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Chrome

Avis des chroniqueurs

Derelictus
Note

Informations

Première édition
1999 (1 x Cd)
Label
HKM
Avec
Olly Smit: guitares
Pim van Zanen: guitares
Cyril Crutz: chant, batterie
Jacques de Haard: basse
Rob Snijders: batterie
Tracklist
1 - Jupiter
2 - Coming Down
3 - Stardust
4 - Monumenta
5 - Retrosky
6 - Trancewagon
7 - Who Sent the Workers Back Underground
8 - 21:20 Desire
9 - Alooka’s Boulevard
10 - Millenarian Drive
 

CELESTIAL SEASON (Pays-Bas)

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Stoner

Chronique par Derelictus, ce mois-ci
(176 lectures)

D’une certaine manière, Celestial Season est arrivé ou bien trop tard, - histoire de bien rester dans les saintes paroles de ce style musical, vu dans son ensemble, - avec en tout état de cause un changement stylistique sans doute opéré un brin trop tardivement, ou bien trop tôt. L’on ne saura jamais, et ce n’est pas bien grave. Et pourtant, à l’aune de cet album, Chrome, et du suivant aussi d’ailleurs, l’on pourrait presque voir une certaine filiation entre les bataves et Truckfighters. C’est un fait que l’on retrouve cette même coloration tantôt nostalgique, tantôt mélancolique aussi bien chez les uns que chez les autres, avec, sans doute des influences communes, mais bien évidemment une manière assez commune d’aborder les choses. Au-delà de cette assertion, il demeure tout de même cet album qui sera passé inaperçu à l’époque, la faute sans doute à une distribution moins bonne que pour les précédentes réalisations, et qui, pourtant, recèle de bons moments.

N’en déplaisent aux amateurs du genre, cette formation, si elle apparait comme mineure aux côtés des grands noms ayant émergé durant les années quatre vingt dix, elle avait tout de même quelque chose à dire, et c’est même assez enthousiasmant de se rendre compte que les scories du bivalent Orange ont été effacées. Ici, point d’approximations et d’élancements à la va vite comme si de rien n’était: la fougue et les tâtonnements inhérents au lancement dans une nouvelle aventure ont été laissés de côté, enfin, plus précisément, bien mieux maîtrisés, comme cet étalon que l’on vient finalement de dompter. Place ici à un stoner qui n’hésite pas de temps à autres à prendre quelques pourtours hérités du grunge, et qui surprend tantôt par sa fougue, notamment dans ses parties véloces, que par ses aspérités plus posées, et où tout le charme du quintet se dévoile pleinement, et plus uniquement par intermittence. Le titre Jupiter qui ouvre les débats place particulièrement l’auditeur dans ces constats: il y découvre un groupe qui affirme aussi bien son passé plus proprement métallisé, que ses nouvelles incursions dans une musique qui vous fait naviguer dans l’espace intersidéral. Il y entrevoit déjà un groupe qui a affiné son écriture et qui est capable de bien tout soupesé avant de lâcher définitivement la bride, et l’on y découvre aussi un groupe qui a compris comment captiver son auditeur en jouant avec ses émotions et en ayant maîtrisé la fameuse science des montées en puissance, ce qui est notable à de nombreux moments sur cet album.

Il y a bien sûr derrière ce son gras, mais comme on le faisait dans les années quatre vingt dix, c’est à dire pas noyé derrière une montagne d’amplis vintage, des vrais riffs de grattes qui restent gravés dans la mémoire, et pas une variation entre une corde jouée à vide et les notes que l’on trouve sur les septièmes cases des manches, des harmonisations très plaisantes, dont certaines doublées qui sont la cerise sur le gâteau, et, surtout, un groove, qui rend le tout assez enivrant. Attention, le tout ne reste pas dans un registre monolithique, l’on a de temps à autres des instants plus légers et plus posés, qui permettent à tout ceci de respirer, c’est même plutôt bien équilibré du début jusqu’à la conclusion de cette réalisation. L’on pourrait presque dire qu’il y a une bonne idée sur chaque titre, avec toujours ce petit gimmick qui fait que du simple titre lambda, interchangeable avec n’importe quelle autre formation du genre, l’on verse plutôt rapidement dans quelque chose de foncièrement plus intéressant et de plus mémorable. Et c’est là que l’on se rend compte que, finalement, ce groupe avait une réelle personnalité, et qu’elle s’exprime et se dévoile réellement à partir de ce Chrome, qui se nourrit aussi bien des terrains défrichés depuis Sonic Orb, que ceux abordés aussi sur Solar Lovers, le côté corbeau en moins, évidemment. C’est quelque chose qui se ressent sur un titre comme Millenarian Drive, où toute la majesté du groupe se dévoile à merveille, comme ce vilain petit canard qui devient ce majestueux cygne.

Peut être pas que ce Chrome soit supersonique, comme aime tant à nous le rappeler Cyril Crutz sur le refrain du titre Stardust, c’est un fait, mais cela reste tout de même un album solide et dont on ne finit pas de se délecter de ses mélodies et de ses parties assez groovy, comme on savait si bien le faire à la fin du siècle dernier. Alors, c’est nullement l’album de cette décennie ô combien bénie, mais il mérite sans doute bien plus qu’une simple réhabilitation, car il fait montre d’un groupe tout aussi besogneux qu’inspiré, et qui démontrait ici une certaine singularité, qui sera confortée par la réalisation suivante.

Chrome en trois mots : aérien, groovy, racé




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