TODD TERJE : It's album time

2014, Olsen records

— EyeLovya, le 02 juin 2015 (1361 lectures)

À la question : faut-il s'inquiéter d'acheter cet album sur la seule surprise du vieux mia que vous vous êtes pris à danser presque sept minutes durant, tout sourire, le temps du bubble-groove d'Inspector norse en soirée ? La réponse est : probablement. Pas vraiment que les trois premiers morceaux soient particulièrement engageants, dans leur gayléctro pour loft de directeur des programmes, subtilement mielleuse et jazzy comme du Jimi Tenor ; mais c'est que la suite verse dans la costard-moustache house si bien qu'on se croirait en virée à Vegas dans les 70's avec la bande son d'un remake français de Ocean's eleven par Francis Veber, et que dans le genre rétro dansante qui assume entièrement son crétinisme, on ne peut que se laisser vaincre sans péril, quitte à laisser quand même toute la gloire au norvégien. Que ce soit cette ritournelle samba à la Stevie Wonder qu'on suivra avec nos plus belles vocalises de dindon, où la piano-house suédoise super classe qui la prolonge qui rappelle que Todd est vraiment DJ, où encore la vieille french touch à la Air, le mec sait vraiment écrire. On voyage entre les palmiers et les néons, et il doit être encore tôt, parce que ça chauffe encore pas mal et malgré le cadre on n'a encore aucune envie de défonce, juste de foncer poser ses valises à l'hôtel et filer à la piscine commander une piña colada même si on trouve ça dégueulasse, juste de la house pour le plaisir de jouer des cervicales et de battre la mesure avec le menton. Bon il y a cette énorme erreur qu'est la reprise du Johnny and Mary de Robert Palmer, cette daube de trip-hop mièvre à souhait, foutue en plein milieu du disque histoire de bien tout casser. Mais le truc cool c'est que ça reprend directement sur une de ces rengaines super chiadées pleines de percus qu'on arrive pas trop à chanter parfaitement mais qu'on a du mal à s'empêcher de le faire. Puis, quelques tubes vaguement frenchy de disco de l'espace après, on arrive sur le final Inspector norse, la buterie totalement kitsch avec ses petits sons enfantins de vieux synthés, son beat super simple et une mélodie choue qui se greffe instantanément dans la tête, en fait, il n'en faut visiblement pas plus pour faire un putain de morceau.   

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