Chroniques d'août 2004

Toutes les chroniques publiés en août 2004 au format imprimable


SONS OF OTIS - SpaceJumboFudge

SONS OF OTIS - SpaceJumboFudge : 1996 · Hypnotic / MCA

Traditional doom Stoner Psyché Space Rock

SONS OF OTIS


Une chute. Voici ce que reprsente cet album : une chute d'un million d'tages, une chute sans fin qui se finit dans une immense surface de coton arien. Ds les premires minutes d'coute, on peut se sentir happ par ce trou noir affam de galaxies. Les fils d'Otis n'voluent dcidment pas dans la mme dimension que nous. Perdus dans l'espace intersidral, ils mettent depuis leur astrode des riffs plutoniques destination de la stratosphre, dont l'impact branle nos tympans. A l'instar de Monster Magnet, ils nous montrent comme ils aiment les choses cosmiques, les aliens et autres alignements plantaires. Cet album est universel. Pas dans le sens qu'il peut toucher un grand nombre de personnes. Non, universel au sens spatial. Il s'agit d'un voyage grandiloquent parmi les slnites, les satellites, les anneaux de Saturne, les gaz mulsifis de Jupiter. Un trip spatial, o la voix rauque et profondment grave de Ken (auteur d'OX, projet space-drone) nous fait l'infime plaisir de nous guider dans cette spirale gargantuesque o tous nos sens sont absorbs. Lentement mais srement, la voie lacte volue, se moue et il en est de mme pour cet album. Les riffs monolithiques se rptent inlassablement, dcollant les papiers peints, fissurant les murs, rendant les singes fous. Ce rock spatial nous aspire au del des frontires du tangible pour nous jecter la vitesse de la lumire parmi les novas, super novas, et autre astres incandescents. Notre tension s'acclre pour ne s'arrter qu' la note finale de windows, abasourdis que nous sommes par la projection astrale que nous venons de subir. SpaceJumboFudge n'est pas un disque que l'on arrive critiquer ou dcrire facilement. On le ressent, c'est une exprience spatiale o se rencontrent le rock acide d'Hendrix et le doom pachydermique d'Electric Wizard. Les effets se dmultiplient et se mlangent, tissant une toile cosmique de laquelle il sera difficile de s'chapper. Enfin, vous trouvez que le son est abrutissant de lourdeur et de compacit ? Sachez alors que l'album n'a pas t masteris. Impressionnante de bout en bout, la messe d'outre-espace a t prononce.

SpaceJumboFudge en trois mots : monolithique, cosmique, nbuleux

— intheseblackdays, le 27 août 2004 (1011 lectures)

Haut de page



TARANTULA HAWK - Tarantula hawk

TARANTULA HAWK - Tarantula hawk : 2000 · [ autoproductions ]

Stoner Post hardcore Industriel Psyché Freak doom

TARANTULA HAWK


Imaginez. Imaginez un univers parallle, un monde o l're nuclaire aurait eu raison de l'homme. Il ne subsisterait plus rien de son existence part l'empreinte de sa folie destructrice. Plus qu'un dsert d'o s'lverait des montagnes escarpes, balafres, marques par la btise humaine dont les rares et derniers reprsentants erreraient avec dsespoir travers ces grands dfils inquitant au silence rprobateur. Un lieu apocalyptique o la nature, jamais blesse, aurai repris ses droits et fait de l'homme une bte imbcile, une proie. Une proie pour qui? Pour tous les animaux redevenus dominants, tel cette drle de gupe. Tarantula Hawk parvient de faon excellente retranscrire cet univers oppressant et dsertique, o le danger guette chaque rocher. Ce grce un son singulier et vraiment propre eux. Un mlange htroclite entre les 70's et le metal actuel. Imaginez la rencontre improbable entre une batterie hystrique, une basse ronflante et claquante, au son norme, un orgue tout droit sorti des Iron Butterfly omniprsent et enfin des samples tour tour organiques ou mcaniques, traduisant parfaitement ce sentiment de malaise. La fracheur et le cot dcal de leur musique instrumentale, par les temps qui courent propices au dveloppement de cette scne (Sunn o))), Pelican), en font un outsider trs prometteur. Servant illustrer le cycle de la vie d'une tarantula hawk, la musique revt alors cette apparence de prdateur aux aguets, sans piti. A l'instar de Neurosis (qui aura capt le potentiel du groupe en le signant pour leur second album sur Neurot ), les musiciens tissent des atmosphres bourdonnantes (le prdateur est aux aguets) d'o jaillissent avec vlocit des accs guerriers (le prdateur bondit sur sa proie) avant de ralentir brusquement le tempo (la bte se repat du cadavre encore fumant).Le cumul des samples tranges et rptitifs avec un orgue intelligemment utilis renforce l'impression de monde parallle, d'univers fantasque et morbide la Druillet. On sera tonn d'apprendre qu'il ne s'agit ici que d'une autoproduction tant le sujet est matris d'une main de matre. Chaque instrument est employ de faon judicieuse et cohrente, laissant la part belle une batterie tour tour martiale ou tribale, appuye par l'orgue rajoutant une touche film d'horreur des annes 70's , les guitares se faisant tonnamment les plus discrtes. Ce premier album est un vritable hymne la prdation un loge tribal ces tueurs qui chassent pour survivre et non pour le plaisir. Les mlodies dissonantes, maladives, les sonorits tour tour grasses ou agressives font de cet album un disque talon de la musique instrumentale, la fois hautement original et singulier.

Tarantula hawk en trois mots : prdateur, dcal, rafrachissant.

— intheseblackdays, le 27 août 2004 (951 lectures)

Haut de page



CATHEDRAL - The 7th coming

CATHEDRAL - The 7th coming : 2002 · Dream Catcher

Traditional doom Stoner

CATHEDRAL


Aprs l'intense cure de Cathedral que j'avais subi lors de la rdaction effrne des chroniques des six prcdents albums, inutile de dire que j'avais t vaguement coeur tout de mme. On pense ce qu'on veut de Cathedral, notamment que c'est le groupe le plus membru de la terre, n'empche, il y a un moment o on retourne fatalement de la musique un brin plus volue, parce que Lee Dorrian et sa bande reste malgr tout une redoutable machine d'abrutissement de masse. Bon voil, bref, c'est donc avec un regard relativement neuf que je me penche sur ce 7th Coming, emprunt (enfin, pour la 8me fois au moins) pour l'occasion et monopolis depuis quelques semaines maintenant. Du coup, deux constats s'imposent : le premier se traduit par de petits soubresauts convulsifs et idiots devant mon ordinateur, et le cou qui remue de plus en plus fort, le second se traduit par une envie de couper le disque aprs la 5me chanson, ou en tout cas de zapper certains morceaux. Bah oui, Cathedral, c'est toujours aussi efficace mais dsesprment fidle ce qu'on attend d'eux. Le son est unilatralement norme, comme d'habitude, et d'ailleurs, tout est comme d'habitude. C'est toujours bon, souvent trs bon, rarement vraiment gnial, et on se dit tiens un album de Cathedral de plus . Alors videmment, on a quelques morceaux de bravoure, comme les trois premiers morceaux, par exemple, le refrain de Iconoclast, jouissivement crtin, l'intro de Congregation of Sorcerer's o Lee nous ressort son fameux RIIIIIIIIDE ! de derrire les fagots, et plein d'autres passages qui me font remuer en tout sens quand je les entends mais qui ne m'incite pas non plus me lever de ma chaise pour aller voir de quel morceau il s'agit. Ne nous ternisons pas sur cet album, si vous aimez Cathedral sans limite, comme moi, jetez-vous dessus, si vous ne connaissez pas Cathedral, je pense que 7th Coming constituera une trs bonne introduction au groupe ( moins que le best-of qui vient de sortir et dont je n'ai pas tudi la tracklist attentivement,.), et si vous n'aimez pas Cathedral, pas besoin de vous faire un dessin, vous allez dtester, comme d'habitude. Au final, cet album apparat dans ses grandes lignes comme une resuce de Carnaval Bizarre, au niveau de l'quilibre entre compos qui chient et compos qui crasent , donc finalement c'est pas si mal, et en tout cas, c'est bien meilleur qu'Endtyme. C'est con mais c'est bon.

