SEPHIROTH : Draconian Poetry

2005, Cold Meat Industry

— Derelictus, le 01 mars 2015 (1514 lectures)

Cet album est un magnifique voyage. Normal allez-vous me dire étant donné le style pratiqué par Ulf Söderberg, l’homme orchestre derrière Sephiroth, et le label, qui n’est autre que Cold Meat Industry, où d’ailleurs, l’on pourra rapprocher certains passages éthérés de cet opus à un autre grand nom du label, Raison d’Être. Je disais donc que ce disque était un voyage, un voyage fascinant vers l’inconnu, mais non pas aux confins de l’univers mais vers quelque chose de bien plus terrestre, voire même de plus primal. Comme si, finalement, l’apocalypse avait eu lieu, emmenant avec elle la déchéance du monde post-moderne et que, depuis lors, la nature avait repris peu à peu ses droits, avec une végétation assez luxuriante et envahissante et où toute forme d’urbanisme est désormais rayée de la carte. C’est un voyage quasiment apaisé et avant tout onirique qui nous est proposé ici, mais avec tout de même quelques saccades, mais rien d’inquiétants en soi, il n’est pas question de faire la guerre aux Morlocks. Ça et là, aux confins des débris de civilisations décadentes, demeurent quelques noyaux d’humanité. Ces humains qui se sont depuis lors détournés de tous leurs faux dieux, de leurs fausses croyances et de leurs volontés démiurgiques pour se retourner vers les esprits terrestres, et plus particulièrement vers Gaïa. Et leur dévotion à la Terre-Mère se fait le plus souvent par des transes chamaniques, de lentes processions ou bien par des chœurs profonds. Il y a d’ailleurs une humilité qui émane de ce périple : comme si l’Homme devait faire pénitence de tous ses crimes et de toute sa folie et revenir à l’essentiel et ainsi vivre en communion avec la Nature. 

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