BARK PSYCHOSIS : Hex

1994, Caroline/Circa records

— EyeLovya, le 02 décembre 2012 (1049 lectures)

Le disque noctambule par excellence, sorte de puissante benzodiazpine qui vaporise tranquillement la conscience et tisse un gigantesque patchwork amniotique si naturel et apaisant qu'on s'y love sans ne plus penser rien, port par la basse, cl de voute de l'architecture magistrale, dont la prsence muscle et omnisciente rassure, elle claire doucement de sa plnitude lunaire, obsdante par son jeu incroyablement fin comme le plus agile des dubs.
Un coup se retrouver l'aube dambuler sur les routes de campagne avec un sourire calme et les yeux mi-clos se dlecter de l'air frais sur la peau, tellement loin de chez soi, se retourner sans panique et repasser le disque afin d'y rentrer tout lnifi.
Un peu la force tranquille dans une course o le trip-hop, le jazz, le dub, l'ambient ou le slowcore s'puisent, Hex lvite sans peine, imperturbable, soulev par une arme d'harmonies fantomatiques o les dizaines d'instruments voluent, pensent et s'expriment en osmose parfaite.
L'hypnothrapeute en chef, un peu Mark Eitzel, un peu Rick Alverson, lthargique professionnel, calme peine le jeu lorsque ce batteur de gnie, impressionnant, s'emporte trop dans des rythmes complexes ou incongrus, quasi raggamuffin parfois mme, puisque a fait partie de la transe; alors on s'y perd volontiers, quoique le libre-arbitre n'aie plus vraiment de poids ce stade l.
Les seules choses qui importent, ce sont la pudeur fragile des sentiments, pour une fois immergs dans la nuit quoiqu'on sente leur ampleur s'tendre l'intrieur, et la finesse de dcoupe, l'esthtisme travaill outrance pendant les quatorze mois qu'a ncessit l'laboration de ce Hex, et le dtachement profond, soulagement vicieux, aux choses de la vie qu'il impose.
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