DRUNKDRIVER : Drunkdriver

2010, Autoproduction / Load Records

— Krokodil, le 04 mars 2018 (2761 lectures)

Ah pour sûr que Whores. dans le genre punk incendiaire - disons dans le genre punk à idéal simili-anarchiste - ça ressemble un peu à n'importe quel coming-of-age signé Harmony Korine : du rebelle mignon, du bad guy à la James Franco, du subversif pour les moins de 16 ans (encore que cela constituera une insulte à tous ces moins de 16 ans qui ont un casier judiciaire large comme la discographie de Black Sab). Je veux dire, pour remettre Whores. encore faut-il se remettre dans la peau de celui qui a un jour séché les cours d'histoire-géo pour perfectionner son kickflip, ou rouler son premier patin... disons qu'on a fait plus punk, quoi. Fatalement, l'effet Alice est ainsi multiplié par dix-mille - au moins - puisque Drunkdriver, figurez-vous, font eux aussi du punk (incendiaire à idéal simili-anarchiste), mais un du genre sacrément énervé et méchamment repoussant. Limite intolérable. Pour les remettre eux, c'est déjà une autre histoire. Les fameux cours d'histoire-géo dont on causait à l'instant, faut les avoir immoler avec le prof, et tout le reste du bahut, et faut surtout pas culpabiliser en pensant à un éventuel futur, puisque le futur n'est qu'un vaste brasier qui pue la merde. Et musicalement, bah c'est pas musical du tout. Ça ressemble à du Kilslug en pleine crise de démence cocaïnée, avec un Larry Lifeless fraîchement trépané en chef d'émeute, balançant des pavés sur les vitrines et des molotovs sur les patrouilles de condés. D'ailleurs, pour le dire franchement, ça ressemblerait même presque à du sludge, plutôt qu'à du Burmese-like-noiseharshcore-powerviolence-power-electronics-mes-burnes : batterie qui martèle plus que connement sur des guitares toutes aussi violemment connes, beuglement nasillardissime école Mike Williams (précision utile, le gueulard ici s'appelle Michael Berdan, comme celui d'Uniform, voyez la bête hystérique...) dripping de larsens, de saturation goinfrée aux narcotiques et de dissonances vomitives ; tant de choses pas esthétiques et pas agréables du tout, qui giclent de toute part et viennent maculer l'humeur - la vôtre, la nôtre, la leur - d'une furieuse envie de se fracasser la tête contre le caniveau, par va-et-vient répétés, dans un headbang autiste et kamikaze : du punk punk quoi. Ah pour sûr que Whores. à côté, niveau charisme, ils font très très peur... Bref, vous l'aurez compris, Drunkdriver, c'est le centre névralgique de la flamme, c'est l'éclat de verre qui balafre le visage de l'innocent et le cancer urbain qui se propage jusque dans les tripes. Le punk. Allez donc et brûlez-tout. BRÛLEZ-TOUT. 

 

 

 

 

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