Chroniques d'octobre 2005

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LED ZEPPELIN - Led zeppelin II

LED ZEPPELIN - Led zeppelin II : 1969 · Atlantic

Hard "70s Blues rock

LED ZEPPELIN


On a tous des disques cultes. Des disques que l'on chrit quelle que soit sa priode musicale. Tout le monde connat ce groupe, chacun nommera une des ses productions comme son meilleur disque : le premier ponyme, Physical Graffiti, le sempiternel IV et "Stairway to Heaven" qui revient toujours ds que l'on nonce son nom dans une conversation. Eh bien, en ce qui me concerne, mme si mon morceau prfr se trouve sur le fameux IV (en l'occurrence "The Battle of Evermore", pas reprsentatif pour un sou, j'oserai mme mivre), mon album ftiche de Led Zep', c'est celui-ci, le "Brown Bomber". Je ne m'embterais pas retracer l'histoire du combo, dj connue de tous et que je ne saurais rdiger de faon convaincante mon humble avis, ne me prenant absolument pas pour un historien du rock, pondre des pamphlets abominablement incomprhensibles et pdants, ni pour un analyste de haut niveau. Enfin je m'gare. Je me contenterai seulement de vous dire pourquoi j'adore ce disque. L'absence de Led Zeppelin commenait se faire ressentir sur ce site en partie vaguement ddi au hard 70's ? Eh bien, dbutons par ce II. Deuxime et dernire fois que le dirigeable apparatra de faon imposante sur une de leurs pochettes, l'esprit rock n roll se dtache clairement des bases blues du premier album (chiant d'avoir laiss sans titres les quatre premiers) et Page se charge de nous assner ses riffs hullulants tout au long de cet album qui offre un panel assez vaste du potentiel des anglais. Aprs une ouverture qui deviendra plus qu'un classique, aux dhanchements jouissifs, on va passer de morceaux boogies de somptueuses ballades, o affleurent une sensibilit exacerbe. Plus besoin de s'tonner en constatant le succs mondialissime auprs des demoiselles de l'poque. Page et Plant sont deux solistes qui viennent s'appuyer sur une section rythmique du tonnerre. Si les deux "stars" et leur compagnon batteur offrent une prestation sonore marquante, le discret John Paul Jones n'est pourtant pas en reste et si sa basse suit le plus souvent les routes traces par l'ombrageux guitariste, son orgue consolide et apporte une touche magique aux crations zeppelinienne. Le quatuor s'aventure dans des contres folk, avant de revenir un acier strident et ravageur, empruntant au heavy rock qu'il est en train de crer conjointement avec d'autres pointures et ses racines blues qui ne s'effaceront pas en l'espace d'un disque. Culott, il va mme s'autoriser l'exprimentation d'un titre quasi compos d'un unique solo de batterie, le terrrrible Moby Dick o l'amiral Bonzo va s'en donner coeur joie. Et que dire enfin du final "Bring it on home", tout en intensit gradue. Ce II, comme ses confrres, fera l'objet de cas d'cole dans l'histoire du rock, mais s'il marque ce point mon esprit dgnr, c'est qu'il offre enfin la gamme complte et la puissance de feu dont est capable de la machine de guerre Led Zeppelin, prte faire les ravages qu'on lui connat. Je ne me prends toujours pas pour un docteur es rock, mais j'ai l'impression pourtant d'avoir t incomprhensible. J'aurai prfr que l'un des prposs ce style se charge de cette tche ma place, mais en leur brillante et prolonge (voir inquitante) absence, dfaut d'un expert, il fallait bien qu'un fan se dvoue, c'est tomb sur moi.

Led zeppelin II en trois mots : plomb, rac, efficace

— intheseblackdays, le 30 octobre 2005 (814 lectures)

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UFOMAMMUT - Lucifer songs

UFOMAMMUT - Lucifer songs : 2005 · Rocket

Stoner Psyché Freak doom Ambient

UFOMAMMUT


Le quatuor italien est donc pass au trio, et c'est par un EP que l'auditeur se familiarisera avec Ufomammut nouvelle formule, plus un DVD pour se consoler un peu d'une trop courte demi heure de musique. La musique ? Consquence probable de la rduction de line-up, les effets sont beaucoup plus dissocis du reste, ils sont toujours prsents, mais plus pars au fil des morceaux, seulement sillonns, et bien plus concentrs au niveau des intros / outros, pour faire transition. Ce disque se diffrencie galement des prdcesseurs par sa richesse en samples de dialogues de films, comme en sont friands Electric Wizard, au hasard. Autre consquence probable et logique de cette diminution de personnel, il a fallu trouver un moyen de conserver une certaine densit atmosphrique malgr la rarfaction des effets et synths : une dose de saturation supplmentaire s'imposait donc. Et (doux jsus) c'est bien bon. car en plus de a, le jeu de Poia semble tre plus franc et offensif que sur les 2 albums, il se fend des riffs les plus monumentaux qu'il ait jamais servi, et la carence en synth joue grandement en la faveur de cette frocit rvle, et applique par chacun. En tmoigne plus particulirement, le bon gros bout de roc qu'est Mars, dont le seul effet est celui commun tout les titres : la voix spectrale d'Urlo, qui lutte comme jamais pour se faire entendre, noy sous les notes plus appuyes que jadis de sa propre Rickenbacker. Mais tout comme on dcouvre plus crment le ct organique d'Ufomammut, il en va de mme pour le ct surnaturel, et au mme titre que ces pistes faibles en synths, on dcouvre galement les ambients Hypnotized et Astrodronaut qui eux ne sont constitus que de a ! Ufo et Mammut marchent dsormais cte cte au lieu de s'entre-pitiner. Ceux qui auront le bon got d'investir dans la version vinyl de Lucifer Songs, pourront apprcier le bonus track Lucifer Song (tiens donc.), bizarrement le morceau le plus doom du lot, dont les synths bourdonnants et sans cesse dmultiplis, toujours plus lourds et lents, comme les pas pesants et rsonnants d'un robot-goliath, vont mme jusqu' srieusement voquer de. l'indus. jusqu' la toute dernire seconde, celle o la porte blinde 15 tonnes par laquelle on avait pntr l'OVNI nous tombe brutalement sur la tte.

Lucifer songs en trois mots : inquitant, brut, profond

— marystonage, le 29 octobre 2005 (842 lectures)

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SOURVEIN - Sourvein

SOURVEIN - Sourvein : 2000 · Game Two

Stoner Sludgecore

SOURVEIN


Today I'm in a violent bad mood. Peut-me chaut (ca s'crit comment a?) se dira le lecteur. Et pourtant a a son importance. Parce que en effet c'est ce matin que j'ai dcid de me recouter le premier effort du quatuor de Sourvein, qui m'avait laiss lors de la premire coute un sentiment mitig. Et bah ca a pas rat, ces coutes successives ont plus ou moins confirm mon impression de base. Alors sans doute que je vais me faire taper sur le bout des doigts, parce que j'ai cru comprendre que ce groupe bnficie d'un soutien assez important, et qu'en plus c'est le premier vrai groupe d'importance de l'amoureuse en secret de notre cher inziz national. Mais bon que voulez-vous, on peut pas toujours tre d'accord sur tout, sinon on se ferait chier. Cette dsagrable, pnible et inutile intro termine, venons en aux causes du raison du pourquoi de comment a se fait que je ne parvienne pas apprecier ce premier effort. A premire vue, strictement aucune raison. C'est groovy, c'est gras, a bouge bien, y a des bons riffs, bref rien qui ne puisse laisser supposer que l'coute de ce s/t me laisse en dfinitive un got amer dans le fond de la bouche, au niveau de la glotte, un peu aprs la deuxime molaire o s'est d'ailleurs cas un bout de jambon qui refuse de partir. Seulement voil, ces gars (au sens de guys, donc ca inclut Liz) ont en gnral trop cout EHG (je trouve le parallle avec Dopesick assez ahurissant par instant),et le mlange avec un background stonerisant est souvent rat. Comme je disais, les riffs sont gnralement bons, mais incroyablement banals. Et puis le son est tout bonnement nul. Plat, sans relief, anodin quoi. C'est ici qu'on sent que la sauce n'a pas vraiment russi prendre: le ton est limite sludge, limite stoner, mais aucun des deux vraiment, et loin d'tre ici un avantage, je trouve que a gache la plupart du temps la qualit des riffs. Abordons prsent ce qui pour moi constituent les deux points noirs de l'album. Tout d'abord, peut tre le moins gnant, la batterie est compltement sous mixe, presque absente, et les plans sont gnralement sans intrt. Simplement l pour accompagner les grattes, sans plus quoi. Ensuite, IL Y A CETTE VOIX HORRIBLE ET RIDICULE. Non mais franchement elle me laisse pour ainsi dire sur le cul. Une voix de canard prpubre, c'est se demander o ils ont bien pu aller le chercher celui l. Aucune puissance, aucune intensit, rien quoi. Inutile d'ajouter qu'elle est galement relativement sous mixe. Tout n'est pas jetter sur ce s/t, loin de l. Les compos sont gnralement assez entranantes, bien headbangantes, pas toujours trs originales, mais a n'est pas bien grave. Mais il y a quand mme sur l'ensemble pas grand chose de bien excitant en tirer non plus (le premier qui fait une mauvaise blague sur Liz aura affaire Inziz). En mme temps, comme je suis de mauvaise humeur ce matin, rien ne dit que cette chro ne va pas jarter en moins de deux. Pis faudrait que j'coute le "Will to Mangle" aussi pour me faire une ide plus prcise. En attendant, svre ou pas, ce premier Sourvein reste pour moi une bonne dception.

Sourvein en trois mots : dcevant, plat, dispensable

— Sinical, le 28 octobre 2005 (889 lectures)

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EYEHATEGOD - Dopesick

EYEHATEGOD - Dopesick : 1996 · Century Media

Sludgecore

EYEHATEGOD


1995. On ne parviendra pas encore faire taire la voix d'Eyehategod. Le rvrend Williams a dcid de runir ses enfants de choeurs et, avec leur aide, de rvler sa paroisse les relles intentions de dieu. Une synthse simple et concise est possible par de l ces hurlements de sauvages aux dents pourris : dieu n'est pas amour, dieu ne ressent qu'une chose la vision de vos corps obses et luisant, de vos manies destructrices, il vous HAIT. Le meilleur qualificatif pour dsigner cette prose enflamme se situe dans le titre mme qu'a choisi EHG : SICK. Malade, timbr, ravag, brl l'acide, EHG n'est qu'un ramassis de cams bons rien si ce n'est sortir des sons ignobles de leurs instruments. Ils se roulent dans leur fange, accabls, mais bien plus heureux de vous faire partager leur sort lorsque vous entendrez leur disque, nafs que vous tes. Ces Lousianais aux pieds nus, Damn right I'm a redneck but I ain't no idiot, n'essaient mme pas de matriser leurs outils de tortures, le simple fait de jouer en rythme est suffisant pour filer la nause au moindre auditeur. Moins brute que la gense "In the name of suffering", Dopesick reste nanmoins bestial et licencieux. Leur blues survitamin, empreint d'une nergie du dsespoir tangible s'est perdu entre le jack et l'ampli pour faire une pause au bar du coin. Les larsens s'lvent comme des crissements de dents, la basse est le pot d'chappement d'une de ces pick up mastodonte, qui encombrent la chausse plus qu'ils ne sont utiles, auprs duquel nous nous agenouillons pour respirer les volutes nocives pleins poumons, sans entendre la batterie, batte fracassant nos ctes de junkies blasphmateurs. Je ne pense pas que Williams ai cherch une seule fois savoir s'il savait chanter et encore moins chanter juste. Quand il a t question de donner toutes ses tripes, c'est cette bile sonore qui s'est rpandu, gerbe haineuse qui brle la gorge plus qu'elle ne libre de quelle tension que se soit. Et cette mixture a beau ronger les tympans partir de la moindre seconde o on y jette l'oreille, cela a beau ressembler une dmo de crtins chevelus abjects et glandeurs, on reste assister au sermon et on peroit au milieu de ce limon une sincrit qui aurait du mal tre simule. Ils ont raison de ne pas se forcer embellir leur musique, la ralit qu'ils dpeignent n'est simplement qu'un immense tas de bouse et ce n'est pas en vidant un arosol fracheur printanire qu'on parviendra masquer cette odeur de MERDE. dieu nous HAIT, ainsi soit-il.

