Slow End
Special Low Frequency Version
Larvé jusqu'à la moelle
Blind Melon

Avis des chroniqueurs

EyeLovya
Note

Informations

Première édition
1992 (1 x Cd)
Label
Capitol records
Avec
Shannon Hoon : chant, guitares acoustiques
Brad Smith : basse, flute, voix
Rogers Stevens : guitares lead
Christopher Thorn : guitares, mandoline
Glenn Graham : batterie, percussions
Tracklist
1. Soak the skin
2. Tones of home
3. I wonder
4. Paper scratcher
5. Dear ol' Dad
6. Change
7. No rain
8. Deserted
9. Sleepyhouse
10. Holyman
11. Seed to a tree
12. Drive
13. Time
 

BLIND MELON (États-Unis)

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Grunge Southern rock Country

Chronique par EyeLovya, ce mois-ci
(189 lectures)

Quelle ode à la glande au soleil que voilà, attroupés et festoyant entre chants et danses sur une terre poussiéreuse jonchée de bouteilles de bières vides, feu de fortune entre trois caravanes, brochettes qui carbonisent sagement en attendant la fin du morceau, la musique de potes, c'est ça, à la condition bien entendu que vos potes soient de parfaits croisements entre surfeurs éternellement relaxés et gitans ascendant rednecks sécessionnistes.

Les Blind Melon jouent leur néo-Skynyrd - ou est-ce du néo-Allman brothers ? - l'air de dire "te fais pas de bile gamin" avec un accent fermier grossier avant d'envoyer une giclette de salive créer un petit cratère dans le sol, puis d'éclater de rire comme des gosses se rappelant soudainement qu'ils ont vingt ans et sont californiens. Une musique de hippies pro-armes à feux, rejetons bons à rien et désavoués de leurs familles de confédérés, un peu anachronique même en 1992 quand on y décompte les aspirations Kerouac-iennes à tout quitter et marcher le long des rails, baluchon sur l'épaule, au fil des paysages arides jusqu'à la prochaine rencontre humaine et le prochain jam.

Toujours enthousiastes et dansant, on se prend à regretter de ne pas vivre parmi ces marginaux pour qui le son de la fête n'est pas celui des kicks électros. Ici les cœurs balancent entre cocottes funk et mandolines, à défaut de banjo de bouseux, pour équilibrer les riffs hards, 80's à la Guns n'roses, 70's le plus souvent, et autres acidités électriques déjà connues chez Soundgarden, au milieu des influences acoustiques sudistes qui justifieront le départ d'une Californie mal assortie à leur musique, et, plus tard, de la Caroline du Nord vers la toute logique Nouvelle-Orléans pour l'enregistrement de Soup.

Mais nos cœurs à nous, ils ne balancent pas du tout, ils peinent même à simplement se concentrer sur autre chose que le chant. C'est l'argument imbattable de Blind Melon, c'est bien entendu la présence de Shannon Hoon qui met tout le monde d'accord : si la portion instrumentale et son groove campagnard était un bon vieux bourbon des familles, Shannon en serait alors un verre de Bailey's (merci de bien vouloir faire l'effort de considérer ce breuvage comme l'ultime et divin mélange du whisky et de la crème). Cette voix porte en elle toute l'immaturité juvénile qui conduira au funeste destin de son porteur, énième gâchis par overdose - trop vieux d'un an pour gagner l'entrée au club de Jim et Kurt - mais aussi toute la force du blues des anciens, les fantômes et blessures de vies antérieures, dans cette voix qui offre toute la candeur et l'innocence à cet album à la pureté toujours rafraîchissante et s'écoule gentiment comme une bouteille de lait entier brisée par terre.  

Blind Melon en trois mots : amour et bière fraîche




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