BATHORY : Twilight of the Gods

1991, Black Mark Production

— Derelictus, le 08 avril 2018 (29972 lectures)

Si Quorthon fait partie de ces lgendes du metal, au mme titre que dautres, cest non seulement parce quil tait une personnalit part, mais aussi parce quil a laiss une empreinte considrable sur la musique, en tant la base de deux genres musicaux, avec dune part le black metal, avec dautres videmment, avec cette trilogie inaugurale, et le viking metal, avec un triptyque dbut avec Blood Fire Death, continu avec Hammerheart et termin, dans un premier temps, avec ce Twilight of the Gods. videmment, dans cette seconde configuration musicale, lon retrouve tout ce quil y a de plus pique dans ce que le metal a pu produire depuis les annes quatre vingt, et les traces laisses chez le sudois par des amoureux du cuir, de lacier, des pics et des chaines, au mme titre que la musique classique, le dernier titre de cet album, Hammerheart, tant une composition originale de Gustav Holst, Jupiter, et la philosophie de Nietzsche, car il fallait bien garder un petit ct sulfureux, prennent sens sur cette ralisation, au mme titre que la prcdente.

Cet album, lon aurait presque pu le retrouver de lautre ct du miroir en fait, aux cts de Ereb Altor, qui en sont des fans absolus, tant le rythme ny acclre vraiment jamais et tant lon se contente dun mid tempo o toute lemphase pique de la musique de Bathory prend rellement son ampleur. Lon a beau avoir cout un bon nombre des descendants de cet album, lon y revient forcment un jour ou lautre tellement cela reste classe et hors du temps. Classes ces sept titres remarquablement crits, classes ces soli de guitares tellement empli dmotions et ces riffs aussi simples quenvotants, et qui vont directement au cur du viking qui sommeille en chacun de nous, prt sacrifier sa vie avec bravoure pour Odin, et faire vibrer la colre de Thor. Il y a bien de tout cela dans cet album, o certes la fureur et la colre sont plutt laisses de ct, pour laisser une grande place la nostalgie, le regard tourn vers le pass, et les regrets induits par la fin dun ge dor, oubli derrire soi, et vers les lments immuables offerts par notre terre. Ce qui fait la diffrence avec cet album, cest lmotion pure quil transmet, aussi bien par ces arpges mlancoliques, ces acoustiques lgres, qui prennent parfois les devants, et ces churs de guerriers qui viennent mailler chaque titre. Il y a plein de refrains spoumoner sur cet album, mais aussi des parties o le chant intense de Quorthon sefface pour laisser place une musique divinement inspire et tellement enivrante.

Oui, cet album transpire de nombreux clichs du metal, en mme temps ce serait honteux quil nen ait aucun, mais cest aussi cela qui en fait sa richesse et sa beaut. Et puis, il a une ambiance comme nulle autre qui vous transporte immdiatement vers des temps immmoriaux o la bravoure et le respect des traditions et des anciens taient de vraies valeurs. Certes ce disque aura enfant de nombreuses formations, pas forcment pour le meilleur dans bien des cas, mais il a toujours cette mme aura fantastique, ce ct unique qui subjugue, et tant pis si parfois il y a des parties qui sonnent cheap, si la production est assez rustique, et si la voix pleine dmotions de Quorthon nest pas toujours juste, cet album a pour lui, outre ses qualits dalbum charnire et fondateur pour tout un genre musical, cette authenticit et en mme temps cette fracheur qui ne spuisent aucunement au fil des annes. Et sil fallait des gages donner, il suffit dcouter ce premier quart dheure que constitue ce titre ponyme, pour se dire quil ny a sans doute jamais eu titre aussi grand et aussi admirablement compos. Twilight of the Gods cest donc tout cela, un condens de musique pique et chantant avec ferveur la bravoure des anciens, et, malgr les annes, cela reste, avant toute chose, un classique du genre qui na rien perdu de sa consistance ni de sa grandeur.

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