Dopesick en trois mots : malade, haineux, dpressif

— intheseblackdays, le 27 octobre 2005 (1092 lectures)

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BORIS - Heavy rocks

BORIS - Heavy rocks : 2002 · Fangs Anal Satan

Stoner

BORIS


On sait tous que Boris voue un culte la marque Orange et ses amplis de 8 mtres de haut, au grain incroyablement expansif. Qu'on aime ou pas Boris, chaque coute d'un de leurs albums qui laisse parler la distorsion, on se prend au moins la claque du son dans la tronche. Alors quand le trio dcide de raliser un album en hommage cet ensemble de bois et ampoules peinturlur faon Jimi Hendrix, pas besoin de faire un dessin, mieux vaut se planquer derrire le canap en appuyant sur la touche play. Avec un spectre sonore ultra gav de fuzz, Boris ne s'embte pas tisser des ambiances. Ici c'est pied au plancher pendant 46 minutes. Ici, Boris joue du stoner rock garage dbrid, au son terrifiant. Invitant mme Lori figurer sur le titre d'ouverture, judicieusement intitul "Heavy Friends" pour la peine, celle-ci n'y fait qu'une courte (et dcevante) apparition mais on s'approche de la mme chape de plomb qu'Acid King. Prcurseur d'un Akuma no Uta d' peine une anne, celui-ci est tout de mme plus digeste car savamment dcoup en plages courtes, alternant morceaux punk/metal hybrides, jams lancinants mais toujours gras comme doit l'tre toute musique slow endienne ou hymnes stoner dans sa plus grande forme. Niveau effets, je crois qu'ils n'en ont oubli aucun, puisque la plupart passent sournoisement inaperus, absorbs comme ils sont dans la masse grondante et omniprsente de la distorsion, surgissant quand Wata ou Takeshi daignent les laisser respirer. Fresque sonique aux dimensions cyclopennes, cet album est un univers part entire dont il est difficile d'y entrer mais encore plus d'en ressortir, de par sa compacit nauseuse par tant d'excs. Inutile d'ergoter, Heavy Rocks est sans compromis, testament quasi dfinitif d'une scne qui cherche atteindre l'extrmisme sur tous les plans. Colossal, ravageur, cet album l'artwork illisible est comme toutes les bonnes choses, son abus amne invitablement se lasser.

Heavy rocks en trois mots : excessif, satur, lassant

— intheseblackdays, le 25 octobre 2005 (885 lectures)

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FALL OF THE IDOLS - Agonies be thy children

FALL OF THE IDOLS - Agonies be thy children : 2005 · [ inconnu ]

Epic doom

FALL OF THE IDOLS


Quand j'ai reu ma copie de ce "Agonies be thy children", je ne savais pas trop quoi m'attendre...encore un disque command au milieu de six ou sept autres parce qu'il tait pas cher et que j'aime bien me rserver une petite surprise musicale de temps autre. Si ce groupe avait attir mon attention, a n'tait que grce quelques commentaires plutt positifs glans je sais plus o. En tout cas, la rception du colis, la pauvre photocopie faisant office de booklet et le cd grav roots-style ont tout d'abord refroidis mon enthousiasme. Comme quoi. L'habit ne fait pas le moine. Remarquez, c'est pas si j'tais pas dj au courant. Mais bon l, le dieu du heavy doom m'a quand mme rserv une bonne surprise. C'est vrai, aprs tout, les combos contemporains (comprendre: s'tant form relativement rcemment) voluant dans le style et montrant un minimum de talent sont relativement rares, en juger par les diffrents extraits que j'ai pu cout droite gauche. Et bien ici, je pense que tout fan de heavy doom tendance lyrique aura de quoi trouver son content. Il suffit de jetter une oreille aux riffs principaux de "Hall of the Forgotten" ou mieux encore du morceau ponyme pour se rendre compte que ces cinq gaillards (dont trois gratteux au cas o vous ne l'auriez pas not) ont tout compris l'art de l'arrangement qui tue. Comme quoi il en faut peu pour faire beaucoup. Un bon riff, on tricote intelligemment, et on obtient un morceau de trs bonne qualit. Des riifs qui dgagent vritablement une atmosphre de sabbat, de nuit noire, de damnation au sens premier du terme. Une mlancolie noire, faiblement illumine par une aurore borale mourrante. Pas ou peu d'effets, pas de soli, pas de fioritures, simplement l'art d'enfiler les notes de faon crer quelque chose de trs puissant, de trs vocateur. Le son n'est mme pas intressant. Il est parfaitement commun. Mais on ne s'en rend mme pas compte. La voix y est galement pour beaucoup. Assures par le batteur, les vocalises sont particulirement impressionantes, non tant par la performance physique en elle mme que par la justesse du ton. La voix colle parfaitement aux compos. Elle est un indispensable complment. Au premier abord, elle peut sonner banale, mais au fil des coutes, on se rend rapidement compte qu'aucune autre voix n'aurait pu convenir. Une voix dsabuse, froide, presque sadique par son dtachement. En dfinitive, cette dmo est du genre me faire regretter qu'il n'existe pas d'intrmdiaire entre "bon" et "excellent". C'est vritablement impossible pour moi de faire un choix entre les deux. Cette dmo est excellente, mais ne prsente en soi aucune originalit. Le son est juste bon, mais les compos fantastiques. Au final, je vais donc lchement me contenter d'un "non-not". Mais que cela ne vous dispense pas d'y jetter une oreille attentive.

Agonies be thy children en trois mots : lyrique, dsabus, mlancolique

— Sinical, le 25 octobre 2005 (626 lectures)

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DEINONYCHUS - Insomnia

DEINONYCHUS - Insomnia : 2005 · My Kingdom

Doom death Black metal

DEINONYCHUS


Bon, la base, j'sprais commencer ma chronique de faon un peu originale. Donc, comme je me doutais que, un peu comme moi, vous n'aviez que peu d'ides de ce que peut signifier Deinonychus, je suis all me renseigner rapido sur internet. Or, d'aprs la formidable encyclopdie gratuite (c'est surtout a qui est formidable) Wikipdia, Deinonychus c'est " un petit dinosaure carnivore, de la corpulence d'un gros chien, qui a vcu au Crtac dans le Montana. Son nom, griffe terrifiante , fait rfrence la griffe gante, en forme de faucille, qui terminait son deuxime orteil". Voil qui plombe mon intro. Et en plus, pour le groupe en lui mme c'est pas forcment un point positif. Ben ouais quoi, s'appeller comme un dinosaure gros comme un bulldog terrier, c'est pas gnial. Passons ds lors par un chemin plus traditionnel. Deinonychus, c'est la base un obscur combo de black hollandais, qui n'a amorc son virage vers les musiques lentes et rptitives que nous affectionnons tous si violemment que rcemment, c'est dire en 2002. Apparemment, il s'agit d'un essai un peu maladroit, limite rat. Projettons nous donc en 2005 maintenant. Et bien 2005 sonne comme l'anne de la conscration pour les bataves. Honntement, ce "Insomnia" est une perle de dark/doom/death/black tout-a-quoi. Des compos assez simples mais directes, ayant le bon got de ne pas sonner prtentieux ou pompeux, pas originales pour un sou, mais sacrment efficaces. Un enchanement d'accords barres aggrments de lignes mlodiques particulirement prenantes, parfois en contrepoint, souvent affubls d'effets vaporeux. Des brults de noirceurs et de haine sentimentale. Des murs de grattes au son rpeux, frusque, grsillant, allis de discrets claviers mortuaires, majestueux, aussi rares qu'efficaces, une batterie classique mais parfaitement ajuste. Et surtout, une voix dchire, tmoignage des anciens mfaits black/deathisant du combo, trs surprenante considrant la musique propose. Une voix particulirement raille et angoissante. Elle voque alternativement un pauvre bougre sur un instrument de torture particulirement inventif, ou une sorte de damn perpetuel, condamn on ne sait quel destin peu enviable, une rsurgence contemporaine et amliore d'un Promthe particulirement soign. Dernier lment notable: des tempi gnralement relativement rapides, mais particulirement pesants, abrutissants, limite martial comme sur l'excellent troisime morceau (dsol, considrant la longeur dmesure des titres, j'ai renonc les apprendre), mais ne rechignant pas acclerer, parfois assez brutalement, comme pour accentuer le malaise ambiant. Au final, une trs bonne surprise pour un groupe assez souvent dcri, peut tre juste raison. En tout cas, si vous entendez dire du mal de ce "Insomnia", un conseil: ne vous fiez pas aux ragts et fates vous votre opinion. Il y a de bonnes chances pour que vous ne soyez pas dcus.

