Slow End
Special Low Frequency Version
Suis le cortège...
Sardonischer Untergang im Zeichen Irreligiöser Darbietung

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
1998 (1 x Cd)
Label
Red Stream Inc.
Avec
Marco Kehren: chant
Klaus Matton: guitares
Jürgen Bartsch: basse
Marcus Lose: batterie
Cathrin Campen: chant

Shane S. Davison: chants additionnels
Saruman: chant
Tracklist
1 - Durch befleckte Berührung meiner Nemesis
2 - Du sollst dich töten
3 - Gestern starb ich schon heute
4 - Teufelverrückt Gottdreizehn
5 - Totte weiße Marder
6 - Nexus
7 - Luftstehs’Ibläh
8 - Als ich noch Caulerpa Taxifolia erbrach
9 - Tod ist weichet Stuhl in gar fleischols’ Gift
 

BETHLEHEM (Allemagne)

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Doom death Freak doom Black metal

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(233 lectures)

La folie à l’état pure mais avec des élans de désespoir, la démesure, la perte de toute raison, que tout ceci parait bien pâle à l’aune de ce troisième album de Bethlehem, communément connu sous le nom de S.U.i.Z.I.D, comme pour mieux signifier une nouvelle fois que l’autolyse n’est qu’une seule issue à cette existence. Et également assurer une bonne fois pour toute l’imagerie de la formation et tout le malaise qu’elle tisse autours d’elle. Il est en effet assez difficile de rester indifférent face à un tel degrés de démence faite musique. Les allemands avaient déjà soufflés leur monde avec l’énorme Dictius Te Necare deux années auparavant, ils vont encore plus loin ici dans l’exploration de tout ce que l’humain peut avoir de dérangeant et de dérangé. Loin d’être une simple redite du précédent album, bien que l’on retrouve certains de ses points forts dont cette savante mixture aux confins du doom death metal et du black metal, ce fameux suicidal dark metal dont tant se réclament, les allemands vont ici explorer d’autres voies et d’autres directions. Mais il demeure toujours en filigrane derrière tout cela une volonté de nuire et de répandre par ses élans méphitiques tous ces sentiments que l’on ne veut affronter, toutes ces perceptions de l’infiniment noir et abject que l’on préfère refouler.

Il y a ici un degré de sophistication, en prenant des éléments assez épars comme ces samples dérangeants, ces cris venus de nulle part, ces notes fantomatiques de piano de temps à autres, et tant d’autres détails qui sont mis à l’oeuvre pour torturer l’auditeur. Une torture auditive, c’est assurément cela qui sied le mieux pour décrire ce à quoi nous sommes confrontés sur cet album, cela se ressent même dans les choix de production avec un son de guitare assez strident, comme pour mieux vous écharper. Même quand cela prend des attraits presque primesautiers comme sur Gestern starb ich schon heute, l’on nous rappelle bien avec qui nous sommes présents. C’est exactement le même constat lorsque la musique devient tout d’un coup plus mélodique et presque plus appréciable, ce n’est qu’à chaque fois une temporisation fourbe pour mieux amadouer sa victime et la lacérer plus violemment par la suite. Car ce sont bien six esprits dérangés qui sont à l’oeuvre ici, qui font tout pour nous malmener sur trois quarts d’heure, sans aucun répit. Il y a bien ces savantes alternances entre passages rapides et d’autres plus lents, et entre passages saturés et d’autres en sons clairs, toutes deux des signatures musicales du groupe, et qui subjuguent toujours autant par leur efficacité. Il n’y a d’ailleurs quasiment rien de linéaire sur cet album, comme autant de fausses pistes pour se perdre encore et toujours dans ces méandres fangeux et y perdre tout entendement.

Outre la musique menée de mains de maîtres par Jürgen Bartsch et Klaus Matton, Bethlehem ne serait rien sans la présence d’un chant d’aliéné. Continuant la valse des chanteurs après le départ de Rainer Landfermann, ce ne sont pas moins de trois personnes qui s’occupent de ce poste sur cet album, sans atteindre toutefois le côté complètement psychotique de ce dernier. Pourtant, Cathrin Campen, complètement hystérique et affolante dans ses vociférations, et Marco Kehren, réellement impressionnant avec ses cris de déments, n’ont aucunement à rougir devant Landfermann et apportent réellement un plus évident à cet album, avec justement une diversité dans cette frénésie et dans ces égarements qui étoffent énormément chacune de ces compositions. Il y a ainsi une telle perversité mise en oeuvre sur cet album, une réelle volonté de nuire, tout en prenant des directions opposées, parfois assez modernes, voire saugrenues par moment, qu’il est assez vain de vouloir lutter. Tout en restant largement affilié à une entité particulière, S.U.i.Z.I.D se distingue suffisamment de ses prédécesseurs pour faire montre d’une réelle originalité et d’un sens rare du déraisonnable et de l’outrance, et ainsi marquer les esprits par sa noirceur. C’est une forme de grandeur et de décadence auxquelles nous sommes volontiers appelés à être les observateurs, des témoins qui peu à peu sombrent dans ce même état d’esprit.

Sardonischer Untergang im Zeichen Irreligiöser Darbietung en trois mots : frénésies, douleurs, calvaires




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