Chroniques de juin 2012

Toutes les chroniques publiés en juin 2012 au format imprimable


TOMBSTONE - Devil's ride

TOMBSTONE - Devil's ride : 2012 · [ autoproductions ]

Traditional doom Stoner

TOMBSTONE


Ces jeunots là n'ont peut être que quelques mois d'équipée derrière eux mais peuvent tout de même se targuer de nous fournir une belle démo -belle, façon de parler, les dragons sur les pochettes je n'ai jamais vraiment compris- au son certes brut de décoffrage, mais un vrai son de vraie démo ça rassure et ça fait même plaisir, surtout que loin d'être dégueulasse, le mix est assez équilibré et le son de guitare est même excellent dans son timbre embourbé jusqu'aux potards.

Tombstone joue le stoner doom comme le jouait Goatsnake, référence avouée et difficilement occultable, c'est à dire principalement doom en fait, avec un groove lui aussi prononcé à la californienne, Palm desert mais aussi San Jose (merci le premier riff de basse de la troisième piste très Cisnerosien), et si le nom de Kyuss vient lui aussi rapidement en tête c'est que le chanteur se rapproche souvent de Garcia dans ses intonations, en plus de ce petit côté tristement français, simagrées rock n'roll à l'ancienne qui sortent d'on ne sait trop quel résidu lointain d'Eddy ou Dick, qui, pour une fois, ne m'insupporte pas tant, et ne me gâche surement pas le plaisir des très chouettes riffs balancés tout du long ; on ne manquera pas, d'ailleurs, de sourire au charmant clin d'œil « Alright ! » au début des pistes centrales (si vraiment c'en est un). Et puis on ne manquera pas de sourire tout court, parce que c'est une bonne démo, après tout.

Devil's ride en trois mots : bourbeux, prometteur, bluesy

— EyeLovya, le 25 juin 2012 (730 lectures)

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BLACK MARKET MINISTRY - Voices of the Coming Plague

BLACK MARKET MINISTRY - Voices of the Coming Plague : 2009 · Leaf Lust Records

Sludgecore Southern rock

BLACK MARKET MINISTRY


Un territoire, une pandmie et un constat : le louisianisme est une belle salet et Black Market Ministry est de ceux qui sont incurables. Vilaine fivre tropicale hmorragique, mi-malaria, mi-ebola, souvent accompagne de dviances honteuses, de whisky, d'amphtamines, (et surtout de mthadone en ce qui concerne l'criture de cet album parait-il); le genre mtamorphoser n'importe quel homo-sapiens de "culture" en animal rpugnant, vil et hargneux. Nombreuses sont les distorsions comportementales qu'elle entraine : profond dsir de rgression, addictions multiples, tendances prononces pour l'auto-destruction Bref, inutile de s'attendre la moindre remise en question, au moindre remord, ou un hypothtique semblant de dysmorphophobie. contrario, nous assisterons impuissants un festival de complaisance, d'exhibitions fantasques et d'onanisme BDSM... Et d'antithisme, bien videmment. Donc pour ceux qui sont un peu longs la dtente, nous parlons bel et bien de sludge du marais, oui, et le rsultat est toujours le mme: des crasseux et des corniauds, du vieux blues mtallique mongolode, d'irrsistibles fragrances de sueur, d'eau croupie et d'alcool fort. Avec B2M, rien ne change, ou presque rien. Nous avons le droit aux usuels riffs sudisants vacillant entre Punk-HC visqueux et low-parts tumfies, aux saturations aiguises comme des serpettes, aux slides de guitares faisant la course avec les hydroglisseurs des Everglades, aux hurlements vicelards et aux claquements de mchoires du caman dpeant la fillette du coin porte disparue, la texture fuzzy, plombe et bruntre d'un paltuvier dont l'corce serait infeste de parasites. Le bon vieux bayou quoi. Un nime ersatz d'EyeHateGod ? Pas ncessairement. Mme s'il n'est pas insens d'tablir le lien entre les deux bestioles. D'Acid Bath Goatwhore, de Suicidal Tendencies Entombed, des Misfits aux Wizards les influences sont assez varies et a s'entend, ce qui est priori "positif". Et bien qu'on ait le droit quelques interludes acoustiques de bluesman dbutant (malheureusement), du keupon deux de tension et quelques squences de doom trad, les mecs de B2M semblent avoir au final une ligne de conduite assez claire; savoir toucher le fond et vous inviter faire de mme. Ce qui signifie raclages de face appliqus et volontaires contre du bitume granuleux, brlures cutanes et perforations osseuses avec des fragments d'asphaltes, prolifration de bacilles ttaniques, saignements abondants, vacuations diverses et jouissance. Je m'arrterai l. De tout cela retenez simplement que les sauterelles d'Egypte taient un faux problme. Redoutez plutt l'invasion des lthocres du bayou. Cheers from Louisiana.