The 7th coming en trois mots : gras, groovy, immuable

— Nirguna, le 26 août 2004 (925 lectures)

Haut de page



BOHREN & DER CLUB OF GORE - Black earth

BOHREN & DER CLUB OF GORE - Black earth : 2002 · Wonder

Jazz

BOHREN & DER CLUB OF GORE


Une terre noire, oui, harcele par un vent sec qui ne cesse jamais. Une immensit aride qui voque la soif. Un ptrolier chou au milieu du dsert, parmi les carcasses d'animaux improbables. Le soleil aveuglant vous brle la rtine ; peu importe, car il n'y a rien, plus rien voir, la vie est ailleurs. Mme les coyotes et les vautours ont depuis longtemps abandonn cette dsolation. Le sang bat dans vos tempes, chaque seconde vous parat une ternit et chaque pas vous arrache des larmes de douleurs et un effort terrible. Votre gorge irrite ne rclame qu'une chose, c'est de l'eau, et de l'air un tant soit peu respirable. Vos pieds vous hurlent qu'ils aimeraient pouvoir se reposer sur un sol stable au lieu de s'enfoncer dans le sable bouillonnant chacun de vos pas. Vos oreilles n'en peuvent plus de ce sifflement du vent, qui va et vient au rythme de votre coeur. Le dlire vous prend, vous l'entendez couler, cette eau que vous dsirez tant, et son flux inespr rsonne pendant de longues minutes vos oreilles, tendant son infinie variation dans une douceur feutre et intarissable sur votre pauvre personne soumise au caprice des lments. Et soudain vous voil dans ce piano-bar que vous croyiez avoir quitt prcipitamment quelques jours auparavant, mais les musiciens ont chang. Les quatre individus qui les ont remplacs, derrire l'obscurit qui les abritent, semblent assez peu concerns par votre prsence, ce qui s'explique d'autant moins que l'tablissement n'est pas proprement parler bond. Le saxophone vous guide pniblement travers les rues sans fin d'une obscure cit endormie, qui suintent les amours dchues et les petits larcins de la dernire chance . Le piano endort votre mfiance tandis que la basse vrombit vos oreilles ivres. Les battements de votre coeur s'espacent tandis que vous chutez, moins sr d'avoir vraiment t pouss que de n'avoir rien fait pour vous retenir. Vous vous croulez avec un bruit sourd, la gueule dans la poussire. Vous roulez sur vous-mme pour tourner votre visage vers le ciel nocturne et ouvrez les yeux pour constater que les nuages l'ont recouvert. La pluie qui commence tomber vous trempe jusqu'aux os, et vous ouvrez grand votre bouche esprant enfin vous dsaltrez, mais rien n'y fait. Non rien ne vous sauvera de Bohren & Der Club of Gore et son doom-jazz ambiant, lent comme la mort qu'on attend les yeux ferms, aussi euphorisant que votre corbillard bloqu par une panne sche, et aussi cheap que le clignotement dyslexique de l'enseigne lumineuse d'un bar putes en plein dsert d'Arizona.

Black earth en trois mots : aride, dvast, feutr

— Nirguna, le 26 août 2004 (679 lectures)

Haut de page



SHAPE OF DESPAIR - Shades of...

SHAPE OF DESPAIR - Shades of... : 2000 · Spikefarm

Funeral doom

SHAPE OF DESPAIR


Quand un nophyte tente une premire approche de l'univers musical doomistique, une des rponses qui se prsente le plus souvent lui est: "Ben tiens t'as qu' tenter Shape Of Despair!". Pourrait on en conclure qu'il s'agit d'une rfrence incontournable du genre, ou tout du moins du sous genre que constitue le funeral doom? Ou bien serait ce parce qu'on peut trouver chez SoD une certaine facilit d'accs? Serait ce que ce groupe renferme en son sein la quitessence du style? Et bien non.... l'coute de ce surprenant premier effort des finlandais de Shape of Despair, on ne peut vraiment pas affirmer que l'on a ici affaire un classique du genre, en ce sens qu'il rassemblerait les differrents lments caractristiques du funeral: c'est lent, certes, mais il existe plus lent; c'est profond, sans doute, mais bon c'est le lot commun de tous les bons groupes de doom; c'est dpressif?....en ce qui me concerne, pas pour un pet de ragondin (et a n'est pas pjoratif non plus, un bon groupe de doom ne pouvant tre jug sur sa seule capacit provoquer des envies suicidaires); non, SoD c'est beaucoup plus que tout a: c'est classe, c'est sobre, majestueux, thr, ambiant, et je pourrais continuer comme a sur des lignes et des lignes...C'est que je trouve chez ce sextet une originalit et une audace rafraichissante, une volont de transcander le style en y incluant un aspect symphonique proprement droutant, parfaitement matris, et arrang avec talent. A ce propos, l'adjectif qui selon moi conviendrait le mieux pour dcrire l'effet que produit sur ma petite personne l'coute ce "Shades of..." serait "ansthsiant": la langueur qui imperceptiblement se dgage d'un "...in the mist" ou d'un "Shadowed dreams" agit comme le venin paralysant d'un reptile prcdant l'ingestion. Petit petit, aid en cel par une rythmique qui, hormis un petit sursaut d'orgeuil sur "Down into the stream", conserve imprturbablement sa cadence funbre, le poison fait son effet, m'endormant, me plongeant dans un demi sommeil agit, la fois confortant et traumatisant. Paralllement (et sans doute paradoxalement) se profile galement une indescriptible sensation de libert, de soulagement, l'impression que je pntre de mon plein gr dans un environnement mystique, irel, accompagn par les grognements menacants d'un Dieu courrouc, les sussurements lointains d'une fe bienfaitrice et les mlodies rassurantes d'une flte isole dans le brume matinale. Pardonnez cet cart lyrique incongru, mais j'ai vraiment la sensation que c'est le seul moyen de rendre au moins partiellement toute la magie qui se dgage de ce "Shades of....". On est donc bien dans le registre du funeral doom, tout en y tant pas vraiment...et c'est bien l que rside toute la saveur unique de cet opus: la lourdeur touffante de guitares plombantes accompagn de ce ct majestueux, symphonique, orchestral presque, le combat incessant entre une voix gutturale vomissante et terrifiante et les lans sylvestres d'une chanteuse enchanteresse, l'invisible sparation entre ce qui relve ici de l'enchanteur et du dmoniaque....bref vous l'aurez compris, en ce qui me concerne, SoD, c'est vraiment un des groupes par lesquels il faut dbuter, tout en gardant bien en tte que cet album n'a rien de reprsentatif ni d'exemplaire, peu ou pas de groupes ayant ce jour (et ma modeste connaissance) tent d'imiter la recette.

