BON IVER : For Emma, forever ago.

2008, Jagjaguwar (US) / 4AD (UK)

— EyeLovya, le 12 juin 2010 (1022 lectures)

S'il fallait littralement accoucher d'un album, Bon Iver, n Justin Vernon, aurait trs certainement refus pridurale et csarienne. Pour l'histoire, en trs peu de temps Vernon s'est retrouv vir de son groupe, sa copine le quitte, la mononuclose le trouve. Loin d'aller chercher du rconfort prs de ses amis ou de sa famille, l'homme prfre partir en ermite dans une cabane dans les bois froids du nord du Wisconsin pendant quelques mois, le temps pour lui de composer ces neuf titres, enregistrs l bas, seul.

Encore un de ces albums de barbus tristes ? Oui, mais pas tel que l'on est en droit de s'attendre.
Pourtant entirement consacr son bourreau, la dnomme Emma, ce n'est pas une musique stagnante, mollassonne et pleurnicharde que joue Bon Iver, mais plutt une folk qui va de l'avant, riche, varie, certes triste et trs charge. La musique d'aprs la pluie, boueuse, fraiche et humide, nuages gris qui se laissent traverser par les rayons chaleureux du soleil, rythme comme pour ne pas s'appesantir sur de mauvaises penses. Le disque qui donnerait presque envie d'aller tout seul pcher quelques poissons pour le diner du soir, ou d'aller couper du bois pour rchauffer la maison.

Ce disque se vit seul, pour se laisser totalement pntrer par cette guitare toute froide et mouille, comme la voix de Vernon, et pour profiter pleinement des arrangements pourtant intimement chaleureux, un dsir bouillonnant de vie derrire un visage ferm qui ne sourit plus depuis longtemps. L'intention est peut tre l, reste que le disque est au final carrment terrassant. Voil, tout exalt de jouer de jolies musiques qui le rendent presque heureux, Vernon baisse sa garde et bim, tout remonte d'un coup en plein milieu d'un morceau, la gorge se serre et a devient trs douloureux, presque pique. Fiou... Mention spciale au minimaliste Re: Stacks final, rigoureusement glaant.
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