une fois de plus cder la barre). Cependant nous prendrons le soin de ne pas rduire l'affaire un nime naufrage post-machin-truc, il est ici question de musique de tough guy, de musique de vieux loups de mer (en cela la pochette est un poil la mauvaise adresse) - et je dois avouer y percevoir parfois la toute puissance d'un Motrhead aux commandes d'un brise-glace au coeur des Kerguelen - une musique dont l'aigreur spongieuse et rugueuse nous fait invitablement penser ici Through Silver In blood, l Honor Found In Decay ; et 5ive galement, lorsque la machine passe en pilotage automatique, dleste dans la joie et l'allgresse, assomme la faune coups d'ancre, hypnotise de ses manations de mazout, pollue et ruine tout ce qui existe ; un truc du type oeil pour oeil, dent pour dent.

Of the Flock en trois mots : man, VS., wild

— Krokodil, le 13 novembre 2013 (582 lectures)

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DIRGE - Blight and Vision Below a Faded Sun

DIRGE - Blight and Vision Below a Faded Sun : 2000 · Blight

Post hardcore Industriel

DIRGE


La magie Dirge : pour le coup, le terme peut s'employer. Car on tient l sans doute leur album le plus transparent, quant la composition de leur alliage partir de Neurosis et du Godflesh trs mecha de leur poque cassettes ; certaines sonorits et plans paraissent mme vols directement, l'un tant qu' l'autre - mais dj avec un got certain, pour ce qui ne brille pas le plus, mais scie le mieux ; et pourtant, de cet habile montage pratiqu avec une candeur brute, s'exhale dj puissamment une atmosphre, c'est le mot, part et singulire - ce qui, faites excuse, n'est pas tout fait rien, quand chacun sait quel point Neurosis peuvent tre eux-mmes redevables Godflesh... Mais Dirge, finaud sous ses gros sourcils, leur dcouvre une ressemblance insouponne, dans un certain soubassement dub harass, et la magnifie au milieu de son climat exemplairement fidle la couverture choisie, fait de rouille et de poussire cre ; un paysage dsertique et extra-, ou post-terrestre, o dj, surtout, se palpe bien leur propre humeur eux, cet puisement de galriens, de sisyphes pragmatiques mais pensifs, de dbardeurs du post-machin - en somme on sait dj que leur rugueuse langueur est trs mal partie pour suivre le mme chemin que les pleureuses barbe, qui ont en masse eu l'ide de jouer le mme genre de salami ; on sent qu'elle rve dj de rivages perdus, de ressac et de repos. Et qu'elle ne sait pas chialer. Ce faux jumeau de Through Silver in Blood (quand tant ont enfant de vrais jumeaux de Times of Grace) parat dj bien plus accabl que l'autre illustre hallucin, bien moins convaincu par les chimres d'aucun sotrisme ou symbolisme initiatique. Bien plus doom. Bien plus Dirge.

Blight and Vision Below a Faded Sun en trois mots : malade, coupant, aride

— gulo gulo, le 12 novembre 2013 (699 lectures)

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SEVEN SISTERS OF SLEEP / SHAMAN'S OWL - Shaman's Owl / Seven Sisters Of Sleep

SEVEN SISTERS OF SLEEP / SHAMAN'S OWL - Shaman's Owl / Seven Sisters Of Sleep : 2013 · Feast Of Tentacles