Insomnia en trois mots : classique, tortur, noir

— Sinical, le 25 octobre 2005 (754 lectures)

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SUNN O))) - Black one

SUNN O))) - Black one : 2005 · Southern Lord Records

Drone doom Black metal

SUNN O)))


Accouphenator est de retour ! Sunn o))) ou la lourdeur abyssale qui prend la gorge, qui fait vibrer tout le corps... vous rend tout Parkinson, tout vibromasseur le temps d'un rituel interminable... Sunn o))) o le son est un spectre difforme qui n'est pas votre copain. C'est aussi surprenant que de savoir que Rob Halford est gay, mais c'est officiel : Sunn o))) se lane dans le schwarze talm... ou tente en tout cas de s'y frotter avec "Black One" qui avec son futur successeur "Black Two" feront ainsi parallles aux "White 1" et "White 2" (qui n'taient pas trs catholiques pour autant). Ecouter du schwarze talm n'indique pas forcment qu'on serait dou en faire, c'est quelque chose qu'on comprend viscralement ou pas... comme Lautreamont. On ne compte plus le nombre de clones, de sous-groupes pensant incarner la renaissance de la scne scandinave millmise 1990-1995... Anderson et O'Malley ont sans nul doute nourris depuis longtemps dj (depuis mme les Grimmrobes Demos srement) l'ambition de croiser "Earth 2" au "Filosofem" de Burzum, soit la quintessence de l'obscurantisme musical selon eux. Ce disque est probablement le plus rflchi sur le long terme car il DEVAIT sortir. Tt ou tard. On ne fait pas d'omelette sans casser deux oeufs... a suffit pas. Plus y'en a mieux c'est. Soutenus par John Wiese (Bastard Noise) et Oren Ambarchi (compagnons bruitistes sur bon nombre de performances live de Sunn o))) ) Lord Anderson et SOMA s'entourent galement, "Black One" oblige, de la crme du schwarze talm (ou assimil) ricain soit Wrest de Leviathan et Malefic, le necro-shoegazer de Xasthur ("fake" vient l'esprit, obligatoirement). Et tout ce petit monde de sauter dans le grand chaudron. Tout comme les rfrences directes Earth sur les "Grimmrobes Demos", Sunn o))) donne galement sur "Black One" des points de rfrences au metal noir. Ce qui n'indique pas pour autant o l'auditeur met les pieds... bien au contraire. Pour preuve, cette intrigante reprise de Cursed Realms (Of The Winter Demons) d'Immortal. Autant l'original donnait l'envie de courir torse nu dans la fort grim en panda une pe la main (le clip de "Blashyrkh", un grand moment Rock'N'Roll!), autant la version qu'en donne Sunn o))) est proprement terrifiante. "Sin Nanna", l'intro du disque, est le nom d'un trange personnage qui se cache derrire le nom de Striborg, one-man-band blackiste originaire de Tasmanie (!). Orthodox Caveman est un remachage obsessionnel de "Seven Angels" de "Earth 2" qui n'tait pas indispensable... Seul morceau sur lequel apparat Wrest, "It Took The Night To Believe" est particulirement imprgn de son empreinte. Tout l'intro de "Candlegoat"... trs Xasthur. Mais c'est toujours le son amplifi qui fait la loi comme sur "Cry For The Weeper", dluges et cascades se morfondent et chutent lourdement... pour se terminer sur une lgie funbre, hommage l'esprit de Quorthon par la reprise du riff principal de "A Fine Day To Die" accompagn des rles de Malefic gesticulant dans son cercueil... entre deux mondes... un pied dans la tombe. Malgr les varits de l'album, le son de Sunn o))) reste immuable. Nul trace de blast beats, de croix inverses, de satanisme aiguë, des clichs habituels... Sunn o))) ne s'occupe pas de l'attirail mais va directement au nerf, l'motion. A l'essence mme du mal d'une faon totalement primitive. Si Sunn o))) est une des dernires formations ( tendance) schwarze talm, elle sonne comme la premire de toute l'humanit. Le drone... vous m'direz... le drone. H bien sur "Black One" le drone disparat peu peu... par dfinition le drone est un filet continu. Or Sunn o))) a beaucoup concis ses morceaux (il y en a sept ! ...7 !) tournant en gnral autour de 10 minutes. La transe se fait donc plus dlicate... mais reste une masse terriblement lourde et puissante sur laquelle plane le sinistre fantme d'Hellhammer. C'est sa majest cornue qui vous souffle au visage. Vous ne pouvez pas le voir mais sa prsence vous envahit... vous n'en pouvez plus ! Vous vomissez vert !

Black one en trois mots : sinistre, occulte, sombre

— NAGAWIKA, le 24 octobre 2005 (1220 lectures)

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ORODRUIN - Claw tower

ORODRUIN - Claw tower : 2004 · Psychedoomelic

Traditional doom

ORODRUIN


On avait pourtant rien demand mais Orodruin revient 2 ans aprs "Epicurean Mass" avec un maxi EP sous le bras. Soyons pas rabat-joie, acceptons le joyeusement comme les chouquettes que nous offrent tata et tonton chacune de leurs visites. Ho, h bien ce "Clawtower" semble raisonner comme un premier bilan. Les protecteurs du Doom carte vermeil se sont-ils remis en question ? Se seraient-ils finalement rendus compte que sur scne, les titres de "Epicurean Mass" assoupissaient le publique ? Est-il arriv que les neuneuilles de John "quat'yeux" Gallo se ferment tout seuls pendant un solo ? En fait, inlassablement lyrique et traditionnel, Orodruin s'entte, quoi qu'il arrive (nous sommes en 2005, bonjour), dans le Doom Metal le plus aryen possible... Mais! Les nouveaux morceaux remuent plus que d'habitude. Et c'est pas un mal. Plus caractriels, plus "rock"... plus agressifs mme ! C'est qu'on les sentirait presque sortir la double grosse caisse les cochons ! Plus srieusement, si les 4 premiers titres montrent une visible progression, Orodruin bouffe encore sans relche tous les rteliers (et a toujours autant le charisme qu'un cover band de Molly Hatchet du fin fond de l'Arkansas). Et que j'te fais un riff de Pentagram, et que voil un plan la Count Raven, etc... etc... Afin de faire plaisir leurs 10 fans, les 3 dmos qui ont prcd "Epicurean Mass", ont t rajoutes ce maxi dans le but de... dans quel but d'ailleurs ? Si celles enregistres en 2001 et 2002 sont trs conventionnelles au premier album, la premire dmo de 1998, elle, montre un groupe plus influenc par Accept que par Solitude Aeturnus ! N'ont-ils jamais eut un semblant de dignit dans leur folle jeunesse introvertie ? Cependant on est en droit de se demander s'il n'est pas un peu tt dans la carrire d'Orodruin pour ressortir les archives. Car ces dmos ne sont pas indispensables, et encore moins KVLTs. Les "Labinocle" metal se sentent-ils devenus des incontournables du genre, de l mme dsormais ctoyer le gratin des fans de KISS ? Dire qu'ils se permettent mme maintenant d'afficher un grand "DEATH TO FALSE DOOM"... Vous avez dj vu un groupe rclamant sa propre mort, vous ?

Claw tower en trois mots : nerd, nerd, nerd

— NAGAWIKA, le 24 octobre 2005 (551 lectures)

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UFOMAMMUT - Snailking

UFOMAMMUT - Snailking : 2003 · The Music Cartel

Stoner Psyché Freak doom Ambient Space Rock

UFOMAMMUT


Alors que s'apprte sortir leur nouvel album, il me semble que je peine toujours digrer celui-ci, un an et demi aprs sa venue au monde. Une expression tout fait approprie puisque cet album est bien plus viscral et organique que son prdcesseur. Il ne s'agit plus ici d'une simple succession de morceaux articuls autour de thmes spatiaux mais d'une entit pachydermique rampant tel un ver suintant vers des cieux qu'elle ne pourra jamais atteindre. Bien plus sombre, cet album est une plonge dans des abmes de chairs et de sueur, merveilleusement illustre par la pochette qui donne le ton exact de l'oeuvre. Oui, oeuvre, car il a du en falloir, du courage et de l'abngation, au quatuor devenu dsormais trio, pour crer une telle chose et surtout parvenir la matriser et la diriger o bon lui semblait. Pourtant, si le son toujours plus gras et massif en impose, cette obscure aventure ne perd en rien cette paradoxale lgret cosmique qui est propre au groupe italien. L'orgue fluidifie dans les artres de la bte des nappes enttantes de sons synthtiques et envotants, noyant la voix d'Urlo hurlant des paroles inintelligibles au milieu de ces rythmes organiques et persistants. Les riffs s'tirent au maximum, parfois camlons au milieu de la masse sonore, parfois rels leaders, guidant la crature dans des sursauts stoner magnifiquement reptiliens, rocks, hargneux, mais toujours empreints de cette spatialit sournoise, rpeuse et enivrante. La fascination que l'on ressent devant un trou dvoilant ses obscurs contours et des dimensions gargantuesques qui ne devraient physiquement pas exister. L'cho est roi sur ce disque, se rpercutant sur les parois gigantesques de fresques soniques, faisant perdre ses repres au voyageur s'aventurant dans ces sombres tnbres palpitantes. D'ailleurs, qu'entendons-nous ? Les battements de coeur du titan dont nous explorons les entrailles ou bien les pulsations assourdissantes de nos organes, effrays par l'ampleur du constat que nous nous sommes entrans dans une odysse dont nous ne matriserons srement pas la fin? Moins frappant que son prdcesseur mais beaucoup plus fluide et narcotique, Snailking est une balade qui se transforme vite en cauchemar d't, ceux qui vous font coller les draps la peau et vous entranent dans des crises d'angoisse dont on ne voit jamais la fin, o la flamme d'une sortie vacille fbrilement pour finalement s'teindre dans un souffle.

Snailking en trois mots : organique, abyssal, caverneux

— intheseblackdays, le 23 octobre 2005 (858 lectures)

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ELECTRIC WIZARD - Electric wizard

ELECTRIC WIZARD - Electric wizard : 1994 · Rise Above

Traditional doom

ELECTRIC WIZARD


Bon a commenait me faire de la peine, cette chronique qui manquait, alors je me suis dit allez mon vieux, c'est pas la premire fois que tu critique un disque sur lequel tu n'as strictement aucune opinion . Oui donc, ce premier Electric Wizard, qu'est-ce que c'est. H bien c'est le disque le moins lourd du sorcier, et l on se marre en lisant a parce qu'il est dj foutrement heavy. Les gros riffs patauds que je te balance dans la gueule pendant trois plombes, les solos psychdliques avec des trucs de l'espace qui font dzing dzing bouahou dans le fond. Jus Oborn tait sans aucun doute dj bien intoxiqu l'poque, si j'en juge par la voix compltement dsabuse qu'il trane d'un morceau l'autre. Bon, la rigueur, si j'avais d'autres choses dire sur ce disque, je ne me priverais pas, mais je suis oblig de confesser que je ne suis pas aussi accro celui-ci qu' tous les autres. La faute a deux choses peut-tre : d'une part un manque de nervosit qui ne favorise pas mon coute attentive vu qu'on finit par s'emmerder assez vite. Le son tant assez brouillon par ailleurs, les paroles sont parfois limite indiscernables. L'autre problme tant simplement que la qualit d'criture et de composition n'atteint pas la cheville des disques suivants, les morceaux ne restent pas particulirement en tte ( part peut-tre Devil's Bride et Electric Wizard). Bon enfin je peux dire ce que je veux, cet Electric Wizard reste un trs trs bon disque, qui ne dcevra vraisemblablement aucun fan du groupe. Et puis l'avantage c'est que c'est peut-tre aussi l'album du sorcier o l'influence de Black Sabbath transparat le plus. Mais pourquoi ce serait un avantage , dites vous ? Je ne sais pas non plus mais j'avais envie de le dire.