Voices of the Coming Plague en trois mots : primitif, indlicat, ardent

— Krokodil, le 23 juin 2012 (537 lectures)

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MAEL MRDHA - Cluain Tarb

MAEL MRDHA - Cluain Tarb : 2005 · Karmageddon

Folk Epic doom

MAEL MRDHA


tous les adeptes d'une thorie inavouable selon laquelle Dublin est un peu au heavy metal ce que la NOLA est au sludgetruc, ceux-l trouveront dans Mael Mrdha tout bonheur l'argument pompetteux pour laborer laborieusement. a commence tout de mme en 1998 tout a, et y'a eu le temps d'en enquiller des pintes en divagant des hymnes imbibs la tourbe sur une demie poigne d'EPs, et ici a puire tant encore que mme le chanteur de Primordial il a rien qu' bien se tenir, vu de la performance extraordinaire de fan de Borknagar deuxime poque que t'cluses jen ; mais avec une fougue toute temptueuse et Manowar-ienne en plus sans doute, qui fait que peut a et l relativement gnialement fonctionner, sans compter une bonne science du riff fermier qui rappelle les meilleures heures de la famine la patate. D'un charme aussi tidasse que certain, et encore renforc par cette espce de prod cheapos et ringarde dans le genre dix-ans-de-retard-tavu, probablement aussi infme et indispensable qu'un shampooing bihebdomadaire bire/vinaigre.

Cluain Tarb en trois mots : pique, irish, ignoble

— Rocky Turquoise, le 12 juin 2012 (504 lectures)

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FUDGE TUNNEL - The complicated futility of ignorance

FUDGE TUNNEL - The complicated futility of ignorance : 1994 · Earache records

Grunge Industriel Freak doom Noise rock

FUDGE TUNNEL


Fini les conneries maintenant, il y a un temps pour la dconne et un temps pour piler de l'os. Un son norme, gonfl encore la production, plus pais mme que les autres albums et plus austre aussi : encore une fois on ne rigole plus, preuve en est, le premier titre au riff dlest d'une face-b d'un vieux Godflesh (et encore faut-il attendre celui du refrain, quelques doubles croches prs, tellement Morbid Angel), le groove est enseveli sous un de ces dluges vous retourner le cerveau, une espce d'avalanche sdimentaire qui explose en continu secoue par un Adrian infernal la batterie et le sosie de G.C. Green la basse, tendue et sche, lourde comme un renne mort. Seulement, une fois ce morceau pass on commence se dire que les riffs bourrins sont quand mme bien moins finement amens qu'auparavant, non pas que la finesse soit l'un des piliers de Fudge Tunnel, mais l'ambiance insolente et cynique laisse place ici un srieux et puissant flot d'insultes qui tendance empiter sur leur groove grungy si savoureux. En fait c'est leur album le plus mtal, tout simplement, et mme, le plus doom : il faut voir ces riffs lthargiques de prophte blanchi au cholra qu'ils amnent sur des titres comme "Find your fortune", un pied dans la tombe, dcidment, a ne rigole plus. En ralit, l'album mrite bien son petit lot d'coutes avant de rvler toutes ses subtilits, se rvlant lui-mme comme un superbe album o le groove n'est en fin de compte vraiment pas en reste : la talk box dans "The joy of irony", les patterns hallucinants du batteur, l'intro live beumeu de "Cover up" et le riff gnial qui la poursuit, le chant plus dfoulant que jamais d'Alex (cette voix qui hante mes nuits) l'instar de ses riffs d'ours, la descente coolissime dans le break de "Suffering makes great stories", le refrain nonchalant de la suivante, les intituls toujours joliment choisis, il m'aura fallu le temps pour le comprendre, mais cet album n'est surement pas l'erreur de parcours qu'inspire sa pochette, c'est bel et bien une tuerie de plus leur palmars.