Shades of... en trois mots : sylvestre, ansthesiant, majestueux

— Sinical, le 24 août 2004 (783 lectures)

Haut de page



SPIRIT CARAVAN - Dreamwheel

SPIRIT CARAVAN - Dreamwheel : 1999 · Meteor City

Stoner

SPIRIT CARAVAN


Est-il encore vraiment ncessaire de prsenter Wino? Prsent depuis la fin des 70's, cet homme persiste dans cette direction musicale la fois adule et pourtant si mconnue qu'est le doom rock. S'il y a bien une chose que l'on ne peut lui reprocher, c'est bien son intgrit. Voil plus de 25 ans que Wino s'chine faire perdurer son style travers de nombreuses et pourtant diffrentes formations, comme St Vitus, The Obsessed, The Hidden Hand. Quand on aime la musique de l'homme, on peut tre persuad de ne jamais tre du l'achat de n'importe quelle production de son travail. Et c'est encore le cas ici. Toujours second par les acolytes de luxe que sont Gary Isom et Dave Sherman, Wino nous offre ici un goutu EP. 4 titres d'excellente facture dans la ligne des deux albums de la formation, aussi simple dans le jeu que dans la forme. Un rock down-tun o transpire plus que jamais la qute de spiritualit de Wino qui donna son nom au groupe. L'interlude instrumental nous fait planer cent lieux de toute btise humaine, provoquant par ses sonorits un tat d'apaisement, nous laissant imaginer survolant des contres sauvages, des chutes d'eau caches et ignores de tous, nous aspirant vers une quitude ardemment dsire. Spirit Caravan n'est pas proprement parler le groupe destin aux aficionados de sludge /drone ultra agressif en qute d'une nime agression sonore qui mettra leur tympans en sang. Cette musique qui apaise notre esprit, le fait voyager, nous fait oublier quel point le monde peut tre hideux et nous rappelle que l'on peut trouver travers des substantifs (de toute sorte) notre dose de bonheur. On ne peut parler pas ici de stoner. Spirit Caravan est cent lieux de cela. Spirit Caravan est tout simplement rock.

Dreamwheel en trois mots : spirituel, inspir, planant.

— intheseblackdays, le 24 août 2004 (663 lectures)

Haut de page



BIG ELF - Hex

BIG ELF - Hex : 2003 · Eastwest

Stoner Psyché Hard "70s

BIG ELF


Bonjour monsieur Wells. Ce serait pour un voyage dans le temps. Quelle anne? En fait ce serait pour en explorer quelques unes, on va dire de 1965 1972. Des options? Bien sr. Je vais en prendre quelques unes. Hum, la Black Sabbath me parait invitable pour passer un agrable sjour. Hum, la Beatles, c'est une nouveaut, non? Je vais me laisser tenter. Ho, et puis soyons fou, prenons la Pink Floyd! J'aurai nanmoins une ou deux conditions, j'aimerais que tout a me semble d'poque, tout en exploitant les dernires technologies que vous proposez. C'est possible? Excellent! Bon, tout a va srement me revenir trs cher. Non? Seulement le prix acceptable d'un disque audio? Mais c'est fou. Pouvez vous m'indiquez le nom de la compagnie sur laquelle je vais voyager? Big Elf. trange mais sympathique. La liste d'effets emporter? Volontiers, c'est plus prudent pour se sentir chez soi. Alors nous disons donc: fuzz, phaser, flanger. Hum la liste est longue, mais ce sont les effets habituels, pas de soucis ou de mauvaises surprises sur ce plan l, c'est rassurant. Ouh, je vois que l'orgue Hammond est quasiment indispensable, tiens le piano aussi. Ha, c'est l'option Beatles. Cela rajoute un certain charme. Tiens il y aussi des fltes, un mellotron, et mme un gong! N'avez vous pas peur que tout cela ne ressemble qu' un voyage d't en famille avec la chre grand mre qui geint l'arrire? Un de ces voyages empts, qui fait surtout mal la tte? Oui, effectivement, le choix des options nous laissait nous attendre ce genre de risques. Bon coutez, ce prix, on ne peut qu'tre agrablement tonn et pourquoi pas ravi? Non, n'emballez pas, c'est pour partir tout de suite. Ha, bonjour, pardon, salut Herbert! Mon voyage, si j'en suis content? Vous vous voulez rire? J'en suis encore tout poustoufl. Je ne m'attendais pas de telles sensations. J'tais m par le simple sentiment de retrouver un certain feeling, mais au lieu de a, je me suis retrouv plong dans un vortex qui aurait aval deux dcennies pour les recracher dans un monde parallle o Lennon jammerait avec Syd Barret, paul par Geezer Butler. J'ai mme cru de temps en temps entendre ce cher Lord qui aurait abus de champignons martyriser son synth, comme aux grandes heures de Deep Purple. D'ailleurs au passage, laissez moi deviner, le matre d'oeuvre, c'est bien Tony Iommi? J'ai reconnu son son de guitare si caractristique, et ses solos extraterrestres. Non? Comment dites vous? Damon Fox. Sudois en plus. Vraiment de plus en plus tonnant. J'en aurai mis mes doigts couper, comme ce cher Tony. Hu hu, elle est bonne n'est-ce pas? Pardon Herbert, j'ai oubli que nous n'avions pas le mme sens de l'humour. Hum, pour en revenir ce monsieur Fox, si vous le croisez, dites lui que ce bonhomme est bourr de talents et que je reste persuad que plus jeune, il a us encore et encore ses exemplaires du White Album, des premiers Floyd et de Paranoid. Il ne peut en tre autrement. Tiens anecdote amusante, la brochure du voyage me fait penser Dark Crystal, Endor, je m'attendais voir jaillir des Ewoks des fourrs, c'est dire, ou encore vos Morloks, dans votre livre, mais si, celui ci, en haut gauche sur l'tagre, oui voil, vous y tes presque. L! Celui-l. Sacr Herbert! Toujours la tte dans la lune.

Hex en trois mots : anachronique, rock'n'roll, vinylique

— intheseblackdays, le 23 août 2004 (679 lectures)