Electric wizard en trois mots : honorable, mystique, pachydermique

— Nirguna, le 22 octobre 2005 (1106 lectures)

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THY GRIEF ETERNAL / ETERNAL - Thy grief eternal / Eternal

THY GRIEF ETERNAL / ETERNAL - Thy grief eternal / Eternal : 2005 · Rise Above

Traditional doom Doom death

THY GRIEF ETERNAL
ETERNAL


Curieusement, Rise Above nous ressortent ces dmos pr-Electric Wizard juste au moment d'un lger sursaut d'activit du sorcier (tourne anglaise, mini tourne europenne, interviews, soit disant laboration du nouvel album.) alors que selon eux, cela fait plus d'une dizaine d'annes que ces bandes moisissaient dans leurs placards. Ca sent l'opportunisme, mais bon, en grand fan, je n'en ai rien battre et suis bien heureux de me voir offrir une nouvelle manne, enfin plutt un objet original, parce cela fait dj quelques temps que ces choses circulent sur la toile. - Thy Grief Eternal. Derrire ce nom coucher dehors se cache une entit doom death ultra baveuse. Aucun, mais alors absolument aucun rapport avec le wizard que l'on connat. Le son est sans compromis dgueulasse, touff, trs lointain et il vous faudra pousser le volume assez loin pour entendre les guitares acres se joindre aux craquements du vinyle. On reste un peu sur sa faim car nous sont livrs que deux morceaux mais ceux ci ont une identit clairement dfinie et une aura dfinitivement malsaine. On pourrait comprendre et qualifier Ramesses de retour aux sources si les deux compres d'Oborn avaient jou sur le disque. Mais non, du futur groupe n'apparat que le nabot rondouillard, s'occupant la guitare rythmique et du chant, guttural au possible. 17 minutes qui semblent en durer 30, cris de zombie cataleptique, ambiances brumeuses, cette forteresse d'obsidienne ravira coup sr les fans de son garage ultra dgoulinant. - Eternal. On ne nous fournit pas plus de renseignement sur l'volution du groupe, perdant au passage son prfixe. Je pense qu'il s'agit dj du trio Oborn/Bagshaw/Greening, puisqu'en plus de retrouver la "douce" voix dsenchante de Jus, abandonnant dfinitivement les gargarismes, certains morceaux ne sont pas sans en rappeler d'autres, comme le toujours aussi mauvais Chrono.naut qui surgit ici pour la premire fois ou la cultissime intro ". You make it easy" qui reviendra sur "Come my fanatics.. ". On peut galement sourire en coutant la seule reprise du Sabb' ma connaissance par EW, exercice totalement dpourvu d'intrt pour un groupe aussi clairement influenc par la bande de Birmingham. Joue la note prs, avec un son plus crade et la voix d'Oborn, on frle l'ennui. Les autres morceaux sont lents (sans blagues), dans la droite ligne de l'album ponyme, donc cools mais franchement pas de quoi faire un salto arrire en glissant le diamant sur les sillons de la rondelle. Bilan : Eternal est trs dispensable, voire carrment anecdotique. Oui, Electric Wizard a dbut comme tous les autres groupes avant de pondre des albums sensationnels. TGE est un document qui retient beaucoup plus l'attention, puisque le genre pratiqu est cent lieues de ce que l'on attendait et de plus d'excellente facture, mi-chemin entre Winter et "Forest of equilibrium".

Thy grief eternal / Eternal en trois mots : baveux, suintant, anecdotique

— intheseblackdays, le 22 octobre 2005 (1262 lectures)

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CANDLEMASS - Epicus doomicus metallicus

CANDLEMASS - Epicus doomicus metallicus : 1986 · Powerline

Epic doom

CANDLEMASS


Chroniquer ce genre de disque, c'est du pain bni pour les mecs qui cherchent comme moi faire semblant de connatre leurs classiques, imaginez un peu : dj c'est le premier album, alors a c'est toujours super pratique, on peut le chroniquer sans connatre toute la discographie du groupe, c'est pas un problme. En plus, pour moi qui ai un vritable problme de foss des gnrations, qui ne suis pas foutu de reconnatre la moindre qualit aux grands classiques des annes huitante (j'aurais pu l'crire avec des chiffres, mais je tenais mon petit rgionalisme, aujourd'hui), tomber pour une fois sur un disque que je trouve excessivement plaisant me permet de me la jouer un peu respect des anctres , alors qu'au fond rien ne m'emmerde davantage que ces thories patriarcales sur les fondements gnalogiques de la merde qu'on coute aujourd'hui. Est-ce que vous auriez l'ide de baiser votre belle-mre ? Bon, on doit trouver des exceptions, mais enfin, vouloir tout prix voir le mieux dans le vieux relve mon sens de l'atavisme dlibr. Ce petit prambule destin videmment vous rappeler que cette chronique ne sert rien d'autre qu' me refaire un peu la main aprs un bref exil, sur un album qui n'a pas du tout besoin qu'on parle de lui de toutes manires, et puis surtout de dconstruire encore un peu le discours critique que certaines mes charitables tendent me prter. Nous disions donc. Ce disque est vieux, ringard, mlodique, permanent et en plus y a un crne sur la pochette. Old school quoi. Et en mme temps, ouah. Quelle tuerie. Pendant que la NWOBHM joue au polo, y a des mecs, en Sude qui se mettent creuser vers un truc un peu plus viscral et souterrain que les vertes prairies thres et les grosses cylindres, tout en vitant brillamment de devenir extrme proprement parler. Ce premier album de Candlemass prsente mon sens deux grandes forces : son chanteur, que je trouve infiniment plus touchant que Messiah qui le remplacera par la suite et qui semble tre l'objet d'un culte qui m'chappe totalement, et surtout cet amoncellement de riffs d'anthologie et de solos grandiloquents, tour tour incisifs, poignants ou violemment headbanguants. Ce disque russi le pari improbable d'tre la fois groovy et outrageusement dsabus. Si les textes peuvent paratre relativement cucul la praline, force est de reconnatre qu'ils sont remarquablement adquats, bien crits, et qu'ils contribuent ncessairement au sentiment pique qui se dgage de morceaux comme. euh comme tous les morceaux de l'album en fait. Epicus Doomicus Metallicus est vraiment la preuve qu'avec trois fois rien on peut faire un grand disque. Ecoutez-moi ce son, tellement limpide, pas de fioritures qui sentent un peu trop ouvertement l'ing son, c'est dpouill, net, a claque ! et il ne reste que la qualit d'criture des morceaux pour faire de ce disque ce qu'il est vraiment, une perle. Ok ok il y a une foutue reverb' sur la voix, mais enfin, on a rien sans rien. et le final s'encombre d'une voix thre dont on se serait volontiers pass, pensez donc, trente secondes du carton plein. Mais peu importe, car EDM est un album homogne, efficace, j'oserais mme dire beau, et surtout, jamais ennuyeux, malgr des morceaux de sept ou huit minutes en moyenne. Allez hop, c'est un classique, mme moi je m'en rends compte.

Epicus doomicus metallicus en trois mots : pique, dat, imprissable

— Nirguna, le 21 octobre 2005 (1570 lectures)

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BORIS - Mabuta no ura

BORIS - Mabuta no ura : 2005 · Catune

Noise rock Ambient Post rock

BORIS


Je rentre de quelques semaines au Japon, l. Ils se trouvent que par un extraordinaire hasard, j'ai russi y aller un moment o Boris ne sortait pas de disque, quel invraisemblable concours de circonstances, non ? Du coup j'ai eu l'occasion de bien couter celui-ci, dont on ne sait finalement pas trop ce qu'il est : EP, album, bande originale d'un film fantme. A vrai dire je m'en cogne un peu, parce que pour une fois, ils ne se sont pas foutus de nous. C'est un vrai disque que nous avons l, avec des vrais morceaux o ils se passent des trucs. C'est l'avatar de Flood et de Feedbacker qui nous revient cette fois, sous une forme tout de mme un peu plus digeste et labore. Le disque se prsente comme une succession de petits paysages sonores plus ou moins cotonneux ou dsertiques, que je trouve pour tout dire trs russis. Ne vous inquitez pas, Boris reste toujours ce vilain canard boiteux qui ne joue pas trs bien, ne sonne pas trs bien non plus, d'ailleurs, ne compose jamais de morceaux incroyables, mais russi toujours conserver un certain charme. Et pour ce disque, j'avoue que la sauce prend particulirement bien, probablement aide par un packaging magnifique qui donne un ct un peu plus srieux la chose que ce foutu frisbee orange. Le ton gnral de l'album se veut rsolument ambient, trs couch de soleil mlancolique, trs treinte de fin du monde, et si l'ensemble sonne un peu brico-jardin, je ne peux pas m'empcher de marcher fond dans ce trip somnolent, que j'ai trs envie de rapprocher de l'album Demios Oneiron de Rroselicoeur, pas tant musicalement que dans la progression travers le disque et cette atmosphre d'urgence paisible, ou de certains travaux de Christian Fennesz pour les couleurs qu'il dgage. Un enchanement de visites clairs sur des sites touristiques dserts, le temps de prendre deux, trois photos floues et on remonte dans le bus, on se rendort contre la vitre pleine de traces de gras. A la croise entre post-rock paresseux et amp-music noisyllarde, Boris nous dlivre ici un florilge de petites ambiances qui ne manqueront pas de vous voquer mille et une rfrences musicales insaisissables allant de la world music la new wave, sans jamais avoir l'air d'y toucher, probablement sans le faire exprs en ralit, car une fois de plus, c'est l'imagination et l'abstraction qui feront de ce disque une russite ou un foutage de gueule de plus l'actif de Boris.

Mabuta no ura en trois mots : cotonneux, vaporeux, dlicieux

— Nirguna, le 21 octobre 2005 (803 lectures)

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MELVINS - Houdini

MELVINS - Houdini : 1993 · Atlantic

Grunge Freak doom

MELVINS


1993. Voil que les Melvins soufflaient dj leur 10e bougie. Parce qu'il faut dire qu'en une dcennie, ils ont eu le temps d'en faire des choses. 10 ans, et environs autant d'albums et EPs leur actif. rputs pour leur grande indpendance et leur sens de l'humour lgendaire (dans le genre a cot de la plaque , on a rarement fait mieux !) ; Ils n'eurent besoin de rien de plus pour se forger une grande notorit dans le milieu Underground . ainsi qu'une base solide de fervents fans qui n'a cess de grandir depuis. Et c'est en l'an de grce 1993 que nos compres parviennent tre signs par on ne sait quel moyen sur un gros label. C'est donc Atlantic qui s'y colle. Car ici, ce n'est pas le label qui fixe des barrires pour le groupe, mais bel et bien le groupe qui explose les barrires que le label s'tait fix... Voyez plutt : au lieu de suivre le mouvement dont ils ont cr l'embryon (Le Grunge, en l'occurrence, celui qui se hissait aisment dans les charts au dbut des annes 90, rapportant un sacr paquet de billets verts aux firmes qui taient derrire tout a), les Melvins prfrent prendre tout le monde rebrousse poil. Du coup, ils accouchent d'un disque compltement htrogne, aux allures de bte bizarre sur le catalogue d'Atlantic. Cet album est un de mes prfrs du groupe. Pourquoi ? parce qu'il garde le son roots des dbuts, tout en commenant partir dans une sorte de dlire sans queue ni tte, un Pandmonium matris qui sera leur marque de fabrique pour la dcennie venir : car outre le grunge brut qui parsme l'album (Hooch, Honey Bucket, Night Goat.), on y trouve des ballades dlirantes (Lizzy), des morceaux forte tendance exprimentale (le nerveux Pearl Bomb, ou le dlire autistique de Spread Eagle Beagle) en passant par l'exprience "dronante" qu'est Hag Me ( rapprocher de leurs prcdentes ralisations) sans oublier l'OVNI qu'est Sky Pup. Il est galement important de noter la forte dose de second degr (cela va de soi) qui parsme l'album - il suffit d'couter la reprise de Going Blind de Kiss pour s'en rendre compte – un lment qui, l aussi, sera rcurrent pour la suite. Voil pour le premier chapitre de l'aventure Atlantic : un disque comme ce cabot 2 ttes qui orne la pochette. une erreur de la nature qu'on aurait envie de repousser au premier abord, mais qui devient vite fort sympathique si on prend le temps de l'apprivoiser. Cependant, il ne faut pas croire que nos trois hurluberlus vont s'arrter l.