Traditional doom Sludgecore

SEVEN SISTERS OF SLEEP
SHAMAN'S OWL


L'exercice du split, plus spcifiquement sur un format aussi castrateur que le 10", qui de manire gnrale se prte mieux l'preuve du sprint, ne laisse que trs peu d'espace et de flexibilit pour achever ce genre de bras de fer dans les rgles de l'art ; si tant est qu'ils y en aient eu un jour. Fort heureusement il existe ces exceptions qui confirment la rgle, dont voici l'une des plus criantes manifestations. "Pari gagn" dirons-nous quant l'audacieuse inversion des rapports dure/tiquettes, convertissant le doom en vritable machine rock (au fond un juste retour des choses) tout aussi lapidaire, vellitaire, fugitif, expditif - et frustrant, ncessairement vu la qualit notable de la came - et faisant du sludgecore (celui des SSOS n'est pas rput pour faire dans la finesse ou le tactique) assez surprenant d'acharnement et - accrochez-vous - de temporisation. Ainsi donc, lorsque les deux formations issues du prmaturment dfunt The Arm And Sword Of A Bastard God se retrouvent pour l'orgie dominicale - avouez que le blase fait tourner de l'oeil, au moins rien qu'un peu - on est assur de prendre sa petite dculotte, de finir embroch et incendi sur la place publique, en tout bien tout honneur, sans avoir se demander lequel des finalistes remporte le duel ; car s'il est bien un paramtre invariable dans l'objet de notre attention, c'est que d'un ct comme de l'autre on dguste copieusement. Et donc pour faire dans les formalits, il y a d'une part Shaman's Owl, priori inconnus au bataillon, pratiquants d'un doom ncromancien, vasif, patibulaire, ronronnant et toxique comme Warhorse ou The Wounded Kings - ce qui sur le papier fait assez mal au cul, faut le reconnaitre - mme si un poil plus rudimentaire et rentre-dedans que ces derniers dans l'pandage de son vice concentr - format oblige - et dont le got dlicat n'est pas sans rappeler celui de l'asphalte brlant du Mojave ; et de l'autre, on ne prsente plus les dsormais connus et reconnus trisomiques de Seven Sisters Of Sleep, gonfls bloc, d'ailleurs gonfls tout court, et tout particulirement sur la fin d'une prestation qui laisse sur le carreau, avec sa blitzkrieg black-hardcore, aiguisant l'apptit avec une barbarie toute naturelle et pour le moins bluffante. En somme, vous en conviendrez je l'espre, le genre de split sans fioritures, qui s'coute en boucle sans obstacle.

Shaman's Owl / Seven Sisters Of Sleep en trois mots : adhsif, fuligineux, paen

— Krokodil, le 12 novembre 2013 (1322 lectures)

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SEA BASTARD - Scabrous

SEA BASTARD - Scabrous : 2013 · [ autoproductions ]

Sludgecore

SEA BASTARD


Brighton is the new Boston. En voil un slogan qui racole svre, non ? Faut dire aussi que les Sea Bastard n'y vont pas par quatre chemins pour couler leur Atlantique de haine congestionne et d'aigreur hautement venimeuse - d'ailleurs pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire les choses avec un naturel si confondant d'animosit, et d'adiposit - leur gastro-sludge de total-Grief worshippers eux se passent de bien des commentaires et autres analyses parfaitement dpourvues du moindre intrt - on va srement pas se mettre intellectualiser ce genre de merde : pensez simplement Dismal, pensez And Man Will Become The Hunted, pensez aussi patrimoine, pensez Angleterre Terre de Doom, pensez Ramesses, au moins un tout petit peu ; par dessus tout ne pensez pas, et c'est ce moment que vous devriez vous rapprocher de la formule magique l'origine dudit Scabreux, qui au passage vient dangereusement taquiner Grinding Teeth dans mon coeur. Remarquez justement, tout est dans le titre, et ce depuis le dbut des hostilits, car nos btards de mer sont de vrais btards : plus qu'un simple avertissement, plus qu'une simple promesse de malmenage, il s'agit bien d'un programme de rgression, et d'automutilation tant qu' faire, un programme dont le cahier des charges n'est finalement pas beaucoup plus exigeant en terme d'excution qu'un forage de cage thoracique au tesson de verre, tout en profondeur, tout en rotation, tout en application.