The complicated futility of ignorance en trois mots : Rageur, dfoulant, rancunier

— EyeLovya, le 12 juin 2012 (742 lectures)

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FOUR DAYS TO BURN - Southern Corruption

FOUR DAYS TO BURN - Southern Corruption : 2009 · Metal Rising Records

Sludgecore Southern rock

FOUR DAYS TO BURN


En fait, Four Days To Burn c'est un peu la magie du PCP sur le swamp blues d'un Muddy Waters devenu manchot, la faute Danny Trejo comme par hasard, en plus punk et sans harmonica, en moins cafardeux et en plus dcadent. Un sludge de tendance confdre, juste au cas o, assez peu courtois, souvent sot et toujours fielleux; incapable de trancher entre son stoner aux miasmes hallucinognes et son hardcore datant de l're jurassique. Dcomplex souhait, on s'y projette en sauveur hroque et rotomane de la catin pouilleuse viole par le porc vreux, esquivant les salves de Smith & Wesson visage dcouvert aprs avoir poudr ses narines de neige purifie du Colorado. Car au diable la lucidit, ici l'important c'est la haine et le sang ennemi vers. Il se trouve que ce "Southern Corruption" est imprgn d'un esprit grindhouse assez jouissif, n'tant pas pour dplaire mon surmoi geek. Donc, ne soyez pas surpris si vous tes molests de riffs hormonaux et contestataires la Outlaw Order et de ruptures rythmiques la Soilent Green des grands jours Et non Brian Patton ne joue pas dans Four Days To Burn. Aussi, ne vous offusquez pas de ces querelles de rebuts dgnrs et crams au cocktail Sierra Nevada/pipe crack, rivalisant d'une infinie subtilit derrire les micros, deux doigts de dclencher l'hystrie collective. Eux appellent a "catharsis", bien que ce concept leur soit forcment tranger, nous on se contente d'appeler a "crise de paranoa aige". Enfin, levez le pied et sachez considrer ces plaisirs simples en 4 accords simili-grunge-keupons, ces solos d'clops boweresques et ces louables samples, tirs pour la plupart de films cultes, parmi lesquels "Bad Lieutenant" d'Abel Ferrara ou "Network" de Sydney Lumet, ce qui changera des "Texas Chainsaw Massacre" usuels. Quoiqu'il en soit, cette corruption sudiste se concrtise sans la moindre prtention, chie dans tous les sens, et faut bien l'admettre, a soulage.

Southern Corruption en trois mots : badass, gnreux, irresponsable

— Krokodil, le 10 juin 2012 (681 lectures)