Houdini en trois mots : Barr, bordlique, sympa

— Sergent_Buck, le 21 octobre 2005 (1015 lectures)

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MELVINS - Stoner witch

MELVINS - Stoner witch : 1994 · Atlantic

Grunge Freak doom Ambient

MELVINS


Un an aprs leurs premiers mfaits sur Atlantic, notre trio prfr de Seattle remet le couvert avec ce Stoner Witch. Autant mettre les pendules l'heure tout de suite : cette Sorcire n'a de stoner que le nom. En effet, le groupe continue sur sa lance, et profite des moyens qui lui sont offerts pour aller l o il n'a jamais mis les pieds. Alors certes, on aura tout de mme droit du pur Melvins comme on l'aime : du violent ( Sweet williy rollbar , Pig detective magic aprs son intro bizarrode), du lourd ( Queen , At the stake avec son riff de basse captivant), sans oublier l'norme Revolve (un des morceaux de rock les plus gniaux jamais crits !). Il y a aussi dans cet album l'apparition de morceaux calmes et poss (tels Goose freight train , Lividity ) voir compltement ambiants, l'image de ce Shevil trs cosmique sur lequel plane cette superbe voix fminine. Mais en fait, le problme avec ce disque, c'est qu'il ne semble suivre aucun schma logique. Dj que sur Houdini, on avait droit une suite de titres sans grande cohrence (ce qui faisait son originalit, et donc sa force !) mais l, rien ne semble marcher comme on le voudrai. et pourtant, c'est a qui est bon : les Melvins jouent avec nous, se moquent comme des vieux potes qui viennent de nous faire une blague. On rit jaune, puis on se dit Ah l l. qu'est ce qu'ils sont cons et on finit par s'clater. En gros, ce 2e chapitre des Melvins sur Atlantic reste un indispensable pour qui voudrai essayer de saisir l'esprit barr du trio. Et puis entre nous, il serait tout simplement fort dommage de s'en priver, parce qu'une fois l'effet de surprise pass, tous ces morceaux s'avrent tre aussi inspirs les uns que les autres ! .Hhuu. What do you mean ? My lungs are fine. hhuu. hhuu.

Stoner witch en trois mots : Timbr, mysterieux, droutant

— Sergent_Buck, le 21 octobre 2005 (1012 lectures)

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MELVINS - Stag

MELVINS - Stag : 1996 · Atlantic

Stoner Sludgecore Grunge Industriel Freak doom Ambient

MELVINS


1996, aprs un Houdini fort dviant, et un Stoner Witch particulirement nigmatique, les Melvins, dcident d'en finir une bonne fois pour toutes. Leur troisime et dernier mfait sur Atlantic s'appellera Stag. Car Stag est la goutte en trop, celle qui leur vaudra d'tre virs par la porte de devant avec un bon coup de pied dans le derrire. Mais qu'y a-t-il dans cet album qui le rende si difficile d'accs et si controvers ? Eh bien c'est simple, la dose d'exprimentations en tous genres qui parcourait leurs 2 prcdentes ralisations atteint ici son paroxysme – si l'on exclut bien sur Prick le bien nomm, sorti sur un autre label (sous le nom de Snivlem), l'album qui spare Stoner Witch de ce Stag. En effet, des l'ouverture du disque avec l'norme The Bit, on se retrouve en face d'un gros mtal lourd teint de sonorits orientales. et tous le disque va se baser sur ce genre d'amalgames : des cuivres en pagaille dans le trs gras Bar-x-the rocking M, la dualit de Black Block avec Googles (le premier est une ballade plutt guillerette alors que le second est un touffant morceau satur, ponctu par les hurlements de King Buzzo). On touche mme l'Indus sur Sterilized, suivi par la sance de ranimation cardiaque sur fond de musique classique qu'est Lacrimosa. Et sans oublier bien sur leur lgendaire second degr (j'en veux pour preuve le chant l'hlium sur Skin Horse, ou encore l'hilarant Cottonmouth, chant par Mr Dale Crover, qui clt l'album). Evidemment, il y a la dose de morceaux rapides qui rentrent dans le lard, comme Buck Owens ou les sautillants Captain Pugnet et Berthas ; Et les interludes ambiantes plus glauques les une que les autres qui commenaient dj faire leur apparition sur Stoner Witch sont toujours de la partie (Hide, Yacobs Lab, l'excellent Soup). Donc vous avez l un vritable OVNI, aussi bien dans la discographie du groupe que dans un quelconque paysage musical. un peu comme une quinzaine d'univers parallles que l'on traverserai en une cinquantaine de minutes. Et croyez moi, quand on parvient concilier autant de choses en si peu de temps, a s'appelle un coup de matre ! (et moi je dit : coup de coeur !)

Stag en trois mots : Anormal, diversifi, antithtique

— Sergent_Buck, le 21 octobre 2005 (951 lectures)

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PENTAGRAM - Relentless

PENTAGRAM - Relentless : 1993 · Peaceville

Traditional doom Psyché

PENTAGRAM


Pour commencer cette chro, un peu d'histoire moralisatrice. Form en 1971, Pentagram est assurment un exemple pour tous ceux qui s'imaginent qu'il suffit d'crire trois quatres morceaux pour tre produit dans la semaine suivante, et devenir une star mondiale dans le mois. A l'heure de la tl-musique-ralit-big-brother-tout-ca-quoi, la courbe suivie par Pentagram est en effet hallucinante. Ca n'est en effet qu'en 1985 que Pentagram a russi sortir son premier album, redition d'une demo vieille d'une dizaine d'annes. Et a n'est qu' partir des 90's, au premier ge d'or du doom, que les maisons de disques, et notamment Peaceville, se sont intresss ce combo. Et c'est ainsi qu'en 93 est sorti ce Relentless, redition quant lui du premier LP du groupe. Bon. Intressons nous prsent la musique elle mme. J'ai vu droite gauche que le "early pentagram" tait notamment influenc par des groupes comme Sir Lord Baltimore Groundhogs et Blue Cheer. Malheureusement, cela ne dit rien la pauvre culture de votre humble chroniqueur. Je prendrais ds lors comme rfrence un groupe un brin plus connu, les Black Sabb, dont on retrouve indniablement galement la patte. Effectivement, que ce soit au niveau de la voix du sieur Liebling, qu'au niveau des rythmiques, voire au niveau des riffs, la comparaison avec les inventeurs de pratiquement tout ce qui existe aujourd'hui en musique lourde et rptitive est omniprsente, mme si on se situe ici dans un registre sensiblement plus rapide et plus heavy. L'ambiance mme est relativement semblable aux premires oeuvres des anglais, avec un son plus lourd, plus organique aussi d'une certaine manire, plus moderne. De manire gnrale, il y a vraiment un feeling 70's, dbut 80's qui se dgage de ce "Relentless", mais baign d'un fluide lgrement psych, et tout aussi lgrement soterique, mystique. Et, me direz vous, tout ce que je viens de dire n'a rien d'tonnant, puisque donc le groupe s'est form l'poque o Ozzy et ses trois potes rvolutionnaient le rock en l'assombrissant. C'est sans doute l'poque qui voulait a. La thmatique d'ensemble est de toute manire rsolument noire (que ce soit au niveau du cover que des lyrics notamment), mais il y a tout au long de l'album un petit ct catchy qui donne tout son charme des compos comme "All your sins", "Sinister" ou encore "You're lost I'm free". Mais plus que tout le reste, ce sont surtout le bon milliard de riffs burns qui parsment cet album, sans compter les soli tous aussi velus les uns que les autres, qui marquent l'esprit sur cet album. Ils sont carrment redoutables, headbangant souhait, en un mot, mortels. Ils vous plongent direct dans l'ambiance d'une messe noire un peu kitch organise dans un squatt minable d'une ville pme de Virginie au dbut des annes 70, avec les bougies qui puent, les murs qui suintent, les meufs en transent et les mecs compltement drogus qui voient des ptits satans en culotte courte dans chaque coin de la pice. C'est compltement prenant. Pour un peu je me laisserais pousser les cheveux, je dirais merde mes parents, je mettrais mes affaires dans un baluchon, et j'irais dire non la guerre du Vietnam...

Relentless en trois mots : noir, trippant, heavy

— Sinical, le 18 octobre 2005 (1142 lectures)

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NORTHWINDS - Great god Pan

NORTHWINDS - Great god Pan : 1998 · Black Widow

Traditional doom Progressif Folk

NORTHWINDS


C'est dsormais chose sre, lorsqu'un disque est estampill Black Widow Records, il y'a 100% de chances pour qu'il soit fabuleux. Et ce n'est pas Northwinds qui viendra nous dmontrer le contraire. "Great God Pan" est le premier album des franais de Northwinds, et c'est un petit chef d'oeuvre d'originalit. Il fallait oser: mlanger Heavy Doom, Prog 70's et musique celtique. Northwinds l'a fait, et avec un talent incroyable!!!! C'est vrai qu'au premier abord, ce mlange peut paratre assez indigeste, mais il n'en est rien l'coute. En fait, Northwinds nous entranerait presque dans un voyage ferique au beau milieu de la fort de Brocliande. Northwinds n'est pas le genre de groupe accessible, tant leur musique est riche et originale. Sur une base tout fait traditionnelle, viennent se greffer plusieurs lments qui rendent la musique du groupe si frache et diffrente. Tout d'abord le ct folk, tout a fait inhabituel, avec une utilisation trs intelligente d'instruments folkloriques. Ces instruments ne sont ni trop prsents, ni pas assez, tout en restant une des composantes la plus importante. La prsence de ces derniers n'est absolument pas choquante et tout semble couler de source ici. Comment ne pas tomber sous le charme de l'intro guitare sche/flte de "The Pain"? Ensuite, l'autre facette de "Great God Pan" c'est ce ct prog, tout aussi intelligent et cohrent que le ct folk. Northwinds enrichit sa musique grand renfort d'orgues, pianos et divers claviers aux sonorits 70's (kitsch? Peut tre un peu, mais certainement pas dans le mauvais sens du terme). Ne m'en voulez pas, amis puristes, mais j'entends du Ange, du Pink Floyd, et mme du Jethro Tull dans la musique de Northwinds... Toute la beaut ici repose en fait sur ce subtil quilibre entre les genres Il y'a quand mme quelques petites faiblesses, qui n'en sont pas totalement d'ailleurs, avec par exemple l'accent du chanteur (bien qu'excellent) qui reste trs franchouillard. Mais je me demande si ce petit dfaut ne renforce pas encore un peu plus le charme de ce "Great God Pan". Au final si vous cherchez un grand bol d'air frais, laissez vous tenter par Northwinds, je vous promets que vous ne serez pas dus. A noter que le deuxime album du groupe est encore meilleur.