Haut de page



YOB - Catharsis

YOB - Catharsis : 2003 · Abstractsounds

Traditional doom Stoner Psyché

YOB


Au vu de la tracklist, on serait en position de se demander si l'on a affaire ici un ersatz d'Earth ou de Sunn o))): trois chansons, respectivement de dix-huit, sept et vingt-trois minutes. C'est donc avec apprhension que j'insre dans mon lecteur ce disque d'un groupe qui m'tait alors inconnu jusqu' ce que je me balade sur ce cher site Doom-metal.com. Affili mes groupes favoris, Sleep et Electric Wizard, c'est donc avec enthousiasme que je me le suis procur. Le premier morceau dmarre, et dj un constat s'impose, Yob n'a en fait pas grand chose voir avec les deux groupes sus-cits, en dehors d'une probable influence sur le compositeur. L'intro est lente, trs lente ( normal ). Non, en fait ce n'est pas une intro, tout le morceau sera de cette trempe, montant crescendo. Je commence alors saisir la particularit du groupe: proposer un doom, parce qu'il s'agit nanmoins de cela, les guitares sous accordes, la basse catatonique et la batterie sous antidpresseurs jouant un train de limace tant l pour le confirmer, bref, proposer un doom progressif. Le soin est laiss chaque musicien de faire entrer son instrument au moment opportun, construisant petit petit l'atmosphre suffocante du titre. Chaque chose en son temps, on n'est pas press: de vrais doom-freaks. Enfin arrive l'ventuel petit problme, qui peut ne pas en tre un pour qui rentre vraiment dans le jeu du groupe: la voix. La premire coute est vraiment surprenante et dterminera l'apprciation de l'auditeur. En contradiction totale avec la musique lourde et rampante, surgit une voix suraiguë passe travers filtres et effets qui lui donnent une touche psychdlique. Pass l'effet de surprise qui peut s'avrer droutant, l'auditeur s'habituant malgr lui, le vocaliste change de registre pour nous balancer une voix death des cavernes, assez plaisante "gutturalement" parlant, mais moins agile que son alter ego, car trop "pousse" . S'attendant nouveau morceau plutt lent au dpart, Ether dmarre sur les chapeaux de roues, limite "speed" (relatif compte tenu du genre musical). Le son est vraiment compact, souterrain mais donne une impression de retrait, de passer travers un coussin. La voix de harpie continue d'alterner les couplets avec des hurlements headbangatoires. Les guitares, vraiment mises en avant sur cet album jouent pour tisser une toile cosmique (diffrente de celles de groupes comme E.W. ou Sons Of Otis) et se laisse aller des panchements "wahwahesques" paules par monsieur phaser. Le titre ponyme rejoint dans la forme son confrre premier du nom par une structure progressive. Cette fois cependant, aprs une semi intro assez doucereuse clate la puissance de Yob: le spectre sonore dborde littralement et le son devient aussi gras que des amateurs rguliers du fast food la mascotte dmoniaque. La mlodie apparat et disparat, joue au chat et la souris, tandis que la basse, gonfle l'Orange continue son bonhomme de chemin en se prenant pour un marteau pilon. On ralise la premire apparition de la voix le rle arateur qu'elle joue, malgr l'impression de la percevoir depuis le cosmos. On se dit alors qu'elle n'est pas si dsagrable, ajoutant au cachet de la singularit de ce doom coinc entre plusieurs tiquettes. Le groupe se paie le luxe d'acclrer au point de passer pour un groupe de death, pour de nouveau passer une note toutes les cinq secondes, tout en gardant l'unit du morceau qui se termine en queue de poisson aprs un final de plus en plus intense. Comment dfinir Yob, sinon comme des hippies ayant trop lu les bouquins d'Isaac Asimov, ayant trop frquent de dealers et ayant trop tran dans des magasins de musique tester des pdales d'effet. Le groove de Yob est vraiment trs personnel, difficile d'accs par cette diversit paradoxale entre les voix et la musique vraiment lourde. Cet album plaira aux amateurs de curiosits doomesques et peut tre aux fans de Lara Fabian. Hu hu.

Catharsis en trois mots : paradoxal, cosmique, psychdlique

— intheseblackdays, le 23 août 2004 (935 lectures)

Haut de page



WITCHCRAFT - Witchcraft

WITCHCRAFT - Witchcraft : 2004 · Rise Above

Hard "70s

WITCHCRAFT


Magnus doit avoir un lien de parent avec un certain H.G. Wells. Ou force d'avoir tudi son oeuvre, dcouvert le secret du voyage dans le temps. A la lecture de mes chroniques, on pourrait croire que je m'extasie sur chaque groupe que je dcouvre. C'est sans doute un peu vrai, mais qui ne le fait pas? Il n'empche que Witchcraft vient de dlivrer mes yeux le meilleur album de l'anne 2004. Rien que a. Magnus souffre du mme problme que moi (oui, je vais me la jouer gocentrique, vous voil prvenu), celui d'tre n 30 ans trop tard. D'tre n une poque plutt fade, une poque qui nous fait regretter cette priode passe, riche en talents musicaux, en moeurs libertines, en tats d'esprits encore non pervertis par notre drle de socit. Mais contrairement moi, Magnus a trouv une solution de compensation, qui, si elle n'est pas ternelle, est tout de mme sacrment gniale. Ce bonhomme au look has been (a dpend pour qui) a russi l'impensable: ouvrir un vortex temporel vers les contres chries par votre serviteur: les 70's. Pas celles de la fin, parodie d'elles-mmes. Non, celles du dbut, de la cration de celui que nous chrissons tous: le hard rock. D'autres personnes ont voulu jouer ce petit jeu, avec plus ou moins de russite (Firebird pour le positif, toute cette vague hype du moment: Datsuns, Vines pour le cot ngatif), mais aucun n'a pouss le dfi aussi loin. Fidle ses racines, Magnus a voulu honorer tous ces groupes qu'il admire. Pour cela, il a tenu enregistrer sur du matriel d'poque, de la gratte l'ampli en passant par le jack recouvert de tissu, et avec les techniques d'enregistrement d'poque. Pas mal dites-vous? Ce n'est pas fini. Voulant pousser son art la perfection, lui et ses compres (recruts pour l'occasion) ont enregistr le tout en plus ou moins une prise. Rcapitulons: son, matriel, attitude, talent d'poque, on peine croire que cet objet, (au demeurant magnifique, oeuvre contrastant avec la production habituelle O'Malley ) est un disque actuel, et non une bande retrouve par Lee au fond d'un placard d'Atlantic Records. Assurment sa plus belle trouvaille avec nos chers Electric Wizard. Reprenant les morceaux de l'EP qui avait servi de carte de visite mi 2002, l'album propose 11 titres aux dimensions variables. Ceux-ci voquent immanquablement deux groupes, la rencontre improbable dsire par les fans entre les lgendes Black Sabbath et Pentagram. Rien que a (et oui). Il faut dire que la voix de Magnus est identique celle de Bobby Liebling et son talent de composition proche de Tony Iommi, alors forcment a facilite les choses. Les morceaux se consomment sans modration, possdant une logique d'enchanement, tous originaux, une caractristique propre les diffrenciant des suivants: une ligne de voix, un solo, une rythmique. Autre particularit: ils ont beau tre de facture hard rock, aucun n'est agressif. La mlodie prime, l'vasion vers les contres vertes et brumeuses de l'Angleterre du nord se ressentant chaque note. Impressionnant pour un sudois, non? Le seul regret que l'on pourrait voquer ici est la relative courte dure de l'album qui nous laisse encore affame de sonorits surgies d'une priode rvolue qui en fait toujours fantasmer plus d'un. Amateurs du Sabb', de Pentagram, de Led Zep, du Blue Oister Cult, de Deep Purple, de Cream, j'en passe et des meilleurs, vous savez ce qu'il vous reste faire. Je prends personnellement la responsabilit de vous dire que vous ne le regretterez pas. Ceci est le vinyle qui manque votre collection. Un voyage magique travers les abmes du temps.

Witchcraft en trois mots : anachronique, vintage, vinylique

— intheseblackdays, le 23 août 2004 (960 lectures)

