Agoraphobic Nosebleed : Agorapocalypse

2009, Relapse

— gulo gulo, le 22 mai 2016 (1150 lectures)

De l'importance de la perspective : du recul, du sens où on regarde, de son propre emplacement sur la pente...

A l'époque, j'avais trouvé cet album tout à fait ébouriffant de la part d'Agoraphobic Nosebleed, avec sa lenteur de hardcore bovin, complètement pétée par rapport à ce qui précédait, et qui en faisait un jouissif quasi-jumeau de Pig Destroyer - avec un baril de drogues dures dans chaque pupille, en sus. Du jamais entendu, quasi. Attends : y avait même un solo de boîte à rythme.

Aujourd'hui, écouté à la suite de Frozen Corpses Stuffed with Dope, qui au bout du compte avec ses (déjà chiches, face aux presque cent d'Altered States of America) trente-huit morceaux  de quelques secondes, contre les treize de plusieurs minutes du ci-devant benjamin, parvient à provoquer le même genre de micro-orgasmes de veau mais sans pour sa part les tartiner, ni les ensabler, et somme toute à honorer - une énième fois - le gène hardcore d'ANb sans perdre un rail de oufdinguerie supraluminique (sans compter que la pochette et le titre en gouleyent beaucoup plus, incontestablement)... j'y vois donc une redite dudit en moins industriel, cyberpunk, atomique - tout ce que vous voulez dans cette direction correspond, sauf cybermetal - et en plus, voyons... Walls of Jericho ?

Je ne vais pas le revendre comme initialement prévu, car j'aime bien Walls of Jericho, de temps en temps, et j'aime le veau. Mais comme on dit : voilà. Heureusement que j'aime aussi les trucs de vieux empâtés, et que je trouve toujours des merveilles à déguster, au fil de la paresseuse contemplation des moments galériens et des claudiquements voûtés qui en sont la copieuse ponctuation  - parce que du point de vue le plus strictement objectif et une fois oubliées mes marottes personnelles, Agorapocalypse, c'est surtout du Agoraphobic Nosebleed tout ce qu'il y a de plus habituel, simplement essoufflé et perclus de points de côté dès qu'il essaie de taper une accélération pour de vrai.

Allez, une perspective tierce pour finir sur une ouverture : et si finalement, en matière d'albums lourds, beaufs et épais, Agoraphobic Nosebleed auraient beaucoup mieux fait de s'arrêter ici, que pousser trop loin et se commettre dans un Arc mou et bourratif ?

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