DØDHEIMSGARD : Kronet til konge

1995, Malicious records

— EyeLovya, le 17 octobre 2011 (998 lectures)

A ce jour, voici le seul album de vrai black metal que j'aime, et c'est peu dire. Peut-être parce qu'au delà d'une classique peinture misanthrope des douleurs sèches du vent glacé dans la gorge, sur un fond de désespoir/rébellion religieuse/satanisme-killyourparents d'adolescence; c'est surtout - ainsi que je l'avais décrit de ce côté-ci du miroir plus tôt pour le Faith des Cure, analogie qui n'a rien d'étonnant - un album pluvieux de rock froid gothique, précisons cold, et liquide comme la mort. Une même basse solide en lumière bleue, qui guide le torrent glacial vers le cœur, là où tout se passe, puisque quand ces progressions en mineur laissent vicieusement la place aux harmonies intemporelles et invertébrées, on est immergé instantanément, et la banquise se referme devant nos yeux brûlés, le corps transi et l'esprit en alarme, piégé. Musique omnisciente d'éternité ; des guitares fluides et translucides éjaculées à la vitesse du sang, et les cris d'Aldrahn qui cognent sur les parois du crâne, désynchronisées, et résonnent comme le tonnerre ; de jeunesse furieuse et effondrée d'avoir poignardé ses dieux sans réfléchir ; élémentaire comme l'eau et l'air dans leur forme la plus sadique et douloureuse, cruelle et morbide, sans espoir, possessive comme la vie.

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