Edge of Sanity : The Spectral Sorrows

1993, Black Mark

— gulo gulo, le 03 juillet 2016 (1144 lectures)

Sans trop de conteste acceptable une des meilleurs copies de Dan Seagrave, et en-dessous pour amplement la mériter, sous des airs - toutes proportions gardées - bien plus réservés, austères, euclidiens, en un mot comme en cent suédois, un album qui partage son autreté uniquement avec ceux d'Unholy et l'Effigies of Evil de Hodded Menace dont il est une manière de version élancée, en costume à l'invisible raffinement taillé sur mesure pour mettre en valeur ses carrure et pilosité de mensurations Leman Russ - référence que ne trahira certes pas la typographie runique ascendant Psygnosis choisie pour le logo du groupe. Régulièrement aéré qu'il est, autour de ses riffs beaux comme des étraves, de trouée mélodiques lustrales voire stellaires, quelque part entre les plus beaux moments forestiers d'Opeth, le black viking le plus iodé par les vents éthériques, une rêche mélancolie médiévale, et le hard gothique héroïque d'un genre de Paradise Lost de nautoniers cosmiques : pour sûr s'il y a une autre chose que The Spectral Sorrows porte haut, c'est ce bleu qui invite aux voyages au très long cours, semés de récifs déchiquetés aux contours de floraisons de pierre aussi énigmatiques que redoutables.

Fleurs de pierre, d'ailleurs, définit assez bien le disque, mais swedeath poétique lui rend au moins autant grâce. Sous des airs modestement soudards et râblés, un vaste jardin mental versifié en heavy glaciaire pour géants mythologiques hirsutes. Une splendeur, vous pouvez le dire. A en oublier qu'on parle de cette aberration qu'est le death mélodique.

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