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ROYAL THUNDER - CVI

ROYAL THUNDER - CVI : 2012 · Relapse Records

Stoner Hard "70s Blues rock

ROYAL THUNDER


A partir de 2004, suite lvnement de Witchcraft, nous avons subi la mode des boys bands rayures sudois, singeant avec plus ou moins de succs Pentagram et autres groupes des 60s/70s. Depuis 3,4 ans, cest deux autres mouvances que nous essuyons de plein front, la pop rtro tendance occulte (Devils blood, Uncle acid et jen passe) et le rtro rock chanteuses (Jex Thoth en tte via son groupe ponyme et Sabbath Assembly, Pursons etc.). Parfois (souvent mme) les trois fusionnent. Bref. Je ne dnigre pas mais loverdose a vite t atteinte me concernant. Royal Thunder ne droge pas la rgle. Compositions rock classiques, un brin rtro pour le ct vintage. Mais sans lorgane vocal de leur bassiste, le groupe ne se diffrencierait pas vraiment de la masse. Car comme pour beaucoup de leurs frres darmes, cest la chanteuse qui tient bout de bras lalbum. On ne peut pas leur en vouloir, parce quelle est sacrment doue. Puissance, tessiture, sa voix est plus charismatique quun charmeur de serpents et si on accroche, cest gagn. Minaudant comme pas possible, elle apporte une luminosit grandiose des morceaux qui tournent rapidement aux jams heavy et lancinants. Parfois, je crois entendre un Bardo Pond qui aurait rgl ses amplis sur 11. Les moments de bravoure, autant instrumentalement que vocalement pullulent et deviennent les highlights de lalbum mais peuvent devenir un dfaut : passe la dcouverte, je pense que ce groupe lidentit si fortement marque par l'omniprsence de Mlny est sujet entrainer la lassitude, les titres les plus percutants et mmorables se trouvant placs en premire partie. Non pas que la seconde se rvle plus faible, mais en ralentissant le tempo et en privilgiant les ambiances apaises de lamericana, on dcroche assez rapidement. Sortie pour lt, il sagit de la bande son parfaite pour des vires dans des espaces aux dimensions grandiloquentes mais comme cette saison, elle nest pas faite pour durer.

CVI en trois mots : prgnant mais phmre

— intheseblackdays, le 07 juin 2012 (669 lectures)

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STUMM - I

STUMM - I : 2006 · Aesthetic Death

Drone doom Sludgecore

STUMM


Mais quelle espce de monstre suis-je pour ne pas ressentir la moindre compassion devant cet enfant misrablement vautr dans ce coin de piaule, la tte semi-encastre dans le mur et accul d'un filtre couleur menstruation ? Comment puis-je rester insensible devant la capture, humiliante qui plus est, d'un si exquis instant de dtresse, de solitude et de dsespoir ? Me surprenant esquisser un rictus narquois devant l'incroyable subversion des titres, et de cette fresque homme/primate, allgorie d'une rgression 100% sludge de btard, je me sens tellement las... Et irrcuprable est le prcieux temps que je viens de perdre au nom de l'hermneutique. Qu'avait-il en tte l'ami Void de Reverend Bizarre lorsqu'il contribua la gense de ce groupe en jouant l'entremetteur ? Non pas qu'il et t judicieux de s'abstenir, mais bon, c'est pas comme si Fleshpress, Usko et autres Frogskin n'taient pas dj finlandais. Et au sujet de la musique ? Et bien honorons l'inanit de ces vibrations ventriloques de basses, entrecoupes de quelques larsens effarouchs ne parvenant gure masquer un non-riffing dconcertant, s'autorisant parfois des dissonances aussi maladroites qu'intempestives. Enfin, c'est certainement dans ce souci de nihilisme jusqu'au-boutiste que les errances droniques ont le souffle maladif et encombr d'un asthmatique, lui-mme ankylos par les boursouflures d'une production infme. Lgume certes, mais suffisamment nerv toutefois pour perptrer le mme aboiement ridicule pendant d'interminables minutes. "I" est une dmonstration (parfaite pour le coup) des drives d'un pseudo-minimalisme ayant oubli toutes perspectives (aux vertus maximalistes quant elles), rejetant toutes dclinaisons, modulations, combinaisons d'effets et de structures possibles. En rsum, non-prsence omniprsente, absentisme pur et pas dur du tout. Nous nous consolerons donc au fil des rumeurs, car il semblerait qu'il y ait du Corrupted, du Grief et du Noothgrush dans Stumm, ce dont je ne doute pas une seconde, d'autant plus que l'hrtique en moi est convaincu que le capricieux Jukka s'impose en digne hritier de Jeff Hayward ou peut-tre pas. En dfinitive, je tiens saluer la performance. Stumm accde brillamment au podium des cancres du sludge aux cts d'EyeHateLucy et Arachnotaur Mais qui sont ces cons ? Dsol papi Ludwig, malgr l'infini respect que je te porte, il y'a des jours o

I en trois mots : LESS, IS, LESS

— Krokodil, le 07 juin 2012 (531 lectures)

