Slow End
Special Low Frequency Version
Aig... quoi ?
Owlcrusher

Avis des chroniqueurs

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Digital)
Label
Autoproduction
Avec
Steve Hobson : basse, chant
Damien McKeown
Andrew Spiers : guitare, chant
Tracklist
1. Feeble Preacher
2. Owlcrusher
3. Spoiler
 

OWLCRUSHER (Angleterre)

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Doom death Funeral doom

Chronique par Krokodil, le 09 décembre 2017
(422 lectures)

N'en déplaise aux autorités compétentes et aux élites, à ceux déplorant la banalisation de la drogue et de la violence dans les cours de récré, comme à ceux soucieux de préserver leur apparente innocence de non-vrais : quelle réjouissance que de découvrir encore aujourd'hui des disques tels que cette succulente cochonnerie que voici ! Un album dit de "doom metal extrême", qui aurait largement pu sortir chez Southern Lord entre 1998 et 2005, ou Avantgarde Music, et tout aussi largement éclipser les discographies entières de terroristes de renommée tels que Bunkur, Wormphlegm, Arachnotaur et j'en passe. Ahhh "doom metal extrême" ! On a presque envie de lui coller des majuscules, hein ?

Faut dire que chez Owlcrusher, on a sans doute davantage usé ses platines avec les albums de Stephen O'Malley et Funeralium que ceux de Skepticism ; et probablement oublié depuis longtemps ses cours d'amphi bien relou sur le maniérisme en terres metal et les harmonies savantes, préférant de loin ceux sur les méthodes de torture employées dans les temps anciens... Quelque part, ils la méritent leur attestation (celle qui confirme leur appartenance au monde de l'extrême, quoi), et ce même si leur album ne dure que 45 minutes - et que 45 minutes pour le vrai-vrai, c'est juste une intro et le temps de se mettre dans le bain... Car concrètement, les types en font mordre à qui veut, de la poussière, et quand ils abattent leurs guitares colériques sur nos gueules, c'est sans discontinuer, ni laisser transparaître un soupçon de culpabilité, un peu à la manière de Burning Witch. Mais néanmoins pas emballés à l'idée de jouer toujours et encore la même note et provoquer toujours et encore la même mono-agonie à son auditoire, les mêmes types n'ont pas oublié d'écrire de vrais morceaux, avec de vraies structures, de vraies variations et de vraies histoires à raconter (quoi? y'a trop de "vrai" dans ce billet ?)... Bref, Owlcrusher se distingue de ses pairs de façon simple : l'extrême comme outil de narration plutôt que comme code de conduite inébranlable. On approuve. 

(...) Et peut-être que c'est ça, qu'on appelle "jouer du doom", tout simplement. Le doom au sens triste et sinistré de la chose, avec son fardeau d'exister, sa maladie d'être, le poids de sa conscience, le coeur lourd et le sang qui pisse de ses veines fraîchement taillées. Et lorsque l'on constate - sans réelle surprise - que nos Owlcrusher sont originaires du même coin de paradis que Moss - leur papa spirituel - l'on comprend mieux d'où vient cette passion du riff reptilien, du tempo qui s'écroule perpétuellement, de la saturation bouffée par les métastases, mais aussi cette aptitude à fabriquer des titres aussi difformes que langoureux, et passionnants pour quiconque aime son doom sournoisement courbé, comme son karambit de poche. Après... de là à les faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, à savoir le nouveau monstre absolue de jusqu'au-boutisme écervelé, bien méritant de son étiquette ultra et d'un poste de titulaire aux côtés d'Highgate, Trees et Khanate ? Peut-être pas non plus ; bien trop de lumière qui filtre encore.

Car quelque part (reste encore à vérifier si c'est au-dessus, ou en-dessous), loin de leur vaste mer d'encre et de leur négativisme, l'on entend de très jolies choses, et l'on serait bien malhonnête de ne pas les signaler. Des choses non pas mélodieuses - parce que la mélodie chez Owlcrusher ça n'existe pas vraiment - mais presque mélodieuses et/ou épiques (du moins à l'échelle d'un album globalement marqué par la sinistrose) , telles ces guitares, par exemple, qui parfois se magnifient dans des envolées funeraliennes aux lointaines résonances finlandaises (plus particulièrement Tyranny) et vont même jusqu'à s'arranger dans des merveilles d'harmonies death-metalliques bien torturées qui feraient baver de bonheur nos bon vieux Evoken... Ou encore tel que ce chant de vampire anémié, sorte de croisement ignoble d'Alan Dubin, de Lenny Smith et du bourdon sacré de Sink, noyé dans une réverb parfaitement chimérique, comme surgissante d'un gouffre cosmique type trou noir, et qui en viendrait presque à donner un semblant d'atmosphère respirable à cet épais concentré de soufre et de souffrance, et par la même un degré de vicissitude suffisamment éthéré - voire divin - pour que l'on finisse par sentir sa malheureuse carcasse se libérer de l'attraction terrestre, et se laisser happer par le magnétisme du grand néant.

(...)

Autrement dit : craignez-les, parce qu'ils font peur, mais pas trop non plus, parce qu'ils font de la très belle musique.

Owlcrusher en trois mots : dense, abyssal, majestueux




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