Great god Pan en trois mots : original, potique, beau

— Tom, le 16 octobre 2005 (718 lectures)

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PHOBOS - Tectonics

PHOBOS - Tectonics : 2004 · Appease me...

Industriel Freak doom

PHOBOS


En gnral, quand un groupe cite comme rferences Godflesh, Neurosis (et accessoirement Voivod, je dis accessoirement parce que je ne connais pas), deux sentiments me titillent: le premier, c'est une lueur d'intrt vivace qui s'installe au fond de mes yeux. Le second, presque immdiatement conscutif, c'est un sentiment de mfiance, d'apprhension et de doute mal plac. En l'occurence, avant de me procurer cet album, j'en avais dj receuilli quelques echos trs favorables. Bon. Signe encourageant. Mais je dois bien dire que c'est surtout la rference Godflesh, incurable fan que je suis, qui m'a pouss jetter une oreille sur les mp3 proposs sur le site. Et franchement, j'ai pas mis deux secondes (...enfin si quand mme mais c'est histoire de dire) avant de me dcider. Phobos, c'est vraiment du godflesh la sauce doom. Du metal indus lent, crade, sale et rappeux comme une dalle de bton. Des ambiances suffocantes, limite post apocalyptique, plombantes. Avec Tectonics, vous plongez tout droit dans un univers urbain dvast, d'o l'homme a quasiment disparu, rfugi sous les vestiges d'une civilisation prtentieuse et trop sr d'elle mme. "Tectonics", c'est sans doute parce que ce cd donne le sentiment qu'une entit mi-mcanique, mi-organique s'est rveille pour deverser sur le monde son flot sonore de lave visqueuse et fumante. L o Godflesh et Neurosis laissent parfois un temps de repos, Phobos dcide d'enfoncer le clou...ou plutt les clous, mais aussi les visses, les piques, les brochettes, les cure-dents, en bref tout ce qu'il peut trouver de piquant et de douloureux. Les rles saturs et haineux d'une me prisionnire jamais d'une machine dregle et maudite, des larsens stressant de grattes monocordiques, des sons de basses assourdissants et des rythmiques toutes droit sorties des usines tracteur de Stalingrad en temps de guerre: la recette de Phobos est prouve, mais galement terriblement novatrice. Ce ct asphyxiant et cette sensation de constamment se retrouver sur un tapis roulant qui dfile entre un nombre indfini de machines-outils dont le seul objectif est de rduire un peu plus chaque fois la surface de votre corps constituent la marque de fabrique de ce "Tectonics", qui devrait ravir les doomsters ouvert sur les musiques industrielles. Et je sais qu'il y en a un paquet.

Tectonics en trois mots : asphyxiant, mcanique, btonn

— Sinical, le 13 octobre 2005 (714 lectures)

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THRONES - Sperm whale / White rabbit

THRONES - Sperm whale / White rabbit : 2000 · Killrockstars

Freak doom

THRONES


Lorsque Preston se lance dans un projet solo, lui, l'homme ayant particip plus d'un groupe culte (jugez vous-mmes : prsent sur le premier Earth, sur quelques-uns des meilleurs Melvins, aidant ses compres de Sunn o))).) , on ne peut qu'tre dans l'expectative. Que pouvons nous attendre de l'oeuvre personnelle d'un bassiste ayant surtout fait du featuring de luxe dans des groupes la personnalit dj fortement marque ? Le rsultat est l'image de l'homme : sacrment drang, parfois bancal, mystrieux, la fois gnial et effrayant parce a tout de mme lgrement tendance s'parpiller. Ce second mfait est la preuve mme de ce patchwork, puisqu'il s'agit en fait de la runion de deux EPs (Sperm Whale qui donne ici son nom et sa couverture et le White Rabbit EP dont les tranges lapins albinos peuplent, quant eux, le livret intrieur), mais dont l'ordre des morceaux a t modifi. Les titres sont tellement dans le mme esprit, malgr les quelques mois ou annes sparant leur date de cration, que cela ne choque en rien leur enchanement. En fait, c'est l'ensemble qui interloque car nous avons affaire ici un vritable ovni de la scne "loud". L'homme est seul, a tout compos en solitaire et se produit avec comme seuls compagnons sa basse, un synthtiseur et sa boite rythme trafique. Avec son quipement, il part l'aventure, chassant rythmes monstrueux, lourdeur mastodonte, mlodies aussi charmeuses qu'trangement synthtiques, lorgnant presque du cot d'un Vanglis dfonc au peyotl. Parfois, il s'autorise une pause, chantant au coin du feu, comme un crooner, des comptines sombres et malsaines. Aussi, lorsqu'il s'autorise quelque repos, il emploie un vocodeur pour loigner les btes fauves qui pourraient s'aventurer jusqu' lui. En clair, ce trophe de chasse est d'un atypique ahurissant, empreint de la folie du parcours de ce trappeur des temps modernes, oscillant du cot du drone earthien, du venin rapide et corrosif des Melvins, avec en prime la grosse louche de talent personnel du sieur, car, si ce groupe beau s'appeler "The Thrones", il n'est pas inutile de se souvenir qu'il n'y a qu'un fou derrire tout cela, Joe Preston.

Sperm whale / White rabbit en trois mots : synthtique, timbr, chaotique

— intheseblackdays, le 12 octobre 2005 (705 lectures)

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BIG ELF - Closer to doom

BIG ELF - Closer to doom : 2001 · Record heaven music

Hard "70s

BIG ELF


D'entre de jeu la pochette explose aux yeux. Elle est tout simplement magnifique et si je devais noter le groupe uniquement sur son aspect visuel (chose plus importante qu'il n'y paraisse chez ces amricains), il rcolterait pas loin de la note maximale. Dommage qu'ils soient signs sur une major qui ne perd son temps diter exclusivement que des gros artistes vendeurs en vinyle, tant cette pochette mriterait un grand format pour en admirer toutes ses subtilits. Chapeau au concepteur et au photographe qui ont mis en image un classique digne d'un Sergent Pepper, nous permettant, tant bien que mal avec ce format 12x12, de distinguer, dans cet agencement parfaitement pens d'instruments faisant rver la plupart des musiciens, quelques influences malicieusement symbolises. On y voit si je ne m'abuse, un vinyle ou tout du moins une photo des Beatles priode moustachus trnant sur un Marshall, un buste de Beethoven, une figurine de Yoda bien esseule, ainsi que sans doute beaucoup d'autres rfrences plus obscures mes yeux d'impie. Les couleurs sont chaleureuses, l'ambiance feutre et fleurant bout de pupille les early 70's, voir les mid 60's. Impression renforce dans le livret par l'accoutrement des quatre gars qui doivent dpenser des fortunes chez leur tailleur ou chez les marchands de fripes. Oui, a fait dj depuis un pav ressemblant vaguement un paragraphe que j'accapare votre temps et pourtant pas un mot sur la musique. Et bien, heu. c'est peut tre parce que celle-ci n'est probablement pas la hauteur de ce que l'emballage laisse attendre ? L'erreur ne pas commettre aura t dans mon cas de dcouvrir Hex bien avant les deux prcdentes ralisations de la bande amricaine (et non sudoise comme je le sous-entendais dans mon obscure chronique prcdente). Malgr son titre, "Closer to doom" est bien plus lger que son successeur. Les seules influences planer et laisser leur trace odorifrante sur ce rond de plastique sont la bande de Liverpool et le flamand rose. Ce disque est incroyablement pop, limite enjou, la surenchre de claviers, mellotron, violons, les mlodies insouciantes, les chants trafiqus, les choeurs en abondance ne faisant rien transpirer plus ici que des ambiances anglaises, une classe distingu de rockeur endimanch la rouflaquette dbride et au pantalon ramasse-poussire. On sent nanmoins pointer du bout de son nez ce que sera le futur classique et entranant Hex mais "Closer to doom" reste coinc entre deux chaises, entre les rustiques dbuts et la folie ravageuse de l'album suivant.

Closer to doom en trois mots : chaleureux, tape--l'oeil, has been

— intheseblackdays, le 09 octobre 2005 (599 lectures)

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CAPRICORNS - Ruder forms survive

CAPRICORNS - Ruder forms survive : 2005 · Rise Above

Freak doom Punk rock

CAPRICORNS


50 minutes de Capricorns couperont court aux comparaisons que 20 minutes de leur EP avaient pu susciter avec Pelican. Mais finalement a ne tient pas tellement leur degr d'heaviness respectif, mais simplement au fait que ces 2 groupes n'ont vraiment pas grand chose en commun part tre instrumentaux. Ceci except, impossible de mettre en parallle 4 chicagoans dont la musique est imprgne par l'artificiel du post-hardcore, 4 orfvres anglais qui se font un point d'honneur utiliser les mtaux bruts les plus prcieux, qu'ils soient servis tels quels ou finement travaills. Ruder Forms Survive est peut-tre mme plus sombre qu'heavy, les passages mlodiques parfois jusqu'au paisible constituant une part fort importante de ce 1° album dont la douceur tnbreuse donne l'impression que Capricorns volue dans une aube perptuelle qui retomberait dans la nuit sans jamais laisser place au jour. Aussi bien en 4 minutes de '1977: Blood For Papa', qu'en 13 de '1066: Born On The Bayeux', le gris passe au noir, Docteur Jekyll devient Mister Hyde : des mlodies calmes et dlicates, alternent des assauts de guitares lourdes et grondantes, jamais croulantes de saturation. Les notes sont nettes et profondes, les riffs, mme pars, sont majestueux, cette musique, qu'elle soit d'humeur agressive ou plus lgre, a quelque chose de distingue. La production est on ne peut plus clean, chaque instrument est produit clairement et justement, ce qui n'est pas pour jouer en la dfaveur de la finesse des compos. Mme les morceaux les plus riches en corrosion comme '1440: Exit Wargasmatron' et ses intro de basse sature, larsens de guitare et cavalcades de batterie, conservent un raffinement certain tant la lead guitare, plus particulirement, passe du froce au cristallin avec dextrit. La recette de Capricorns est tellement labore (attention : problmes d'tiquettes l'horizon), qu'on aurait pu imaginer 'The First Broken Promise', seule vritable chanson parmi les 7 pistes, dpourvu de la voix du leader des new-yorkais d'Oxbow, Eugene Robinson, tant la partie instrumentale s'en distingue. Mais il se trouve que ce quatuor a dcidment du gnie et dmontre chaque seconde qu'aucun mlange n'est impossible si les ingrdients sont habilement rpartis, ou qu'on prend l'expression 'pauser sa voix' son sens littral : Eugene ne chante pas, il sera la dose de mal de ce titre, en y injectant, tincelle de folie dans les yeux et couteau la main, ses rles et cris rampants, ses paroles trangles et agonisantes, enttantes et inquitantes qui finiront par s'teindre petit feu, pourtant pas exorcises... Non pas que la survie des formes primitives soit une mauvaise chose, mais si leurs semblables plus volus, eux, doivent tre amens disparatre, Capricorns en fera forcment partie, a serait dommage.