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BARDO POND - Bardo Pond

BARDO POND - Bardo Pond : 2010 · Fire Records

Psyché Psychedelic folk

BARDO POND


Bardo Pond en ont fini avec les titres en rfrence directe la drogue, les voil avec leur album ponyme, leur album dnud. La saturation paisse en gros nuage a quasiment disparu sur celui ci, elle plane maintenant comme un coussin molletonneux volant durant une bonne partie du disque, ou tout du moins la partie du disque qui n'est pas acoustique. Et si la saturation s'est apaise, le pouvoir psychotrope s'est lui hiss d'un cran ou deux, et s'tale dans de longs mantras o l'on se perd en flottant au milieu de la douce flute et surtout de la voix d'Isobel, fil conducteur arien du disque, qui rcite ses paroles de zozo moiti endormie. On est, du reste, plutt loigns du psychdlisme fleurette estival, et ce titre, malgr son japanim, le gris clair de la pochette lui va trs bien. Clair et plus que jamais tir en longueur, nuageux, tout en planant avec le vague l'me qui ne cherche pas trop s'en aller, vu comme on laccueille bien par ici.

Bardo Pond en trois mots : interminable, flottant, envoutant

— lucas, le 06 juin 2012 (804 lectures)

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PHOBOS - Proto

PHOBOS - Proto : 2001 · Megaton Mass Products

Industriel Black metal

PHOBOS


Ainsi donc le voil, enfin, ce premier disque quand P.H.O.B.O.S. jouait black indus... Si comme moi vous craignez du metal militariste prave tranquillisez vous. Si vous escomptez ici trouver du mtal ce sera seulement comme armature pulvrulente au cur d'un misrable amas de boue (dj ...) putrfie - ainsi que dans une sorte de version crust scorbutique de Selfless, car oui, Godflesh est toujours/dj prsent, vaporeusement, mais on pourra surtout penser la fois aux grincheux de Khold et aux vieux disques de Black Sun - entre Fleshmarket et Hour of the Wolf, bornes non incluses - tandis qu'on se fera empltrer par cette dgnrescence de beumeu opinitre, baveux, empes, cet amour de l'aplatissage coup de brique d'une rgularit nauseuse, ces riffs gondols de basses au grain ouvrier en faire bander Eisenvater sur sa chane de montage. Ou bien un abattoir porcin dont les officiants sont des suids en uniformes tout droit sortis d'une pochette de Magma. Pour autant, bien sr, qu'on admette l'hypothse farfelue de russir faire quelque chose comme penser, sous l'obscne et triste assaut des bacilles malins, des visions confuses induites par l'intoxication, et des machineries maudites.

Proto en trois mots : condamn, insalubre, migraineux

— gulo gulo, le 06 juin 2012 (4427 lectures)

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ANCESTORS - Invisible white

ANCESTORS - Invisible white : 2011 · Tee Pee

Progressif

ANCESTORS


Je nai jamais t un gros fan de Pink Floyd. Je memmerde assez vite, seuls quelques rares morceaux font office dexceptions. Je prfre les relectures quen proposent certains groupes slowendiens (Om avec set the controls durant toute sa discographie, 5ive avec le mme morceau, Sleep avec Dragonaut dont lintro rappelle furieusement le riff de Money ) qui capturent lvidence mlodique du flamand rose tout en y ajoutant un ct pchu et lourd qui lui fait cruellement dfaut pour remporter mon adhsion. Alors, quand Ancestors poursuit son volution pour passer du space rock lourd et paradoxalement planant de Neptunes fire, via une tape progressive lgrement alambique et intellectuelle, laissant toujours la part belle aux guitares carnivores, un rip off totalement assum du floyd, ben je dcroche. Cest effectivement trs bien excut, mais la mme somnolence sempare de moi que lorsque jcoute echoes ou ummagumma. Chose qui, histoire denfoncer le clou, ne marrive pas avec Astra, mme via leur second album qui ma franchement du. Il faudrait que je jette une oreille sur In dreams & time pour vrifier si le divorce avec les guitares lourdes et donc avec moi-mme, est consomm.