Scabrous en trois mots : morveux, muqueux, merdeux

— Krokodil, le 12 novembre 2013 (625 lectures)

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DIRGE - Wings of Lead over Dormant Seas

DIRGE - Wings of Lead over Dormant Seas : 2007 · Blight

Post hardcore Ambient

DIRGE


Parler de cet album est malais. Se prosterner devant est bien moins compliqu. Neurometal, oui, dlicatement teint de Godflesh, bien entendu ; mais rarement a-t-on t aussi loin tant de l'ordalique hardcore d'origine que du metal pompeux de la dgnrescence - jamais, dirais-je si ma gentillesse et ma mesure n'taient lgendaires - jamais n'a-t-on t aussi liquide, sans cder une once de la monumentale pesanteur minrale inhrente ce genre auquel Dirge n'appartient pas tout fait malgr la trs srieuse humilit avec laquelle ils en appliquent les rgles, jamais n'a-t-on t aussi limpide et ouvert de cur sans descendre un instant des olympiennes hauteurs d'une lgance patricienne d'une grce native d'un autre monde. Wings of Lead over Dormant Seas, ce rivage d'ailleurs, n'est ni un miracle ni de la magie ni rien de cette sorte, c'est inconcevable tant il ne semble tout du long relever que de la plus grande simplicit (The Cure, encore et toujours), de la plus simple sensibilit de cur, d'humanit, de prsence au monde et au cosmos, et dieu sait pourtant si en principe le genre, le format et les thmes choisis, tous presque aussi grandiloquents par essence que ma pesante prose, semblent devoir le vouer tout l'inverse, et la fastidieuse sophistication. Mais ce n'est aprs tout qu'lmentaire logique, puisque c'est juste l'effet d'une chose tout aussi vaste de dimensions et simple dans l'vidence de ses ralisations : le talent.

Wings of Lead over Dormant Seas en trois mots : calme, antique, nocturne

— gulo gulo, le 11 novembre 2013 (766 lectures)

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DIRGE - Elysian Magnetic Fields

DIRGE - Elysian Magnetic Fields : 2011 · Division

Post hardcore New wave

DIRGE


Ils ne sont pas foule, les groupes pouvoir avec leurs gros burins tailler du neurometal qui ne soit pas atterrant, et qui plus est s'agissant de sa varit motionnelle et emphatique. Oh, Isis y sont bien parvenus sur Panopticon, et Year of no Light du temps qu'ils avaient un chanteur ; mais l'un utilisait l'excuse d'un screamo dont la vhmence quoique ralentie lui pelait non moins sa propre chair sur les os, et partant l'exonrait de toute adiposit sentimentale ; l'autre usait du tour de passe-passe du bleu du ciel, et son batteur de la technique de l'albatros. Dirge sont les seuls en tre capables sans le moindre trompe-couillon, en assumant pleinement, crment, patibulairement, humblement leurs lourdes carrures trapues de manutentionnaires et leurs ternes barbiches de tristes sires, sans chercher jamais, la manire d'Eibon qui j'aime les apparenter, afficher un ego, souligner, cristalliser une singularit qui n'a besoin d'aucun truchement pour se manifester fermement aux tripes de l'auditeur. D'une certaine faon, ce sont bien des Neurosis franais de plein droit, par cette simplicit brusque et massive, et par l' arienne lgance naturelle avec laquelle celle-ci met son monde en branle. Et Elysian Magnetic Fields est, on ne sait bien comment, leur album qui voque le plus vnneusement Pornography, par le climat de grve entnbre par l'orage existentiel qui y rgne, par le ferreux got de sang qui s'y attache obstinment, par la sourde et ample douleur qui fait battre son cur dans sa gangue de torpeur : ce n'est pas tout fait pour rien, faites excuse, si leur parcours a de longue date t sinueusement entrelac avec celui de Kill the Thrill, dont Nicolas Dick apparat une fois encore ici, et pour la mme raison de parent ils sont sujets une parente et laborieuse, douloureuse, fervente lvation qui les porte, mi-incantation mi-aboiement, dans le ciel nocturne et les toiles, l non plus sans cristalliser ou dessiner ouvertement ses aspirations - en faisant un peu plus ce groupe bien plus interlope et mystrieux qu'il n'y parat sous ses dehors rustauds et appliqus. Et infiniment prcieux, avec encore un autre album qui prend tout son temps, sans aucun empressement, pour vous prendre, vous saper, et vous submerger.

