Slow End
Special Low Frequency Version
Voix d'en-bas
Horizonless

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Profound Lore Records
Avec
John Anderson: basse
Jay LeMaire: batterie
Timothei Lewis: guitares
Mike Meacham: chant, guitares
Tracklist
1 - The Joy of All Who Sorrow
2 - I.O.
3 - All Grows on Tears
4 - Moved Beyond Murder
5 - Naught
6 - The End Steps Forth
7 - Horizonless
8 - Banishment
9 - When Death Is All
 

LOSS (États-Unis)

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Doom death

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(205 lectures)

À l'image de cette pochette d’album réalisée par le très en vu Adam Burke, la musique de Loss évoque une nouvelle fois avec ce Horizonless ces images de terres désolées et arides, ce sentiment d’éternelle solitude face à l’immensité de cet univers à la fois beau et draconien. Nous voguons lentement dans un monde où la lumière n’est plus, et ne sera plus, où l’humanité n’a plus foi en elle et se retrouve condamnée et prostrée dans une forme de léthargie et de nostalgie, à regarder derrière soi toutes ces choses qui sont désormais ancrées dans un passé révolu et si lointain. Tous ces petits éléments que l’on prenait pour des futilités et que l’on considérait comme acquis pour toujours et faisant partie de soi et que l’on en vient à déplorer leurs pertes, nous ramenant à la vacuité de notre existence. L’on en souffre toujours un peu de ces choses et des ces êtres disparus, l’on a même du mal à admettre que l’on puisse avoir la larme à l’oeil rien qu’en évoquant tout ceci, en employant l’imparfait dans ses discours et dans ses prêches apocalyptiques comme pour mieux signifier que tout cela n’est plus, définitivement. Et l’on veut encore embrasser l’immensité de ce qu’il reste de ce monde voué à sa perte en admirant ses derniers vestiges d’une majesté qui tend inexorablement à se faner, à mourir devant soi, mais en prenant ce soin perfide de le faire bien avant soi, car elle a ceci de cruelle qu’elle préfère s’étioler en laissant ce souvenir de fin de vie pour mieux marquer les esprits, à jamais. C’est une fragilité qui est toute aussi touchante que cajoleuse, car l’on aime s’y prélasser, et qui, surtout, exacerbe plusieurs formes de sentiments tellement humains, mais d’où émanent toujours une réelle beauté, une beauté qui exsude de cette suie, qui une fois qu’elle a été balayée, n’en devient que plus éloquente, qu’elle soit fragile, qu’elle soit frêle ou bien encore fugace, elle existe pourtant. Elle est même exigeante dans ce sens qu’elle ne se dévoile que difficilement, uniquement lorsque l’on a fait cet effort d’accepter de voir au travers de cette noirceur, de rouvrir ses yeux après s’être longuement apitoyé sur sa maudite condition. C’est aussi cela qui rend cette existence toute aussi tragique que faite de moments de recueillements et d’apitoiements. Où être prostré ne signifie pas que l’on va rester figé à jamais devant ces images décharnées, que l’on peut aussi hurler notre colère et notre rancoeur face aux éléments qui se déchaînent devant nous, de faire preuve d’acrimonie et de misanthropie pour conjurer toute cette inclémence. Et pourtant, c’est bel et bien le monde qui s’écroule devant nous, qui remplace ce voile aux couleurs d’une nuit sans fin, une nuit d’apocalypse durant laquelle tout semble s’écrouler et flamber pour de bon, par un rideau de ténèbres, aussi fuligineux que des abysses sans fonds.

Horizonless en trois mots : sentencieux, fataliste, ascétique




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