Invisible white en trois mots : very pink floyd

— intheseblackdays, le 05 juin 2012 (675 lectures)

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WAR INJUN - Tribal Eulogy

WAR INJUN - Tribal Eulogy : 2010 · Blood & Iron

Traditional doom

WAR INJUN


On vient War Injun pour les beaux yeux d'un line-up qui offre toutes les garanties d'un ronronnement au sucre brun du Maryland en tous points satisfaisant. Et l'on y trouve, en effet, le son plein de mirages cuivrs de Revelation ; mais aussi le liss d'caille de celui d'Idiopathic, de Fistula, surtout quand un riff vient rappeler ce fameux morceau de JJ Cale, vous savez ... mais c'est probablement un effet du blues et de ce whisky coca qu'ils aiment aller dguster chez la No Worry Woman. On en trouve galement, en effet, des riffs qui bien entendu, , confer ci- gauche, portent la lourde patte d'Earthride sur sa poigne des gaz - mais dont aussi, plus d'une reprise, le mordant dor au musc grunge-metal proto-stoner semble plonger dans de profondes racines nineties, voquant furieusement le stoned southern thrash divin d'In the Arms of God, de Corrosion of Conformity. On trouve ici, surtout, saillante sur le fond du discret talent des musiciens, cette impossible voix, gueuse et motarde souhait, goule l'excs, tellement vulgaire et contrefaite qu' ct votre premire fois avec Wyndorf prend rtrospectivement des allures de session Lisa Gerrard, et qui l'on finit par s'attacher plus que solidement - et dont le concert d'aboiements lubriques mi-mollassons mi-hell's, second par la batterie matte et sur le sentier de la guerre, et les solos qui voient double d'une guitare dborde par les spasmes de psilocybine, ne fait pas peu pour emmener le disque dans son sillage de folie, vers de plus hallucinatoires et oniriques territoires qu'on en attendrait de prime abord.

Tribal Eulogy en trois mots : sauvage, lunaire, spirituel

— gulo gulo, le 05 juin 2012 (587 lectures)

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CONAN - Monnos

CONAN - Monnos : 2012 · Burning World

Traditional doom Stoner Drone doom Epic doom

CONAN


Certes, la ralisation est cent mille lieux de celle de lalbum prcdent. Finit le souffle faiblard qui couvrait lensemble du disque. Le son est plus granuleux, on peut limite en ressentir les asprits, mais limpression poussive dgage par le groupe est toujours omniprsente. Jen dduis quil sagit de leur marque de fabrique. Je suis toujours la recherche de la moindre trace dune mlodie, ne serait ce que brve ou banale lextrme. Les riffs, si on peut les appeler comme a ne sont que de vulgaires enchainements daccords visant faire le maximum de boucan possible. Certes oui, ils ont investi dans du matos de tueurs et je ne doute pas que ceux qui ont pu les voir en live me diront que a te retourne les tripes, mais comme prcdemment, a cache, pas trs bien dailleurs, un manque de crativit flagrant. Pour moi a reste basique et strile. En la matire, je reste fidle mon Dragon Green, qui en plus davoir une puissance sonore largement au-del et ce, dix ans plus tt, savait te faire groover un riff des plus mastodontes comme jamais. Cette impression de constipation est de plus renforce par cette voix, sans grain, sans puissance, qui elle non plus ne fait pas dans la mlodie. De longs cris monotones sur des riffs de mme calibre. Je ne comprendrais donc jamais lengouement que ce groupe suscite chez nos amis anglo-saxons. Quelque chose doit mchapper, mais quoi ?

Monnos en trois mots : basique, strile, poussif

— intheseblackdays, le 04 juin 2012 (1193 lectures)