Ruder forms survive en trois mots : sibyllin, clair-obscur, royal

— marystonage, le 06 octobre 2005 (762 lectures)

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DEAD MEADOW - Shivering king and others

DEAD MEADOW - Shivering king and others : 2003 · Matador

Psyché Hard "70s

DEAD MEADOW


Dead Meadow n'est dfinitivement pas sa place ni dans cette dcennie, ni aux Etats Unis. Aprs deux albums ingaux et un live magistral malgr son cot nasillard, le trio continue imperturbablement sa voie, tourn vers le pass et tentant de le relier au prsent par des voies impntrables mais si sensuellement tentatrices. Toujours baigns dans cette torpeur qui leur incombe, plus fragiles et lgers que jamais, les trois amricains cislent des chansons races, qui s'tendent, s'allongent, sans jamais se perdre dans un amas ennuyeux d'effets et de psychdlisme rat. Froid, humide comme la brume de la tamise, opaque mais arien, il suffit d'un rien pour fendre le voile et entrer dans l'onirisme grandiloquent d'un groupe qui ne laisse en transparatre que quelques bribes afin d'appter le voyageur rveur. Hypnotiques, les structures rptitives suffoquent, noient l'auditeur avant de l'entraner plus loin encore, dans un univers thr mais gardant toujours ce charme l'Anglaise. Plus voyageur que jamais, Shivering King, comme tous ses confrres, s'exprimente plus qu'il ne se subit et laisse l'esprit divaguer au son de ces guitares acides mais jamais corrosives, de cette batterie lointaine mais distingue et de l'aura raffine que dgage cette entit plus que jamais emprisonne dans un espace temps qui n'est pas le sien.

Shivering king and others en trois mots : brumeux, rac, anglais

— intheseblackdays, le 06 octobre 2005 (759 lectures)

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DEAD MEADOW - Feathers

DEAD MEADOW - Feathers : 2005 · Matador

Psyché

DEAD MEADOW


Trio devenu quatuor, celui ci n'a pas pour autant gagn en agressivit, surtout que celle-ci leur a toujours fait dfaut (tant donn leur style, il serait mme dommage d'en constater la moindre parcelle). Justement, sur cet album, Dead Meadow tend s'loigner plus que jamais du tiroir stoner dans lequel beaucoup ont pu les ranger, faute de sous-catgorie adquate existante. Le premier morceau porte juste titre son nom : "Let's jump in". Sautons dans l'inconnu, bondissons dans le terrier la poursuite du rongeur albinos, dans ce trou la sombre apparence qui va pourtant rvler ses mille et une merveilles. Incontestable successeur du rock rac mid 60's/70's britannique, Dead Meadow se fait plus volatile et onirique que jamais, alanguissant ses tempos dj plus que nonchalants et rentre dfinitivement dans un psychdlisme brumeux et vertueux, si ce n'tait pas dj fait. Rellement planants, on peine diffrencier les titres tant ceux-ci s'coulent en une myriade de sons, cascades de caresses sonores aussi subtiles que classieuses. L'artwork, qui cette fois abandonne les collages, tend renforcer ces impressions de surimpressions, superposant effets kalidoscopiques, musiciens, symboles sotriques, ambiances feutres. Parfois pop, toujours hallucinatoires, Dead Meadow, cependant, ne s'loigne pas d'un rock gracile et matris, laissant parfois apparatre des riffs proto hard rock, rveillant ainsi l'auditeur avant de le faire replonger dans son univers narcoleptique. Envotant brouillard magique avec pour seule guide la voix nasillarde mais plus charmante de Simon, Feathers aurait trs bien pu s'intituler Fairy Tales. Un grand moment d'vasion, d'merveillement, de calme et de repos.

Feathers en trois mots : onirique, langoureux, frique

— intheseblackdays, le 06 octobre 2005 (874 lectures)

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THE MIST AND THE MORNING DEW - The mist and the morning dew

THE MIST AND THE MORNING DEW - The mist and the morning dew : 2004 · Vendlus

Atmospheric doom

THE MIST AND THE MORNING DEW


Difficile de reconnatre dans la musique de The Mist and the Morning Dew la voix de l'ex-Unholy Veera Muhli... Form en 2000 par toute une srie de musiciens issus de formations parmi la crme de la scne metal finlandaise (jugez par vous mme : Rapture, Shape of Despair, Moonsorrow, Finntroll...), The Mist and the Morning Dew voluent dans une bulle qui ne pourrait tre qualifie de faon plus juste que par "doom atmosphrique". Les titres sont longs, bourrs de riffs trangement tout lourds mais tout blancs, rpts sans laisser le moindre temps mort, y'a des leads mlodiques qui trainent un peu partout, a monte assez facilement dans les aigus, les atmosphres et les harmonies de guitares travailles voquent d'ailleurs tout de mme rgulirement l'ambiance un peu folk nuageuse qu'on retrouvait sur certains titres de Shape of Despair, aides probablement a et l de quelques instruments violons fltes et cie... Veera ne chante pas vraiment, elle minaude de faon bancale et timide sur des titres la production tonnamment puissante et agressive (la saturation ultra grsillante sur les grattes !), autant dire que le terme doom n'est ici de loin pas usurp... Tout a est trs frais, inspir, original, puissant, onirique souhait, et on se lamentera sur le fait que le groupe ne donne mme pas signe de vie quant une potentielle suite cette petite perle...

The mist and the morning dew en trois mots : lger, onirique, tenace

— Rocky Turquoise, le 03 octobre 2005 (544 lectures)

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AMORPHIS - Far from the sun

AMORPHIS - Far from the sun : 2003 · Virgin / Emi Finland

Psyché Hard "70s Folk

AMORPHIS


Bon. Ce disque est un garage tubes, franchement. Certains viendront vous dire que tout a pue pas mal la redite, qu'il ne se passe plus rien depuis le virage heavy metal / folk gentillement psych de Tuonela en 1999. Moi je vous dirai au contraire que le groupe maitrise comme jamais son affaire, et affiche de plus en plus pleinement sa volont de sortir des albums rpondant l'quation 10 titres = 10 tubes. Mais il le fait avec la classe la plus folle. Avec un sens du songwriting et une inspiration se les bouffer toutes crues, avec pleins de mlodies plus Finnish-Love les unes que les autres, avec du chant suave souhait, avec des arrangements qui bouillonnent dans tous les coins, l'orgue hammond, au floyd, avec des lignes de basse qui ont le bide rondouillet et poilu d'un lan nordique, avec les refrains dansants immortels, avec le ct psych/folk finlandais, avec les solos hard rock qui dgoulinent dans tous les coins sans non plus en balancer plein la vue, avec la teinte de '70s, la prod' transparente qui ne laisse rien au hasard, les grattes bien en avant et tout ce qu'il faut, juste de quoi de taper du pied pendant une cinquantaine de minutes sans prendre trop le temps de se poser la question du foss culturel qu'il peut y avoir entre notre pays de ringards et la Finlande, o un disque pareil peut sortir sur Virgin Music sans que personne ne se pose de questions.

Far from the sun en trois mots : tubesque, finlandais, fouill

— Rocky Turquoise, le 03 octobre 2005 (606 lectures)

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ACRIMONY - Hymns to the stone

ACRIMONY - Hymns to the stone : 1994 · Godhead

Traditional doom Stoner

ACRIMONY


Par contre, en 1994, Acrimony, Hymns to the Stone, c'est pas l'extase, clairement... C'est du stoner pas subtil pour un sou, qui n'a de doom que le laborieux pathologique de sa production grondante et ronde. Ca ressemble plus au ronronnement d'un van volvo rouill abritant des junkies l'oeil pas frais, qu'au rugissement frrugineux d'une dcapotable vert pomme qui n'a gure besoin que de rouler dans plus de deux rues pour trouver jeunes filles aux longs cheveux aspirant joindre les deux beaux siges arrire libres, un mois d't... C'est dommage, parce que de l'ide, y'en a dj, avec des compos vachement cool avec des purs arrangements, du groove dbile de croque-mort, des vocaux gorgs de peps et des guitares qui font wahwahwah et qui partent dans des solos qui en finissent pas et des leads qui tuent mort. Non mais a fait chier, franchement, de constater en poussant un peu le volume que tout a a avait dj la potentialit suffisante pour retourner quelques slips, et qu'au final, c'est carrment pas la gloire, que la production est plate, et que a ressemble plus un mauvais album d'un cousin malform de Cathedryuss, qui sait dj crire son nom faon calligraphie mais doit le faire sur une morceau de torche cul usag... Alors bien sr, y'a quelques morceaux de bravoure, Urabalaboom, par exemple, c'est de la tuerie, Cosmic A.W.O.L. aussi, y'a le truc, mais dans l'ensemble, tout a dcolle pas vraiment pour cause de son plus plat qu'une vague pour bodysurfeur. On pourra se consoler quand mme, en se disant que d'une manire ou d'une autre, les petits Obiat se sont largement chargs d'emprunter la porte ouverte par ce disque aussi brouillon que gnial, avec le son que a mritait. Et puis entre nous, du haut de mon bulbe, moi a me suffit tout de mme largement pour attraper un sourire jusqu'aux oreilles, tant mieux.