Elysian Magnetic Fields en trois mots : fivreux, brlant, onirique

— gulo gulo, le 10 novembre 2013 (748 lectures)

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ELDER - Dead Roots Stirring

ELDER - Dead Roots Stirring : 2011 · Meteor City

Traditional doom Stoner

ELDER


Hop, aprs l'exercice de style copie quasi parfaite du premier album Elder laisse pousser ses morceaux en mme temps que ses cheveux et alambique son ensemble dj bien bouillant. Les mlodies font leur apparition partout dans Dead Roots Stirring, les mlodies au got de dsert et de sable qui font directement pointer le doigt le son toujours aussi roronnament stoner, plutt que doom. Les morceaux sont longs et donnent ailleurs que dans la rptitivit stade terminal, ils ondulent et voluent, les riffs cognent sans vouloir tabasser, on avance et on masse ses cervicales au fur et mesure de l'avancement du disque, car la puissance les cocos, est toujours bien l, suffit de se prendre l'arrive de la basse dans la mchoire sur le premier morceau pour bien cerner ce que je veux dire ici. Le talent, c'est d'avoir su se dtacher juste assez de la masse endormante du stoner pour lui donner de l'espace dans lequel battre sa masse et laisser son esprit divaguer bien loin des gros cylindres et des pools vides de leur eau o l'on carve toute berzingue la bire la main. On divague et on hoche la tte s'en dcrocher les yeux pendant une bonne heure donc.

Dead Roots Stirring en trois mots : Envol, Enlumin, Rebondi

— lucas, le 09 novembre 2013 (1048 lectures)

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SIMPLE MINDS - New gold dream (81-82-83-84)

SIMPLE MINDS - New gold dream (81-82-83-84) : 1982 · Virgin/A&M records

SIMPLE MINDS


Somewhere, someone in summertime, et peu importe vraiment ce qui se passe par la suite. Ce titre qui nous clabousse de mlancolie et de ses prcipits couleur permanganate de potassium, comme ces flaques d'eau qu'on pitinait chagrin pendant nos errances nocturnes d'adolescent perdu; c'est bien l tout le brillant du disque. Ce riff introductif gothique et humide, piqu 22 ans plus tard par David Guetta pour The world is mine - ou comment exploiter une effusion de sentimentalit blesse pour btonner et sauver le refrain de cette Scarface-house sans me - dclenche instantanment, en bon rflexe pavlovien, le relchement de tout sphincter nous fermant la kitschitude 80's qui pullule ici. Jim Kerr se fait alors le fondu de tous les meilleurs passeurs d'intensit new-wave: il y a du Wayne Hussey, du Robbie Grey, du Marc Burgess, du Ian McCulloch; tout ce qu'il faut de grave, tout l'aplomb et toute la dtresse, et un discret chevrotement de passion pour la jouer exhaustif mi-gay mi-gothique: tout ce qu'il faut pour prendre l'ascendant sur nous autres auditeurs esclaves. Le reste? De la basse funky pleine de chorus, des ritournelles noctambules, des refrains imparables et dansants la Duran Duran (hoho, Promised you a miracle, cette bombe post-The Walk allais-je dire avant de vrifier les dates), un petit solo de clavier jazzy par Herbie Hancock, et toujours de la mlodie frache et cotonneuse toute jolie qui pleut en abondance sans laisser vritablement aucune empreinte dans le crne, ce qui est bien tout l'intrt d'un disque de new-wave.