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BONG - Mana-Yood-Sushai

BONG - Mana-Yood-Sushai : 2012 · Ritual

Drone doom Psyché Ambient Rituel

BONG


Le cr Bong 2012 (le seul ? nous ne sommes quen juin) ne changera pas la donne. Premier album pro (entendre : enregistr en studio, llment mis en avant par Ritual, comme si a allait changer quelque chose chez Bong) mais ce nest en rien ce qui marque au fil des premires coutes. Bong continue de creuser un sillon somme toute basique. On commence les connaitre, ces quatre zigs. Drone rituel, spulcral, mystique, avec quelques touches orientalisantes. De lambient pour doomster. Accentue par un artwork des plus lumineux, en comparaison avec ceux de la plthore de disques qui dsormais composent leur discographie, auquel sadjoint un nouveau logo palindromique qui en renforce la mystique en devenant l'cho des montagnes peintes par Nicolas Roerich, la musique des anglais semble sallger. Certes, cest vrifier avec un sonotone mais jai limpression dcouter le disque le plus arien et reposant du quatuor. Moins oppressant, plus apaisant, les teintes bleuts doivent jouer. De laveu mme des musiciens, linfluence des mystrieux psychdliques sudois de Trd Grs och Stenar (cf. le second morceau hommage) plane sur leurs compositions. Je ne pourrai en juger, lacquisition de leurs albums ncessitant de craquer son PEL. Il reste nanmoins remarquer queffectivement, les volutes de fume sortant des enceintes font plus de circonvolutions qu laccoutume et ce nest pas pour me dplaire. On est bien loin des premiers rites sonores bas du front que Bong a pu nous offrir, mme si la voix monastique et monotone qui joue beaucoup dans le charme dsuet et monolithique de leur musique rpond toujours prsente. Bong reste Bong, mais semble, un train de gastropode, voluer vers plus de psychdlisme et moins de pesanteur.

Mana-Yood-Sushai en trois mots : vaporeux, nbuleux, thr

— intheseblackdays, le 04 juin 2012 (900 lectures)

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ARGENTINUM ASTRUM - Argentinum Astrum

ARGENTINUM ASTRUM - Argentinum Astrum : 2007 · Anti-Corporate Music Inc.

Sludgecore Freak doom Black metal Noise

ARGENTINUM ASTRUM


Un conseil. Ne vous garez pas sur les routes du Tennessee profond. Vous risqueriez sans doute de croiser des autochtones peu hospitaliers, et parfois susceptibles de vous dpouiller de vos prcieux membres pour appter de plus gros catfish, et donc de plus gros trophes. Mais aussi et surtout parce qu'il existe certaines aberrations particulirement sournoises, et susceptibles quant elles de vous dpouiller de vos prcieux membres des fins qu'il est prfrable de taire. Comme Argentinum Astrum, par exemple. De prime abord sympathiques et cordiaux lorsqu'on partage le bourbon local; borderlines et inquitants, pour ne pas dire compltement dangereux lorsqu'quips de leurs instruments de torture. Dmatrialis est le mot qui conviendra le mieux au contenant, ainsi qu'au contenu de cette production. Un papier noir, un logo, une date et le nom des bourreaux, tous flatts d'une typographie aux limites du dchiffrable. Aucun titre. Pas le moindre commentaire. Et ce morceau avoisinant les 27 minutes. Entit organique, rampante et ponctue occasionnellement de percussions aussi menaantes que celles d'un Teeth Of Lions Rule The Divine, la matire volue en permanence, instable et ncrose depuis sa plus substantifique moelle. Une carcasse aux effluves quasi-khanatiennes si l'on veut tout prix tablir une parent. Celle-l ayant succomb au rituel combien malpropre d'un Richard Chase hypocondriaque, paranoaque et vampire de surcroit, ne sachant plus comment parachever son immonde forfait. En rsulte une charogne informelle, parcourue d'insectes et de parasites perforant les rares tissus subsistant, laissant maner de chaque orifice un gaz nausabond, l'odeur de la mort aprs quelques semaines de conservation dans la moiteur tropicale d'un grenier de Knoxville. Dcomposition spectaculaire clbre par un hillbilly hurlant et tourment par un esprit malfaisant lui dictant ses actes. Et parait qu'ils sont nombreux hanter le Tennessee. Sans tre folklo pour autant le disque s'achve dans un fracas de sludge conqurant et victorieux. Mais ne vous y trompez pas, ceux qui ont gagn c'est les ncrophages.

