Slow End
Special Low Frequency Version
La taille compte
Buzz Factory

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
1989 (1 x Cd)
Label
SST Records
Avec
Mark Lanegan: chant
Mark Pickerel: batterie
Gary Lee Conner: guitares
Van Conner: basse
Tracklist
1 - Where the Twain Shall Meet
2 - Windows
3 - Black Sun Morning
4 - Too Far Away
5 - Subtle Poison
6 - Yard Trip #7
7 - Flower Web
8 - Wish Bringer
9 - Revelation Revolution
10 - The Looking Glass Cracked
11 - End of the Universe
 

SCREAMING TREES (États-Unis)

Voir tous les articles pour SCREAMING TREES


Grunge Psyché

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(114 lectures)

Et si au final, c’était l’année mille neuf cent quatre vingt neuf qui avait été un tournant pour cette scène du nord ouest étasunien? Si l’on commence à égrainer la liste de quelques sorties majeures, l’on aurait ce qui suit: Louder Than Love, Bleach, Shine, Ozma, Mudhoney, God’s Balls et donc Buzz Factory. Comme le laisserait supposer cette pochette, que l'on aurait vraisemblablement plutôt vu pour un disque d'industriel, ce Buzz Factory s'apparenterait à quelque chose de plus urbain ou, en tout cas, de plus rattaché au monde terrestre, coincé qu'il est entre le flamboyant Invisible Lantern et le bigarré Uncle Anesthesia. L’on y ressent peut être moins ces montées d’acides que pour les autres. À vrai dire, et sans doute est-ce parce que la production est ici l'œuvre de Jack Endino, l'on sent bien qu'il s'est passé quelque chose sur cet album. Non pas que Screaming Trees ait fondamentalement changé de registre musical, puisque l'on reste toujours dans ces eaux tempérées à la fois délavées et à la fois assaisonnées de différentes épices, il y a toutefois quelque chose d’un peu plus bourru que de coutume ici. Et puis, il faut dire que si l’on reconnait bien la patte d’Endino derrière ce son suffisamment sale et chaud comme il le faut et bien adapté à l’ensemble, il est aussi compatible à la personnalité et aux particularismes de Screaming Trees.

Ainsi avons nous sans doute leur album le plus direct et volontiers épris à la fois d'une certaine vitalité et d'un côté plus vigoureux, comme pour mieux témoigner de leurs accointances avec certains de leurs camarades de jeux de leur région. L'on retrouve ainsi une collection de chansons particulièrement bien ficelées et enjôleuses, à l'instar d'un Black Sun Morning, entêtant au possible avec son refrain qui ne vous lâche pas. Les influences et les clins d'œil sont assez nombreux, tantôt pour ce qui est de tout cet héritage garage et psychédélique, que ce versant plutôt du terroir, comme sur Yard Trip #7. Ce n'est pas anodin d'ailleurs de voir les acoustiques y faire leur apparition, nous renvoyant à l'autre père spirituel de cette scène qui n'est autre que Neil Young, même si les quatre musiciens en seront moins traumatisés que d’autres de leurs camarades, exception faite du port de la chemise en flanelle. Il est indéniable qu'il y a ici une cohésion d'ensemble des plus solides et l'on restera admiratif par le travail effectué par les deux frères Conner, entre cette basse virevoltante, et cette guitare qui tisse des mélodies et qui trace son sillon entre tout ceci. Ce n'est sans doute pas anodin que c'est avec ces musiciens que Josh Homme s'était acoquiné après la séparation de Kyuss, car l’on y retrouve quelques similitudes dans ce jeu de guitare.

Il n'y a rien de vraiment inédit dans la forme, et l’ensemble reste assez passéiste d’une certaine manière, mais toujours est-il qu'il y a un côté à la fois incandescent et tellement coloré, mais plutôt comme une tâche de rouille qui prend différentes teintes cramoisies au gré de son oxydation et de son exposition au soleil. C'est tout ce qui fait la richesse de ce disque même si ce n'est pas la seule, car l’on n’y décèle aucun temps morts au final. Il y a évidemment ce chant tellement excellent de Mark Lanegan qui assume complètement sa stature de frontman avec ce chant éraillé de haute tenue, et ses vocalises qui commencent à prendre cette profondeur qu'on lui connaîtra pour les décennies suivantes. Elles apparaissent ici et donnent cette épaisseur et cette petite touche de mysticisme qui rendent cette formation assez unique. Au final, ce que l'on pourrait voir comme une simple ligne supplémentaire dans une discographie assez touffue, et de qualité, n'est en rien un album anecdotique, ni encore moins le dernier jet débonnaire et bâclé pour un label indépendant, mais bien le témoignage d'un groupe solide et sûr de son coup, qui a accompli avec ce Buzz Factory une excellente réalisation, n’ayant rien à rougir comparativement aux autres, et qui n’avait d’ailleurs pas attendu les années quatre vingt dix pour sortir quelque chose de probant. Ce serait même criminel que de faire l'impasse sur ces réalisations.

Buzz Factory en trois mots : usine, à, tubes




Facebook 

Commentaires des lecteurs pour ce disque

Aucun commentaire actuellement pour ce disque