Slow End
Special Low Frequency Version
Voix d'en-bas
Funeralium
Funeralium

Avis des chroniqueurs

Manumal
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gulo gulo
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Krokodil
Note

Informations

Première édition
2007 (2 x )
Label
Ostra Records
Avec
Marquis (vocaux, guitare)
Berserk (guitare)
Toxine (basse)
YS (batterie)
Tracklist
1. First Symptoms
2. Transcendance #26
3. Funeralium
4. Light Crisis
5. Let People Die
6. Nearly The End
 

FUNERALIUM (France)

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Doom death Funeral doom Black metal

Chronique par Manumal, le 29 juillet 2009
(593 lectures)

Funeralium.
Un nom qui en peu de temps a pris du sens et de l'ampleur. Apparu en orbite du mastodonte Doom-death hexagonal qu’est Ataraxie, Funeralium se distingue malgré les liens de sang et une même vision radicale du doom.
Ce premier album succéda à une démo-tape qui en son temps fit saliver les initiés, "Ultra sick doom", rien que le nom donnait l'eau à la bouche. Une fois encore, si vous recherchez le genre de doom au bout du rouleau je peux vous garantir que vous avez mis le bon disque.
Cet éponyme reprend l'ultra sick doom là où il en était resté et ici ça creuserait même un peu plus profond ; chez Funeralium les mélodies sont grises, livides et perverties, symptômes d'une aliénation qui rappelle l'effroyable S.U.I.Z.I.D ou Dictius Te Necare. Fléaux qui laissèrent des séquelles chez certains, Shining en laissera également quelque unes au vu des solos.
Le chant incarne au premier rang cette perversion, si le growl est certifié en profondeur le plus intéressant se trouve dans l’exploration de l’aigu, Marquis ayant certaines prédispositions pour ce genre d’exercice vocal subtil entre cris stridents, pleurs et gémissements...se mettant dans un état pas possible à chaque fin de morceau. Il faut dire que Funeralium adopte une approche résolument agressive et maladive du genre, tous les traits y sont exacerbés, et on n’a guère de difficultés à se le représenter, ce névrosé d'une pâleur morbide, harnaché dans sa cellule… Point de compassion pour une créature aussi repoussante, si ce n’est lors de ces passages dépouillés fort biens sentis.
Le groupe ne rompt cependant pas tous liens avec les fondements traditionnels du genre, des réminiscences plus Doom trad’ subsistent, certains morceaux sauvegardant un feeling typiquement old school, une attache avec les anciens, par delà leur extrémité.

Pour ce qui est des moins on mettra la durée de l’album, un poil long, certains morceaux auraient gagnés à être moins étalés. Rien de bien méchant donc, car le fond est convaincant, et la personnalité du groupe déjà bien affirmée, tout ceci promet de terribles perspectives, le prochain reste chaudement attendu.

Funeralium en trois mots : glauque, torturé, moribond




Doom death Freak doom

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(116 lectures)

Je me rappelle parfaitement avoir acheté le ci-devant disque avec au cœur un mélange d'émotions désagréablement mitigées : la déception de le trouver moins obscène dans son insanité que la démo, le devoir un peu, et en dépit de tout l'amour pour l'ultrasick-tube qu'était, à mes oreilles de l'époque du moins, "Let People Die" (il est à peu près certain que j'aie gloussé de satisfaction tout haut, la première fois que j'ai lu ce titre de morceau, lecture qui est la première étape du plaisir à lui associé), lequel paraissait concentrer sur sa seule durée toute la démence retenue le restant de l'album.

Las ! Les années passent, on change, et les discographies tout comme nous autres vont s'étoffant. Aussi parfois a-t-on la surprise de découvrir que le tableau d'ensemble a sensiblement changé, à force de détails qui paraissent des ajustements - embonpoint, calvitie, délabrement général... Est-on à perpétuité le même mais en toujours moins bien ? Ou certains développements, dans le volume ou la profondeur, donnent-ils un sens enfin à d'anciens errements, et révéler une trajectoire ? Aujourd'hui, Of Throes and Blight vient de donner dans mon cœur un coup de vieux à Deceived Idealism, un air de cul entre deux chaises (au regard de ce que je goûte chez Funeralium, en tous les cas, et au moins temporairement), et un éclat nouveau à l'album sans titre ; un goût bien plus riche et entêtant, sans pour autant lui retirer son indiscutable saveur de brut, de fruste, de bête des bois. Le goût des choses simples, la meilleure métaphore qu'on puisse en donner c'est celui de la viande crue ou d'un single malt, pas la peine de vous refaire l'exposé. Aujourd'hui j'entends là autant de Forest of Equilibrium que de Quietus : déjà rien qu'à cet énoncé, il faut avouer que cela fait nettement plus saliver dans son fauteuil club, que le Bethlehem de cimetière ou le Khanate en redingote mitée (quoique, là, à le dire...), que probablement l'on espérait il y a 10 ans, et n'y trouvait pas ; un album qui présente toutes les qualités d'extrêmes sérieux et austérité attendues d'un album de doom-death, sans pour autant que ce n'empêche la folie qu'on suppute aussitôt qu'on lit les mots "ultra sick doom", profession de foi du groupe ; la rusticité du death, patibulaire à souhait, même, dans quelques piaffement de double-pédale particulièrement suidés, la sauvagerie sanguinaire du black metal... et l'onirisme, donc, des deux très illustres références totémiques invoquées plus haut - celui du grand dépressif paranoïaque qui se soigne à hautes doses de champignons, jusqu'à en avoir le teint du mauve le plus malade du monde, et celui, aussi impossible qu'une géométrie lovecraftienne, qui fit, un jour de 2001, d'un death metal façon porte de frigidaire dans la figure une beauté. Les deux se marient très bien - pensez donc ! c'est qu'il y en faut des teintes mélangées, pour faire un convenable et nauséeux gris... Un qui à souhait luise, comme luit un hideux abdomen d'insecte, et comme lui sourdement palpite, sur le gris d'une nuit de terreur morne, presque une sorte d'anti-matière, totalement sucée de tout souvenir de chaleur et tout ce qui s'y associe, de Burning Witch. Un disque hyène et vampire, qui avec une effroyable lenteur de torture, vous entraîne peu à peu plus bas dans le donjon invaginé de sa maladie mentale.

Pendant qu'on y est, l'extrémisme radical et impeccable du disque - prédateur de la première à la dernière seconde, envolées de guitares incluses - offre à mettre, à la fois au rayon, se garnissant peu à peu, des comparaisons qui me vaudraient probablement un regard consterné du Marquis, et à celui des observations non faites en 2007 -  de fugaces mais saisissants parallélismes, question crudité, entre ce Funeralium et le drone de panique au ralenti du premier Monarch! ; et, bien sûr, des airs d'un Bunkur doué de juste ce qu'il faut - un atome - d'humanité pour goûter un certain sens - très acide - du tragique.

Ultra sick doom, ou ultra doom tout simplement, pur minerai de doom comme en le triturant un brin l'on peut faire dire à leur nom (qui en vrai est la contraction de funeral et de valium, paraît-il) : peu importe comment on le désigne mais Funeralium de Funeralium emplit de farouche foi totalitaire en le doom, et sa suprématie dans tous les secteurs ; comme si on l'écoutait pour la première fois.

Funeralium en trois mots : en, toute, pureté




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