Argentinum Astrum en trois mots : putrescent, vicieux, ftichiste

— Krokodil, le 03 juin 2012 (554 lectures)

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WORT - Wort's n'all

WORT - Wort's n'all : 2012 · [ autoproductions ]

Traditional doom Sludgecore

WORT


Attendez un peu : ces trve riffs sentent tellement le vieux doom poussièreux qui aurait voulu rendre un énième hommage à la bande à Iommi avant qu'un voile noir ne leur prennent les yeux en pleine paranoia de bad trip ; et cette basse noisy insolente qui nargue tantôt SOS, SOS, tantôt In the name of suffering ; et ce chant...du Johnny Morrow plus ou moins revenu à la vie sous forme de goule enrouée...oui, c'est bien ça, du bon vieux sludge crasseux à l'ancienne, ultra doomy, aux larsens presque occultes, un jeune trio modeste et sombre qui groove et tousse comme en 94, qui ne crache pourtant sur l'Angleterre depuis cette année seulement. On ne peut être que favorable à cette autoproduction qui, à défaut de dégager une vraie puissance de guerre, évoque avec bonheur un son garage qui colle parfaitement avec l'atmosphère générale de clodo moribond flippé par des visions d'invasion zombie. On s'agenouille devant les anciens, mais on ne les cite même pas, j'aurais voulu passer à un « cependant... », mais pour être honnête j'adore ces quatre titres et je n'y trouve rien à redire, il va falloir un album, rapidement.

Wort's n'all en trois mots : funeste, tussif, doom

— EyeLovya, le 02 juin 2012 (673 lectures)

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ISOLE - Bliss of Solitude

ISOLE - Bliss of Solitude : 2008 · Napalm

Epic doom

ISOLE


Bliss of Solitude a ce dfaut de cristalliser mesure que dfile son coute toutes les craintes que l'on pouvait dceler en germe sur Throne of Void dj ; las quand les derniers cierges s'y teignent, la plus belle des cathdrales d'Italie n'en reste pas moins un tas de briques plongs dans l'obscurit, qui garde son charme certes tout autant qu'une flamme qui vacille, mais pour autant la prsence divine y manque quelque peu. Les annes de recul n'y feront visiblement rien, au troisime vu d'intgrit chaste il faut bien que l'aura lumineuse d'Isole commence s'amenuiser, au point qu'on sombre parfois dans l'homrique facile, voir dans le plan metal-ass neuneu un peu vain d'un Solitude Aeturnus dernire gnration.

Bliss of Solitude en trois mots : lumineux, cristallin, chaleureux

— Rocky Turquoise, le 01 juin 2012 (628 lectures)

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PHOBOS - Anoedipal

PHOBOS - Anoedipal : 2008 · Megaton Mass Products

Industriel Freak doom

PHOBOS


Anoedipal est un peu le paradigme de ce qu'est P.H.O.B.O.S : un machin l'ambiance bien palpable, dsagrablement mme, et sur lequel on a peine dgoiser une fois fini de se l'tre fait exsuder dessus, pour dterminer ce qu'il s'y est pass de dfinitivement particulier. Concrtement, cet album-ci est lui aussi trs marqu par Godflesh, en apparence ; avec, dj, cet art de faire miauler les guitares qui sans faire mine d'y toucher taquine plus qu'aisment Blut aus Nord ; sauf que dans le mme temps il est galement tout fait dans le got d'un Celtic Frost rcent, avec son monumentalisme malgrcieux, triste figure et matriaux nobles ; et qu'encore par-dessus le march cet indus-metal de baron se voit troubl de multiples tours de main de la plus dlicate faon sick electro, toute la riche cole des Skinny Puppy du vieux continent aux dtours des couloirs pisseux, Putrefy Factor 7 tant le nom qui viendra le plus volontiers en tte, et aprs lui celui de Mortal Constraint - pour un groupe electro-dark ce serait dj beau, pour un projet metal c'est Byzance. Et justement cet album a tout fait le vice oriental d'une aussi colossale que concupiscente effigie en bronze de Baphomet, de Baal, ou de tout autre mystique bestiau cornu, ardent et dvoreur d'innocents venu des ges raffins que l'on voudra fantasmer en de moites cauchemars d'asthamtique.

Anoedipal en trois mots : cruel, hautain, sybarite

— gulo gulo, le 01 juin 2012 (934 lectures)

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