Slow End
Special Low Frequency Version
Prochain arrêt : Sky Valley
Solar Lovers

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
1995 (1 x Cd)
Label
Displeased Records
Avec
Olly Smit: basse
Pim Van Zanen: guitares
Jason Köhnen: batterie
Robert Ruiters: guitares
Stefan Ruiters: chant
Jiska ter Bals: violon
Maaike Aarts: violon, piano, synthétiseurs
Tracklist
1 - Decamerone
2 - Solar Child
3 - Body as Canvas
4 - Soft Embalmer of the Still Midnight
5 - Will You Wait for the Sun?
6 - The Holy Snake
7 - Dancing to a Thousand Symphonies
8 - Vienna
9 - Fandango
10 - The Scent of Eve
11 - A Tune from the Majestic Queen’s Garden
Remarque
Le titre Vienna est une reprise d’Ultravox.
 

CELESTIAL SEASON (Pays-Bas)

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Stoner Doom death Atmospheric doom

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(182 lectures)

C’est assez intéressant, voire même rafraichissant d’une certaine manière de redécouvrir Solar Lovers, deuxième album de Celestial Season, à l’aune d’écoutes répétées de Lunchbox Dialogues, album qui tourne très régulièrement depuis sa sortie et qui ne perd ni de sa force, ni de sa constante. Pourtant, l’on pourra me rétorquer aisément, et ce sera même fort légitime, puisque ces deux albums n’ont rien de proches ni de similaires, le premier cité étant encore imprégné de ce doom death metal des débuts, tandis que le second, et dernier album à ce jour des bataves, voit ceux-ci s’affirmer dans une veine stoner metal, qui n’aura cependant pas renié d’avoir écouté d’autres choses, mais nous y viendrons assez prochainement. Si je me permets ce parallèle, c’est justement parce qu’il exsude de ces disques la même mélancolie, ce même voile terne que l’on sent apparaître à l’approche de l’automne et de la saison froide, lorsque le soleil décline et que la nuit prend les devants.

Il est d’ailleurs bien question de ceci sur cet album, où, sous les auspices d’un doom death metal bien moins pataud que sur Forever Scarlet Passion, l'on se retrouve, paradoxalement, avec quelque chose de plus chaleureux que ce que l’on pourrait attendre de ce genre musical, ce d’autant plus au mitan de cette fabuleuse décennie. Il y a des aspérités mélodiques bien mises en évidence sur chaque titre, et cette volonté de parler bien plus à la tête qu’aux tripes, qui nous rapprochent tantôt d’un Morgion, notamment de Solinari, et tantôt d’un Anathema qui commence son envol vers d’autres sphères, l’atmosphère pluvieuse du bassin de la Mersey en moins. C’est évidemment quelque chose que l’on ressent sur la manière dont sont agencés chaque titre, avec une paire de guitaristes qui s’illustre bien sur cet album, et, bien entendu, ce qui faisait clairement la singularité de cette formation, la présence de deux violons sur quasiment tous les titres. Il faut d’ailleurs remarquer que cette utilisation est assez judicieuse, mais pas tout à fait similaire avec celle qu’en faisait à la même époque My Dying Bride, car leur utilisation confine moins à quelque chose de sinistre, mais bien à quelque chose de plus aérien et rêveur. Et c’est même assez probant sur la première partie de l’album, c’est à dire les cinq premiers titres, sans doute la plus classique de l’album, car réellement dans cette veine, avec growls, riffs plombés et tout ce que l’on peut attendre de ce style musical.

Non pas qu’il s’agisse d’un album concept, j’évoquerai plutôt d’un album tiroir, car la seconde partie de ce disque surprend quelque peu, tant l’on y trouve une ouverture vers quelque chose de bien plus groovy, un peu à la manière d’un Cathedral sortant de la forêt de l’équilibre, et se rapprochant fortement du stoner en pleine éclosion à l’époque, je pense notamment à Acrimony. Ce d’autant plus que même sur ces passages, l’on y retrouve toujours les growls de Stefan Ruiters, comme si le groupe avait voulu appliquer les principes d’un Wolverine Blues en y gommant la facette D-Beat pour y appliquer à la place une grosse nappe de nostalgie. Et c’est assez dépaysant de passer ainsi du coq à l’âne, d'alterner entre riffs bien doom death metal, et d’autres plus entraînants, avec des soli au feeling plus seventies, et des lignes de basses bien plus fulgurantes, c’est d’ailleurs assez flagrant sur le titre Will You Wait for the Sun. C’est ce qui fait toute la spécificité de cet album, dans ce mix entre stoner et doom death metal, comme si le groupe ne savait quel versant choisir et était encore trop timoré pour s’émanciper complètement de certains schémas et prêts à franchir définitivement le Rubicon. En effet, cela reste assez éphémère, et ce n’est sans doute pas ce qui restera de plus mémorable sur cet album, et l’on revient bien vite à quelque chose de plus convenu, car la fin de l’album, en dehors de l’outro inutile, est fidèle à son entame.

Malgré cette incongruité, cet album transpire d’une certaine classe, - même quand il s’agit de reprendre un titre d’Ultravox cela fonctionne très bien -, que ce soit dans ces arrangements assez fins, dans cette qualité d’écriture, avec de très beaux et émouvants passages aux cordes, et des idées assez satisfaisantes. Écouter cet album, c’est un peu comme gravir une montagne et se rapprocher du soleil, de profiter petit à petit de ses rayons qui vous réchauffent la peau et l’âme, dont la lumière aveuglante est tout à la fois crainte qu’espérée, et qu’une fois atteinte, l’on regrette déjà de s’en être approché et de s’en éloigner aussi rudement. C’est en cela que le parallèle avec leur dernier album peut être fait, car tous les deux conservent tout autant cette trame solaire et terne à la fois, comme deux entités qui ont besoin de se rejoindre pour former une vraie balance et un vrai équilibre. Si l’on sent bien qu’il provient des années quatre vingt dix, ce Solar Lovers vieillit très bien et a su garder au fil des décennies cette saveur douce amère qui le rend assez unique.

Solar Lovers en trois mots : double, ascenseur, émotionnel




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