Haut de page



MORGION - Solinari

MORGION - Solinari : 1999 · Relapse Records

Doom death

MORGION


Morgion. Au-del de ce sobriquet trs typ station de sport d'hiver se cache sans aucun doute un des groupes les plus classieux de la scne doom/death actuel. Non, franchement, on pourra dire ce qu'on voudra, mais. Ce groupe a de la gueule, et ce Solinari n'y est pas pour rien. Toujours dans une veine pentecostale (j'ai hsit avec pentecostesque, mais c'tait encore moins gracieux), savoir un doom/death trs mlodique qui privilgie les montes en puissance et qui s'agrmente de quelques acclrations ma foi assez efficaces. euh. et voil. chronique suivante, merci. Vous notez j'espre l'irrgularit grammaticale de la phrase prcdente (une anacoluthe en bonne et due forme), elle prend tout son sens si on se rend compte qu'il m'a fallu moins d'une phrase pour dire peu prs tout ce qu'il y a dire sur cette galette. En effet, ce disque est tellement proche de l'archtype du doom/death parfait qu'il n'y a strictement rien en dire ni, et c'est plus grave, en retenir. Au fond l'album est tellement russi, que ce soit au niveau du son, des mlodies accrocheuses et doucement mlancolique, de la puissance de la voix, des parties plus death ou guitare clean et que sais-je encore, qu'on l'coute sans vraiment y prendre garde, tant il flotte dlicatement sans nous corcher quoi que ce soit. Alors bon, je caricature un peu, je vous l'accorde, mais c'est un trs trange sentiment que celui que me laisse cet opus. Il passe vraiment tout seul, sans jamais russir m'accrocher, mais sans que je puisse non plus comprendre pourquoi, puisque si je me concentre dessus, il est indniable que la musique est vraiment puissante, le phras ajoute au ct pique et les mlodies sont excellentes. Je crois qu'au fond mon problme c'est de trouver cet album trop propre et gentil, de manquer cruellement de venin. Solinari, c'est la version musicale du nounours que vous treigniez pour vous endormir tant petit, mais un nounours deux fois plus grand que vous. Ceci dit, au-del de mes tats d'mes, il y a tout de mme ce constat, vident, qu'il est totalement hors de question de ngliger ce disque, tant il a la classe. Car ce qui me fait trouver cet album un peu lisse et chiant, c'est aussi cette classe incroyable qui fait qu' la fin de The Last Sunrise, on se dit 'tain, il tait long ce premier morceau . Bah non, tu viens d'couter tout le disque. Je pourrais spculer pendant des heures sur les raisons profondes qui font que je me suis finalement vraiment lass de ce Solinari (car ai-je oubli de le prciser, ce disque a longtemps figur parmi mon top 3 doom/death), mais ce serait bien prtentieux de ma part, alors je vais plutt conclure lchement en disant simplement que ce disque reste une valeur sure du genre. Pfiou, quelle inspiration, aujourd'hui.

Solinari en trois mots : pique, cosmique, majestueux

— Nirguna, le 23 août 2004 (769 lectures)

Haut de page



ELECTRIC WIZARD - Supercoven

ELECTRIC WIZARD - Supercoven : 1998 · Southern Lord Records

Traditional doom Stoner Grunge Psyché

ELECTRIC WIZARD


Perdu au milieu d'un dsert bourdonnant, nous ignorons pourquoi nous sommes l. Au loin semble jouer une musique. Une musique perverse, une musique qui ne devrait pas exister, une musique la fois attirante et pourtant dangereuse, mortelle. La caravane venue du fond des ges d'o provient la mlodie s'approche de plus en plus. La musique se fait de plus en plus prcise, de bribes de litanie se font de plus en plus distinctes. O somme nous? Quelles sont ces cratures que la nature ne devrait pas autoriser exister ?! La caravane monstrueuse s'arrte et nous fixe. Le temps se fige. Au del de ces yeux pervers et maudits, nous pouvons apercevoir des ocans, des galaxies, nous pouvons nous rappeler ces temps immmoriaux oublis de tous, o l'humanit n'en tait qu' ses premiers pas, et o dbarqurent venus de l'outre espace les Anciens, Chtulhu, Dagon, Yugoth, Shaga, Yog-Sothoth. Abruti par ses images qui nous rvle notre indicible provenance, nous peinons apercevoir celui qui s'est dtach de la troupe et qui se penche sur nous, un sourire narquois aux lvres: Curieusement nous le reconnaissons , et nous hurlons, encore et encore.. Mais nos cris se perdent dans la nuit sans toiles, devant le cadavre dcharn et hilare de celui qui fut jadis Abdul Alhazred. Supercoven est un titre nigmatique, o plus qu'ailleurs nous pouvons ressentir l'influence de Lovecraft travers le travail de Jus Oborn. Rythmes processionnaires, batterie tribale, guitares lourdes et sourdes, basse aux effets dmultiplis, voix dcharn et motionnelle, Jus et sa bande vouent un culte aux anciens et organise ici une crmonie leur gard. On se sent immdiatement happ dans un maelstrm d'motions, d'images paennes, emport dans d'autres dimensions o Chtulhu l'endormi rgne en matre. Burnout, autre morceau de trs longue dure (18 minutes tout de mme) renfonce l'auditeur qui croyait sortir de ce cauchemar sonore en le renvoyant au confins des entrailles de la terre assister ces terribles messes, ces indicibles spectacles o l'horreur se mle l'inavouable, o Yog-Sothoth, le dieu aveugle prside sa cour de choses qui ne devraient pas tre. On ressort de l'coute de ces titres compltement abasourdi, perdu dans un monde qui ne semble plus tre le notre, o ses fondements nous semblent dsormais fausss, connaissant dsormais la relle origine et futur fin de notre humanit. Wizards Of Gore est une dmo au son ultra crade et donc ultra jouissif. Dbutant par un extrait de film o une pauvre fille dsempare se fait cartele, les guitares au look de prdateur l'quilibre instable prennent d'assaut nos pauvres enceintes qui vacillent sous le poids d'une basse totalement dsaccorde, des 6 cordes aux abords rches et rpeux. La production dgueulasse rend la batterie inaudible et les cymbales vrillent les tympans, la basse coule, bave, rpand sa substance nausabonde au milieu de lignes de voix ressemblant des vocifrations d'ivrogne mal cuit. Enfin l'EP se termine par un live la qualit sonore ostensiblement proche du titre prcdent. La basse prend l'avantage sur la guitare, rend sourd la moiti du par terre de fans prsents ce jour-l. La voix cependant se fait plus distincte. Jus ructe, chante comme un junkie ayant abus de toutes les substances lui ayant pass sous le nez. La batterie sonne toujours aussi touffe. Un live comme on les apprcie, ceux auxquels on dsire ardemment assister, un live qui se transforme en une communion lysergique, o chacun se sent transcend , o plus rien en compte sauf les vibrations qui nous tordent le bas ventre. Supercoven renferme rien de moins que l'un des meilleurs titres du sorcier lectrique, mlange tortur de psychdlisme, de grunge bruitiste, et d'motions incontrles, o se tlescopent mythologie paenne et spleen l'anglaise. Les Electric Wizard ne sont pas un groupe de doom parmi tant d'autres, ils sont le doom, ils sont le mal.

Supercoven en trois mots : incantatoire, occulte, absolu.

— intheseblackdays, le 23 août 2004 (948 lectures)

Haut de page



HIGH TONE SON OF A BITCH - Better you than me e.p.

HIGH TONE SON OF A BITCH - Better you than me e.p. : 2003 · Shifty

Stoner

HIGH TONE SON OF A BITCH


Certains marqueteurs savent s'y prendre pour attirer le client. Si parfois leurs mthodes se rvlent assez normes et semblent ne pouvoir marcher que sur les gros nigauds, je dois avouer que parfois mme les plus avertis ou sceptiques peuvent se laisser prendre quand les formulations sur l'album joue avec nos gots. Intrigu par le sticker annonant firement pour les fans de Black Sabbath , je scrutais de loin ce digipack aux allures douteuses, pas plus convaincu que cela. Mais le distributeur m'avait rserv son arme imparable: en examinant plus soigneusement le-dit sticker, je pus lire en gros caractres Avec des membres de Neurosis. Quoi?! Neurosis jouant du stoner?! Je veux entendre a! . Et voil. Le pige a fonctionn, le prix relativement bas (normal pour un 4 titres) me maintenant dans ma dcision jusqu' l'irrversible passage en caisse. Alors pourquoi parle-je de pige? Et bien en ouvrant le carton, vous vous rendrez compte que nul part dans la composition du groupe peut on lire le nom d'un des talentueux musiciens californien. Devant l'tat d'expectation qui me saisit, j'en vins me demander si ma connaissance du combo serait vraiment faible au point d'ignorer un ancien membre parti sous d'autres tropiques. Que nenni, une fois de plus l'utilisation d'une loupe me permit de me rassurer avec la lecture des minuscules crdits: Dave Edwardson figure bien sur ce disque, en tant que clavier sur le dernier titre. Ha ha , bien jou messieurs. Bon, tant beau joueur, et vu qu'il tait trop tard, mon argent tant dj parti remplir les caisses de ces fins stratges commerciaux, je me dcidais quand mme couter le fruit de ma navet. Et ce que j'entendis compensa ma relative dception. High Tone Son Of A Bitch est un groupe stoner pur jus, rapprocher de Goatsnake et de l'invitable Kyuss. Les guitares sont grasses comme il faut, avides de mlodies simples et automatiquement ancres dans nos pauvres cerveaux dgnrs. La basse est omniprsente sans pour autant s'approprier le devant de la scne, en trois mots comme en cent: sa place. La batterie est cependant l'oublie. Je la trouve sous-mixe, et au jeu vraiment basique: poum poum, cymbale, poum poum. Hum, gageons que ces dfauts seront vite gomms sur le premier album. Le groove ncessaire une formation de desert-rock est bien l, et nous envoie au milieu de cactus et autres plantes grasses. Les solos sont lancinant dans la ligne de l'poque dore de Homme et la voix de Scott Wagner, lgrement rauque, sans pour autant en tre le sosie musical, me rappelle trangement Pete Stahl. Gage de qualit? A vrai dire, je prfrerai que le groupe se dmarque trs vite des ses influences, qui, mme si elles sont indiscutablement lgendaires, ne font que les placer comme un ersatz de remplacement des formations suscits.

