Slow End
Special Low Frequency Version
Mort d'une quinte de toux
In the Red

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Informations

Première édition
2004 (1 x Cd)
Label
Rise above records
Avec
Rion LIPYNSKY (Guitare, voix), Jay NEWMAN (Basse), Darren VERNI (Batterie)
Tracklist
1. Penta(grams)
2. It is the never and forever that you fear
3. Int the red
4. Possession in poverty
5. Turning piss into gold
6. Deathothic
 

UNEARTHLY TRANCE (États-Unis)

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Sludgecore Freak doom

Chronique par Sinical, le 31 juillet 2005
(1237 lectures)

Et paf, encore des gars de New York. Et devinez quoi, paf, encore de la musique grasse, lourde, déguelasse, puante, propre à décoller le papier peint des murs (tiens faudrait que j'y pense la prochaine fois que j'emménagerais dans une piaule de merde)...mais quelle malédiction pèse donc sur cette bonne vielle Grosse Pomme pour qu'elle voit naître en son sein tant de groupes maladifs et haineux?
Enfin toujours est-il que là on tient un sacré spécimen. Un mix entre du Khanate acceléré, du Neurosis en plus agressif, et un poil de hardcore sous valium, pour respecter la tradition du coin (ne jamais froisser les gens du voisinage, ca fait tâche). Rajouter quelques effets fuzzy assez trippant, une voix bien torturée de spectre d'écorché vif, des percussions particulièrement sourdes, genre un peu Warhorse (tiens d'ailleurs ils appellent ça "wardrums" sur leur site), et vous obtenez un énième combo ravageur de grande qualité.
A l'exception du dernier morceau ("Deathothic", plus directement inscrit dans un trip khanatien avec un fond sonore crispant et traumatisant, et une rhytmique asmathique), l'album est bien homogène. On voyage entre des tempi glauques assourdissant, et des accélérations de grabataire alzheimérien, toujours dans une ambiance sonore vrombissante, rendant par instants une sensation de grouillement particulièrement désagréable (dans le bon sens du terme hein?). Des passages plus chaotiques ponctués par un acharnement pathologique sur les symbales, des plages plus "ambiantes", plus posées, mais non moins angoissantes, on trouve de tout sur ce "In the Red". On trouve même des passages plus ravageurs, plus rentre-dedans, qui allègent un peu l'atmosphère, là où un Khanate aurait décidé de vous laisser tremper dans votre jus.
Bien sûr les influences se font bien sentir, mais c'est difficile d'y réchapper dans le milieu sludge/hxc/tout-ce-que-vous-voudrez . On finit toujours par retrouver un peu de ci, un peu de ça. Mais l'essentiel est de pouvoir trouver une patte, un signe distinctif de personalité, quelque chose d'authentique. Et là ma fois, il est difficile de dire que Unearthly Trance n'a pas réussi quelque chose d'assez unique dans la combinaison de ses influences.

In the Red en trois mots : haineux, boueux, brûlant




Sludgecore

Chronique par gulo gulo, le 20 décembre 2015
(931 lectures)

N'allez pas croire qu'il y ait le moindre problème avec les anciennes chroniques du groupe sur le site : elles sont très bien. C'est juste que depuis, le groupe a changé de statut, de catégorie : n'allez pas croire qu'il va s'agir simplement de raconter ma vie, sous l'angle de mon rapport strictement intime avec le groupe et de ses fluctuations, même si le ferai sûrement un peu. C'est juste que le groupe a changé de statut, de catégorie - et que personne ne semble s'en apercevoir. Voire, au contraire, l'avoir laissé sombrer dans la catégorie des oubliés, avec le statut de groupe daté, de petit soldat anonyme parmi les légions d'un style passé de mode et d'époque. Vous entendez souvent citer Unearthly Trance, vous ? Le pire, c'est que le nom n'est même pas obscur ni inconnu, tout le monde sans doute l'a déjà croisé, et toujours (j'imagine) mentionné de façon à le rendre aussi accort qu'une note en bas de page de l'histoire du sludge et de l'ascension du doom axe Neurosis-Khanate.

Mettons donc nos gros pieds dans le plat : Unearthly Trance est tout sauf cela ; Unearthly Trance, vous n'avez pas fini de m'entendre le pérorer, est un groupe bourré-de-talent ; et à ce titre, qui est à double tranchant, on peut dire que sous un certain aspect ils ont passé beaucoup de leurs sorties à mettre à côté de l'album qu'ils réussirent enfin avec Electrocution... Ou pas, après tout. Après tout peut-être est-ce simplement The Trident, qui a le cul entre deux chaises ; quand In the Red, lui, porte les deux en gestation, en incubation faudrait-il plutôt dire les concernant - les deux composantes d'Unearthly Trance : ce groupe qu'on pourrait - entre autres tentatives de définir une identité décidément trouble et interlope - résumer dans le sobriquet de "Neurosis de Brooklyn". Impossible de ne pas entendre tout ce que doit UT à Neurosis - et qu'ils leur rendent d'ailleurs avec un talent et une passion peu communs - et pourtant Neurosis seront toujours de la région de San Francisco, seront toujours cette tribu de nomades sédentarisés, qui vivait les uns chez les autres à l'époque d'Enemy of the Sun, et répétait dans la cave de l'un pendait que la femme d'un autre gardait les moutards des uns et des autres : des genres de psyconautes de l'ère Mad Max, des hippies tough guy.

