DIG : Dig

1993, Radioactive records

— EyeLovya, le 09 avril 2012 (998 lectures)

Album à tubes, hymnes, album à antiennes, plutôt, quand chaque couplet, refrain, break, tout s'imprime sur les neurones dès la première lecture ; le rock dit "alternatif" de Dig est un noisy psychedelic grunge de haut rang, de ceux qui auraient mérité leur place de l'autre côté du miroir s'ils s'étaient sagement cantonné à leur quête de lumière et leur sauvagerie de génération perdue. Mais il a fallu que ces gens là s'abiment dans des airs admirablement inattendus, nébuleux ou plus simplement morphiniques, et même une incartade terrible dans le monde parallèle de Slint avec ce Conversation assez troublant. Chaque titre mériterait sa chronique, mais résumons en évoquant le glorieux Believe, son refrain en effusion lumineuse et son clip emblématique du MTV de la "belle" époque. C'est ça Dig, trois guitares agencées pour l'harmonie mélancolique et une basse mémorable, et un Scott Hackwith au chant élastique, véritable sniper, tendance générale de l'album, quand chaque note, chaque accentuation frappe en plein cœur, c'est beau et simple comme la vie.

Le disque se termine sur le plus bel exemple de ces lignes de chant incroyablement pernicieuses, le sublimissime Decide, de ces chansons empreintes d'une tristesse enfantine tellement profonde à écouter en boucle des heures durant, la tête basse à déambuler sans but dans les rues, à contempler la conscience altérée les rayons du soleil qui filtrent au travers des arbres, et surtout chez soi, au lit, recroquevillé, à se laisser écraser et régresser, enfin, jusqu'au stade fœtal, où l'on était finalement bien à l'abri du monde.

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