Hymns to the stone en trois mots : terne, rondouillard, contenu

— Rocky Turquoise, le 03 octobre 2005 (786 lectures)

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SPACEBOY - Searching the stone library for the green page of illusion

SPACEBOY - Searching the stone library for the green page of illusion : 2002 · Southern Lord Records

Sludgecore Math rock Freak doom Jazz Progressif

SPACEBOY


Voici un disque aussi dur dfinir que celui de Conifer, par exemple. Un disque assurment complexe d'un groupe aussi mystrieux que sa musique le laisse imaginer. Impossible de mettre la main sur plus de quelques bribes d'informations. Ce combo est aussi insaisissable que l'essence mme de ses ralisations. Imaginez un subtil et complexe tlescopage de multiples influences, kalidoscope sonore mlangeant parties acides voir psychdliques, death baveux, doom alambiqu, rythmiques math rock et passages lectroniques. Ecouter ce Searching the stone library for the green page of illusion quivaut tenter de percer les secrets d'un test de Rorschach sous l'influence de psychotropes diverses. Les bases sont en constante mouvance, les phases se lient et se dlient au gr des secondes qui s'coulent et le passage entre interludes lectroniques aux sonorits aussi lumineuse que spatiales au got toujours synthtique et les vritables morceaux la longue dure, aux riffs tabassant n'arrange pas les choses. Impossible de ne pas perdre pieds devant cette dferlante de technicit couple des harmonies ravageuses. Aussi prouvant qu'un tour de grand huit, on passe son temps prendre des G dans la gueule, les musiciens prenant un malin plaisir voluer d'acclrations hardcore des passages martelant ultra doom puis des quasi-moments de silence l'impact saisissant, o les ambiances menes par une basse sature au ton grave fait flipper avant de servir de contre poids aux tonalits planantes et sournoises des guitares acres. Le morceau final The Moonsoon est d'ailleurs la parfaite illustration de cette schizophrnie perptuelle. Les six et quatre cordes jouent au mme jeu sans toutefois suivre le mme raisonnement, et l'on reste bahi devant la parfaite tenue de ce mlange htroclite, frisant parfois une trange impression d'improvisation qui n'a pas lieu d'tre, puisque tout est calcul la milliseconde prs. Le chant, dernier lment prendre en compte, malgr sa tonalit harcore, joue un rle arateur tant il acquiert des sonorits spatiales dans ce magma bouillonnant de saturation et de percussions sibyllines. Un album terrifiant, plus que difficile digrer, mais illustrant une force et une matrise de composition ahurissante. S'il est difficile d'obtenir des informations concernant les membres du groupe, on peut nanmoins assurer qu'ils taient de grands malades pour pondre une oeuvre aussi drange.

Searching the stone library for the green page of illusion en trois mots : complexe, tortur, inquitant

— intheseblackdays, le 03 octobre 2005 (672 lectures)

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HONCHO - Burning in water, drowning in fire

HONCHO - Burning in water, drowning in fire : 2004 · Longfellow Deeds

Stoner Blues rock

HONCHO


Un des doomstonautes le disait encore rcemment : la musique rock en gnrale ne serait pas ce qu'elle est si elle n'tait pas une descendante directe du blues. Si, si, et c'est mme palpable chez certains groupes slowendiens comme, plus particulirement, Sons Of OTIS ou GoatSnake par exemple. Alors qu'on le devine seulement dans la (magnifique) paire de groupes prcits, il est une vidence sur Burning In Water, Drowning In Fire, 2° et dernier album en date des norvgiens d'Honcho. Leur auto-description est d'ailleurs assez fiable : Heavy Blues, qu'ils disent sur leur website. Croyez-les. Oui, faites leur confiance, ces 5 l savent exploiter leurs guitares et amplis, mais pas seulement, et pas de la manire la plus courante. Car aux imposants riffs vrombissants, massifs et offensifs, d'usage chez tout bon groupe stoner qui se respecte (et respecte l'auditeur), aux lignes de basse qui sinuent avec groove dans un magma pourtant pas toujours des plus ar, et une batterie ardemment matraque : tout ce que l'on retrouve sur des morceaux stoner plus classiques, au tempo plus soutenu tels 'Messenger Messiah' ou 'Lost And There' ; osent se calquer ou se confronter selon les 9 pistes, la voix chaude et (comme le dit parfaitement cet adjectif anglais sans vritable quivalent franais) soulful de leur nouveau chanteur Lars Saetheren, des percus plus subtiles et jazzy, des sonorits de guitare plus douces et fluides, et cerise sur le gteau, un orgue (Hammond ?). Tout ceci sans jamais frler le grotesque comme c'est parfois le cas quand un groupe heavy tente trop radicalement de calmer le jeu... Ces lments ensemble ont tendance rappeler l'espce de raffinement qui manait de la musique de King Crimson 30 ans plus tt... Les effluves de blues envahissent et rchauffent encore plus l'atmosphre quand les rythmes deviennent plus chaloups, que des chorus de velours jalonnent un titre comme c'est le cas sur 'Seeing Red', ou qu'on en arrive cet interlude d'orgue assez doorsien au beau milieu de 'Holy'. Mais toujours ils finiront par corcher leurs Gibson et faire pter leurs Sunn, de toutes leurs forces... Ce paradoxe entre une lourdeur stagnante et les ambiances plus suaves si prsentes sur ce disque est du plus bel effet... Alors que la Scandinavie devient une (la ?) partie de l'Europe de plus en plus densment peuple en combos pratiquant ou essayant de pratiquer le stoner, Honcho sort assez clairement du lot en ne faisant dfinitivement pas un stoner comme les autres, et encore moins la mode scandinave. Honcho fait mme mieux que Lindt®, car il est la fois les quelques grammes de finesse ET le monde de bruts (---->).

Burning in water, drowning in fire en trois mots : chaud, classe, dlectable

— marystonage, le 02 octobre 2005 (615 lectures)

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STONEWALL NOISE ORCHESTRA - Vol. 1

STONEWALL NOISE ORCHESTRA - Vol. 1 : 2005 · Daredevil Records

Stoner

STONEWALL NOISE ORCHESTRA


Si vous pensez ne pas connatre StoneWall Noise Orchestra, il y a des chances pour que vous vous trompiez. Vous connaissez Greenleaf, le side project de Dozer ? Demon Cleaner peut-tre ? Et bien SWNO est constitu pour moiti de musiciens issus de ces 2 groupes, on trouve d'ailleurs sur ce Vol. 1, une reprise de Demoncleaner, 'Freedoms Prize'. Maintenant, vous savez au moins que : * c'est sudois, * c'est stoner, * c'est pas des dbutants. Mais en fait, mme sans ces quelques claircissements, a n'aurait pas t trop ardu de parvenir ces conclusions par vous-mmes, puisque le stoner rock la sudoise est reconnaissable entre 1000 (si tant est qu'on ait dj atteint le millier de dclinaisons de ce genre musical.) et que ce quintet en dtient tout les ingrdients. Avouons le tout de suite, on a ici rien d'exceptionnellement original dans le domaine scandinave, mais c'est toujours aussi efficace. Gros riffs overdrivs de guitares par cascades perptuelles qui s'coulent pourtant avec une fluidit certaine, grosse basse (pas assez mise en avant) qui apporte un groovy pas dplaisant du tout (quand on la distingue.), grosse batterie qui s'essaye parfois au tribal pour notre plus grand bonheur. Voil : un gros son, assez classique, des compos, assez carres ; le tout trs proprement produit, tout comme la voix, claire, qui achve de faire passer le rsultat comme une lettre la poste, aide parfois de quelques parties acoustique plus mlodiques. On bat la mesure du pied, de la tte. oui, parce que le stoner sudois a galement la spcificit d'tre particulirement nergique (peut-tre parce qu'il est plus nourri la bire qu' l'herbe), et que donner un peu de vitesse ce son bien pais, bah a rend juste tout totalement catchy et entranant, d'autant plus qu'il n'y a vraiment pas de quoi se prendre la tte sur les textes qui confirment juste que ces 5 gars roulent vraiment des mcaniques. Mais aux moins, elles sont huiles et a glisse donc tout seul. Sauf peut-tre sur des morceaux comme 'An Epic Curse' ou 'Two Sides Of A Sin', sur lesquels le tempo ralentit allant jusqu' friser le mou et laborieux, sonnant mme un peu creux... Peu d'erreurs de parcours sur ce premier album : le stoner sudois dans toute sa splendeur. Si vous dbutez en la matire : ceci est une valeur sre. Si vous tes un habitu : ceci est une valeur sre, et pour cette raison pourra vous donner parfois comme une sensation (pas dsagrable) de dj entendu !

Vol. 1 en trois mots : gras, crneur, sudois

— marystonage, le 01 octobre 2005 (569 lectures)

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YOB - The unreal never lived

YOB - The unreal never lived : 2005 · Metal Blade

Traditional doom Psyché Space Rock

YOB


Trop tt. Cet album est sorti beaucoup trop tt, suivant son prdcesseur d' peine dix mois. Et je ne vais pas me faire des amis sur ce coup, puisque je trouve qu' foncer toute allure, YOB en a perdu beaucoup de sa superbe, contrairement aux nombreux avis ravis que j'ai pu lire jusqu'ici. Pourtant si l'on prend cet album part de la discographie (grossissant vue d'oeil) du groupe le plus clectique du genre depuis des lustres, cet album n'a pas de dfaut, il s'approcherait mme de la perfection. L'album conseiller pour dcouvrir la machine. Seulement voil, ce qui pourrait tre sa qualit principale est aussi son plus important dfaut selon moi. En gnral je serais du genre prner l'immobilisme musical quand un groupe a trouv sa formule. Je n'en ai rien battre qu'il exprimente des trucs louches quand on sait qu'il est redoutablement efficace lorsqu'il se cantonne faire ce qu'il sait le mieux. Hors, la situation est paradoxale dans le cas de YOB. Voici un groupe qui durant ces six dernires annes a bott plus d'arrire trains que nombre de groupes soi-disant rvolutionnaires. Personne ne s'est tromp, puisqu'en l'espace de deux albums et demis, Scheidt et sa paire d'amis se sont vu placs sur un pidestal. Ils ont choisi l'exprimentation comme voie, d'o chez beaucoup des premires coutes reintantes, frlant parfois l'envoi du disque la poubelle. Chaque disque tait alors une preuve qui permettait, ceux qui se montraient les plus persvrants, de dcouvrir et d'apprcier toutes les subtilits de la musique YOBienne. On s'approche enfin du problme ressenti l'coute de The unreal never lived. On y retrouve, sans aucun absent, tous les ingrdients et la puissance de feu du combo. Guitares ariennes, cristallines, passages aquatiques ou souterrains, basse faisant trembler les murs, ambiances pesantes, sournoises, tragiques ou mlancoliques, section rythmique bien en place et servant toujours d'excellente base aux sonorits planantes du guitariste binoclard. Une magnifique et parfaite synthse des trois premiers disques, sans la moindre surprise. Les schmas commencent tre connus et c'est sans la moindre attente que l'on subit les riffs rpts l'infini, les passages enchans des voix suraiguës et gutturales de Scheidt (trangement sous mixes) ; les cassures inattendues ne le sont plus. En bref, on s'ennuie ferme ne plus tre prouv comme avant. The unreal never lived est en quelque sorte le tableau fini succdant aux brouillons qui ont amen le crateur matriser son art avant de l'exploiter au maximum. Il ne fait aucun doute l'coute de cet album que Mike Scheidt sait diriger sa crature du bout des doigts dans la direction qu'il lui indique. Mais comme tout oeuvre, la ralisation finale peut perdre de sa spontanit et de sa surprise pour ceux qui ont pt jeter un oeil aux croquis prparatoires. C'est malheureusement le cas ici. Reste qu'il remplit avec brio son office et permettra d'accrotre sa base d'adorateurs, mais esprons qu'il s'agit d'un pilogue et que le trio se tournera vers d'autres horizons et contres sonores explorer, cherchant tout prix nous faire vibrer comme lui seul sait le faire.

The unreal never lived en trois mots : synthtique, maitris, yobien

— intheseblackdays, le 01 octobre 2005 (1273 lectures)

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