Slow End
Special Low Frequency Version
Let's groove, sonic muthafuckaaaaa !
Mauvaise Foi

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Digital)
Label
Autoproduction
Avec
Georges : guitare
Marc : batterie
Schet : voix
Stef : basse
Tracklist
4 morceaux sans titres.
 

MAUVAISE FOI (France)

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Sludgecore

Chronique par gulo gulo, ce mois-ci
(373 lectures)

Sans même parler du fait qu'en creusant deux secondes on découvre promptement le pot aux roses, à savoir la présence d'un Dépeceur-Désanusseur bien connu des services de police, à la guitare : difficile de ne pas se faire une haute mais un peu étroite idée de ce qu'on espère de ce "disque", au vu des dégaines de ses auteurs, de leur nom de gang, et de la façon de celui-ci de se mettre en avant et tout seul : pas de titres de morceaux ni d'œuvre. D'autant que pas mal des caractéristiques objectives montrées par la musique vont dans le sens desdites dégaines, à savoir celui d'un Crowbar parigot - un Crowbar des début, c'est à dire : du hardcore dépressif-agressif.

Difficile, donc, pour Mauvaise Foi de se montrer à la hauteur, de ce dont on voudrait les croire capables, par bonne foi ; à savoir parvenir à ranimer la carcasse moribonde du hardcore nihiliste et fortement enclin à l'ornière, et faire oublier les cohortes de tâcherons du blackened tough guy sludge truc ; en oubliant que c'est un premier disque, dont l'humilité ne fait pas de doute puisqu'il ne sort même pas en physique : une démo, au sens le plus honnête et réglo de la chose.

... A moins qu'en fait, il y ait bien plus, que cela - qui pourtant n'est déjà pas mal du tout - dans la rifferie malade déployée par Mauvaise Foi. Il s'y entend aussi, en effet, du metal noir comme le boudin du même nom, du black gluant et carbonisé (d'ailleurs les ladres ont côtoyé pour leur premier concert Deliverance, une famille se dessine là) ; du stoner mais à la façon dont parfois Cowards sonne stoner, ou Seven Sisters of Sleep : celui qui fait la planche sur la mer d'hémoglobine ; du sludge nouvelle école, genre gargouillement de beatdown goudronneux tel qu'on en trouve chez Elitist, ou Ledge (au point que parfois on pourrait presque être tenté de penser que l'on tient enfin vraiment ce que l'on attendait de grand, de Weekend Nachos au ralenti ; mais Mauvaise Foi est plus sinistre et nocturne que cela) ; d'autres choses encore, probablement, que l'on pourra apercevoir charriées dans le lent fleuve souterrain des égouts de Paris, où vogue Mauvaise Foi : mêmes d'épais lambeaux d'un Eibon revenu d'entre les morts, pour notre plus grand ravissement, et dans une forme bien plus pesante qu'à l'origine, reconnaissable mais avec ses moignons recousus ensemble d'étrange façon ; toutes unifiées en une matière déjà ma foi bien personnelle, homogène et mûrie, et sur sa propre orbite, mais qui ne demande qu'à rendre encore mieux ; plus loin encore d'un petit modèle actuel de hardcore en noir et blanc déjà trop étriqué pour eux - quand bien même "All Out War qui jouerait du funeral", ça aurait de la gueule, s'ils n'étaient déjà que ça ; mais ce serait faire le solde à bon compte d'une sensualité de tous les instants, que ce soit dans tout ce que la gorge de Schet peut charrier d'humide, de félin, de sanguinolent, ou bien dans une façon de ralentir qui en toute discrétion confond le plomb fondu et le velours, d'une façon dont on n'avait pas rencontré le troublant pareil depuis un album nommé Hope///Dope///Rope. On notera également, au registre des signes indubitables du talent, une faculté peu ordinaire à rendre vivant et à absorber, en toute fluidité, fugacité et discrétion, au détour d'un noir méandre, l'extrait qu'on pourrait croire éculé de la plus fameuse scène de Bad Lieutenant.

Il y a de la vie en vérité, dessous cette gangue huileuse dont les remous pâteux et sournois ne disent pas s'ils sont ceux du marais lui-même, ou ceux de l'alligator moribond dedans. Imaginez vous l'Eibon swampy des débuts, mais élagué de toute sa verdeur et sa gaucherie ; un blend parfaitement équilibré de doom et de sludge, aux saveurs acides et nécrosées bien charpentées, un peu comme si No Surrender était un album de Ramesses. Oui, Mauvaise Foi s'inscrit d'emblée dans le gratin : celui des chantres du blues du pavé parisien sous la lune. Avec en sus le lointain sentiment de revivre l'émotion des débuts de Verdun. Il est fortement recommandé de surveiller ces ladres. Ceci n'est qu'un début.

Mauvaise Foi en trois mots : noctambule, trapu, langoureux




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