Slow End
Special Low Frequency Version
Où la musique est en voie de disparition
Lunchbox Dialogues

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2000 (1 x Cd)
Label
La Guapa Records
Avec
Pim Van Zanen: guitares
Olly Smit: guitares
Cyril Crutz: chant
Jacques de Haard: basse
Rob Snijders: batterie
Tracklist
1 - Lonely Man Burning
2 - Sharks and Razors
3 - Outshine
4 - Boarding Music
5 - Mary Meets the Sky
6 - Body Overdrive
7 - The Celestial Dragon
8 - All Wrong
9 - Comfortable Mess
10 - From the Plains
 

CELESTIAL SEASON (Pays-Bas)

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Stoner

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(113 lectures)

Se faire une image d’un groupe, quand celui-ci a montré une grande évolution durant ses années d’activité, n’est pas aisé, et lui raccrocher une seule oeuvre comme descriptif est assez réducteur, trop même, pour ne pas dire trompeur. Pourtant, pour ce qui concerne Celestial Season, c’est le méconnu Lunchbox Dialogues qui m’apparait comme étant le plus approprié pour les décrire. Et pour cause, cette dernière livraison des bataves possède en elle quelque chose d’assez unique pour l’époque, témoignant non seulement de l’évolution de ce groupe, mais aussi de quelque chose qui le rattache à son passé, comme si cet album devait être une sorte de fin de cycle, et que la boucle devait être refermée.

J’ai précédemment fait le rapprochement entre cet album et Solar Lovers, et plus particulièrement à cause de cette coloration mélancolique commune à ces deux albums. L’on y ajoutera aussi cette touche souvent éthérée, entre quelques bourrasques. Les exemples de cette facette sont assez nombreux, que ce soit Lonely Man Burning, Outshine, Mary Meets the Sky, et From the Plains, qui répond en écho au premier titre et sur lequel l’on retrouve un violon, comme autrefois. Il n’y a rien d’extraordinaire derrière tout cela, encore qu’à l’époque, il n’y avait pas forcément d’équivalents dans cette scène stoner, où une toute autre imagerie était mise en avant. En fait, il y a ici un feeling que l’on pourrait presque comparer à ce que proposaient les compatriotes de The Gathering - c’est d’ailleurs l’époux d’Anneke qui tient ici les baguettes -, avec quelque chose de plus posé et de plus contemplatif, quelque chose que l’on peut rapprocher également aux dernières réalisations de Truckfighters, les similitudes étant assez nombreuses entre ces deux formations.

Mine de rien et c’est là l’essentiel, c’est vraiment bien fait de bout en bout, avec quelques petites astuces et idées dans les arrangements, comme ces furtifs passages de sitar, afin de donner quelques couleurs épicées à l’ensemble. L’on n’hésite pas à sortir les acoustiques, comme sur Mary Meets the Sky et Sharks and Razors, dont les leads magnifiques et le va et vient entre passages légers et d’autres plus granuleux sont une réussite. C‘est là un modèle d’écriture qui est souvent repris sur cet album, pas de manière systématique, mais qui rappellera au bon souvenir de ce que l’on pouvait trouver dans la scène grunge, ou en tout cas ce que les années quatre vingt dix avaient pu apporter de mieux. C’est même une bivalence que l’on reconnait aussi dans le chant de Cyril Crutz, dont les progrès sont assez conséquents, avec une bonne capacité de modulation, qui en fait l’un des atouts majeurs de cet album, surtout dans ses instants les plus calmes et les plus mélodiques. Néanmoins, cela n’empêche pas le quintet de renouer aussi avec quelques aspérités plus véloces, où l’on sent bien que le groupe de Chrome et d’Orange est encore là, avec un savoir faire bien plus grand, acquis à force de labeur.

Dans tous les cas, c’est vraiment cette balance entre tous ces éléments qui font de Lunchbox Dialogues un excellent disque, en fait mon préféré de cette formation, car il a ce côté assez unique de coucher de soleil un soir d’été au milieu de la nature, où l’on profite des derniers instants de lumière et des derniers souffles du vent chaud avant de contempler le ciel étoilé et de guetter patiemment le passage de quelques Perséides. Il y a ici une forme de poésie enchanteresse mais bien ancrée dans le vivant qui donne à ces dix titres une plus value assez conséquente et une bonne durée de vie à tout ceci, chose assez improbable pour un groupe qui traînera pour toujours cette image de second couteau.

Lunchbox Dialogues en trois mots : songeur, élégiaque, délicat




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