Unearthly Trance, eux, sont plutôt de la culture de la ruelle, de la mégalopole tentaculaire, des gratte-ciels - et des caniveaux à leurs pieds, et des catacombes infestées de rats et d'alligators devenus trop encombrants pour les appartements des habitants desdits gratte-ciels, en-dessous, où vous invitent lesdits caniveaux. C'est là que demeure et évolue - la nuit seulement - Unearthly Trance, dans les embrouilles à la petite semaine, les deals moisis à la sauvette entre deux containers à ordures aux dimensions de bête mythologique, les rixes de pitbulls écumants aux yeux fous de Cerbère, dans la jungle urbaine plutôt que la jungle karmique - le terrain où ils sont limitrophes et se croisent avec Neurosis étant l'Interzone psychotrope. Enfin, bref, on pourrait en parler des heures et accumuler des clichés, mais je ne doute pas que vous en ayez d'aussi valables que les miens sur Brooklyn, et question effet sur votre libido ils auront toujours l'avantage d'être les vôtres.

In the Red, si l'on parle d'attentes, aura fini, non pas par me parler une fois les miennes mises au rebut où elles auraient été prédestinées - mais par me démontrer qu'il y était conforme, et qu'il méritait tout ce qui les avait fait naître - oh, ce n'est rien de bien compliqué ni subjectif : tout est dans le titre, et la pochette là-dessus ôte tout doute raisonnable. Du rouge, du rouge, du rouge ; même davantage qu'on n'en osait espérer, puisque l'album suivant les angles où on le regarde - généralement de travers, avec une méfiance mal définie, manière de nausée anticipée - aura l'écarlate des effusions de sang, de vinasse et d'émotions pompières qui en fait le spectre annonciateur, encore aux lisières du réel, du vigoureux et excessif Electrocution, ce disque de coreux de retour d'un drive-by en Enfer - ou bien le carmin insoutenable et mat de la pire des migraines, qui vous tambourine au pied de biche le front pour sortir, et de la folie meurtrière qui semble sur le coup une plus brillante idée que le Nurofen comme solution de soulagement, même si finalement on ne la met jamais à exécution tellement on se sent exténué et sapé par le feu creux de cette dite migraine... qui d'In the Red fait le précurseur de la morbide lassitude et déliquescence de V.

Mais aussi n'y a-t-il pas de secret : si Unearthly Trance ont beaucoup appris de Neurosis, c'est principalement dans Through Silver in Blood qu'ils ont trouvé de quoi donner chair à leur propre langage, l'album le plus malade de Neurosis pour inspirer le plus malade de ses enfants, quoi de plus naturel - et c'est dans V et In the Red qu'ils ont donné de cette subtile humeur la ré-interprétation à la fois la plus jumelle et la plus personnelle. Pour continuer, ainsi qu'on pourrait le faire sans fin au sujet d'un groupe dont on a parfois l'impression qu'ils ont sorti toujours le même disque avec des différences proéminentes, à tourner autour du pot de confusion, disons que les deux sont le même disque un peu, mais l'un du côté Electrocution de la barrière (mince alors, j'avais oublié que ce V comportait des foutus solos !), l'autre du côté SOS de cette même barrière.

Car In the Red, c'est encore l’œuvre de ce groupe de hardcore jamais fichu d'envoyer un morceau de hardcore et l'emmener à son terme (pas faute d'essayer, avec obstination et toujours ce vieux riff  à deux francs qu'on trouve sur de mémoire tous leurs albums, pour cette fois sur "It is the never and forever that you fear"), chaque fois il faut que ça dégénère en interminable naufrage dans le ruisseau de pisse - ce qui vient jeter inopiné des ponts vers In the Name of Suffering, et fait d'Unearthly Trance un des rares groupes à ce point tributaires de Neurosis à ne pas jouer de ce post-metal, dont au fait Neurosis non plus ne joua jamais, ou presque... En vérité, je vous l'ai dit, on passerait des nuits entières à parler d'Unearthly Trance, on y verrait de plus en plus trouble, bafouillerait sur les relents de plus en plus acides de sa bouche empâtée, et ne serait pas plus avancé à la fin. On aurait pu choisir par exemple de suivre plutôt la piste "quartier rouge" dont on peut également croire distinguer l'amorce torve dans le titre, se faire la remarque au bout de quelques méandres qu'il n'est pas si étonnant tout bien considéré que les Kickback aient semblé tant goûter Unearthly Trance, eux si fins connaisseurs de Bloodlet et autres rares groupes qui font du hardcore une maladie dégénérative, et savourer longuement sur la langue cet arrière-goût de vice et de macération white trash que le groupe démontre comme jamais ici, sur un album qui est aussi un Through Silver in Blood pollué par du Kickback saturnien, trépané de son culte de la virilité, et vissé comme un mollusque le cul à son canapé, les yeux bouillis mais aimantés à un snuff movie sur le poste de télé usé aux limites du radioactif, dans un appartement crasseux uniquement éclairé par le néon rouge du bar à hôtesses au coin de la rue en-dessous, ambiance Videodrome à portée de divagation... Autant passer plutôt des heures à les écouter. Ce saumâtre album en particulier.

 

N'allez pas croire qu'il y ait le moindre problème avec la chronique de Sinical, ci-dessus : sa dernière phrase, voyez-en donc la sagesse, avait tout vu.

On me signale également que cet In the Red figure dans notre synoptique des éléments nécessaires à la bonne initiation selon les rites, à la ligne sludge. Faut reconnaître, c'est vachement bien fait ce site, des fois.

In the Red en trois mots : décrépitude, en, rouge




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