— EyeLovya, le 08 novembre 2013 (1136 lectures)

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DEAD SEA APES  - Lupus

DEAD SEA APES - Lupus : 2013 · Cardinal Fuzz

Psyché Space Rock Dub

DEAD SEA APES


Dead Sea Apes ouvre le trou noir de la nuit, le trou noir d'une ville plonge dans l'encre de chine et hurle son ambiance nocturne pire qu'un Sex Church, hurle la lune pendant presque une heure, sans un mot, en nous ressortant une pellicule gros grain pas plus loquace. On marche au pas d'une ligne de basse dub noir pendant le quart d'heure de Knowledge and Conversation et on se fait aspirer dans un dcor de film laiss sur le bas-cot par Grails quand eux aussi faisant dans la bande son du bout de la nuit. On continue errer sans but pour encore de longues minutes, sans se faire violenter, simplement port, le regard perdu dans le ciel sans toiles y chercher un je-ne-sais-quoi de repre pour avancer vers un je-ne-sais-quoi de magntique, la nuit toute entire pose sur les paules. La tension monte, la musique enveloppe tout entier en ondulant, le trou noir aspire, et aspire...

Lupus en trois mots : Perdu, Spacial, Ensorcelant

— lucas, le 05 novembre 2013 (578 lectures)

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GRAVE UPHEAVAL - Sans titre

GRAVE UPHEAVAL - Sans titre : 2013 · Nuclear War Now !

Doom death Industriel

GRAVE UPHEAVAL


Votre site bien-aim n'a pas vocation s'achalander en bidoche achete chez le vieux Roger Karmanik, l-haut. Pour autant, ils ne manquent pas dernirement, pour m'en consoler, les disques de metal lphantiasis qui maraudent aux confins de notre fief ditorial, jusqu' en narguer le vieux Sudois par-dessus la clture, et probablement lui endormir l'occasion quelques bourrins de son cheptel neurasthnique. L'officine renomme qui a dj plac une bille dans le palmars slow-living de l'anne, avec le dernier Anatomia, dj particulirement doux aux oreilles des amateurs de viande trs froide, a pouss son bouchon un peu plus loin, tant qu'elle y tait, et pourrait avoir sur ce coup du mal ne pas tre souponne de braconnage. Parce que Grave Upheaval est Brighter Death Now ce qu'Encoffination est Archon Satani : la traduction approximative en langage death, grondant et ursid donc, mais non moins fig dans un stade parfait de putrfaction par le froid violent d'un frigo dont la lampe a trpass, les quelques blasts et roulements guerriers moins qu'audibles sous le douillet matelas de fatalisme chthonien, granuleux, semouleux - bref de porridgisme intgral qui signe son groupe slowendien de premire bourre, pltrant son occultisme de metal pas tout fait erectus feulements tranants de cancreux pas rveill du bon pied - et pas encore les dents brosses, s'il faut le prciser, de son dsastreux premier caf-clope, c'est mme en fait l que se concentre la seule puissance dudit rle, et croyez que c'est dj bien suffisant, tant ce mol mais invincible ressac d'eaux pollues refoule le tombeau effractionn de frais, corrodant et attendrissant plaisir l'auditeur, de faon pouvoir mieux le mlanger et amalgamer son brouet de riffs ncromantiques peine reconnaissables sous leur forme d'infra-friture stationnaire qui parachve interminablement de vous fissurer jusqu'au cur de la meule - avant la seule et finale vague de malveillance ouverte qui vient tout crouler dans une triomphale dgoulinade de merde, et vous crouler en charpie empeste. A moins qu'on ait tout regard l'envers depuis le dbut, genre comme si on tait au fond de je ne sais quoi ?

Sans titre en trois mots : sismique, mollusque, bougon

— gulo gulo, le 05 novembre 2013 (558 lectures)

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UNIVERSE217 - Never

UNIVERSE217 - Never : 2013 · Catch The Soap Productions

Traditional doom Funeral doom Atmospheric doom

UNIVERSE217


Un bon disque de doom occulte et épique, ça vous redonne la foi en la musique, surtout quand le truc vient d'un pays rare ou préposé au stoner comme la Grèce. C'était gagné d'avance : quand aux premiers mots on hésite sur le sexe à attribuer à l'officiant derrière le micro, c'est toujours bon signe. La preuve, ce doom mystique des montagnes est rafraîchissant et assez original pour donner envie de creuser les écoutes. Il faut dire que le premier morceau est sacrément bien foutu, avec ce riff gluant qui traînasse entre ces émanations mirifiques de clavier verdâtres pas totalement Shape of Despair, et, heureusement, ni vraiment Nightwish non plus ; juste une magie turquoise inconnue et des paillettes qui tombent sans émerveiller réellement.