Better you than me e.p. en trois mots : pr-mch, standard, dogmatique.

— intheseblackdays, le 23 août 2004 (632 lectures)

Haut de page



UNFOLD - Aeon aony

UNFOLD - Aeon aony : 2003 · Division

Post hardcore Hardcore

UNFOLD


Oh l ! voil un groupe qui doit en avoir vu des vertes et des pas mures. Unfold est un autre groupe de hardcore suisse que l'on peut aisment rattacher la mouvance "Hardcore New-School" (dont font partie des groupes comme Converge, Nostromo ou encore The Dillinger Escape Plan), et ce en particulier pour les guitares : trs lourdes et trs tranchantes la fois, elles nous maltraitent en permanance. Chaque note est un coup de genou dans la machoire, ou un coup de poing dans l'estomac, et chaque passage calme nous laisse peine le temps de nous relever pour continuer la rixe. Car le groupe, s'il jouait principalement du hardcore/metal sur son prcdent opus ("Pure"), s'inspire normment de groupes de post-hardcore tels Neurosis ou Cult of Luna sur celui l. Et cette influence se fait beaucoup sentir sur l'athmosphere de l'album. En fait, le groupe profite de son aspect "hybride" pour mlanger des ambiances oppressantes et dsespres si propres au post-hardcore, tout en gardant une violence inouie, chose courante dans le new-school. D'ailleurs, la longueur des morceaux est beaucoup plus proche d'un Neurosis que d'un Dillinger Escape Plan : Les chansons passent souvent la barre des 5 minutes, pour finalement atteindre les 8 minutes sur "The Templar's lamina", point culminant de l'album. Les guitares, comme dcrites ci dessus, contribuent cette ambiance destructrice, coups de murs de son ("I miss my Dallas"), et de riffs terribles (dans les 2 sens du terme) ; et c'est sans compter la basse d'une lourdeur crasante, suivie la plupart du temps par la grosse caisse la note prs, histoire d'insister un peu plus sur le poids. La batterie est d'ailleurs trs douloureuse, et ce, en partie d au son de caisse claire : claquant, froid, mtallique, et tellement dans la couleur de l'album. Mais dfaut d'tre particulirement lancinante, et de rserver quelques passages rythmique assez jouissifs ("Sabres Silas", "Rhythm, Slayer, Ol"), elle sait aussi incorporer des passages plus calmes et plus tribaux ; en somme plus "Neurosiens". L'intro de "Phantom Structure" est sur ce point trs proche du lgendaire groupe Californien (On pourrait croire une chute studio de "Through silver in blood" pendant les 2 premires minutes). La voix, quant elle est typique du new-school, d'ailleurs, attardons nous un peu sur ce chanteur : Danek est un des principaux atouts du groupe. Il hurle s'en arracher les poumons, et ses cris sont vritablement chargs de haine et de souffrance. On entend bien qu'il se donne fond, comme s'il luttait pour rester vivant au milieu de cet univers Hostile et inhospitalier. Et apparament, hurler de cette manire est le meilleur moyen de transmettre des motions : on se retrouve presque dans sa peau, on souffre avec lui, on est travers par des clairs de rage, suivis par des instants de dpressions et de tristesse (aids par les guitares, bien sur...) Unfold nous a sorti ici un album novateur, qui ravira autant les fans de Neurosis et consort, que les amateurs de bon hardcore agressif, comme seuls nos amis helvtes savent le faire. A rserver de prfrence pour les jours pluvieux.

Aeon aony en trois mots : Urbain, tortur, impitoyable

— Sergent_Buck, le 22 août 2004 (777 lectures)

Haut de page



CEMETERY OF SCREAM - Melancholy

CEMETERY OF SCREAM - Melancholy : 1995 · Croon Records

Doom death Gothique

CEMETERY OF SCREAM


Quand on mentionne la scne extrme polonaise, ce sont les noms de Vader, Behemoth ou bien encore Lux Occulta qiu viennent le plus rapidement l'esprit...bref rien qui ne puisse approcher de prs ou de loin les sujets qui nous interessent sur ce site. Seulement voil, il existe galement en Pologne une scne doom, et ce "Melancholy" (recommand par un des nombreux disquaires que je frquente Paris) est l pour le prouver. Mettons tout de suite les choses au clair: il ne s'agit pas ici d'un album de rfrence, mais plutt d'une curiosit, d'une pointe d'exotisme sur la scne doom d'ordinaire cantonne une poigne de pays. Et ce qui est ici particulirement agrable, c'est que Cemetery of Scream nous propose une approche relativement diffrente de ce qu'on trouvait l'poque dans un milieu ultra domin par la scne anglaise.En fait, cet album tire autant sur le mtal gothique (une grande place et ici accorde aux claviers) que sur le doom death tel qu'on le conevait l'poque. Ainsi, en parallle aux compositions rappellant d'une manire indniable les tenors britanniques (et plus particulirement My Dying Bride, par exemple sur le morceau ponyme "Melancholy"), on trouve sur la plupart des morceaux de cet album une indniable originalit, avec des riffs possdant leur propre cachet, relativement lgers, douctres, laissant un got amer au fond de la gorge et ne faisant penser aucun autre groupe. Appuy par des claviers puissants (mais hlas parfois un peu trop prsent), particulirement lors de l'introduction des morceaux , et par une variation bien matrise dans les vocalises (grunts, chants clairs voir sussurements), la plupart des compositions se rvle d'une richesse surprenante, tout en restant dans des tempi lancinants et assoupissants. D'autres compositions peuvent au contraire rappeller les premiers travaux de Tiamat, avec une sonorit plus mlancolique et brutale sans pour autant tre agressive (cf."Lanscape of Sadness ou Violet fields of extinctions"). S'il devait y avoir un gros dfaut sur cet opus, ce serait malheureusement la production, la plupart du temps trop faiblarde: on sent bien ici que l'enregistrement s'est fait avec relativement peu de moyens, tant au niveau de la qualit du son en lui mme que de la qualit des instruments (je pense notemment au clavier et parfois la batterie). Cependant cela ne remet pas en cause l'intert que je porte cet album, tant la qualit des compositions tout autant que la qualit des musiciciens ne fait ici aucun doute. Un album donc qui ne rvolutionne rien, mais qui tmoigne la richesse que ce style musical peut dvelopper.

Melancholy en trois mots : mlancolique, ambiant, gothisant

— Sinical, le 19 août 2004 (539 lectures)

Haut de page



ACID BATH - When the kite string pops

ACID BATH - When the kite string pops : 1994 · Rotten

Stoner Sludgecore

ACID BATH


Louisiane pisode 3. Difficile de comprendre, vrai dire, comment finalement sur un si petit espace gographique, on arrive avoir des chefs de file (appartenant qui plus est la mme sous-scne) sonnant si diffrement. En fait, je vous le donne dans le mille : de tous ses congnres, Acid Bath en est le proxnte. Pourquoi ? Parce l ou Eyehategod incarne la syphillis et Crowbar le mauvais whisky, Acid Bath se contente d'tre le mac : il est riche et bien gaul. Acid Bath en fait, c'est finalement un peu la rencontre entre les deux mondes. Et il y a de tout dans When the Kite Sting Pops, du gros stoner gras psych aux vocaux "aquatiques", du sludge sale et puant aux vocaux de malade du cancer en phase terminale, le mlange des deux dans du sludge-stone rapide et ultra groovy, des compos entires bien chaleureuses et tristounettes la guitare sche, du stoner-doom dpressif (putain de Figer Paintings of the insane !), du break death metal atmosphrique au clavier tomb des nues (!) (... avec vocaux black et clairs !) qu'on renchane sur du gros riff pachydermique, du death metal tout court ( la voix sludge OU claire !), du larsen vous faire pisser du serumen, du sludge quasi "Thergothonesque" qui accelre lentement mais srement pour finir sur des plans vous faire taper du pied et headbanguer comme un sac devant votre ampli, du solo "let's get high !" couinant et jouissif souhait, des petits plans la basse crade et sautillante, etc etc... Le pire dans l'histoire, c'est que tout ces lments sont enchans avec une facilit toute bonnement dconcertante, tel point qu'il est ncessaire de faire un effort de concentration "analytique" pour arriver dcortiquer la musique d'Acid Bath, et qu'en l'coutant il n'est pas rare de se prendre 7G sur la poire en passant de 200BPM 25BPM sans mme sans rendre compte... Bref une fois n'est pas coutme, je ne vais pas piloguer 107 ans sur ce disque dont richesse (aussi bien vocalement que guitaristiquement soit dit en passant), efficacit et facilit composer sont les matres mots... connatre absolument si vous tes dj intrigu par un groupe comme Coma Void (waouh la rfrence qui tue !)

When the kite string pops en trois mots : riche, facile, efficace

— Rocky Turquoise, le 15 août 2004 (1214 lectures)

Haut de page



KATATONIA - Brave murder day

KATATONIA - Brave murder day : 1996 · Avantgarde

Doom death

KATATONIA


Soyons clair : ce disque est mon got le meilleur album metal des '90s toutes catgories confondues. Il s'est pass quelque chose depuis Dance of December Souls en 1993, Katatonia a t touch par cet tat de grce, cette concourrance d'lments soudaine et phmre qui vient inspirer une formation jusqu' lui insuffler du gnie pur et simple. Peut-tre est-ce du l'arrive d'Åkerfeldt en tant que vocaliste de passage, au fait qu'il parvienne faire oublier en moins d'un quart de seconde les vocalises extrmes franchement mdiocres de Jonas Renkse sur Dance of December Souls... Peut-tre est-ce du la venue de Fred Norrman en guitariste de renfort, qui s'impose finalement comme un vritable chanon manque au vritable dmarrage de Katatonia... Toujours est-il que la formule est ici parfaite, l'alchimie fonctionne inimaginablement, et Katatonia nous sort ici un brlot de metal binaire et froid tout simplement cultissime et ultime... Bref, le grand paradoxe de ce disque est que le groupe parvient y composer des titres d'une profondeur assez impressionnante et ce partir de motifs mlodiques de guitares qui ne doivent tout pter pas dpasser les 4 notes ! Comment donc ? Les riffs sont on ne peut plus binaires et rptitifs, le tempo gnral est rapide, Jonas Renkse inaugure la batterie le fameux plan con comme la lune "poum-tchak, poum-tchak, poum-tchak, poum-poum-tchak" d'une platitude sans nom, Mike Åkerfeldt hulule ses vocaux death d'corchs comme un hibou enrou supersonique (?) avec une puissance bluffante, la basse suit btement et sans conviction les fondamentales, et quelques guitares lead viennent renforcer le tout par des mlodies (vraiment) peine un brin plus complexes... C'est tout ? H oui c'est tout ! Et pourtant ce disque est d'une richesse et d'une profondeur mlodique ingale... il faut l'entendre pour le croire... Prenons Rainroom par exemple, qu'est ce qui rend cette compo si efficace ? D'abord le fait de dbouler aprs le seul titre qui dnote de l'album, Day (j'en reparlerai aprs), et que son riff d'intro doubl vocaux s'arracher les trippes est d'une puissance redoutable... Ensuite parce que le groupe sait y fausser la donne au travers un break o des leads mlodiques viennent lgrement prendre le pas sur les grosses rythmiques up-tempo inarrtables qui ne font plus que ronronner en fond sonore, ceci pour mieux laisser place un plan atmosphrique aux guitares sans saturation et toujours aussi simples, et finalement rempiler sur ces riffs la furie mlodique dpressive... le tout via un son de cordes aiguis comme une lame de rasoir, vous faire passer n'importe quelle mlodie dbile pour un monument de riff insoutenable... Grosso modo, disons que l'on peut dcouper le disque en deux parties, entrecoupes par l'interlude Day. Day, il faut le dire, doit surtout son intert au titre qui le prcde et celui qui le suit, car honntement, mais que vient foutre ce titre compltement passe-muraille sur cet album ? Il est aussi pertinent qu'une bonus track sur une rdition Peaceville 2003... Day est un titre aux guitares sans saturation, thres, froides et atmosphriques, sur lequel Jonas vient faire ses premires dents en tant que chanteur clair (il y a d'ailleurs beaucoup de charme dans sa voix timide souhait, d'autant plus lorsqu'on se penche sur l'volution de son registre vocal par la suite !), Day reprend peu prt le genre d'interludes atmosphriques et trs "waves" qu'on retrouve sur les autres titres en guise d'intros ou de ponts (amusant par ailleurs de constater qu'en parallle aux titres metal les plus cathartiques qui soient, que le groupe composa dans ses premires heures, il crivit plusieurs titres dans cette frange ma foi incongrue...). Mais j'y viens. En fait, l'intert de ce titre, comme je le disais plus haut, est de mettre l'auditeur en attente... d'une part aprs les deux premiers titres, histoire de pouvoir reprendre son souffle aprs une telle baffe dans la gueule, d'autre part avant le gnialissime Rainroom dont l'efficacit se trouve compltement dcuple par cette composition vaguement spleenesque et un peu endormante. Par consquent si vous permettez que je me contredise un peu, Day n'est non plus au final le morceau typique "ouais mais si il avait pas t l il aurait salement manqu" mais bel et bien l'ossature de ce disque ! Rsumons. Vous avez l un momument de metal lourd et enttant, au feeling et au son unique (il suffit de voir comme rien que le mini Sounds of Decay sorti moins d'un an plus tard, et dans un style quasi-similaire, ne ressemble en profondeur pas du tout ce Brave Murder Day), qui illustre la perfection ce que peut donner un groupe lorsque, par un certain concours de circonstances, tous les lments qui le composent se trouvent rassembls avant de se re-disperser aussi sec. Cependant, si vous ne connaissez pas encore ce disque, je ne saurais que trop vous conseiller de commencer par un des albums priode Discouraged Ones et cie, vous verrez, l'effet de surprise n'en sera que plus grand... D'ailleurs, voyez ce que me fait rien que d'en parler...