C'est grâce à cette vieille sorcière de chanteuse qu'on dérange visiblement au beau milieu d'un rituel bizarre, quelque chose dédié à chasser les dragons qui bourdonnent dans sa tête, ou peut-être à exorciser les dernières empreintes de tristesse a priori marquées profondément en elle.

Celle-là s'emporte sans suivre de lignes mélodiques précises, selon l'humeur et les visions, elle évoque volontiers une Janis Joplin sans les fleurs ni l'acide ; juste des feuilles d'hellébore noir à mâcher frénétiquement toute la journée entre les crises de larmes et tenter d'écraser les dernières synapses qui retiennent ce passé lourd dans la mémoire. Puis la transe s'érode peu à peu au fil du disque, laisse la part belle et endolorie à une mélancolie froide et humide pour notre Tania d'autant plus touchante alors dans cette régression : des grimaces menaçantes et aveugles vers de grands yeux scintillants et un épiderme adouci par les pleurs d'une jeune femme vaincue, prostrée comme un animal blessé.

L'ataxie et les chutes pathétiques au centre d'une atmosphère ambiante chimérique presque spatiale, et un riffing plombé intelligent pour consolider ce funeral menstruel, ne pas verser dans le trop classique épuré à la Windhand sans tomber non plus dans le Disney doom. Cent fois moins niais qu'Omit et donc plus facile à assumer, sans compter la qualité a priori beaucoup moins sujette à la versatilité de l'humeur de l'auditeur... à moins que mon petit cœur ne déborde à nouveau. Beau.

Never en trois mots : perdu, onirique, abm

— EyeLovya, le 04 novembre 2013 (658 lectures)

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URNA - Mors Principium Est

URNA - Mors Principium Est : 2013 · Aeternitas Tenebrarum Musicae Fundamentum

Doom death Funeral doom

URNA


Il ne russit pas ncessairement tous de prendre pied dans la ralit. Si par exemple The Body rcemment n'en ont pas excessivement pti, c'est qu'aussi ils n'y sont pas tout fait parvenus, pour les raisons que l'on a vues. Quid d'Urna, dont ce nouvel album, il faut bien le reconnatre, est la poursuite d'une pente descendante - ou ascendante, selon le point de vue gologique et l'idal d'o l'on se place - vers nos dimensions ordinaires et semble luvre d'un Esoteric, il faut bien le reconnatre, afflig d'un plus virulent penchant Gros Bill ? Fini le glacial ruisslement d'aveugle grotte tout dgouttante d'anti-rose, de Sepulcrum ? Oui. Fini le scintillant ruisslement baptismal de cathdrale des lentilles toute carillonnante d'eau lustrale, d'Iter ad Lucem ? Aussi. Urna sont-ils finalement transsubstantis en gens normaux, alors - et surtout, sont-ils finalement schs et rchauffs ? Presque. On reconnat, subtilement mais srement, un arrangement de mtastases glorieuses, l une enluminure givre menaante, qui empcheront toujours d'oublier tout fait leur talent non pareil et leur nature non terrestre, qui ne laissent pas d'autre choix que de s'attacher, comme un lierre, un disque de doom death outre-spatial qui ne s'coute surtout pas dans le noir ni aucunes macrations, mais la coule, le cul engourdi de froid sur la vieille ferraille de la chaise de jardin pas encore sche de la dernire pluie, le regard bienheureux driver dans le vert luminescent du gazon florissant l'abandon et se faufiler sous l'ombre des arbres. Peut-tre pas encore tout fait ce qui s'appelle commun, aprs tout.

Mors Principium Est en trois mots : vgtal, rondouillard, kiltran

— gulo gulo, le 04 novembre 2013 (618 lectures)

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