Brave murder day en trois mots : massif, binaire, glacial

— Rocky Turquoise, le 15 août 2004 (973 lectures)

Haut de page



NEUROSIS - Through silver in blood

NEUROSIS - Through silver in blood : 1996 · Relapse Records

Post hardcore Noise rock

NEUROSIS


Si "Soul at Zero" symbolisait la colre et "Enemy of the Sun" la souffrance, "Through Silver in Blood" incarne quand lui le dsespoir, une terre menace par l'apocalypse, et dont la seule issue sera la destruction. Neurosis ralentit le rythme, allonge ses compositions dj longues, accentue son ct tribal et augmente son quota de hurlements. Edwardson n'a jamais autant chant que sur cet album, sa grosse voix se mariant parfaitement avec l'atmosphre trs "fin du mondesque" de cet sombre galette en fusion. Kelly et Von Till quand eux hurlent comme jamais, leurs voix deviennent encore plus criardes qu'auparavant, avec ce grain caractristique qu'on leur connat. Les samples sont distills avec prcautions, point trop n'en faut. La batterie, elle, se taille la part du gteau en n'tant pas moins que l'instrument principal de cette nouvelle offrande. En effet, omniprsente, elle martle, elle frappe, elle cogne, elle guide l'auditeur dans ce labyrinthe tribal pour un voyage dans les entrailles d'une terre agonisante ("Through Silver in Blood"). Jeysers de lave, crevasses, boulements. "Through Silver in Blood" peut s'apparenter un album de Neurosis version progressif. Moins violent, moins rentre dedans, plus rflchis, plus long (la moiti des morceaux font plus de 10 min), plus tribal, plus vari aussi. "Through Silver in Blood" s'apparente moins un monolithe qu' une falaise en flamme pleine de creux et d'abris (ne me demandez pas o je vais chercher tout a). Les passages calmes, en son clair, tout en arpge diabolique ("Purifiy", "Strengh of Fates") sont dsormais aussi nombreux que les dchanements haineux hrit d'Enemy of the Sun ("Eye", avec un Edwardson au top de sa forme bcheronne). Les instruments traditionnels sont toujours de la partie, ils sont mme devenus omniprsents: cornemuse (sur fond d'clat noise, sur "Purifiy"), violon langoureux ("Aeon" et "Strengh of Fates", long morceau suicidaire, avec un Von Till en voix claire. du moins, au dbut), piano ("Aeon" encore, peut tre le meilleur morceau de cet album, sorte de "Marche Funbre" version Neurosis. mettre pour votre enterrement, succs garanti !). Avec "Through Silver in Blood", Neurosis emprunte le chemin qui sera le point de dpart son volution actuelle, se concentrant d'avantage sur les atmosphres que sur la force brute des prcdents opus. Une curiosit tout de mme: pourquoi la production de cet album est-elle moins bonne que celle de "Enemy of the Sun", sorti pourtant 2 ans plus tt ? Ah, et j'aillais oublier: ACHETEZ CET ALBUM !!

Through silver in blood en trois mots : Tribal, Apocalyptique, Dsespr

— saimonax, le 11 août 2004 (1300 lectures)

Haut de page



MELVINS - Gluey porch treatments

MELVINS - Gluey porch treatments : 1987 · Alchemy Records

Sludgecore Grunge

MELVINS


La voil, la premire pierre massive qui servira de fondation pour le monument musical que nous construisent les Melvins, monument qui sera achev le jour de leur mort, et pas avant. Parce que tout le monde qui connat bien les Melvins sait que seule l'haleine glaciale de la Mort pourra les dissoudre. Je parle ici bien sr de ce noyau, de ce diptyque si vous me permettez l'expression, que sont Buzz Osbourne, au chapeau velu, et Dale Crover, maigre comme un veau malade. Je connais quand mme un certain nombre de groupes, et les Melvins sont les seuls pour qui je peux affirmer sans presqu'aucun doute qu'ils ne vont jamais de leur propre chef dcider d'arrter. Il faudrait que l'un d'eux crve. Ou que Dale perde ses bras et ses jambes, et Buzz sa gorge et ses doigts... Bref, revenons-en au disque : c'est quoi ce titre la con?! Ça veut absolument rien dire Gluey Porch Treatments (un peu comme toutes ces triple-appositions que Dimmu Borgir fait passer pour des titres, mais comme les Anglais disent si bien, that's neither here nor there ). Mme Buzz ne pourrait pas nous expliquer l'origine du titre; pourtant, a fait rire, d'un air quelque peu perplexe. En tout cas, moi a me fait rire, mme ce jour. J'me sens toujours lgrement dbile quand je le prononce voix haute. Mais c'est un peu a les Melvins : lgrement dbile. Ceci dit, y'a plein de gens, j'en suis sr, que la dbilit ne fait point sourire, et encore moins rire. mon humble avis, ces mmes gens sont aussi ceux qui ne pourront jamais apprcier la musique des Melvins sa juste valeur. D'ailleurs, parlons-en de la musique, tiens! Ds les premires secondes de Eye Flys, on sait tout de suite quoi on a faire : une basse lente et rptitive ouvre les hostilits, marque d'une batterie discrtement arythmique qui se cache derrire un semblant de paresse pour masquer son irrductible conviction. Puis une guitare se dgourdit les cordes en lchant quelques vagues de Larsen et quelques crpitements lectriques avant de commencer nous marteler de ses accords gras, au signal du premier de ces roulements faussement maladroits si typiques de Dale. Et aprs ce dbut dj si reprsentatif du son fondamental du groupe, ce dernier nous enchane tube aprs tube comme si de rien n'tait, tous solides et entirement matriss. Rappelons qu' ce stade-ci de leur volution, les Melvins n'taient pas encore les ambassadeurs du sludge rock comme ils le deviendront quelques annes plus tard. Non, en 1986, ils adoptaient toujours une approche plus rock, mme un peu punk par moments (bien que a n'ait rien voir avec les Exploited, hein, on s'entend bien). En effet, les quelques titres tendance plus pachydermique sont ars de quelques autres beaucoup plus nergiques comme Echo ou Happy Gray or Black (compos d'accs d'excitation et de dynamisme dans une mer de molasses), Exact Paperbacks ou encore la chanson-titre, propulse par son riff dsax et sa rythmique inhabituelle. Heater Moves and Eyes (??) est encore un exemple parfait du gnie des Melvins, lente, dtonnante, un tantinet dcale, avec ce refrain inoubliable (peut-on mme parler de refrain?). Et j'ai pas encore parl de Leeech, de ce riff dment et inlassablement rpt qui avait t rejet par Jeff Ament (futur membre fondateur de Pearl Jam) pour son groupe Green River et donn Buzz, qui, flairant l'aubaine, s'est empress de l'adopter. Que dire de plus sur cette historique galette? Par mesure de dfense prventive, peut-tre un petit mot pour les puristes : Je sais que beaucoup considrent 10 Songs comme le premier disque des Melvins, mais je ne partage pas ce point de vue. Ce disque a t rdit en 1991 sous le nom de 10 Songs, mais n'tait la base qu'un 7" du nom de 6 Songs, qui a ensuite t rdit sur 12" sous le nom de 8 Songs avant de sortir en CD. Sur ce, je souhaite tous ceux qui tenteront l'exprience de tirer autant de plaisir que moi l'coute de ce disque, et de ce groupe talentueux, inhabituel, et carrment rvolutionnaire.

Gluey porch treatments en trois mots : menaant, drang, dbile

— Luz, le 04 août 2004 (1016 lectures)

Haut de page